La bétaméthasone est un corticostéroïde de synthèse utilisé pour ses propriétés anti-inflammatoires et immunosuppressives. Elle est disponible sous différentes formes, notamment en solution buvable en gouttes, particulièrement adaptée à l'administration chez les nourrissons et les enfants. Cet article aborde en détail le dosage, l'administration et les précautions d'emploi de la bétaméthasone en gouttes chez l'enfant.

Indications thérapeutiques de la bétaméthasone

Ce médicament est un corticoïde (également appelé anti-inflammatoire stéroidien). Ce médicament est réservé aux nourrissons et aux enfants. Ce médicament est utilisé dans de nombreuses maladies, où il est utilisé pour son effet anti-inflammatoire. Son action est utile dans le traitement de nombreuses affections inflammatoires ou allergiques.

La bétaméthasone est utilisée dans le traitement de diverses affections chez l'enfant, notamment :

  • Affections respiratoires : asthme, laryngite aiguë, bronchopneumopathie chronique obstructive.
  • Affections allergiques : rhinite allergique saisonnière, urticaire aiguë.
  • Affections dermatologiques : eczéma, dermatite atopique.
  • Affections rhumatologiques : polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme articulaire aigu.
  • Affections hématologiques : purpura thrombopénique immunologique sévère, anémie hémolytique auto-immune.
  • Affections néphrologiques : syndrome néphrotique.
  • Autres affections : sarcoïdose, lupus érythémateux disséminé, maladie de Crohn.

Posologie et mode d'administration

La posologie de la bétaméthasone est déterminée par le médecin en fonction du poids de l'enfant et de la maladie traitée. Elle est strictement individuelle. Il est très important de suivre régulièrement le traitement et de ne pas le modifier, ni l’arrêter brutalement sans l’avis de votre médecin. En cas de traitement prolongé, suivez les recommandations de votre médecin pour la diminution des doses.

La solution buvable en gouttes est administrée par voie orale. La pipette compte-gouttes ne doit pas être utilisée pour administrer ce médicament. Les gouttes doivent être versées avec la pipette compte-gouttes dans un verre d’eau avant administration. Mettre les gouttes dans un peu d’eau. Vous donnerez ce médicament de préférence à la fin du repas.

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Posologie usuelle

  • Traitement d'attaque : 0,3 mg par kilo à la fin du petit-déjeuner à diluer dans un verre d'eau. Ou 24 gouttes par kilo à la fin du petit-déjeuner à diluer dans un verre d'eau.

  • Traitement d'entretien : 0,03 mg par kilo à la fin du petit-déjeuner à diluer dans un verre d'eau. Ou 2.4 gouttes par kilo à la fin du petit-déjeuner à diluer dans un verre d'eau.

  • Traitement d'entretien à jour alterné : 0.06 mg par kilo tous les 2 jours à la fin du petit-déjeuner à diluer dans un verre d'eau. Ou 4.8 gouttes par kilo tous les 2 jours à la fin du petit-déjeuner à diluer dans un verre d'eau.

La prescription de la corticothérapie à jour alterné (un jour sans corticoïde et le deuxième jour avec une posologie double de la posologie quotidienne qui aurait été requise) s'utilise chez l'enfant pour tenter de limiter le retard de croissance. Le traitement "à la dose d'attaque" doit être poursuivi jusqu'au contrôle durable de la maladie. La décroissance doit être lente. L'obtention d'un sevrage est le but recherché. Pour un traitement prolongé et à fortes doses, les premières doses peuvent être réparties en deux prises quotidiennes. Le traitement entraîne une mise au repos des sécrétions d'ACTH et de cortisol avec parfois une insuffisance surrénalienne durable. Lors de la décroissance des doses (cure prolongée) : à la posologie de 5 à 7 mg d'équivalent prednisone, lorsque la maladie causale ne nécessite plus de corticothérapie, il est souhaitable de remplacer le corticoïde de synthèse par 20 mg/jour d'hydrocortisone jusqu'à la reprise de la fonction corticotrope. Si une corticothérapie doit être maintenue à une dose inférieure à 5 mg d'équivalent prednisone par jour, il est possible d'y adjoindre une petite dose d'hydrocortisone pour atteindre un équivalent d'hydrocortisone de 20 à 30 mg par jour. Lorsque le patient est seulement sous hydrocortisone, il est possible de tester l'axe corticotrope par des tests endocriniens.

Précautions d'emploi et contre-indications

Ce médicament est contre-indiqué dans les situations suivantes :

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  • Etat infectieux à l'exclusion des indications spécifiées.
  • Hépatite virale aiguë.
  • Herpès (simplex).
  • Varicelle.
  • Zona.
  • Etat psychotique non contrôlé.
  • Patient de plus de 15 ans.
  • Intolérance au fructose.
  • Malabsorption du glucose-galactose.
  • Grossesse.
  • Allaitement.

