La constipation chez le nourrisson est un sujet d'inquiétude courant chez les parents et un motif de consultation fréquent chez le pédiatre. Il est important de différencier la constipation du bébé allaité naturellement de celle du bébé allaité artificiellement. Chez le jeune enfant, la constipation est le plus souvent d’ordre fonctionnel, c’est-à-dire qu’elle n’est pas liée à une pathologie précise.
Comprendre la Constipation chez le Nourrisson
La constipation reste exceptionnelle chez les nouveau-nés (c’est-à-dire chez l’enfant de moins d’un mois), tout comme les gaz et ballonnements. En revanche, elle concerne davantage les plus grands bébés puisque 15% des bébés de moins de 1 an souffrent de constipation. Chez le nourrisson, une constipation est reconnue face à des selles grosses et dures ou dures à émettre.
Selles du Nouveau-né : Fréquence et Consistance
Après la naissance, 99 % des nouveau-nés émettent le méconium dans les 48 premières heures. Un retard à l’émission du méconium est un signe pouvant orienter vers une constipation organique. Puis, chez un nouveau-né nourri au sein, les selles sont généralement d’une par tétée. Si elles sont moins fréquentes, cela témoigne le plus souvent d’une insuffisance de lait et il faut donc soutenir la maman dans son allaitement. Ensuite, le nombre de selles est très variable, avec parfois vers l’âge d’un ou deux mois un phénomène appelé « constipation au lait maternel ». Les selles, normales ou un peu dures, sont plus espacées, d’une tous les 3 jours, voire une par semaine ou moins. Un autre trouble qui inquiète les parents est le jeune nourrisson qui pousse pendant 10 minutes avant d’émettre une selle normale.
Quand s'inquiéter ? Signes d'alerte nécessitant une consultation
En cas de constipation rebelle, la consultation médicale est importante afin de s’assurer de l’absence de pathologie associée, confie le Dr Dailland. L’examen clinique permet également de dépister une éventuelle inflammation de l’anus, appelée « anite », qui peut être source de douleur chez l’enfant. Outre la prise en charge des réticences de l’enfant, il ne faut pas hésiter à utiliser des laxatifs pour éviter un cercle vicieux de rétentions fécales : lactulose avant l’âge de 6 mois, macrogol après 6 mois, le traitement devant être prolongé autant que la constipation a duré.
Il est important de consulter également votre pédiatre si votre enfant souffre de constipation récurrente, de diarrhée alternée ou s’il semble avoir souvent des douleurs abdominales.
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Causes Possibles de la Constipation
La constipation peut avoir de multiples causes. Très souvent, elle est liée à un changement quelconque. Le bébé vient peut-être de diversifier sa nourriture, il est sur le point d’arrêter la tétine ou il va entrer à l’école maternelle. Il peut également s’agir d’une réaction à certains types d’aliments ou de laits maternisés. La tendance à la constipation ou constipation idiopathique chronique survient plus volontiers chez un enfant dont la mère est elle-même constipée. Cette tendance à la constipation doit être prise en charge de façon correcte car elle peut s’aggraver avec le temps, en particulier dès que l’enfant est capable de se retenir volontairement. Les constipations secondaires se déclenchent le plus souvent à certains âges clés (à 2 ans lors de l’acquisition de la propreté, à 3 ans lors de l’entrée en maternelle, à 6 ans au CP et à 11 ans au collège).La cause principale d’un fécalome est la constipation chronique. La constipation chronique ou persistante peut être dûe à : Un manque d’activité, l'absence d'exercice physique ou la sédentarité ; Un régime pauvre en fibres ; Une hydratation insuffisante ; La prise de certains médicaments (par ex. morphiniques, antidépresseurs, antidiarrhéiques) ; Des troubles du système nerveux.
