Pour assurer une croissance et un développement optimaux, les nourrissons ont des besoins nutritionnels spécifiques qui sont satisfaits par le lait maternel ou infantile, ainsi que par la diversification alimentaire qui commence généralement entre 4 et 6 mois. Cet article se penche sur les apports nutritionnels recommandés pour les bébés de 0 à 2 ans, en se basant sur les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et d'autres sources fiables.

Le lait maternel : Aliment exclusif recommandé de 0 à 6 mois

Selon l'OMS, le lait maternel est l'aliment idéal et recommandé dès la naissance. Il est parfaitement adapté aux besoins du nourrisson et évolue avec lui pour fournir les quantités appropriées de protéines, de lipides, de glucides, de vitamines et de minéraux.

Le colostrum : L'or liquide des premiers jours

Dans les premiers jours suivant l'accouchement (généralement entre 2 et 4 jours), les seins produisent du colostrum, également appelé «l'or liquide» en raison de sa couleur jaune/orange. Ce lait maternel contient tous les nutriments dont bébé a besoin pour se nourrir et se protéger à la naissance. Il est riche en protéines et en anticorps, offrant une protection immunitaire essentielle au nouveau-né.

Avantages du lait maternel

Le lait maternel offre de nombreux avantages pour le bébé :

  • Composition idéale : Il est parfaitement adapté aux besoins nutritionnels du bébé et évolue avec lui.
  • Protection immunitaire : Il contient des anticorps, des enzymes et des cellules immunitaires qui protègent le bébé contre de nombreuses infections et maladies.
  • Digestibilité supérieure : Il est plus facile à digérer que le lait infantile, diminuant le risque de troubles digestifs.
  • Développement cognitif : Le lien entre la mère et l'enfant au moment de l'allaitement améliore le développement neurologique de l'enfant.
  • Réduction des risques de maladies chroniques : L'allaitement exclusif est lié à une diminution du risque de développer des maladies chroniques comme le diabète de type 2, l'obésité et les maladies cardiovasculaires plus tard à l'âge adulte.

L'allaitement présente également de nombreux avantages pour la mère, notamment une récupération post-partum plus rapide, une perte de poids facilitée et une réduction du risque de certains cancers.

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L'allaitement exclusif jusqu'à 6 mois

L'OMS recommande un allaitement maternel exclusif jusqu'à l'âge de six mois pour assurer une croissance, un développement et une santé optimale de l'enfant. «L'allaitement au sein exclusif» signifie que l'on ne donne à l'enfant que du lait maternel et aucune autre boisson ou aliment, pas même de l'eau. En revanche, on peut lui administrer des gouttes ou des sirops (vitamines, minéraux ou médicaments).

Laits infantiles : Une alternative rassurante

Lorsque l'allaitement n'est pas possible ou souhaité, les laits infantiles offrent une alternative rassurante pour l'alimentation de bébé. Ils sont spécialement formulés pour répondre aux besoins nutritionnels des nourrissons et se rapprocher, dans la mesure du possible, de la composition du lait maternel.

Réglementation stricte des laits infantiles

Les laits infantiles sont soumis à une réglementation très stricte avec un encadrement de leur composition. Ces normes encadrent précisément la composition, notamment en matière d’apports en nutriments essentiels, que les fabricants sont obligés de suivre. La production du lait infantile respecte des normes de sécurité particulièrement strictes, avec de nombreux contrôles à chaque étape, depuis la collecte du lait jusqu’à l’élaboration du produit fini. Ces contrôles incluent des tests nutritionnels, microbiologiques et chimiques, afin de garantir une composition adaptée et un niveau de sécurité optimal, qui tiennent compte de la vulnérabilité des bébés. Par exemple, depuis 2020, la réglementation européenne impose que tous les laits infantiles contiennent une quantité définie de DHA, un acide gras essentiel, qui contribue au bon développement de la vue des nourrissons.

