Erik Satie, né en 1866 à Honfleur, en Normandie, et décédé en 1925, est une figure marquante de la musique française de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Son œuvre, souvent qualifiée d'originale et d'iconoclaste, a influencé de nombreux compositeurs et artistes. Cet article explore la vie, l'œuvre et l'influence de ce musicien hors du commun.

Jeunesse et formation

Satie passe son enfance à Honfleur. Il prend des cours d'orgue avec un oncle. En 1886, il compose Ogives, pour le piano.

Montmartre et la Rose-Croix

Satie s'imprègne de l'atmosphère artistique de Montmartre. Il écrit un texte de Péladan. Il n'achève jamais et cesse de croire à son rôle de mage. Satie fréquente la secte de la Rose-Croix. Il caresse l'idée de fonder une religion nouvelle et rédige des écrits calligraphiés à l'encre rouge et ornés de paraphes interminables.

Arcueil et l'École d'Arcueil

Vers 1898, Satie s'installe à Arcueil. Il y fréquente Vincent d'Indy, Roussel et Sérieyx. Satie organise des goûters pour les enfants déshérités. Le Groupe des Six et l'École d'Arcueil se réclament de son autorité. L'expression « École d'Arcueil » est une dénomination bien injustifiée.

Personnalité et relations

Erik Satie avait un frère, courtier maritime, mais également une sœur, Olga (Louise-Olga-Jeannie), née le 17 juin 1868. Elle était également pianiste. Elle se marie avec un médecin, donne naissance à un garçon, qui lui est retiré par un conseil de famille après la mort de son mari. Elle gagne l'Argentine en 1900, de fixe à Buenos Aires, donne des cours de piano et joue dans les hôtels.

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Satie est décrit comme ayant une étonnante jeunesse d'esprit. Il était resté « jeune comme un collégien ». « Quelle chance d'être vieux, disait-il ! ». Jean Cocteau fut alors un de ses plus chauds partisans.

Esthétique musicale

L'esthétique de Satie se caractérise par une volonté d'être simple et d'aller à l'essentiel. Il débarrasse sa musique des reprises, des redites, de tout superflu, condense, réduit au minimum la durée des périodes. Satie recherchait l'audace après tant de complications : être simple. Il faisait ce que personne n'y avait jamais pensé.

Satie se moquait-il ? Oui et non. Satie atteste ce souci de familiarité. Il s'éloigne des choses graves et profondes qu'il pouvait. Cela ne signifie pas toujours que la pièce veuille l'être aussi. Satie s'intéresse davantage à la forme de ses morceaux, qu'il intitule : Morceaux en forme de poire.

Influence et réception

Satie était mal vu des artistes de gauche, parce qu'il venait d'avoir le prix de Rome. Un soir, Debussy et Satie se trouvent à la même table. Satie demande à Debussy ce qu'il prépare. Debussy répond qu'il prépare un opéra sur le thème de Tristan et Iseut, une wagnérie avec Catulle Mendès. Satie lui dit: « Croyez-moi, murmura-t-il, assez de Wagner ! Il faut chercher de chez nous! ».

Satie, remarque très justement F.-D., n'a jamais réussi pour ne pas susciter des imitations.

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Satie est notoirement imité. Déjà l'idole avait perdu de son prestige. On l'encensait moins éperdument. Ainsi parlait-on. Satie, surtout, Mercure, un grand désenchantement se produisit. II est atténué par une réserve.

Œuvres marquantes

Parmi les œuvres marquantes de Satie, on peut citer :

  • Ogives (1886)
  • Gymnopédies (1888)
  • Heures séculaires et instantanées (1914)
  • Sports et divertissements (1914)
  • Socrate (1918)
  • Parade (1917)

Gymnopédies

Les Gymnopédies sont des pièces pour piano qui se caractérisent par leurs accords amorphes et sans liens. Elles sont souvent considérées comme une musique d'atmosphère.