Mises en garde spéciales

  • Une crise de phéochromocytome, pouvant être fatale, a été rapportée après l'administration de corticostéroïdes systémiques. Les corticostéroïdes ne doivent être administrés aux patients pour lesquels la présence d'un phéochromocytome est suspectée ou avérée qu'après une évaluation appropriée du rapport bénéfice/risque.

  • En cas d'ulcère gastro-duodénal, la corticothérapie n'est pas contre-indiquée si un traitement antiulcéreux est associé. En cas d'antécédents ulcéreux, la corticothérapie peut être prescrite, avec une surveillance clinique et au besoin après fibroscopie.

  • La corticothérapie peut favoriser la survenue de diverses complications infectieuses dues notamment à des bactéries, des levures et des parasites. La survenue d'une anguillulose maligne est un risque important. Tous les sujets venant d'une zone d'endémie (régions tropicale, subtropicale, sud de l'Europe) doivent avoir un examen parasitologique des selles et un traitement éradicateur systématique avant la corticothérapie. Les signes évolutifs d'une infection peuvent être masqués par la corticothérapie. Il importe, avant la mise en route du traitement, d'écarter toute possibilité de foyer viscéral, notamment tuberculeux, et de surveiller, en cours de traitement l'apparition de pathologies infectieuses. En cas de tuberculose ancienne, un traitement prophylactique antituberculeux est nécessaire, s'il existe des séquelles radiologiques importantes et si l'on ne peut s'assurer qu'un traitement bien conduit de 6 mois par la rifampicine a été donné.

  • L'emploi des corticoïdes nécessite une surveillance particulièrement adaptée, notamment chez les sujets âgés et en cas de colites ulcéreuses (risque de perforation), anastomoses intestinales récentes, insuffisance rénale, insuffisance hépatique, ostéoporose, myasthénie grave.

Précautions d'emploi

  • En cas de traitement par corticoïdes au long cours :

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    • Un régime pauvre en sucres d'absorption rapide et hyperprotidique doit être associé, en raison de l'effet hyperglycémiant et du catabolisme protidique avec négativation du bilan azoté.
    • Une rétention hydrosodée est habituelle, responsable en partie d'une élévation éventuelle de la pression artérielle. L'apport sodé sera réduit pour des posologies quotidiennes supérieures à 15 ou 20 mg d'équivalent prednisone et modéré dans les traitements au long cours à doses faibles.
    • La supplémentation potassique n'est justifiée que pour des traitements à fortes doses, prescrits pendant une longue durée ou en cas de risque de troubles du rythme ou d'associations à un traitement hypokaliémiant.
    • Le patient doit avoir systématiquement un apport en calcium et vitamine D.
    • Lorsque la corticothérapie est indispensable, le diabète et l'hypertension artérielle ne sont pas des contre-indications mais le traitement peut entraîner leur déséquilibre. Il convient de réévaluer leur prise en charge.
    • Les patients doivent éviter le contact avec des sujets atteints de varicelle ou de rougeole.
  • Des troubles visuels peuvent apparaitre lors d'une corticothérapie par voie systémique ou locale (notamment par voie nasale, inhalée et intra-oculaire). En cas de vision floue ou d'apparition de tout autre symptôme visuel apparaissant au cours d'une corticothérapie, un examen ophtalmologique est requis à la recherche de troubles visuels notamment d'une cataracte, d'un glaucome ou d'une lésion plus rare telle qu'une choriorétinopathie séreuse centrale, décrits avec l'administration de corticostéroïdes par voie systémique ou locale.

  • Ce médicament contient 8,96 g de saccharose par flacon. Les patients présentant une intolérance au fructose, un syndrome de malabsorption du glucose et du galactose ou un déficit en sucrase/isomaltase (maladies héréditaires rares) ne doivent pas prendre ce médicament. Peut être nocif pour les dents.

  • Ce médicament contient 12,60 g de sorbitol par flacon. Les patients présentant une intolérance au fructose (IHF) ne doivent pas prendre/recevoir ce médicament. Le sorbitol peut causer une gêne gastro-intestinale et un effet laxatif léger.

  • Ce médicament contient 10,50 g de propylène glycol par flacon et peut provoquer des symptômes semblables à ceux provoqués par l'alcool.

  • Ce médicament contient 0,03 g de benzoate de sodium par flacon. Le benzoate de sodium peut accroître le risque d'ictère (jaunissement de la peau et des yeux) chez les nouveau-nés (jusqu'à 4 semaines).

  • Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium pour un flacon de 30 mL, c'est-à-dire qu'il est essentiellement « sans sodium ».

Interactions médicamenteuses

Ce médicament peut interagir avec de nombreux autres médicaments. Il est donc important d'informer votre médecin de tous les médicaments que votre enfant prend, y compris les médicaments en vente libre, les vitamines et les suppléments à base de plantes.

Les interactions médicamenteuses suivantes sont particulièrement importantes :

  • Médicaments donnant des torsades de pointe (astémizole, bépridil, érythromycine IV, halofantrine, pentamidine, sparfloxacine, sultopride, terfénadine, vincamine) : Utiliser des substances ne présentant pas l'inconvénient d'entraîner des torsades de pointes en cas d'hypokaliémie.
  • Inhibiteurs du CYP3A : Il est prévu que l'administration concomitante d'inhibiteurs du CYP3A, y compris de produits contenant du cobicistat, augmente le risque d'effets secondaires systémiques. L'association doit être évitée, sauf si les bénéfices sont supérieurs au risque accru d'effets secondaires systémiques des corticostéroïdes ; dans ce cas, les patients doivent être surveillés en vue de détecter les éventuels effets secondaires systémiques des corticostéroïdes.
  • Acide acétylsalicylique par voie générale et par extrapolation autres salicylés : Diminution de la salicylémie pendant le traitement par les corticoïdes et risque de surdosage salicylé après son arrêt, par augmentation de l'élimination des salicylés par les corticoïdes. Adapter les doses de salicylés pendant l'association et après l'arrêt du traitement par les corticoïdes.
  • Antiarythmiques donnant des torsades de pointes (amiodarone, brétylium, disopyramide, quinidiniques, sotalol) : L'hypokaliémie est un facteur favorisant de même que la bradycardie et un espace QT long préexistant. Prévenir l'hypokaliémie, la corriger si besoin; surveiller l'espace QT. En cas de torsade, ne pas administrer d'antiarythmique (entraînement électrosystolique).
  • Anticoagulants oraux : Impact éventuel de la corticothérapie sur le métabolisme de l'anticoagulant oral et sur celui des facteurs de la coagulation. Risque hémorragique propre à la corticothérapie (muqueuse digestive, fragilité vasculaire) à fortes doses ou en traitement prolongé supérieur à 10 jours. Lorsque l'association est justifiée, renforcer la surveillance : contrôle biologique au 8ème jour, puis tous les 15 jours pendant la corticothérapie et après son arrêt.
  • Autres hypokaliémiants (diurétiques hypokaliémiants seuls ou associés, laxatifs stimulants, amphotéricine B IV) : Risque accru d'hypokaliémie par effet additif. Surveiller la kaliémie, la corriger si besoin surtout en cas de thérapeutique digitalique.
  • Digitaliques : Hypokaliémie favorisant les effets toxiques des digitaliques. Surveiller la kaliémie, la corriger si besoin et éventuellement ECG.
  • Héparines par voie parentérale : Aggravation par l'héparine du risque hémorragique propre à la corticothérapie (muqueuse digestive, fragilité vasculaire) à fortes doses ou en traitement prolongé supérieur à 10 jours. L'association doit être justifiée, renforcer la surveillance.
  • Inducteurs enzymatiques : carbamazépine, phénobarbital, phénytoïne primidone, rifabutine, rifampicine : Diminution des taux plasmatiques et de l'efficacité des corticoïdes par augmentation de leur métabolisme hépatique. Les conséquences sont particulièrement importantes chez les addisoniens et en cas de transplantation. Surveillance clinique et biologique, adaptation de la posologie des corticoïdes pendant l'association et après arrêt de l'inducteur enzymatique.
  • Insuline, metformine, sulfamides hypoglycémiants : Elévation de la glycémie avec parfois cétose (diminution de la tolérance aux glucides par les corticoïdes). Prévenir le patient et renforcer l'autosurveillance sanguine et urinaire, surtout en début de traitement. Adapter éventuellement la posologie de l'antidiabétique pendant le traitement par les corticoïdes et après son arrêt.
  • Isoniazide (décrit pour la prednisolone) : Diminution des taux plasmatiques de l'isoniazide. Mécanisme invoqué : augmentation du métabolisme hépatique de l'isoniazide et diminution de celui des glucocorticoïdes. Surveillance clinique et biologique.
  • Topiques gastro-intestinaux : sels, oxydes et hydroxydes de magnésium, aluminium et calcium (décrit pour la prednisolone, la déxaméthasone) : Diminution de l'absorption digestive des glucocorticoïdes. Prendre les topiques gastro-intestinaux à distance des glucocorticoïdes (plus de 2 heures si possible).