Types de laits infantiles

Il existe plusieurs types de laits infantiles, adaptés à l'âge et aux besoins spécifiques du bébé :

  • Laits 1er âge : Adaptés de la naissance jusqu’à l’introduction d’une alimentation diversifiée, aux alentours de 4/6 mois.
  • Laits de suite : Conviennent du début de la diversification jusqu’à 12 mois. Le lait de suite dit lait deuxième âge contient notamment plus de fer pour répondre aux besoins de bébé qui augmentent à partir de 6 mois. Les teneurs en calcium et en certaines vitamines sont également revues pour correspondre aux besoins de bébé.
  • Laits de croissance : De 1 à 3 ans, chacun répondant aux besoins nutritionnels spécifiques à chaque étape de développement. Le lait de croissance est encore un peu plus enrichi en fer car c’est la principale carence chez les enfants entre 1 et 3 ans.

On distingue également plusieurs formes de laits infantiles :

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  • Lait infantile en poudre : Le plus courant et généralement le plus économique. Il doit être mélangé avec de l’eau pour le reconstituer, en respectant bien sûr les indications du producteur sur la boite.
  • Lait infantile liquide : Prêt à l’emploi, ce type de lait est très pratique mais plus coûteux. Il offre les mêmes avantages nutritionnels que le lait en poudre sans nécessiter de préparation.

Choisir le bon lait infantile

Pour bien choisir un lait infantile, il est essentiel de tenir compte de l’âge de l’enfant. Pour rappel, tous les laits infantiles commercialisés sur le marché français répondent aux besoins nutritionnels des tout-petits. L’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) recommande toutefois de privilégier un lait infantile dont la composition en protéine est inférieure à 1,3 g et avec ajout d’ARA. L’ajout de prébiotiques ou de probiotiques est un atout supplémentaire.

Si l’enfant présente des besoins spécifiques (troubles digestifs, intolérances, régime particulier), le lait peut être adapté. Par exemple, un lait à apport calorique plus élevé est conseillé pour les bébés de faible poids à la naissance.

Il est indispensable de respecter les quantités quotidiennes de lait infantile mentionnées sur chaque boite de lait, en fonction de l’âge de votre bébé. Le dosage et la fréquence des biberons sont proposés à titre indicatif.

Diversification alimentaire : Introduction de nouveaux aliments

L’OMS recommande d’introduire d’autres aliments, en plus du lait maternel, à partir de l’âge de six mois (180 jours). Ces aliments seront donnés deux à trois fois par jour entre 6 et 8 mois, puis systématiquement trois à quatre fois fois par jour entre 9 et 11 mois. Entre 12 et 24 mois, on donne aux enfants trois à quatre repas et deux encas nutritifs à la demande entre les repas.

Quand commencer la diversification ?

« Sous réserve de l’accord du médecin, la diversification alimentaire peut commencer à partir de 4 mois révolus, mais c’est en moyenne entre 5 et 6 mois qu’elle va débuter. »

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Comment introduire les nouveaux aliments ?

Pendant la diversification alimentaire, il s’agira d’épaissir progressivement la texture de son repas par l’introduction d’aliments sous forme de purée liquide, puis écrasés pour tendre jusqu’à obtenir de petits morceaux. L’objectif de la diversification alimentaire est tout d’abord de faire découvrir de nouvelles saveurs à votre bébé. Au fur et à mesure des mois, l’alimentation solide se substituera au lait, pour répondre davantage à ses besoins nutritionnels.

Au début de la diversification alimentaire, il sera possible de proposer à bébé des céréales infantiles dans son lait afin qu’il s’habitue à une texture plus épaisse et une nouvelle saveur.

Quantités et textures recommandées

ÂgeTextureFréquenceQuantité à chaque repas
6-8 moisCommencer avec des bouillies épaisses ou des aliments réduits en bouillie. Continuer avec de la nourriture familiale en purée.2 fois par jour et tétées fréquentes. 2 encas peuvent être proposés à la demande.2 à 3 cuillers à soupe pour commencer. Augmenter régulièrement jusqu’à 2/3 d’une tasse de 250 ml à chaque repas.
9-11 moisAliments hachés ou réduits en purée, aliments que l’enfant peut saisir.3 à 4 repas plus des tétées. Plus 1 à 2 encas à la demande.1/2 bol de 250 ml
12-23 moisNourriture familiale, coupée menu, hachée ou réduite en purée si nécessaire.3 à 4 repas plus 2 encas à la demande entre les repas plus les tétées.3/4 ou un bol entier de 250 ml.

Note : Si le nourrisson n’est pas allaité, ajouter 1 à 2 tasses de lait et 1 à 2 encas par jour.

