Introduction
L'histoire du biberon est intimement liée à l'évolution des pratiques alimentaires infantiles et aux progrès scientifiques et industriels. Des vases rudimentaires de la préhistoire aux modèles sophistiqués d'aujourd'hui, le biberon a connu de nombreuses transformations pour répondre aux besoins des bébés et aux préoccupations des parents. Cet article explore l'histoire du biberon, en mettant l'accent sur son évolution, les enjeux de sécurité, et l'essor de la fabrication française.
Les origines du biberon
L'ancêtre du biberon remonte à la préhistoire. Des archéologues ont découvert de petits vases avec des becs verseurs et des traces de lait animal dans des tombes d'enfants. Au Moyen Âge, les premiers biberons étaient fabriqués à partir de cornes de vaches percées, sur lesquelles on fixait un morceau de cuir ou de tissu en guise de tétine.
La généralisation du biberon au XVIIIe siècle s'accompagne d'efforts pour le rendre plus pratique et plus sûr, à une époque où la mortalité infantile était élevée. Les matériaux, les formes et les systèmes pour boire ont beaucoup évolué. Parmi les progrès les plus importants, la généralisation du biberon en verre au début du XIXe siècle, grâce à la révolution industrielle, et l’utilisation, à partir des années 1950, d’une bague vissée pour tenir la tétine.
L'évolution des matériaux
Le biberon en verre
Au début du XIXe siècle, la révolution industrielle a permis la généralisation du biberon en verre. Ce matériau était considéré comme plus hygiénique et plus facile à nettoyer que les alternatives précédentes. Cependant, le verre présentait l'inconvénient d'être fragile et lourd pour les enfants en âge de boire seuls.
L'arrivée du plastique
Le biberon en plastique a fait son apparition dans les années 1960. Léger et résistant, il a rapidement conquis le marché. A partir du moment où l’on ne met plus de lait concentré dans les biberons mais seulement du lait en poudre, des marques Guigoz et Nestlé entre autres, les graduations sont exclusivement en millilitres.
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Le retour du verre et l'interdiction du bisphénol A
Malgré ses avantages, le plastique a été remis en question en raison de la découverte des effets des perturbateurs endocriniens, notamment le bisphénol A (BPA). En 2015, l'Union Européenne a interdit l'utilisation du BPA dans les contenants alimentaires, y compris les biberons. Cette interdiction a marqué un retour en grâce du biberon en verre, considéré comme plus sûr pour la santé des bébés. La question de leur innocuité a été à nouveau posée en 2019, parce qu’ils font ingérer au bébé une quantité énorme de microparticules de plastique.
Les alternatives modernes
Face aux préoccupations liées au plastique, les fabricants ont développé de nouveaux matériaux pour les biberons, tels que le silicone et le copolyester. Ces matériaux sont réputés pour leur innocuité, leur résistance et leur durabilité.
La fabrication française : un gage de qualité et de sécurité
L'engagement des marques françaises
Les marques françaises de biberons se distinguent par leur engagement en faveur de la qualité, de la sécurité et du respect de l'environnement. Elles privilégient une fabrication responsable, en minimisant l'impact de leur production sur l'environnement. Les biberons Made in France sont conçus pour être utilisés bien plus longtemps que les autres biberons du marché, qu’il faut changer tous les 8 mois en moyenne. Elles se montrent soucieuses de praticité et d’ergonomie.
Des matériaux sûrs et innovants
Les fabricants français accordent une importance primordiale à la sécurité des bébés. Ils utilisent des matériaux rigoureusement sélectionnés pour leur innocuité, tels que le silicone de qualité médicale et le copolyester. Ces matériaux sont garantis sans bisphénols, phtalates, ni microparticules de plastique susceptibles d'être ingérées.
L'innovation au service du bien-être de bébé
Les marques françaises font preuve d'ingéniosité et d'inventivité pour concevoir des biberons qui répondent aux besoins spécifiques des bébés et des parents. Elles proposent des systèmes anti-coliques, des tétines physiologiques adaptées à chaque âge, et des biberons ergonomiques qui facilitent la prise en main par l'enfant. Elles ont aussi inventé des biberons qui répondent à des problématiques différentes suivant les marques.
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L'upcycling et la durabilité
Conscientes de l'importance de réduire leur impact environnemental, certaines marques françaises proposent des biberons évolutifs qui peuvent être upcyclés une fois que bébé a grandi. Par exemple, les biberons du Biberon Français peuvent être transformés en pot de conservation grâce à un opercule étanche. Modulables, ceux de Natidiv peuvent servir de gourdes et de boîtes à goûter où l’on mettre des fruits secs ou en morceaux, par exemple.
