La bétaméthasone est un corticoïde (anti-inflammatoire stéroïdien) utilisé pour son effet anti-inflammatoire dans le traitement de nombreuses affections inflammatoires ou allergiques chez les nourrissons et les enfants. Cet article aborde en détail la posologie, les effets secondaires potentiels et d'autres informations essentielles concernant l'utilisation de la bétaméthasone chez les nourrissons.

Qu'est-ce que la Bétaméthasone ?

La bétaméthasone est un corticoïde synthétique, une hormone métabolique essentielle, tout comme la cortisone et l'hydrocortisone. Les corticoïdes synthétiques, incluant la bétaméthasone, sont principalement utilisés pour leur effet anti-inflammatoire. À forte dose, ils diminuent la réponse immunitaire.

Indications Thérapeutiques de la Bétaméthasone chez le Nourrisson

La bétaméthasone est indiquée dans de nombreux cas chez le nourrisson et l'enfant, notamment :

  • Allogreffe de cellules souches hématopoïétiques
  • Anémie hémolytique auto-immune
  • Angiome sévère du nourrisson
  • Asthme aigu sévère et asthme persistant (en traitement de deuxième intention)
  • BPCO (évaluation de la réversibilité du syndrome obstructif)
  • Cancer justifiant d'une chimiothérapie (traitement associé)
  • Connectivite
  • Dermatose bulleuse auto-immune sévère et dermatose neutrophilique sévère
  • Erythroblastopénie chronique
  • Exacerbation d'asthme
  • Exophtalmie oedémateuse
  • Fibrose pulmonaire interstitielle diffuse
  • Glomérulonéphrite extracapillaire primitive
  • Hépatite alcoolique aiguë sévère et hépatite chronique active auto-immune
  • Hypercalcémie
  • Laryngite striduleuse
  • Lennox-Gastaut (syndrome de)
  • Lichen plan
  • Lupus érythémateux disséminé (traitement des poussées)
  • Maladie de Crohn (traitement des poussées)
  • Maladie de Horton
  • Maladie systémique (traitement des poussées évolutives)
  • Myasthénie
  • Nausées et vomissements induits par la chimiothérapie
  • Néphropathie lupique au stade III et IV
  • Neuropathie optique (traitement de relais de la voie injectable)
  • Névralgie cervicobrachiale sévère et rebelle
  • Œdème cérébral
  • Pemphigoïde bulleuse
  • Phénomènes inflammatoires tubo-tympaniques
  • Pneumopathie à Pneumocystis carinii avec hypoxie sévère
  • Polyarthrite et polyarthrite rhumatoïde (traitement de fond)
  • Polymyosite (poussée évolutive)
  • Polypose nasosinusienne
  • Polyradiculonévrite chronique idiopathique inflammatoire
  • Poussée oedémateuse et inflammatoire associée aux traitements anticancéreux
  • Pseudopolyarthrite rhizomélique
  • Purpura thrombopénique immunologique sévère
  • Réaction du greffon contre l'hôte (traitement curatif et préventif)
  • Rectocolite hémorragique (traitement des poussées)
  • Rejet de greffe d'organe ou de tissu (traitement préventif)
  • Rhinite allergique (traitement de courte durée)
  • Rhumatisme articulaire aigu
  • Sarcoïdose évolutive et sarcoïdose granulomateuse intrarénale
  • Sclérose en plaques (traitement des poussées)
  • Sinusite aiguë (traitement anti-inflammatoire) et sinusite chronique
  • Syndrome de West
  • Syndrome néphrotique à lésions glomérulaires minimes et syndrome néphrotique de la hyalinose segmentaire et focale
  • Thyroïdite subaiguë de De Quervain
  • Tuberculose sévère (traitement associé)
  • Urticaire aiguë
  • Uvéite sévère
  • Vascularite avec atteinte rénale et vascularite systémique (poussée évolutive)

Posologie et Administration

Posologie Générale

La dose de bétaméthasone est déterminée par le médecin en fonction du poids de l'enfant et de la maladie traitée. La dose est strictement individuelle. En général, on distingue :

  • Traitement d'attaque : 0,075 mg/kg/jour (6 gouttes/kg/jour) à 0,3 mg/kg/jour (24 gouttes/kg/jour), équivalent à 0,5 à 2 mg/kg/jour de prednisone.
  • Traitement d'entretien : 0,03 mg/kg/jour (3 gouttes/kg/jour).

