Le cancer infantile, bien que rare, représente une réalité préoccupante. En France, environ 2 260 enfants et adolescents sont diagnostiqués chaque année, et malheureusement, 450 en décèdent. Cet article vise à informer sur les symptômes du cancer chez l'enfant, soulignant l'importance d'une détection précoce pour améliorer les chances de guérison.

Prévalence et spécificités du cancer infantile

Le cancer chez l'enfant est une maladie rare qui représente 1 à 2 % de l'ensemble des cancers dans les pays développés. Sur la période 2011-2021, on dénombre près de 2 300 nouveaux cas chaque année en France, dont 446 diagnostiqués chez les jeunes de 14 à 17 ans révolus. Il est essentiel de noter que certaines formes de cancers sont spécifiques à l'enfant, et inversement, la plupart des cancers de l'adulte n'existent pas chez l'enfant. Les cancers pédiatriques sont différents des cancers qui surviennent chez les adultes. Les cancers de l’enfant sont plus fréquents chez les garçons que chez les filles. Ces cancers sont rarement héréditaires.

Contrairement à l'adulte qui développe des carcinomes, l'enfant va présenter des tumeurs embryonnaires, à croissance cellulaire très élevée. De ce fait, il s'agit assez souvent de tumeurs de "tissus" plutôt que "d'organes" expliquant la coexistence fréquente de plusieurs tumeurs. Les cancers les plus fréquents chez les jeunes sont les cancers du sang (leucémie, lymphome) et les cancers du cerveau (tumeur cérébrale). Parallèlement à ces tumeurs on retrouve avant 5 ans des tumeurs solides plus fréquentes tels que le neuroblastome et le néphroblastome, les sarcomes restant rares.

Les cancers qui surviennent chez les adolescents, entre 15 et 19 ans, sont essentiellement des maladies du sang (lymphomes, leucémies), des cancers de la thyroïde et des cancers des os.

Difficultés de diagnostic et symptômes à surveiller

Les cancers pédiatriques peuvent être, au départ, difficiles à diagnostiquer car ils sont plus rares que chez l’adulte, et que certains symptômes ressemblent à ceux d’autres pathologies infantiles. Les symptômes liés à la tumeur sont souvent difficiles à reconnaître. Ils sont souvent liés, dans un premier temps, à l’hypertension intracrânienne provoquée par la tumeur.

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Voici une liste des symptômes les plus fréquents à surveiller chez l'enfant :

  • Symptômes généraux :
    • Une fièvre prolongée et inexpliquée.
    • Une pâleur, une perte d’énergie, une perte de poids.
    • Des sueurs nocturnes.
    • Une irritabilité fréquente et/ou une modification du comportement.
  • Signes neurologiques :
    • Des maux de tête, généralement suivis de vomissements. Ces maux de tête peuvent être présents surtout s’il n’y a pas de fièvre et s’ils sont accompagnés de vomissements.
    • Un strabisme.
    • Des troubles du sommeil, de l’humeur ou des apprentissages.
    • Des troubles moteurs, visuels, de phonation, de déglutition, de l’équilibre…
    • Chez les jeunes enfants, les symptômes peuvent aussi être à type de pertes d’acquisitions psychomotrices ou d’augmentation du périmètre crânien.
  • Signes physiques :
    • Un gonflement abdominal anormal.
    • Des douleurs persistantes dans les articulations et les membres.
    • Des saignements inexpliqués ou des hématomes fréquents.
    • Un reflet blanchâtre dans la pupille.
  • Signes liés à l'atteinte de la moelle osseuse (cytopénie) :
    • Infections récidivantes (angines, bronchites, gingivites). Le manque de globules blancs ou leucocytes efficaces, en particulier de polynucléaires neutrophiles, peut se traduire par des infections récidivantes. Si la gingivite est hémorragique, c’est un signe en faveur du diagnostic.
    • Saignements sans cause traumatique, « bleus » (saignements sous la peau) ou ecchymoses (si la surface est grande) et purpura pétéchial (si les taches sont de la taille d’une tête d’épingle).

Il est important de noter que ces symptômes peuvent être causés par d'autres affections. Cependant, en cas de persistance, il est crucial de consulter un médecin.

Examens et diagnostic

En cas de symptômes - surtout s’ils persistent - il est important d’amener votre enfant chez le pédiatre ou le médecin. Plusieurs examens peuvent être nécessaires pour diagnostiquer un cancer pédiatrique :

  • Analyse de sang (numération formule sanguine).
  • Examen de la moelle osseuse prélevée par ponction (myélogramme).
  • Biopsie : un prélèvement de fragment de la tumeur, réalisé sous anesthésie. L’examen de référence pour confirmer le diagnostic est l’IRM, suivie lorsque c’est possible d’un geste chirurgical pour réaliser l’exérèse de la tumeur ou d’en prélever une partie (biopsie) afin de l’analyser. Certaines rares tumeurs (tumeurs germinales sécrétrices) peuvent être diagnostiquées par le dosage de marqueurs dans le sang ou le liquide céphalo-rachidien.

