La présence d'une boule au niveau du pubis pendant la grossesse peut susciter de l'inquiétude. Bien que de nombreuses causes soient bénignes, il est crucial de comprendre les différentes possibilités, les symptômes associés et les options de traitement disponibles. Cet article vise à fournir une information complète et accessible sur le sujet, en abordant les kystes vaginaux, les kystes au pubis, le prolapsus des organes pelviens et la symphyse pubienne.

Kystes Vaginaux : Une Cause Fréquente

Les kystes vaginaux sont des formations bénignes qui peuvent se développer à l'intérieur ou à la surface du vagin. Ils sont souvent asymptomatiques, mais peuvent parfois causer de la gêne ou de la douleur, en particulier lors de l'insertion de tampons hygiéniques ou pendant les rapports sexuels.

Types de kystes vaginaux :

  • Kystes épithéliaux d'inclusion vaginale : Ce sont les kystes les plus fréquents. Ils résultent d'une accumulation de liquide dans une cavité, souvent à la suite d'un traumatisme tel qu'une épisiotomie ou une blessure. Ils sont généralement petits (environ 1 cm) et indolores, mais peuvent parfois provoquer une dyspareunie (douleur pendant les rapports sexuels).
  • Kystes du canal de Gartner : Ces kystes sont des reliquats embryologiques du canal de Wolff. Ils se développent sur la paroi du vagin et sont généralement bénins et asymptomatiques.
  • Kystes des glandes de Bartholin : Bien que situés à l'entrée du vagin plutôt que sur la paroi vaginale elle-même, les kystes des glandes de Bartholin peuvent également se manifester par une masse ou une boule dans la région pubienne. Ils se forment lorsque les conduits des glandes de Bartholin, responsables de la lubrification vaginale, sont obstrués.

Diagnostic et traitement des kystes vaginaux :

Un examen gynécologique simple permet généralement de diagnostiquer un kyste vaginal. Dans la plupart des cas, aucun traitement n'est nécessaire, car les kystes sont asymptomatiques et bénins. Cependant, si le kyste est volumineux, douloureux ou infecté, un traitement peut être envisagé. Les options de traitement incluent :

  • Traitement antibiotique et antalgique : En cas d'inflammation ou d'infection.
  • Ponction ou drainage : Pour soulager la pression et drainer le liquide du kyste.
  • Excision chirurgicale : Pour les kystes récurrents, volumineux ou symptomatiques.

Kystes au Pubis : Obstruction et Inflammation

Un kyste au pubis peut être causé par divers facteurs liés à l'obstruction ou à l'inflammation des structures cutanées de cette zone.

Causes des kystes au pubis :

  • Obstruction des follicules pileux : Les poils incarnés, fréquents dans la région pubienne en raison de l'épilation ou du rasage, peuvent provoquer des obstructions et entraîner la formation de kystes.
  • Infection des glandes sébacées : Les glandes sébacées produisent du sébum, une substance huileuse qui lubrifie la peau. Lorsque ces glandes sont bouchées par un excès de sébum, des cellules mortes ou des bactéries, un kyste sébacé peut se former.
  • Affections dermatologiques : Certaines maladies de peau, comme l'hidrosadénite suppurée, peuvent entraîner la formation de kystes multiples dans la zone pubienne.

Traitement des kystes au pubis :

Le traitement d'un kyste au pubis dépend de sa taille, de sa nature et des symptômes associés.

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  • Surveillance : Pour les petits kystes asymptomatiques, une simple surveillance peut être recommandée.
  • Compresses chaudes : Appliquées sur la zone affectée, elles peuvent favoriser la guérison naturelle du kyste en drainant son contenu.
  • Drainage chirurgical : Si le kyste devient douloureux ou s'infecte, un drainage chirurgical peut être nécessaire. Cette procédure consiste à inciser le kyste pour permettre au contenu de s'écouler. Elle est réalisée sous anesthésie locale et offre un soulagement immédiat.
  • Ablation chirurgicale complète : Pour les kystes récurrents ou de grande taille, l'ablation chirurgicale complète est souvent la meilleure option. Cette procédure consiste à retirer le kyste dans son intégralité, y compris son enveloppe, afin d'éviter toute récidive.
  • Traitement au laser : Pour certains types de kystes et dans des situations particulières, le traitement au laser peut être envisagé.

Prolapsus des Organes Pelviens : Un Affaissement des Structures

Le prolapsus des organes pelviens est une condition qui touche majoritairement les femmes, pendant la grossesse ou après l’accouchement, et au moment de la ménopause. Il se caractérise par la descente d'un ou plusieurs organes du petit bassin (utérus, vessie, rectum) en raison d'un affaiblissement des muscles et des ligaments qui les soutiennent. Bien que touchant 30 à 50% des femmes à un moment de leur vie, le prolapsus est encore aujourd’hui une pathologie souvent taboue.

