L'héraldique, bien plus qu'une simple étude des armoiries, est une science auxiliaire de l'histoire et de l'archéologie. Elle possède des règles et des lois complexes, notamment en ce qui concerne l'héritage des blasons au sein des familles. Cet article explore la signification des blasons, des symboles et leur lien avec la paternité, en s'appuyant sur des exemples historiques et culturels.

Les Origines du Blason

Les blasons étaient à l'origine des écus, des boucliers qui protégeaient les guerriers. À l'époque des Croisades, on commença à les peindre ou à les recouvrir de fourrures. Les animaux les plus utilisés pour orner ces écus étaient l'hermine et l'écureuil (vair).

L'Hermine : Un Symbole de la Bretagne et de Pureté

L'hermine, un animal proche de la belette, était classée par les Romains, avec la marmotte, dans la catégorie des rats sous le nom latin de mus armenia, le rat (ou la souris) d'Arménie. Le pelage de l'hermine est brun-roux l'été et devient blanc l'hiver dans les régions froides, seul le bout de la queue restant noir. Les peaux étaient cousues côte à côte, la queue fixée au milieu par trois barrettes disposées en croix.

L'hermine ainsi stylisée est devenue un emblème héraldique que l'on retrouve dans les armes de plusieurs familles de la noblesse féodale. En Bretagne, l'hermine est un symbole fort, présent sur le drapeau breton, le Gwenn ha Du (blanc et noir en breton). Ce drapeau, créé entre 1923 et 1925 par Morvan Marchal, architecte et militant nationaliste breton, est de facto le drapeau et le pavillon de la Bretagne. Le nombre de mouchetures d'hermine et leur forme ne sont pas fixés, mais la version la plus répandue comprend onze mouchetures arrangées selon trois rangées horizontales.

Au Moyen Âge, le lis et l'hermine étaient des symboles de pureté : le lis parce qu'il est associé à la Vierge, et l'hermine pour la blancheur de sa fourrure. L'hermine est au duc de Bretagne ce que la fleur de lis est au roi de France.

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Le Blason et la Paternité : Transmission et Brisures

Dans le régime féodal, l'aîné héritait du blason paternel. Les autres enfants devaient briser les armes, c'est-à-dire ajouter une brisure, un signe distinctif. Ainsi, les Dreux avaient pour blason un échiqueté avec une bordure. Pierre Mauclerc, le cadet, a brisé le blason avec l'hermine. C'est à son cousin, Pierre Mauclerc de Dreux, que le roi de France donne le trône ducal de Bretagne, et il emporte avec lui son blason.

En 1316, le duc de Bretagne, Jean III, change d'armoirie : il retire l'échiqueté et la bordure. L'étude des armoiries et des brisures constitue une piste pour remonter un arbre généalogique lointain. Seul le fils aîné pouvait hériter du blason de son père, ce qui entraînait une évolution permanente des blasons familiaux au cours de l'histoire.

L'Ordre de l'Hermine

Après les blasons, apparaissent les ordres. Ce sont d'abord les ordres liés aux Croisades, tels que l'Ordre de saint Jean de Jérusalem (devenu l'Ordre de Malte) ou l'Ordre des templiers. Les souverains régnants ont voulu faire de même pour récompenser leurs fidèles : ainsi naissent l'Ordre de la Jarretière en Angleterre, l'Ordre de l'étoile en France, l'Ordre du collier en Savoie. Le duc de Bretagne Jean IV a créé l'Ordre de l'hermine en 1381. Il construit l'abbaye de saint Michel des Champs, près d'Auray, lieu de la bataille qu'il a remportée et l'a consacrée duc. La devise de l'Ordre de l'hermine était : « À ma vie ! »

L'Héraldique : Un Langage Codifié

L'héraldique possède un langage codifié pour décrire les blasons. Pour les couleurs, il existe six termes :

  • Or : jaune
  • Argent : blanc
  • Gueules : rouge
  • Azur : bleu
  • Sable : noire
  • Sinople : vert

Il existe également des termes spécifiques pour décrire les partitions (parti, coupé, tranché, taillé) et les pièces honorables (chef, fasce, bande, barre, croix) d'un blason. Les meubles sont des figures qui viennent enrichir le blason, souvent des animaux dont la position, les gestes et l'attitude sont conventionnels.

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La Transmission Matrilinéaire des Armoiries

L'étude conjointe de l'anthroponymie et de l'héraldique invite à réévaluer la place de la matrilinéarité dans le système de parenté bilatéral de la société de l'Occident médiéval. La transmission des noms et des armoiries en voie féminine est courante lorsque, par dot ou par héritage, la femme apporte au mariage des biens matériels et immatériels importants. Le phénomène accompagne les cas d'unions hypogamiques ou homogamiques de l'épouse.

De plus, la transmission des noms et armoiries se fait aussi de mère à fille, voire d'aïeule à petite-fille, comme le montrent les sceaux de certaines princesses. La capacité d'une femme à devenir onomastiquement et héraldiquement éponyme est proportionnelle à la valeur des biens matériels et immatériels qu'elle apporte à ses conjoints et successibles.

Le Pélican : Symbole d'Abnégation Parentale

Le pélican, souvent représenté comme un oiseau se perçant la poitrine pour nourrir ses petits, est un symbole d'abnégation parentale. Cette image est reprise dans le christianisme, où le pélican est comparé au Christ se sacrifiant pour la rédemption des pécheurs. En héraldique, le pélican est traditionnellement représenté comme un oiseau à bec d'aigle, dans son nid, les ailes déployées au-dessus de ses petits, se perçant la poitrine d'où coulent des gouttes de sang. Il est dénommé « Pélican de piété ».

Le Chiffre 4 : Un Symbole Universel

Le chiffre 4 se retrouve fréquemment dans différentes cultures et religions, souvent associé aux points cardinaux, aux éléments, ou à des concepts d'universalité. Dans les principales religions indiennes, aztèques, mayas ou incas, le chiffre 4 se retrouve parmi les mythes solaires ou magiques. En Egypte, le temple du Soleil comportait une table d'offrandes quadruple. Chez les Assyriens, les quatre points cardinaux étaient symbolisés par quatre divinités astrales.

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