L'hormone gonadotrophine chorionique humaine (HCG) est une glycoprotéine complexe qui joue un rôle crucial dans le maintien de la grossesse. Produite initialement par l'embryon, puis par le placenta en développement, l'HCG est composée de deux sous-unités : alpha, commune à d'autres hormones telles que la LH, la FSH et la TSH, et bêta, spécifique à l'HCG. Cette spécificité de la sous-unité bêta est ce qui permet de la cibler pour les tests de grossesse.

Origine et Évolution de l'HCG

Les hormones antéhypophysaires LH, FSH et TSH, ainsi que l'hormone HCG, partagent une origine commune. Les similitudes protéiques et nucléiques entre ces hormones suggèrent qu'elles sont issues d'un même gène ancestral, apparu par duplications géniques suivies de mutations indépendantes. Tous les vertébrés possèdent le gène de la LH bêta, mais seuls les mammifères placentaires, notamment les primates et les équidés, possèdent le gène de l'HCG bêta.

La comparaison des protéines LH bêta et HCG bêta révèle des différences de longueur, avec 165 acides aminés pour HCG bêta et 141 pour LH bêta. Une délétion d'un nucléotide dans le gène de la LH bêta entraîne un décalage du cadre de lecture lors de la traduction, supprimant le codon stop présent dans le gène de la LH. Cette délétion dans le duplicata entraîne un décalage du cadre de lecture, faisant disparaître le codon stop. En toute rigueur, pour bien comprendre tout cela, il faut savoir que l’ARNm comporte une région normalement non codante après le codon stop UAA.

Les taux d'identité les plus élevés se trouvent entre les gènes LH bêta et HCG bêta. La LH bêta étant présente chez tous les vertébrés, tandis que l'HCG bêta n'est présente que chez certains mammifères placentaires, on peut estimer que la duplication à l'origine des gènes de ces deux hormones est postérieure à l'apparition des mammifères placentaires. L'apparition de l'HCG pourrait résulter d'une évolution convergente dans les lignées des primates et des équidés.

Rôle Physiologique de l'HCG

L'HCG joue un rôle fondamental dès les premiers jours de la grossesse. Sa fonction principale est de maintenir le corps jaune ovarien, assurant ainsi la sécrétion continue de progestérone, une hormone essentielle au maintien de la grossesse. L'HCG stimule la production d'une plus grande quantité d'œstrogènes et de progestérone pendant la grossesse. Elle favorise la production de progestérone par le corps jaune, la partie qui reste après la libération de l'ovule par l'ovaire. La hCG, associée à des hormones comme la progestérone et les œstrogènes, contribue également au maintien de la muqueuse utérine. Elle stimule en outre la glande thyroïde et favorise l’implantation du blastocyste.

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La production de bêta-HCG débute dès que l'embryon s'implante dans la paroi utérine, généralement entre 6 et 12 jours après la fécondation. Cette hormone se retrouve tant dans le sang que dans l'urine, mais à des concentrations différentes. Dans le sang, elle est détectable plus précocement et à des seuils beaucoup plus bas (généralement dès 5 UI/L contre 25 UI/L dans l'urine). Le taux de hCG augmente rapidement au cours des tout premiers jours de la grossesse, doublant généralement tous les deux jours au cours des premières semaines avant d’atteindre un niveau stable vers la semaine 10 ; il diminue ensuite lentement.

Détection de la Grossesse par l'HCG

Tests Urinaires et Sanguins

Les tests urinaires de grossesse, largement disponibles, détectent la présence de l'HCG dans les urines par une réaction antigène-anticorps. En revanche, le test sanguin bêta-HCG repose sur une méthode de dosage quantitative beaucoup plus précise, généralement par immunoanalyse chimioluminescente ou électrochimiluminescente. Le test sanguin n’a pas vocation à remplacer systématiquement le test urinaire, mais il intervient comme une méthode de confirmation ou dans des situations qui nécessitent une précision maximale.

Le test sanguin bêta-HCG peut théoriquement détecter une grossesse dès 8 à 10 jours après la fécondation, soit environ 10 à 14 jours après un rapport sexuel non protégé. Cependant, pour une fiabilité optimale, il est recommandé d’attendre au moins 12 à 14 jours après le rapport à risque. La principale différence réside dans leur sensibilité : le test sanguin peut détecter des concentrations beaucoup plus faibles d’hormone de grossesse (dès 5 UI/L) que le test urinaire (généralement 25 UI/L). De plus, le test sanguin fournit un résultat quantitatif précis permettant un suivi de l’évolution, tandis que le test urinaire donne uniquement un résultat qualitatif (positif ou négatif).