Causes du prolapsus des organes pelviens :

Les changements hormonaux qui se produisent durant les différentes étapes de la vie d’une femme entraînent une perte d’élasticité et de tonicité des ligaments et fibres musculaires, qui ne parviennent plus à soutenir aussi bien les organes du petit bassin. Les facteurs de risques du prolapsus des organes pelviens sont nombreux et doivent souvent se combiner pour aboutir à la pathologie. Les organes du petit bassin (l’utérus, la vessie et le rectum) sont maintenus en place par un ensemble musculaire et ligamentaire complexe, qu’on désigne souvent par le terme « périnée ». Pour faire simple, ces organes sont suspendus à des ligaments, et soutenus par un ensemble de muscles, qu’on appelle « sangle périnéale » (pour sa fonction dynamique, plutôt que “plancher pelvien”, à connotation plutôt inerte), qui forment des faisceaux entre le pubis et le sacrum. Le prolapsus est provoqué par un affaiblissement ou un étirement des ligaments auxquels sont suspendus les organes pelviens. Trop distendus, ces ligaments ne remplissent plus correctement leur fonction, qui est de maintenir à leur place ces organes. Ces derniers ont alors tendance à glisser vers le bas sous l’effet de la gravité, et à peser sur les muscles de la sangle périnéale. Lorsque ces muscles sont également affaiblis, relâchés ou trop étirés, ils ne sont plus en capacité, notamment au niveau de l’urètre et du rectum, d’assurer une fonction de soutien et de clôture : les organes ne sont plus du tout maintenus et s’affaissent encore davantage à travers la paroi vaginale. Il est fréquent que des prolapsus de plusieurs organes soient associés. On parle par exemple de cystocèle d’entraînement, lorsque l’hystérocèle provoque la descente de la vessie.

Traitements du prolapsus des organes pelviens :

  • Rééducation thoraco-abdomino-périnéale : La rééducation thoraco-abdomino-périnéale (souvent appelée “rééducation périnéale”) a un rôle à jouer pour faire un état des lieux (bilan) afin de bien définir les causes du prolapsus et de mettre en place des séances adaptées. Elle peut permettre de renforcer les muscles de la sangle pelvienne et donc d’améliorer le maintien des organes et de soulager les ligaments auxquels ils sont suspendus. En revanche, elle ne permet pas de restaurer les ligaments, qui s’ils sont distendus, le resteront. La rééducation ne se limite pas au renforcement des muscles du périnée. Elle intègre également la correction d’éventuelles hypertonies, d’une inversion de commande, de mauvaises habitudes (poussée défécatoire, constipation, respiration, sport), de problèmes posturaux etc. La rééducation est encadrée par un thérapeute spécialisé dans ce domaine (kinésithérapeute ou sage-femme), mais la place de l’auto-rééducation à domicile est également importante.
  • Pessaire : Ce petit dispositif médical en silicone est inséré dans le vagin pour repositionner correctement les organes, soulageant ainsi des différents symptômes liés au prolapsus. Il s’agit d’une solution simple et sûre, qui a l’avantage d’être efficace immédiatement, et qui peut être utilisée en continu, temporairement ou ponctuellement en fonction des besoins. Le pessaire peut être une solution d’attente à une éventuelle chirurgie, peut permettre d’anticiper l’impact de la chirurgie sur la symptomatologie (il permet notamment de détecter une éventuelle incontinence masquée par le prolapsus), et est un excellent complément à la rééducation.
  • Chirurgie : Solution de seconde intention, elle consiste à repositionner les organes pelviens avec des techniques adaptées à chaque pathologie, avec ou sans renfort prothétique. Elle peut être réalisée par voie haute (promontofixation, sous anesthésie générale) ou par voie basse (anesthésie régionale par péridurale). Actuellement, les recommandations vont plutôt vers la promontofixation. Cette opération se réalise par cœlioscopie, c’est-à-dire en réalisant de petits trous de quelques millimètres au niveau de l’abdomen, à travers lesquels seront introduites les prothèses. La chirurgie du prolapsus nécessite en général une hospitalisation d’une ou deux journées, mais elle peut également se faire en ambulatoire. Le principal risque est celui d’une récidive, le vieillissement des tissus se poursuivant après l’opération, surtout en cas d’efforts chroniques. Dans le cas de la promontofixation, le risque est essentiellement celui d’une modification de la statique pelvienne avec décompensation d’un autre étage, ou encore celui d’une complication au niveau des prothèses.
  • Embolisation : L’embolisation est le traitement de première intention des varices pelviennes et périnéales symptomatiques résistantes à un traitement médical bien conduit. Elle consiste à boucher les veines endommagées de la région périnéale et péri-vulvaire, qui ne sont plus fonctionnelles. Comme ces varices sont souvent associées à des varices pelviennes, ce sont les veines pathologiques à la fois du pelvis et de la région périnéale qui sont occluses, en une seule ou plusieurs sessions. Lorsque le bilan diagnostic est bien réalisé et que l’embolisation cible l’ensemble des veines atteintes, les résultats sont excellents. Il est néanmoins nécessaire d’être pris en charge dans un centre spécialisé dans ce type de pathologie.

Symphyse Pubienne : Douleur et Mobilité Réduite

La symphyse pubienne est l'articulation située à l'avant du bassin, reliant les deux os pubiens. Pendant la grossesse, sous l'influence des hormones, cette articulation devient plus souple pour permettre l'élargissement du bassin lors de l'accouchement. Cependant, cet assouplissement peut entraîner des douleurs, connues sous le nom de symphyse pubienne ou de dysfonctionnement de la symphyse pubienne (DSP).

Symptômes de la symphyse pubienne :

Le symptôme principal d’une symphyse pubienne est la douleur. L’intensité de la douleur lors d’une symphyse pubienne est très variable d’une patiente à une autre. Elle se traduit par des douleurs ligamentaires, essentiellement durant le troisième trimestre, au niveau du bassin, du dos et des cuisses. Les activités du quotidien peuvent être impactées.

Soulagement de la symphyse pubienne :

Les douleurs liées à une symphyse pubienne s’estompent généralement spontanément après l’accouchement.

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