Dans les maladies inflammatoires graves, la posologie peut varier de 0,1 à 0,2 mg/kg/jour de bétaméthasone, équivalent à 0,75 mg/kg/jour à 1,2 mg/kg/jour de prednisone.

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Mode d'Administration

La bétaméthasone est administrée par voie orale. Les gouttes doivent être diluées dans un peu d'eau avant d'être administrées, de préférence à la fin du repas. La pipette compte-gouttes ne doit pas être utilisée directement dans la bouche de l'enfant.

Durée du Traitement

La durée du traitement est déterminée par le médecin. Il est crucial de suivre régulièrement le traitement et de ne pas le modifier ni l'arrêter brutalement sans avis médical. En cas de traitement prolongé, il est important de suivre les recommandations du médecin pour la diminution progressive des doses.

Schéma Thérapeutique Alterné

La prescription de la corticothérapie à jour alterné (un jour sans corticoïde et le deuxième jour avec une posologie double de la posologie quotidienne requise) est parfois utilisée chez l'enfant pour tenter de limiter le retard de croissance.

Décroissance des Doses

En cas de traitement au long cours, la décroissance des doses doit être lente. L'objectif est d'obtenir un sevrage complet lorsque cela est possible. Lors de la décroissance des doses (cure prolongée), à la posologie de 5 à 7 mg d'équivalent prednisone, lorsque la maladie causale ne nécessite plus de corticothérapie, il est souhaitable de remplacer le corticoïde de synthèse par 20 mg/jour d'hydrocortisone jusqu'à la reprise de la fonction corticotrope. Si une corticothérapie doit être maintenue à une dose inférieure à 5 mg d'équivalent prednisone par jour, il est possible d'y adjoindre une petite dose d'hydrocortisone pour atteindre un équivalent d'hydrocortisone de 20 à 30 mg par jour. Lorsque le patient est seulement sous hydrocortisone, il est possible de tester l'axe corticotrope par des tests endocriniens.

Contre-indications

La bétaméthasone est contre-indiquée dans les cas suivants :

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  • Hypersensibilité à l'un des composants
  • Tout état infectieux (à l'exclusion des indications spécifiées)
  • Certaines viroses en évolution (notamment hépatites, herpès, varicelle, zona)
  • États psychotiques non contrôlés par un traitement
  • Vaccins vivants
  • Intolérance au fructose (en raison de la présence de sorbitol)

Mises en Garde et Précautions d'Emploi

Risque Infectieux

La corticothérapie peut favoriser la survenue de diverses complications infectieuses dues notamment à des bactéries, des levures et des parasites. La survenue d'une anguillulose maligne est un risque important. Tous les sujets venant d'une zone d'endémie (régions tropicales, subtropicales, sud de l'Europe) doivent avoir un examen parasitologique des selles et un traitement éradicateur systématique avant la corticothérapie. Les signes évolutifs d'une infection peuvent être masqués par la corticothérapie. Il importe, avant la mise en route du traitement, d'écarter toute possibilité de foyer viscéral, notamment tuberculeux, et de surveiller, en cours de traitement l'apparition de pathologies infectieuses.

Surveillance Particulière

L'emploi des corticoïdes nécessite une surveillance particulièrement adaptée, notamment chez les sujets âgés et en cas de colites ulcéreuses (risque de perforation), anastomoses intestinales récentes, insuffisance rénale, insuffisance hépatique, ostéoporose, myasthénie grave.

Régime Alimentaire

En cas de traitement par corticoïdes au long cours, un régime pauvre en sucres d'absorption rapide et hyperprotidique doit être associé, en raison de l'effet hyperglycémiant et du catabolisme protidique avec négativation du bilan azoté.