Facteurs Alimentaires
Un déséquilibre alimentaire avec un excès de protéines et défaut de lipides (notamment s’il boit du lait de vache) ou excès de boissons sucrées peut également entraîner des problèmes de transit. Il faut alors préconiser un lait de croissance, une quantité adaptée de viande et l’ajout de graisses dans les légumes (huile de colza, de noix, beurre, crème).
Symptômes de la Constipation
La défection est douloureuse et l’enfant pleure quand il essaie de faire caca. L’enfant peut avoir des fuites de selles molles. Cela peut sembler un peu contradictoire, mais c’est lié au fait qu’un bouchon d’excréments dur bloque le rectum, mais peut laisser s’écouler des selles plus liquides. L’enfant fait moins souvent caca que d’habitude ou de manière plus irrégulière. Les symptômes d’un fécalome sont : L’absence de selles ou la présence de selles liquides en faible quantité ; Une sensation de lourdeur dans le rectum ; Une envie pressante et constante d’aller aux toilettes mais l’impossibilité d'aller à la selle une fois que vous y êtes ; Des douleurs abdominales.
Traitements et Solutions
Chez le bébé, quelques mesures hygiénodiététiques simples - une alimentation riche en fibres, une hydratation régulière et suffisante - peuvent rapidement venir à bout d’un épisode de constipation. En plus d’être douloureuse, elle peut être source d’inquiétude et rendre l’enfant malheureux.La règle d’or consiste à veiller à ce que votre enfant s’hydrate suffisamment et fasse de l’exercice. Une bonne hydratation permet de ramollir les selles et de faciliter leur évacuation. En outre, la constipation peut entraîner une déshydratation chez les enfants en bas âge, il est donc important de les faire boire suffisamment.
Mesures Hygiéno-Diététiques
Afin de ramollir les selles et de faciliter leur évacuation, il est important que votre enfant soit bien hydraté. « Il est tout à fait possible de substituer son eau habituelle par un peu d’eau riche en magnésium du type Hépar, souligne le spécialiste. Si l’efficacité de cette solution n’est pas tout à fait démontrée, il s’agit d’une pratique courante. Lorsque l’enfant grandit, la diversification alimentaire est un levier intéressant pour lutter contre la constipation. Oui, ce n’est pas une légende : riches en fibres, les pruneaux sont connus et reconnus pour leur propriété laxative !
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Il est possible de consommer des aliments riches en fibres comme des pruneaux, du son de blé ou encore du riz complet pour faciliter le transit intestinal. Les meilleures mesures pour éviter un fécalome sont : L’adoption d’un régime alimentaire riche en fibres (par ex. avoine, chia, pruneaux, graines de lin, légumes, fruits) ; De s’hydrater avec de l’eau riche en magnésium (par ex. de l’eau Hépar) ; La pratique d’une activité physique régulière.
Massages et Exercices
Masser délicatement le ventre de l’enfant en effectuant des mouvements circulaires dans le sens des aiguilles d’une montre - uniquement si cela semble soulager votre bébé, bien sûr. Un massage abdominal peut aider à accélérer le transit de votre enfant. Par exemple, allongez votre bébé sur le dos et massez-lui doucement le ventre dans le sens des aiguilles d’une montre avec le plat de la main. Essayez d’inciter votre bébé à faire caca en le tenant debout, ou en le couchant sur le dos, et en pliant doucement ses genoux jusqu’à la poitrine à plusieurs reprises.
Traitements Médicamenteux
En complément des règles hygiénodiététiques, un traitement médicamenteux laxatif peut être prescrit par le médecin traitant. « En général, on essaie d’éviter les suppositoires qui entretiennent l’inflammation de l’anus et on utilise plutôt des laxatifs à base de lactulose, précise le pédiatre. En parallèle, je demande souvent à l’enfant de compléter un petit calendrier en collant une pastille colorée à chaque fois qu’il va aux toilettes. Cela permet de suivre l’évolution de la constipation et de réévaluer si nécessaire le traitement. Adaptez la taille des toilettes à votre enfant : en utilisant si besoin un rehausseur. « Les parents peuvent également prévoir un petit tabouret ou un banc sur lequel l’enfant pourra poser ses pieds lorsqu’il est aux toilettes. Enfin, apprenez à votre enfant à se présenter de façon quotidienne aux toilettes.
