L'iode est un oligoélément essentiel au bon fonctionnement de l'organisme, particulièrement concentré dans la glande thyroïde où il participe à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Son importance est cruciale, surtout chez les femmes enceintes, car il joue un rôle déterminant dans le développement du fœtus. Cet article explore les besoins spécifiques en iode pendant la grossesse, les recommandations actuelles, les sources d'iode, les risques liés à une carence ou à un excès, et les stratégies pour optimiser l'apport iodé.

L'iode : Un oligoélément vital

L’iode est un oligoélément présent en faible quantité chez l’adulte, essentiellement au niveau de la glande thyroïde. En 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant de l’iode. L'iode est présent en grande quantité dans les océans. La carence en iode est grave et s’observe surtout dans les régions éloignées de la mer. Chez les enfants, elle provoque un handicap mental irréversible appelé « crétinisme ». L’iode est un expectorant efficace et soulage les douleurs liées aux kystes du sein. Lors d'irradiation thérapeutique ou accidentelle, la prise de comprimés d'iodure de potassium permet de prévenir les atteintes thyroïdiennes causées par les radiations. En effet, cette substance sature la glande thyroïde en iode et évite la fixation de l'iode radioactif. Pour être efficace, elle doit être administrée dans les trois ou quatre heures suivant l'exposition. Pour cette raison, les personnes habitant à proximité d'une centrale nucléaire reçoivent, à titre préventif, des comprimés d'iodure de potassium à utiliser le cas échéant.

Importance de l'iode pendant la grossesse

Lors de la grossesse et en particulier au premier trimestre, les femmes ont besoin davantage d’iode notamment parce qu’elles fournissent cet oligo-élément au fœtus. Avant même la période de conception du fœtus, il est important d’assurer un apport suffisant d’iode afin d’optimiser les chances de fécondation. Durant la grossesse et l’allaitement, les besoins en iode augmentent car d’une part, les hormones de la grossesse stimulent la glande thyroïde et augmentent ses besoins en iode (sans compter la perte d’iode causée par les fuites de cet oligo-élément par l’urine). Une carence en iode pendant la grossesse peut avoir un impact néfaste sur le développement du cerveau du bébé, résultant à des troubles psychomoteurs et intellectuels plus ou moins graves selon le niveau de carence.

Les besoins physiologiques en iode sont accrus chez les femmes enceintes, passant de 150 µg/j à 250 µg/j. D’après de récentes études françaises, l’iodurie médiane des femmes enceintes est comprise entre 50 et 100 µg/L, suggérant une carence iodée modérée. La diminution de la T4L (fraction libre de la T4). Concernant le développement neurologique de l’enfant, l’analyse de deux études est en faveur d’un effet bénéfique de la supplémentation en iode pendant la grossesse. Une troisième étude observationnelle a décrit à l’inverse un effet délétère de cette supplémentation sur le développement psychomoteur à 1 an. Concernant l’effet de la supplémentation en iode sur la fonction thyroïdienne, la majorité des études ont décrit des résultats bénéfiques. Cette revue de la littérature montre une tendance bénéfique d’une supplémentation systématique en iode chez les femmes en âge de procréer. En effet, des retards de développement psychomoteur et neuro-comportemental de l’enfant pourraient être prévenus par une supplémentation en iode des femmes enceintes.

Recommandations actuelles

Des recommandations de supplémentation ont été mises en place en 2005 par l’Organisation Mondiale de la Santé, pour limiter les conséquences de la carence en iode chez les femmes et les enfants. Ces recommandations, dans les pays où le sel de table n’est pas additionné d’iode, impliquent une supplémentation iodée systématique chez les femmes en âge de procréer, puis au cours de la grossesse et de l’allaitement. Malgré les recommandations de l’OMS, les études épidémiologiques indiquent qu’une proportion non négligeable de femmes est carencée en iode, même avant la grossesse. Selon l’OMS, l’apport iodé est insuffisant dans une population donnée si la concentration iodée urinaire (en anglais : UIC) médiane dans cette population est inférieure à 100 µg/L ou 150 µg/L pour les femmes enceintes. Dans de nombreux pays considérés comme ayant un bilan iodé suffisant, il est courant que la sous-population des femmes enceintes présente tout de même une carence en iode.

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Sources d'iode

L’iode est apporté notamment par l’alimentation, en particulier les poissons marins, les crustacés, les œufs et les laitages. L’iode est présent dans le sel enrichi, les fruits de mer, le poisson et les algues. En France, à l’exception de sels particuliers comme la fleur de sel, le sel de cuisine est quasi systématiquement enrichi en iode et cet apport suffit généralement à couvrir les besoins. Les personnes qui suivent un régime pauvre en sel doivent veiller à ingérer suffisamment d’iode, par exemple en mangeant du poisson.

Afin d’optimiser l’apport en iode, vous pouvez saler vos aliments avec du sel iodé. Cependant, le sel doit être utilisé avec parcimonie pendant la grossesse. Pour les femmes enceintes ayant des restrictions de protéines d’origine animale dans l’alimentation, il est également difficile de maintenir un apport suffisant en iode.

Risques liés à la carence et à l'excès d'iode

Une carence en iode, même légère, chez les femmes enceintes a des conséquences délétères sur le développement neurologique des enfants. Ces études d’observation montrent le plus souvent, chez les enfants nés de mères présentant une carence légère ou modérée en iode, un développement neurologique ralenti pouvant se caractériser par une baisse du quotient intellectuel verbal ou encore une diminution de la précision et de la compréhension de la lecture.

Cela étant dit, un apport excessif d’iode peut être également néfaste, lors de la grossesse et tout au cours de la vie. Afin de ne pas risquer de dépasser l’apport journalier maximal en iode, nous vous recommandons d’éviter la consommation d’algues séchées ou d’algues d’origine inconnue lorsque vous consommez ce complément alimentaire. Les femmes enceintes et celles qui allaitent doivent éviter d’ingérer plus de 200 µg d’iode par jour. Certaines personnes sont hypersensibles à l’iode et développent rapidement des symptômes tels que fièvre, urticaire, œdèmes ou hémorragies sous la peau. Suite à une prise d’iode, on peut également observer des poussées d’acné, des troubles du rythme cardiaque, des fourmillements ou une confusion, par exemple. L’iode peut interagir avec des médicaments. Elle diminue l’efficacité de certains anticoagulants (fluidifiants du sang) et augmente celle des médicaments traitant l’hyperthyroïdie.

Stratégies pour optimiser l'apport iodé

L’apport alimentaire est à privilégier par la consommation de produits de la mer, de produits laitiers et d’œufs. Une alimentation équilibrée apporte suffisamment d'iode et la prise de compléments est rarement justifiée.

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Malheureusement, pendant la grossesse, les coquillages et les crustacés sont à consommer très précautionneusement, voire à éviter. Certains aliments, comme le soja ou les légumes de la famille des choux, peuvent diminuer l'absorption de l'iode par l'intestin.

Études et recherches

Des données ont été recueillies auprès de 501 couples ayant planifié une grossesse entre 2005 et 2009. Cette étude est la première à suggérer un effet de la carence en iode sur les chances de conception. Des études complémentaires sont désormais nécessaires pour déterminer si la mise en place d’une supplémentation en iode chez les femmes carencées permettrait d’améliorer leur fertilité. Très peu d’études ont évalué l’effet d’une supplémentation en iode des femmes enceintes sur le développement neurologique des enfants.

Les résultats mettent tout d’abord en évidence un besoin d’essais contrôlés randomisés, car seules des données d’observation ont pu être recueillies dans cette revue de littérature.

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