Rétention Hydrosodée

Une rétention hydrosodée est habituelle, responsable en partie d'une élévation éventuelle de la pression artérielle. L'apport sodé sera réduit pour des posologies quotidiennes supérieures à 15 ou 20 mg d'équivalent prednisone et modéré dans les traitements au long cours à doses faibles.

Supplémentation Potassique

La supplémentation potassique n'est justifiée que pour des traitements à fortes doses, prescrits pendant une longue durée ou en cas de risque de troubles du rythme ou d'associations à un traitement hypokaliémiant.

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Apport en Calcium et Vitamine D

Le patient doit avoir systématiquement un apport en calcium et vitamine D.

Diabète et Hypertension Artérielle

Lorsque la corticothérapie est indispensable, le diabète et l'hypertension artérielle ne sont pas des contre-indications mais le traitement peut entraîner leur déséquilibre. Il convient de réévaluer leur prise en charge.

Contact avec la Varicelle ou la Rougeole

Les patients doivent éviter le contact avec des sujets atteints de varicelle ou de rougeole.

Troubles Visuels

Des troubles visuels peuvent apparaitre lors d'une corticothérapie par voie systémique ou locale. En cas de vision floue ou d'apparition de tout autre symptôme visuel apparaissant au cours d'une corticothérapie, un examen ophtalmologique est requis.

Crise de Phéochromocytome

Une crise de phéochromocytome, pouvant être fatale, a été rapportée après l'administration de corticostéroïdes systémiques. Les corticostéroïdes ne doivent être administrés aux patients pour lesquels la présence d'un phéochromocytome est suspectée ou avérée qu'après une évaluation appropriée du rapport bénéfice/risque.

Excipients à Effet Notoire

Ce médicament contient du saccharose, du sorbitol et du propylène glycol. Les patients présentant une intolérance au fructose (IHF) ne doivent pas prendre/recevoir ce médicament. Le sorbitol peut causer une gêne gastro-intestinale et un effet laxatif léger. Le propylène glycol peut provoquer des symptômes semblables à ceux provoqués par l'alcool.

Interactions Médicamenteuses

Plusieurs interactions médicamenteuses doivent être prises en compte lors de l'administration de bétaméthasone :

  • Associations déconseillées :
    • Médicaments donnant des torsades de pointe (astémizole, bépridil, érythromycine IV, halofantrine, pentamidine, sparfloxacine, sultopride, terfénadine, vincamine) : Utiliser des substances ne présentant pas l'inconvénient d'entraîner des torsades de pointes en cas d'hypokaliémie.
    • Inhibiteurs du CYP3A (y compris les produits contenant du cobicistat) : L'association doit être évitée, sauf si les bénéfices sont supérieurs au risque accru d'effets secondaires systémiques des corticostéroïdes ; dans ce cas, les patients doivent être surveillés en vue de détecter les éventuels effets secondaires systémiques des corticostéroïdes.
  • Associations faisant l'objet de précautions d'emploi :
    • Acide acétylsalicylique par voie générale et par extrapolation autres salicylés : Adapter les doses de salicylés pendant l'association et après l'arrêt du traitement par les corticoïdes.
    • Antiarythmiques donnant des torsades de pointes (amiodarone, brétylium, disopyramide, quinidiniques, sotalol) : Prévenir l'hypokaliémie, la corriger si besoin; surveiller l'espace QT.
    • Anticoagulants oraux : Renforcer la surveillance : contrôle biologique au 8ème jour, puis tous les 15 jours pendant la corticothérapie et après son arrêt.
    • Autres hypokaliémiants (diurétiques hypokaliémiants seuls ou associés, laxatifs stimulants, amphotéricine B IV) : Surveiller la kaliémie, la corriger si besoin surtout en cas de thérapeutique digitalique.
    • Digitaliques : Surveiller la kaliémie, la corriger si besoin et éventuellement ECG.
    • Héparines par voie parentérale : L'association doit être justifiée, renforcer la surveillance.
    • Inducteurs enzymatiques (carbamazépine, phénobarbital, phénytoïne primidone, rifabutine, rifampicine) : Surveillance clinique et biologique, adaptation de la posologie des corticoïdes pendant l'association et après arrêt de l'inducteur enzymatique.
    • Insuline, metformine, sulfamides hypoglycémiants : Prévenir le patient et renforcer l'autosurveillance sanguine et urinaire, surtout en début de traitement. Adapter éventuellement la posologie de l'antidiabétique pendant le traitement par les corticoïdes et après son arrêt.
    • Isoniazide (décrit pour la prednisolone) : Surveillance clinique et biologique.
    • Topiques gastro-intestinaux (sels, oxydes et hydroxydes de magnésium, aluminium et calcium) : Prendre les topiques gastro-intestinaux à distance des glucocorticoïdes (plus de 2 heures si possible).

