Marco Polo, le célèbre explorateur vénitien du XIIIe siècle, est une figure emblématique de l'histoire, dont les voyages ont ouvert les portes de l'Orient à l'Occident. Si son nom est associé à la Route de la Soie et à la découverte de la Chine, il est essentiel de comprendre le contexte géographique et culturel qui a façonné son parcours et ses découvertes. Cet article propose une exploration des lieux qui ont marqué la vie de Marco Polo, en s'appuyant sur des informations historiques et géographiques, pour mieux appréhender l'impact de ses voyages sur le monde.
Marco Polo et la Route de la Soie : Un héritage culturel et gastronomique
La Route de la Soie, s'étendant sur plus de 7 000 kilomètres, reliant l'Empire du Milieu à l'Europe médiévale, était le théâtre d'échanges commerciaux, culturels et culinaires sans précédent. Des épices rares aux tissus précieux en passant par les techniques ancestrales, tout y transitait avec effervescence.
L'importance de Marco Polo dans la diffusion des saveurs nouvelles et exotiques ne doit pas être sous-estimée. Selon Léonard Gourmand, historien spécialisé dans les saveurs du passé, la rencontre entre Marco Polo et le cookie est un véritable témoignage de la richesse culturelle et gastronomique que la Route de la Soie a su insuffler à travers les âges.
L'ouverture de la Chine et l'émergence d'un nouveau monde
L'Empire du Milieu a longtemps exercé une fascination particulière sur les Européens. Longtemps, ce peuple raffiné, fier et secret a éconduit poliment les étrangers - marchands, missionnaires ou diplomates - qui se présentaient à ses frontières. Il a fallu la ruse des jésuites ou la puissance militaire des colonisateurs pour forcer ses défenses. Et quand même on y arrivait, la langue, le rituel, le protocole - en un mot, la culture, - dressaient autant de barrières infranchissables pour les " barbares ".
Or, depuis quelques années, la Chine s'ouvre à l'étranger. Grâce notamment aux " quatre modernisations " (de l'industrie, de l'agriculture, de la défense nationale et des sciences et techniques). Sous la houlette du très pragmatique Deng Xiaoping, la Chine s'éveille. Mais - ô stupeur ! - c'est pour écouter les sirènes du capitalisme occidental… Disparition des communes populaires, retour progressif à l'exploitation individuelle par les petits paysans, qui vendent eux-mêmes leurs produits au marché, multiplication des petites entreprises privées : le collectivisme abandonne progressivement les campagnes. Même si le parti peut, à tout instant, stopper une expérience qui ne fait pas l'unanimité au comité central… Plus étonnant encore : l'ouverture, toujours plus grande, des portes de la Chine aux visiteurs, à commencer par les touristes.
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Le regard de l'Islam sur l'Asie : Une exploration précoce
Si les hommes de l'Islam s'intéressèrent relativement peu à l'Europe, c'est qu'ils avaient en réalité leurs regards tournés ailleurs, vers l'Afrique et l'Asie. La découverte de ces régions, fort éloignées du Proche-Orient, berceau de l'Islam, a une histoire qui précède largement celle du Descubrimiento portugais aux XVe et XVIe siècles.
Dès le XIe siècle, d'autres représentations virent toutefois le jour. Les modifications les plus spectaculaires viennent sans aucun doute d'un savant ayant vécu dans la province du Sind actuel Pakistan. Mort après 1050, Al-Biruni est surtout connu pour son Livre de l'Inde , description fine et détaillée des us et coutumes de cette société non musulmane qu'il avait côtoyée, attentive à restituer la rationalité propre de certains de ses comportements. Sa contribution à l'astronomie et la géographie savante est tout aussi essentielle. Observateur aguerri des astres, Al-Biruni rompt en effet avec un certain nombre de traits fondamentaux de la géographie ptoléméenne. Il prouve l'inexistence de cet allongement de l'Afrique censé fermer au sud l'océan Indien et rend à ce continent son orientation nord-sud. Ce faisant, il affirme dès le XIe siècle la possibilité d'un contournement en direction de l'Atlantique.
La Pax Mongolica et le brassage culturel
La conquête de la Chine, de l'Asie centrale, du Moyen-Orient et de la Russie par les Mongols nomades unis par Gengis Khan au début du XIIIe siècle place sous un même pouvoir - certes d'une façon bien éphémère - un vaste pan de l'Eurasie. Les successeurs de Gengis Khan se partagent bientôt les dépouilles de cet empire, divisé en khanats, et, pour une grande partie d'entre eux, se convertissent à l'islam à partir de la fin du XIIIe siècle. Quelques décennies durant, la Pax mongolica est l'occasion d'un grand brassage culturel, nourri par la circulation, entre les cours des différents khanats mongols, de lettrés et de savants de provenances diverses.