L’utilisation des laxatifs doit être exceptionnelle chez l’enfant et de courte durée, en l’absence d’avis médical. Les laxatifs les plus utilisés chez l’enfant sont les laxatifs osmotiques qui retiennent l’eau dans les selles et les empêchent de durcir. Les laxatifs lubrifiants facilitent le transit et l’élimination des selles.
Pour pouvoir éliminer les matières fécales accumulées sous forme d’un fécalome, il faut habituellement pouvoir lubrifier le rectum et ramollir les selles à l’aide d’un lavement rectal (par ex. Normacol). Ce lavement peut être fait par le patient et consiste à injecter un produit à l'intérieur de l’anus et le garder durant une quinzaine de minutes. Si le lavement n’est pas suffisant pour provoquer l'évacuation du bouchon de selles, une évacuation mécanique à l’aide d’un doigtier peut être nécessaire. Parfois, un laxatif en prise orale peut aussi être utilisé pour permettre à l’intestin d'éliminer plus efficacement les selles.
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Lavements pour Bébé
Les lavements pour bébé s’utilisent exceptionnellement en cas de constipation. Ils sont vendus dans de petits tubes équipés d’un long col. Pour administrer un lavement, placez votre bébé sur le côté ou sur le dos en lui surélevant les fesses avec un petit coussin. Tenez-le par les jambes. Insérez délicatement le col du tube dans l’anus en le dirigeant vers le nombril, pressez et videz le tube. N’oubliez pas d’enlever le bouchon ! Après avoir retiré le tube, maintenez les fesses surélevées et serrées l’une contre l’autre pendant deux à cinq minutes pour éviter les fuites de liquides.
Quand Consulter un Médecin ?
En cas d’inquiétude ou si la constipation ne disparaît pas, demandez conseil à votre pédiatre. Il est important de régler le problème rapidement, sans quoi il peut se transformer en cercle vicieux, l’enfant finissant par avoir peur de faire ses besoins et par les retenir. Consultez également votre pédiatre si votre enfant souffre de constipation récurrente, de diarrhée alternée ou s’il semble avoir souvent des douleurs abdominales.
Complications Possibles
Si la constipation est parfois gênante et douloureuse chez le jeune enfant, elle n’entraîne en général pas de complications. « Le passage de selles dures peut parfois provoquer des fissures de l’anus, des saignements ou de l’encoprésie, précise le spécialiste. L’encoprésie est une perte involontaire de selles très souvent liée à une constipation sous-jacente. D’où la nécessité de mettre en place un traitement régulateur du transit. En parallèle, il est important d’accompagner l’enfant et sa famille parce qu’il existe souvent une composante psychologique forte.
La complication la plus grave d’un fécalome est la survenue d’un syndrome occlusif prenant la forme de douleurs abdominales avec arrêt complet du transit intestinal, de gaz et flatulences ainsi que de vomissements. Il s'agit là d'une urgence chirurgicale.
Occlusion Intestinale : Une Urgence Médicale
L’occlusion intestinale est un arrêt total du transit de l’enfant, qui peut survenir pour différentes raisons. C’est une urgence médicale qui doit être prise en charge très rapidement. L'occlusion intestinale est un symptôme qui peut parfois cacher des pathologies à risque. « L’occlusion intestinale est l’arrêt total des matières et des gaz, qui est précédée ou suivie de vomissements. Elle peut survenir à tout âge même chez le nourrisson, dès les premiers jours de vie. Fort heureusement, cela reste très rare », explique le Dr Andréas Werner, pédiatre.