Fiabilité et Interprétation des Résultats

Les faux positifs sont extrêmement rares avec le test sanguin (moins de 1%) et généralement liés à des situations médicales particulières comme certaines tumeurs ou traitements hormonaux. Les faux négatifs peuvent survenir si le test est réalisé trop précocement, avant que l’hormone ne soit détectable dans le sang.

Les valeurs normales varient considérablement selon l’âge gestationnel. À 4 semaines d’aménorrhée (jour présumé des règles), le taux se situe généralement entre 50 et 500 UI/L. À 5 semaines, il atteint 500 à 10 000 UI/L. L’important est surtout l’évolution de ce taux, qui doit approximativement doubler toutes les 48-72 heures durant les premières semaines.

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Une augmentation inférieure à 66% en 48 heures est généralement considérée comme anormale et peut suggérer une grossesse non évolutive, une grossesse extra-utérine, ou une fausse couche en cours. Cependant, l’interprétation doit toujours être faite par un médecin en tenant compte de l’ensemble du contexte clinique et des autres examens.

Bien que les grossesses multiples s’accompagnent généralement de taux plus élevés, il existe un chevauchement important avec les valeurs observées dans les grossesses uniques. Le taux de bêta-HCG seul ne permet donc pas de déterminer avec certitude le nombre d’embryons. Seule l’échographie peut confirmer une grossesse multiple.

Applications Cliniques de l'HCG

Suivi de Grossesse et Dépistage

Le dosage de l'HCG est crucial dans le suivi de la grossesse, en particulier dans les situations à risque. Il permet de détecter précocement les anomalies telles que les grossesses extra-utérines ou les fausses couches. Une baisse ou une faible croissance de la hCG sur 48 heures peut être le signe d’une grossesse extra-utérine ou d’une fausse couche. Dans le cas d’une grossesse extra-utérine, le taux de hCG peut simplement se stabiliser ou augmenter très lentement. Un taux de hCG qui diminue continuellement indique que vous avez fait une fausse couche ou que la grossesse ne peut plus se poursuivre.

Le suivi de l’évolution du taux de bêta-HCG représente souvent une période anxiogène pour les patientes. Dans toutes ces situations sensibles, la qualité et la régularité des prélèvements sont essentielles.

Traitement des Tumeurs Trophoblastiques Gestationnelles

L'HCG est également un marqueur tumoral important dans le diagnostic et le suivi des tumeurs trophoblastiques gestationnelles (TTG). Ces tumeurs, qui surviennent après une môle hydatiforme, une fausse couche ou un accouchement, se manifestent par une absence de normalisation ou une ré-ascension des taux sériques d'HCG.

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Le traitement des TTG de bas risque implique souvent l'utilisation de méthotrexate, un antagoniste de l'acide folique qui inhibe la prolifération des cellules tissulaires. Dans certaines études, l'avélumab, un anticorps monoclonal dirigé contre le ligand de la protéine de mort programmée 1 (PD-L1), est utilisé en combinaison avec le méthotrexate. L'avélumab se lie au PD-L1 et bloque l'interaction entre le PD-L1 et ses récepteurs, PD-1 et B7.1.

Le méthotrexate est administré en intra-musculaire le 1er jour, le 3ème, le 5ème et le 7ème jour en alternance avec l’acide folinique par voie orale le 2ème, le 4ème, le 6ème et le 8ème jour toutes les 2 semaines. L’avélumab est administré par voie IV (intraveineuse) le 1er jour (avant l’administration de méthotrexate). Le traitement sera répété pendant 3 mois (médiane) jusqu’à normalisation du taux d’hCG plus 3 cures (soit 4 mois ½).

HCG et Sexe du Bébé

Des chercheurs ont montré que, avant trois semaines de grossesse, le taux sanguin d'HCG maternelle est significativement plus élevé en moyenne lorsque la mère est enceinte d'une fille que lorsqu'elle attend un garçon. Ces différences sont dues à des facteurs placentaires et non aux effets neuro-hormonaux du fœtus. Cependant, ce seul paramètre ne suffit pas à prédire le sexe de l’enfant, étant donné les variations entre les femmes.

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