Effets Indésirables Possibles

Les effets indésirables de la bétaméthasone sont surtout à craindre à doses importantes ou lors d'un traitement prolongé sur plusieurs mois. Ils incluent :

  • Troubles hydro-électrolytiques : hypokaliémie, alcalose métabolique, rétention hydrosodée, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque congestive.
  • Troubles endocriniens et métaboliques : syndrome de Cushing iatrogène, inertie de la sécrétion d'ACTH, atrophie corticosurrénalienne parfois définitive, diminution de la tolérance au glucose, révélation d'un diabète latent, arrêt de la croissance chez l'enfant, irrégularités menstruelles.
  • Troubles musculo-squelettiques : atrophie musculaire précédée par une faiblesse musculaire (augmentation du catabolisme protidique), ostéoporose, fractures pathologiques en particulier tassements vertébrales, ostéonécrose aseptique des têtes fémorales.
  • Troubles digestifs : ulcères gastroduodénaux, ulcération du grêle, perforations et hémorragie digestive, des pancréatites aiguës ont été signalées, surtout chez l'enfant.
  • Troubles cutanés : acné, purpura, ecchymose, hypertrichose, retard de cicatrisation et angio-oedème.
  • Troubles neuropsychiques : euphorie, insomnie, excitation (fréquemment) ; accès d'allure maniaque, états confusionnels ou confuso-oniriques, convulsions (rarement) ; état dépressif à l'arrêt du traitement.
  • Troubles oculaires : certaines formes de glaucome et de cataracte ; vision floue.

Il est important de déclarer tout effet indésirable suspecté après autorisation du médicament pour permettre une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament.

Grossesse et Allaitement

Grossesse

Dans l'espèce humaine, il existe un passage transplacentaire. Les études épidémiologiques n'ont décelé aucun risque malformatif lié à la prise de corticoïdes lors du premier trimestre. Cependant, lors de maladies chroniques nécessitant un traitement tout au long de la grossesse, un léger retard de croissance intra-utérin est possible. Une insuffisance surrénale néonatale a été exceptionnellement observée après corticothérapie à doses élevées. En conséquence, les corticoïdes peuvent être prescrits pendant la grossesse si besoin, en se limitant à un usage ponctuel. Si l'administration de ce médicament a eu lieu en fin de grossesse, il semble justifié d'observer une période de surveillance des fonctions neurologiques et digestives du nouveau-né. Une revue des données de sécurité des corticoïdes systémiques utilisés pendant la grossesse et l'allaitement, conduite par le Comité sur la Sécurité des médicaments, a conclu qu'il n'y a pas de preuve convaincante indiquant que les corticoïdes provoquent une incidence accrue d'anomalie congénitale. L'utilisation prolongée ou répétée pendant la grossesse augmente réellement le risque de retard de croissance intra-utérine mais cela ne semble pas représenter un risque après un traitement à court terme.

Allaitement

En cas de traitement à doses importantes et de façon chronique, l'allaitement est déconseillé. La dexchlorphénamine passe dans le lait maternel.

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