Globalement, on distingue les occlusions hautes, qui touchent le début de l’appareil digestif, des occlusions basses, qui concernent plutôt le côlon et le rectum. Généralement, « un jeune enfant qui souffre d’une occlusion sera ballonné, avec des douleurs abdominales et une distension de l'abdomen. Il présentera des vomissements répétés, des nausées, en plus d’une absence de selles liée à un blocage », indique le Dr Werner.
Dans le cas d’une occlusion intestinale haute, il s’agit souvent d’une hypertrophie ou sténose du pylore du bébé. « Cela concerne plutôt les tout-petits, dans les premiers mois de vie », explique le pédiatre. « Le muscle qui ferme l’estomac au niveau de la jonction avec l’intestin grêle, appelé pylore, est trop tonique et de taille plus importante que la moyenne. Cette hypertrophie crée l’occlusion. Résultat : le contenu de l’estomac a du mal à passer dans l’intestin grêle et l’enfant a tendance à vomir en jets. Il est incapable de garder son repas et pleure de faim. Ce sont des enfants qui paraissent affamés, ils aimeraient manger, mais sont incapables de garder leur repas. Et le fait que leur alimentation ne passe pas dans l’intestin crée une raréfaction de leurs selles dans un second temps, un symptôme qui doit alerter les parents.
D’autres causes sont possibles, elles touchent d’autres segments du tube digestif. « Chez les tout-petits, la cause d’occlusion la plus souvent retrouvée est l’invagination intestinale aiguë. C’est lorsque l’intestin se retourne sur lui-même, en « doigt de gant ». L’invagination intestinale aiguë concerne les enfants dès 6 mois et jusqu’à l’âge de trois ans environ, selon le Dr Werner. Dans le cas de l’invagination intestinale aiguë, qui arrive brusquement, les douleurs sont insupportables pour l’enfant. « Il va aller très mal assez brutalement, il va véritablement se tordre de douleur et cela peut aller jusqu’à la perte de connaissance. Une crise qui peut être très impressionnante pour les parents », explique le spécialiste. L’état de l’enfant peut évoluer par crises, jusqu’à l’installation d’une occlusion qui entraînera des vomissements verdâtres, contenant de la bile.
Le volvulus intestinal est une autre pathologie semblable à l’invagination intestinale. « Normalement, l’intestin est fixé à différents endroits à la paroi arrière de notre cavité abdominale. En cas de malformation ou de défaut sur ces attaches, l'adhérence intestinale est faible et l’intestin peut vriller sur lui-même et se tordre. Là aussi, cela entraîne une occlusion, accompagnée de violentes douleurs car la vascularisation de l’organe est interrompue », détaille le pédiatre. C’est là encore une urgence vitale pour rétablir la circulation sanguine et sauver l’intestin.
Dans le cas de l’hypertrophie du pylore, le traitement passe par une chirurgie. Pour l’invagination, une fois installée, il faut absolument consulter en urgence, car la partie de l’intestin retournée sur elle-même n’est plus vascularisée et commence à se nécroser. « Aux urgences, les médecins essaieront de réduire l’invagination à l’aide d’un lavement et d’une sonde rectale. Ils injectent de l’air ou un liquide pour pousser l’intestin à sortir de lui-même. Un examen qui se réalise sous contrôle radiologique. Et si cela ne fonctionne pas, il faudra opérer l’enfant, pour réduire l’invagination à la main, voire retirer le morceau d’intestin nécrosé, qui sera malheureusement perdu.
Prévention
Pour traiter et prévenir la constipation de l’enfant, il suffit d’enrichir son alimentation en fibres et de veiller à ce qu’il boive suffisamment et qu’il fasse de l’exercice. Mieux vaut de ne pas dramatiser l’acquisition de la propreté et ne pas être obsédé par l’idée que l'enfant puisse être constipé. La suppression ou changement de médicaments à l'origine de la constipation peut également être envisagée.
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