Les petits garçons peuvent rencontrer des problèmes de développement de leurs organes génitaux, notamment des testicules qui ne sont pas descendus dans les bourses ou un prépuce trop étroit. Il est important de distinguer le testicule non descendu du phénomène du testicule rétractile, souvent appelé "testicule ascenseur". Cet article vise à fournir des informations claires et précises sur les causes, les conséquences et les traitements possibles du testicule qui remonte chez le bébé.

Développement normal des testicules

Pendant la grossesse, les testicules du fœtus se forment près de ses reins. Peu avant la naissance, chaque testicule descend dans la bourse correspondante, où la température, inférieure à celle du corps, est plus propice à son fonctionnement. Il arrive cependant qu’un testicule reste dans l’abdomen ou au niveau de l’aine. Ce problème touche environ 1 à 3 % des garçons nés à terme et 10 % des prématurés.

Cryptorchidie : Testicule non descendu

La cryptorchidie se définit par un testicule qui ne migre pas normalement de l’abdomen vers les bourses durant la vie fœtale. Le mot cryptorchidie vient du grec « kryptos », qui signifie « caché » et de « orkhis », qui signifie « testicule ». Normalement, au cours de la vie fœtale, les testicules migrent depuis la région lombaire jusqu’au scrotum. Or, il arrive qu’un ou que les deux testicules ne descendent pas dans les bourses au cours du développement de l’appareil génital masculin : on parle alors de cryptorchidie.

Causes de la cryptorchidie

Plusieurs hypothèses ont été mises en avant par les scientifiques sur les origines de cette anomalie. Parmi celles-ci :

  • Un trouble hormonal survenu pendant la grossesse, et plus précisément, une production insuffisante d’androgènes (hormones masculines) et/ou une surexposition aux œstrogènes (hormones féminines).
  • Un obstacle mécanique à la migration, comme un canal inguinal trop étroit, une adhérence anormale du testicule fœtal au tissu rétropéritonéal, ou une obstruction fibreuse de l’orifice scrotal.
  • La prématurité ou un faible poids à la naissance : entre 20 et 30 % des garçons prématurés peuvent présenter un défaut de migration d’un ou des deux testicules.

Conséquences de la cryptorchidie

Si cette anomalie persiste après la naissance, un traitement est nécessaire. En effet, un testicule non descendu ne peut pas se développer normalement ni produire de spermatozoïdes, ce qui provoque une stérilité si les deux testicules sont restés dans l’abdomen. La cryptorchidie peut avoir un impact délétère sur la fertilité des garçons. En effet, pour que les spermatozoïdes se développent dans de bonnes conditions, la température des testicules doit être d’environ 35,5 °C. Il est donc important qu’ils soient positionnés dans les bourses (le scrotum) à l’extérieur du corps. Le risque d’infertilité s’élève à 5 % en cas de cryptorchidie unilatérale et peut atteindre 50 % si elle est bilatérale.

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La cryptorchidie est un des principaux facteurs de risque du cancer du testicule. Chez les jeunes hommes dont le testicule n’est pas descendu avant l’âge de deux ans, le risque de développer un cancer des testicules est multiplié par environ 10.

Traitement de la cryptorchidie

Dans la majorité des cas, un traitement chirurgical est nécessaire vers l’âge de deux à trois ans. Le chirurgien déplace alors le, ou les testicules dans les bourses. Le traitement de la cryptorchidie est uniquement chirurgical. Dans les formes simples, lorsque le testicule est palpable, l’opération a lieu généralement en ambulatoire sous anesthésie générale. Si au cours de l’opération, il apparaît que le testicule est atrophié ou peu vascularisé, le chirurgien est susceptible de l’enlever (on parle alors d’orchidectomie). Les suites opératoires sont généralement peu douloureuses et facilement soulagées par la prise d’antalgiques du type paracétamol.

Si le testicule est resté dans le canal inguinal : le chirurgien pratique une première incision au niveau de la glande pour libérer les adhérences qui l’entourent et l’empêchent de descendre. Dans le même temps, il allonge le cordon spermatique, les vaisseaux sanguins. Une seconde incision permet de mettre le testicule en place au fond de la bourse. Réalisée sous anesthésie générale, cette intervention est bénigne, votre enfant rentre chez vous le soir même.

Si le testicule n’est pas palpable : il peut être resté dans l’abdomen… l’important est de s’assurer qu’il existe ! Le seul examen fiable est la cœlioscopie.

Testicule rétractile : Testicule ascenseur

Il ne faut pas confondre le testicule non descendu avec le phénomène du testicule rétractile. Dans ce dernier cas, le testicule est bien descendu mais, soumis au froid, à l’émotion ou à l’examen médical, il remonte dans l’aine et la bourse correspondante semble vide. Un bain chaud permet souvent au bébé de se détendre, et fait descendre le testicule.

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Les testicules ascenseurs représentent une forme particulière d'ectopie testiculaire, c'est-à-dire une anomalie de position des testicules. Cette mobilité excessive est due à un réflexe musculaire appelé réflexe crémastérien, particulièrement actif chez les jeunes garçons. Le muscle crémaster, qui entoure le cordon spermatique, se contracte et fait remonter le testicule, notamment en réaction au froid, au stress ou lors d'un examen médical. Cette condition est généralement bénigne et peut se résoudre naturellement avec la croissance.