Parade

Parade est un ballet réaliste en une scène. Des costumes dessinés par Picasso, une chorégraphie de L. Lifar et d'une main non identifiée. a dirigé la création au casino de Monte-Carlo.

Anecdotes

Satie, qui m'a été dite par Debussy et qui décida l'esthétique de Pelléas : « Il faudrait que l'orchestre ne grimace pas quand un personnage entre en scène. Est-ce que les arbres du décor grimacent ? Il faudrait faire un décor musical, créer un climat musical où les personnages bougent et causent. » Debussy était corps perdu dans la composition de son drame lyrique. « C'est grâce à Satie ! » s'écria-t-on. Ne nous échauffons pas si vite.

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Un jour, il se fit ermite : cet ironique devint alors l'innocence même. N'y a-t-il point une innocente ironie ? On ne saurait le dire.

Critique et postérité

ÉMILE VUILLERMOZ, Histoire de la musique. p. PAUL LANDORMY, La musique française après Debussy. p.

La musique sérieuse « c'était » de la blague.

Jamais Erik Satie ne s'élève à la vraie grandeur. Debussy ? le veut et comme il le veut. De la ligne mélodique, il nous émeut jusqu'au fond du cœur. Qui évoque l'infini. Étroites d'un procédé ingénieusement construit. Petit génie, de second ordre, à court souffle.

Satie avait été harcelait : « Vous verrez un jour ! Attendez ! ». Satie dit: « J'attends toujours, et, jusqu'ici, je n'ai rien vu. »

Satie travaillait à un Paul et Virginie en 3 actes. Ne lui avons-nous pas fait la part trop belle ? Jamais.

Dès 1896, quand il en entendait les fragments chez son ami Debussy, que Pelléas était, un chef-d'œuvre. « Plus rien à faire ! » dangereux. Mais voilà qu'à Pelléas, succède le Sacre du Printemps. Alors le « vieux au bois dormant » s'éveille.

Satie n'annonce rien. Il ferme une période.

Liste des œuvres

  • ésotérique « en 1 acte de Jules Bois.
  • 1900, Jack in the box (orchestré par D.
  • un poème de D. Bonnaud et N.
  • désagréables, 3 duos pour piano (1. Pastorale ; 2. Choral ; 3.
  • (1. Sévère réprimande ; 2. Seul à la maison ; 3.
  • 1911, En habit de cheval, pour orchestre (1. 2. Fugue Litanique, 3. Autre Choral, 4.
  • piano (1. Tyrolienne turque, 2. Danse maigre, 3.
  • (1. Être jaloux de son camarade qui a une grosse tête ; 2. Lui manger sa tartine ; 3.
  • en tous sens, pour piano (1. Celle qui parle trop, 2. porteur de grosses pierres, 3.
  • pour piano (1. Sur un vaisseau, 2. Sur une lanterne, 3.
  • 1913, Embryons desséchés (1. d'holothurie, 2. d'edriophthalma, 3.
  • pittoresques (1. Petit prélude à la journée, 2. 3.
  • 1913, Menus propos enfantins (1. guerrier du roi des haricots ; 2. Ce que dit la petite princesse de tulipes ; 3.
  • pour piano (1. Chez le marchand d'or (Venise XIIIe siècle) ; 2. Danse cuirassée (Période grecque) ; 3.
  • sur un poème de V.
  • 1914, Heures séculaires et instantanées (1. Obstacles venimeux ; 2. Crépuscule matinale (de midi) ; 3.
  • pensées, pour piano (1. Idylle, 2. 3.
  • à Jane Bathori ; Daphénéo sur un poème de M.
  • un poème de R. Chalupt, d'après L.
  • 1917, Parade, ballet réaliste en une scène (1. Prélude du rideau rouge ; Prestidigitateur chinois ; 3. Petite fille américaine ; 4. 5.
  • duo de piano, et piano solo (dances 1 et 1). Créée à la salle du Colisée à Paris, le 14 juin 1921.
  • and Manuscript Library, Yale University.

Bibliographie

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