Le délai de diagnostic peut parfois paraître long mais il est nécessaire afin de réaliser le bilan le plus précis possible et prescrire à l’enfant le traitement le plus adapté. En cas de cancer diagnostiqué, un bilan d’extension est réalisé.

Traitements et progrès

Alors que le pronostic des cancers chez l’enfant était catastrophique autrefois, les progrès très importants réalisés au cours de ces dernières années dans les traitements de ces maladies, permettent d’aboutir à une guérison de la maladie de plus en plus fréquente, dans une majorité des cas. Différents traitements peuvent être proposés aux enfants atteints de cancer :

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  • Une chimiothérapie administrée par voie intraveineuse , avant ou après la chirurgie selon les cas. Après une chimiothérapie, l'effet vaccinal peut être légèrement moins efficace.
  • Une radiothérapie qui, ciblée vers la ou les régions atteintes, utilise des radiations pour détruire les cellules cancéreuses. Un cancer thyroïdien dont le risque est important en cas d’irradiation avant l’âge de 10 ans ; il n’y a pas de surrisque après l’âge de 15 ans. Ce risque après radiothérapie seule est de 3 à 10 fois plus élevé que celui de la population générale pendant les 30 années au moins suivant le traitement.
  • La chirurgie qui permet de retirer la tumeur - lorsqu’il s’agit d’une tumeur solide - au cours d’une intervention chirurgicale. Cette chirurgie a beaucoup évolué au cours de ces dernières années avec notamment l’utilisation de nouvelles techniques telles que la cœlioscopie ou la CHIP (chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale).
  • Et la greffe de moelle de cellules souches hématopoïétiques (traitement des leucémies) qui consiste à : d’abord faire une chimiothérapie intensive et une radiothérapie pour détruire toutes les cellules souches de l’enfant ; puis injecter par perfusion intraveineuse les cellules souches hématopoÏétiques du donneur ; dans les semaines qui suivent, ces cellules colonisent la moelle osseuse, se multiplient et se transforment en cellules sanguines, (globules blancs, globules rouges et plaquettes).

En termes de traitements, des progrès considérables ont été enregistrés au cours des dernières décennies, permettant aujourd'hui de guérir quatre enfants sur cinq en moyenne, ce chiffre variant bien entendu selon le type et l'étendue du cancer au moment du diagnostic. Ces progrès sont dus essentiellement à l'introduction de chimiothérapies de plus en plus efficaces, à des collaborations entre différents spécialistes impliqués dans la prise en charge thérapeutique et à une harmonisation des procédures de traitement à l'échelon national et, de plus en plus, international. La recherche médicale fait partie intégrante des traitements et constitue la clé de voûte des progrès constatés.

Actuellement, la survie à 5 ans de l'ensemble des cancers de l'enfant en Europe est de 81 %. La survie à 15 ans est de 78 %. Le taux de guérison est de 80 %.

Les avancées de ces dernières années ont porté surtout sur la désescalade thérapeutique dans les tumeurs de bon pronostic pour limier les effets secondaires des traitements ; effets secondaires à court et long terme. Ceci a été possible pour le traitement du néphroblastome, de certains lymphomes et leucémies ou les doses cumulatives de chimiothérapie ont pu être réduites et ainsi diminuer les effets secondaires à long terme.

Prise en charge et soutien

Le cancer fait partie de la liste des affections de longue durée (ALD) et ouvre donc droit à une prise en charge par l’Assurance maladie à 100 % des soins et traitements liés à la pathologie de l’enfant. De plus, en bénéficiant du tiers payant, vous pouvez ne pas avoir à avancer les frais médicaux. Toutefois, certains frais ne sont pas pris en charge à 100 %. C’est par exemple le cas de : dépassements d’honoraires ; forfait hospitalier : hébergement et entretien des chambres pendant une hospitalisation ; certains soins, médicaments ou aliments de régime ; petits matériels non pris en charge.

Ainsi, les frais non-remboursés par l’Assurance maladie restent donc à votre charge.

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A côté de la prise en charge médicale, des efforts de plus en plus importants sont réalisés pour faciliter la coordination de l’ensemble des soins, au plus près du domicile, afin d’améliorer la qualité de vie de l’enfant soigné et de sa famille, au travers du Réseau Ile-de-France d’Hématologie et Oncologie Pédiatrique (RIFHOP). Une attention particulière est portée sur l’accompagnement, l’information et l’aide sociale aux familles.

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