Effets indésirables possibles

Comme tous les médicaments, la bétaméthasone peut provoquer des effets indésirables, mais ils ne surviennent pas systématiquement chez tout le monde.

Les effets indésirables les plus fréquents sont :

  • Insomnie.
  • Excitation.
  • Euphorie.

Rare :

  • Inconnu.

Ils sont surtout à craindre à doses importantes ou lors d'un traitement prolongé sur plusieurs mois :

  • Désordres hydro-électrolytiques : hypokaliémie, alcalose métabolique, rétention hydrosodée, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque congestive.
  • Troubles endocriniens et métaboliques : syndrome de Cushing iatrogène, inertie de la sécrétion d'ACTH, atrophie corticosurrénalienne parfois définitive, diminution de la tolérance au glucose, révélation d'un diabète latent, arrêt de la croissance chez l'enfant, irrégularités menstruelles.
  • Troubles musculo-squelettiques : atrophie musculaire précédée par une faiblesse musculaire (augmentation du catabolisme protidique), ostéoporose, fractures pathologiques en particulier tassements vertébraux, ostéonécrose aseptique des têtes fémorales.
  • Troubles digestifs : hoquet, ulcères gastroduodénaux, ulcération du grêle, perforations et hémorragie digestive, des pancréatites aiguës ont été signalées, surtout chez l'enfant.
  • Troubles cutanés : acné, purpura, ecchymose, hypertrichose, retard de cicatrisation et angio-oedème.
  • Troubles neuropsychiques : fréquemment : euphorie, insomnie, excitation ; rarement : accès d'allure maniaque, états confusionnels ou confuso-oniriques, convulsions (voie générale ou intrathécale) ; état dépressif à l'arrêt du traitement.
  • Troubles oculaires : certaines formes de glaucome et de cataracte ; vision floue (voir également rubrique Mises en garde spéciales et précautions d'emploi).

La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament.

Grossesse et allaitement

Dans l'espèce humaine, il existe un passage transplacentaire. Cependant, les études épidémiologiques n'ont décelé aucun risque malformatif lié à la prise de corticoïdes lors du premier trimestre. Lors de maladies chroniques nécessitant un traitement tout au long de la grossesse, un léger retard de croissance intra-utérin est possible. Une insuffisance surrénale néonatale a été exceptionnellement observée après corticothérapie à doses élevées. Il est justifié d'observer une période de surveillance clinique (poids, diurèse) et biologique du nouveau-né. En conséquence, les corticoïdes peuvent être prescrits pendant la grossesse si besoin.

En cas de traitement à doses importantes et de façon chronique, l'allaitement est déconseillé.

Surdosage

Si vous avez donné à votre enfant plus de BETAMETHASONE ZENTIVA 0,05 %, solution buvable en gouttes que vous n’auriez dû : Contactez immédiatement votre médecin ou votre pharmacien si vous avez donné à votre enfant BETAMETHASONE ZENTIVA 0,05 %, solution buvable en gouttes en quantité ou en durée supérieure à celle prescrite.

Oubli de dose

Si vous oubliez de donner à votre enfant BETAMETHASONE ZENTIVA 0,05 %, solution buvable en gouttes : Pour être efficace, ce médicament doit être utilisé régulièrement.

Informations complémentaires

La bétaméthasone est un médicament qui peut être très efficace, mais il est important de l'utiliser correctement et de suivre les instructions de votre médecin. Si vous avez des questions ou des préoccupations, n'hésitez pas à en parler à votre médecin ou à votre pharmacien.

Conservation

Ce médicament doit être conservé dans un endroit sûr, hors de la portée des enfants. Il doit être conservé à température ambiante et à l'abri de la lumière et de l'humidité.

Disponibilité

Les solutions buvables de bétaméthasone 0,05 % en gouttes doivent être réservées aux nourrissons de moins de 2 ans. Concernant la spécialité référente, CELESTENE 0,05 % gouttes buvables, les stocks disponibles sont alloués au circuit hospitalier. Enfin, l'approvisionnement des spécialités BETAMETHASONE ARROW et BETAMETHASONE ZENTIVA 0,05 % est maintenu en ville et à l'hôpital, mais des tensions sont signalées depuis le mois d'août. Pour les autres patients, les gouttes buvables de bétaméthasone 0,05 % peuvent être remplacées par des alternatives dans l'ensemble des indications. EDIT du 10 septembre 2018 : L'ANSM précise que les gouttes buvables de bétaméthasone 0,05 % encore disponibles doivent être réservées aux enfants de moins de 2 ans et aux indications suivantes les laryngites aiguës et l'asthme sévère du nourrisson.

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