C'est en 1308, au nord de l'Iran, que Rashid al-Din, un Juif persan converti à l'islam, devenu vizir des grands khans de Perse, achève de réunir les matériaux de son Compendium de toutes les histoires Jâmi' al-tavârîkh , comprenant l'histoire des prophètes bibliques et de l'empire des Arabes, celle des Turcs et des Mongols culminant avec la dynastie de Gengis Khan, mais aussi l'histoire des Chinois, des Indiens et des Francs. La somme ainsi réunie, abrégée en arabe et en persan, fut enluminée et copiée en plusieurs dizaines d'exemplaires dans l'atelier que possédait Rashid al-Din à Tabriz nord-ouest de l'Iran, avant d'être envoyée dans les principales villes du royaume.
Marco Polo et les récits de voyage : Une nouvelle vision du monde
Dans le monde latin, les premiers missionnaires et marchands, le franciscain italien Jean de Plan Carpin, envoyé par le pape en Mongolie 1243-1246, le franciscain flamand Guillaume de Rubrouck, missionné par Saint Louis auprès du grand khan de Mongolie en 1252-1254, puis le marchand vénitien Marco Polo 1254-1324, qui resta plusieurs années au service de Kubilai Khan en Chine, rendent l'Asie plus familière auprès d'un large auditoire.
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Plus encore qu'à la géographie savante arabe ou persane, qui peine à se départir des héritages classiques, il revient aux récits de voyage de camper ce monde islamique aux horizons élargis qui s'affirme après le XIIIe siècle. Le périple d'Ibn Battuta, un juriste musulman parti de Tanger en 1325 pour n'y revenir qu'en 1349 après avoir parcouru une grande partie des terres de l'Islam, en fournit sans nul doute l'exemple le plus célèbre.
L'héritage de Marco Polo : Un monde interconnecté
Des pouvoirs musulmans s'installent solidement le long des grandes routes qui relient l'Afrique, l'Asie et le Moyen-Orient à partir de la fin du XIIIe siècle. Sultanat d'Ifât en Éthiopie, sultanat de Kilwa sur la côte swahilie, sultanat de Pasai dans l'île de Sumatra, royaume du Mali en Afrique de l'Ouest : l'avènement de toutes ces dynasties sunnites ouvre une nouvelle étape dans l'islamisation de régions essentielles pour le commerce mondial.
La flotte chinoise envoyée entre 1402 et 1425 par l'empereur Yongle dans l'océan Indien n'était-elle pas dirigée par un musulman du Yunnan, l'amiral Zheng He ? De fait, le monde que découvrent Ibn Battuta et Zheng He est bien celui qui naît des bouleversements du XIIIe siècle, lorsque l'Islam, placé au coeur du système-monde, devient l'intermédiaire incontournable et quasi exclusif des échanges dans l'aire eurasiatique. C'est alors que, le long des routes terrestres route de la soie ou maritimes route des épices, s'accumule un savoir neuf, porté par les réseaux de marins et de marchands, par l'itinérance de savants et de pèlerins, dont le Livre des merveilles de Marco Polo, les Voyages d'Ibn Battuta et tant d'autres documents routiers nautiques, cartes marines, relations d'ambassade se font l'étonnant écho. Bien avant Vasco de Gama, c'est à l'Islam des derniers siècles du Moyen Age que nous devons d'avoir véritablement découvert l'Asie.
Le Pamir : Sur les traces de Marco Polo au Tadjikistan
Le Tadjikistan, composé à 93 % de montagnes, abrite les spectaculaires monts Pamir. Ce colossal massif occupe la province autonome du Haut-Badakhchan, soit la moitié est du pays. Quinze sommets s’y étagent entre 5 700 et 7 500 mètres. A peine 3 % des 8 millions d’habitants du pays hantent cette citadelle de pics enrobés de glace. Ce sont des peuples des hautes solitudes, communautés isolées d’Ismaéliens et de Kirghizes semi-nomades. Leurs coutumes attirent autant les voyageurs que les cimes immaculées où ils vivent. Si bien que depuis cinq ans, alpinistes, routards et randonneurs les fréquentent de plus en plus assidûment.
Au XIIIe siècle, Marco Polo emprunta cet itinéraire caravanier qui reliait l’Asie centrale à la Chine. Ses relations de voyage ont forgé l’imaginaire d’un Occident fasciné par les déserts et les montagnes d’Eurasie. Aujourd’hui, le visiteur peut de nouveau écumer ce tronçon de l’ancienne route de la soie : quel bonheur !
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