L'engagement sociétal
L’engagement sociétal des marques Élhée et Natidiv se manifeste par leur collaboration avec des ESAT, qui emploient des personnes en situation de handicap.
Les eaux-de-vie dans l'alimentation infantile : une pratique révolue
Autrefois, il était courant d'ajouter une petite quantité d'eau-de-vie au biberon des enfants, dans le but de les fortifier ou de calmer leurs coliques. Cette pratique, aujourd'hui considérée comme dangereuse et inappropriée, était justifiée par les vertus médicinales que l'on attribuait à l'alcool.
Les dangers de l'alcool pour les bébés
Il est désormais établi que l'alcool est nocif pour le développement physique et mental des enfants. Même à faible dose, il peut avoir des effets néfastes sur leur système nerveux, leur foie et leur croissance.
L'évolution des pratiques
Au début du XXe siècle, une petite « goutte » dans le biberon des enfants ne pouvaient leur faire que du bien, croyait on alors ! L'usage de l'alcool dans l'alimentation infantile a progressivement été abandonné au cours du XXe siècle, grâce aux progrès de la médecine et à la sensibilisation aux dangers de l'alcool. Aujourd'hui, il est formellement déconseillé de donner de l'alcool aux bébés et aux enfants.
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L'alimentation à La Réunion : entre tradition et modernité
L’histoire de l’alimentation infantile à La Réunion témoigne d’une évolution complexe, marquée par les apports culturels des différents peuples qui ont peuplé l’île, ainsi que par l’influence du modèle occidental de consommation.
Les pratiques traditionnelles
Du peuplement de l’île de La Réunion, peuplement pluriel initié durant la seconde partie du XVIIe siècle, sont issues des conduites alimentaires spécifiques à ce département français de l’Océan indien. Ces pratiques se sont, tout au long de l’histoire, construites à partir des modèles de référence fournis par ceux qui, de diverses origines, sont venus peupler cette île initialement déserte.
Au début du XXe siècle, les femmes allaitaient massivement leurs enfants. Les pratiques de mise en nourrice, fréquentes en Europe, ne semblent pas avoir été très courantes dans la population, si ce n’est dans certaines familles de la haute bourgeoisie blanche qui confiaient les bébés à des nénènes créoles. Jusqu’aux années 1960, durant les deux premiers jours de son existence, l’enfant absorbait des tisanes, de l’eau sucrée au miel, parfois additionnée de beurre de cacao. Le colostrum lui était interdit. Ce liquide en effet avait la réputation de ne pas être comestible.
Les bébés étaient généralement nourris au sein durant une période qui pouvait s’étaler de quatre, cinq mois, à trois, voire quatre ans. Cet allaitement était conduit à la demande et les femmes âgées interrogées semblent trouver inconvenant de faire attendre un bébé qui a faim. L’alimentation ne se diversifiait qu’à partir de l’âge de huit mois, un an dans certaines familles. Il était donc nécessaire que le lait fut abondant et de bonne qualité.
L'influence de la grande distribution
Initiated during the second part of the 17th century and involving diverse groups, the populating of Reunion Island has resulted in food behaviours that are specific to this French département in the Indian Ocean. Throughout history, these practices have been constructed on the basis of reference models provided by those people of diverse origins who came to live on this initially uninhabited island. The article will examine the way in which, throughout history, food practices were built up through borrowings from the island inhabitants’ cultures of origin, by syncretism between different models. These integration processes of new practices will be compared with phenomena produced by the setting up on the island in the last twenty years of large volume distribution. How have modes of consumption been disrupted? How has the arrival of new products from large volume distribution modified pre‑existing behaviours?
L’arrivée de la grande distribution à La Réunion a entraîné des bouleversements dans les modes de consommation, notamment en matière d’alimentation infantile. Les produits transformés, les friandises et les boissons sucrées ont envahi les rayons des supermarchés, modifiant les habitudes alimentaires des enfants et contribuant à l’augmentation de l’obésité infantile.
Le retour à l'allaitement maternel
Après une baisse sensible de l’allaitement maternel jusqu’à la fin des années 1990, celui‑ci semble en recrudescence. Cependant, de nombreuses représentations demeurent, qui ont été responsables de sa très nette diminution jusqu’à la fin des années 1990. Aujourd’hui, celles qui se déterminent pour l’allaitement maternel s’y livrent de un mois, à trois ou quatre mois maximum. Souvent, durant les premières semaines, les mères gardent, à la maison, la périodicité des repas donnée à la maternité : l’enfant a tendance à être alimenté à heures fixes, toutes les trois ou quatre heures.
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