Importance de l'hygiène et de la stimulation

L’apport nutritif doit être suffisant, ce qui veut dire comporter suffisamment de calories, de protéines et de nutriments pour couvrir les besoins nutritionnels d’un enfant qui grandit. Les aliments doivent être préparés et donnés dans de bonnes conditions d’hygiène pour réduire le plus possible les risques de contamination. Pour nourrir un enfant, il faut s’impliquer activement et le stimuler afin de l’encourager à manger.

Besoins spécifiques lors de la diversification

Le passage de l’allaitement au sein exclusif à la consommation de la nourriture familiale est une phase très délicate pour le nourrisson. Au cours de cette période, de nombreux enfants souffrent de problèmes de nutrition et ils constituent une part importante de la prévalence de la malnutrition chez l’enfant de moins de cinq ans dans le monde. Il est donc crucial de donner aux nourrissons des aliments complémentaires sûrs, adaptés et en quantité suffisante pour que la transition entre l’allaitement et la consommation de la nourriture familiale se passe bien.

Besoins nutritionnels entre 1 et 2 ans

Entre 1 et 2 ans, l’alimentation de bébé commence à ressembler à celle des adultes, mais en quantités adaptées à son âge et à condition de proposer des repas sains, équilibrés et variés sans ajout de sel ni de sucre. Vous pouvez alterner lait de croissance et lait de vache UHT entier. Dans ce cas de figure, le lait entier est à privilégier vis-à-vis du lait demi-écrémé, car les besoins en matières grasses des enfants jusqu’à 3 ans sont plus importants que ceux des adultes.

Besoins nutritionnels spécifiques

Besoins énergétiques

Au cours des 12 premiers mois de la vie, la dépense énergétique, exprimée en kg de poids corporel, ne cesse d’augmenter, passant en moyenne de 270 kJ/kg/jour à la naissance à 380 kJ/kg/jour à 12 mois. En revanche, la quantité d’énergie stockée sous forme de protéines et lipides dans les tissus ne cesse de décroître en raison du ralentissement de la croissance (la courbe de croissance est forte mais elle s’infléchit). Elle passe en moyenne de 100 kJ/kg/jour au cours du 1er mois à 8 kJ/kg/jour à 12 mois.

Apports de sécurité

Chez le nourrisson et enfant en bas âge, les recommandations données sont appelées les « apports de sécurité ».

Acides gras essentiels

Les acides gras essentiels sont nécessaires au développement cérébral et à la maturation des fonctions sensorielles. La part calorique qu’occupent les acides gras totaux dans l’alimentation se différencie avant et après l’âge de 3 ans.

Vitamine K

Les nouveau-nés et les jeunes nourrissons sont particulièrement exposés aux risques hémorragiques liés au déficit en vitamine K. Pour prévenir une maladie hémorragique du nouveau-né, une supplémentation de 2 mg de vitamine K est nécessaire à la naissance et entre le 4e et le 7e jour pour tous les enfants. Le lait maternel étant pauvre en vitamine K, une dose supplémentaire est recommandée à 1 mois de vie en cas d’allaitement exclusif.

Calcium et Vitamine D

Un squelette de nouveau-né contient 30 g de calcium, alors qu’un squelette d’adulte en contient de 1 000 à 1 200 g. L’organisme humain n’ayant pas la capacité de synthétiser du calcium, il est donc indispensable que le bébé trouve tous les jours dans son alimentation, en quantité suffisante, cet élément minéral. Pour le nourrisson, le lait maternel ou les « préparations pour nourrissons », dans les quantités recommandées, couvrent bien ses besoins.

Pour une bonne utilisation du calcium alimentaire, un apport en vitamine D est nécessaire. L’organisme des nourrissons ou enfants en bas âge n’en synthétise pas assez (au niveau cutané) pour couvrir leurs besoins. Un apport exogène est donc nécessaire. Le lait maternel et les « préparations pour nourrissons » et « préparations de suite » contiennent, certes, de la vitamine D, mais en quantité insuffisante pour assurer, pour toute la population de cet âge, une bonne prévention du rachitisme. Une supplémentation en vitamine D, idéalement quotidienne, est nécessaire chez tous les enfants de 0 à 18 ans. Les experts estiment qu’une dose minimale de 400 UI/j permet d’éviter la survenue d’un rachitisme carentiel.

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