Différentes anomalies de position testiculaire

Pour bien comprendre les testicules ascenseurs, il est important de les distinguer des autres anomalies de position testiculaire :

  • La cryptorchidie : Il s'agit de la forme la plus sérieuse. Le testicule est resté bloqué sur son trajet de descente, généralement dans le canal inguinal ou dans l'abdomen. Le médecin ne peut pas le faire descendre manuellement dans le scrotum, même temporairement.
  • Le testicule à ressort (ou testicule rétractile sévère) : Le pédiatre parvient à manipuler le testicule et à le placer dans le scrotum lors de l'examen, mais celui-ci remonte immédiatement dès qu'il relâche sa pression. Cette situation se situe entre la cryptorchidie et le testicule ascenseur en termes de gravité.
  • Le testicule ascenseur (ou testicule rétractile) : C'est la forme la plus courante et la moins préoccupante. Le testicule migre spontanément entre le scrotum et une position plus haute, sans intervention extérieure. Contrairement au testicule à ressort, il peut rester dans le scrotum pendant de longues périodes et y retourner naturellement.

Prise en charge des testicules ascenseurs

La prise en charge des testicules ascenseurs varie selon l'évolution de la condition, l'âge de votre enfant et la gravité de la situation.

  • La surveillance médicale active : Dans la majorité des cas, les testicules ascenseurs ne nécessitent pas de traitement immédiat. Les testicules peuvent descendre naturellement et définitivement dans le scrotum avant l'âge de 3 ans, au fur et à mesure que le réflexe crémastérien se normalise.
  • Le traitement hormonal (hormonothérapie) : Si les testicules restent fréquemment en position haute après 3 ans, votre médecin peut proposer un traitement à base de testostérone ou d'analogues hormonaux (comme la gonadotrophine chorionique humaine ou hCG). Les effets secondaires potentiels, généralement rares et temporaires, incluent : maux de tête, irritabilité, légère rétention d'eau, éruptions cutanées ou, exceptionnellement, des signes de puberté précoce.
  • L'intervention chirurgicale : l'orchidopexie : Si le testicule reste en dehors du scrotum de façon persistante après 3 à 5 ans, ou si le traitement hormonal échoue, une intervention chirurgicale devient nécessaire. L'orchidopexie consiste à fixer chirurgicalement le testicule dans le scrotum. Cette opération, réalisée sous anesthésie générale, dure environ 30 à 45 minutes et permet généralement un retour à domicile le jour même.

Risques associés aux testicules ascenseurs

  • Le risque d'infertilité : Les testicules doivent se trouver dans le scrotum car ils ont besoin d'une température inférieure de 2 à 3°C à celle du corps pour produire des spermatozoïdes de qualité. Lorsqu'un testicule passe trop de temps dans l'abdomen ou l'aine, où la température est plus élevée, cela peut endommager progressivement les cellules germinales responsables de la production de spermatozoïdes.
  • Le risque de torsion testiculaire : Un testicule mobile et mal positionné est plus susceptible de se tordre sur lui-même, entraînant une torsion du cordon spermatique qui contient les vaisseaux sanguins alimentant le testicule.
  • L'impact psychologique : À l'adolescence, un aspect anormal des organes génitaux peut devenir source d'anxiété et de gêne, notamment dans les vestiaires sportifs ou lors des relations intimes.
  • Le léger risque accru de cancer testiculaire : Bien que le risque reste faible, les études montrent que les testicules ayant présenté une anomalie de position ont un risque légèrement plus élevé de développer un cancer à l'âge adulte.

Autres facteurs de risque

Outre la cryptorchidie, d'autres facteurs peuvent augmenter le risque de problèmes testiculaires :

  • L’atrophie testiculaire : La diminution de taille du testicule, encore appelée atrophie testiculaire, résulte en particulier des oreillons (maladie virale infantile affectant les glandes salivaires et généralement sans conséquence chez l’enfant, mais potentiellement grave quand contractée à l’âge adulte) ou d’un traumatisme.
  • Les antécédents familiaux : Avoir un frère ou un père qui a été atteint par un cancer du testicule augmente le risque de développer la maladie. Pour autant, le caractère héréditaire n’a pas été établi.
  • Le cannabis : Des études concordantes ont indiqué un lien entre la consommation de cannabis et le risque accru de cancer du testicule par rapport au fait de n’avoir jamais consommé cette drogue.
  • Antécédents de cancer du testicule : Après un cancer du testicule, l’individu présente un risque accru qu’une tumeur se développe sur l’autre testicule, dit controlatéral. Le risque de récidive est de 2 à 3 % durant 15 à 25 ans. Néanmoins à ce jour, aucune substance n’a été mise en cause.

Surveillance et détection

Il est essentiel de surveiller la position des testicules de votre enfant, surtout durant les premiers mois de sa vie. Le pédiatre ou médecin traitant examine les bourses de votre petit garçon durant ses 6 premiers mois de vie, lors de chacun de ses examens de suivi. L’examen consiste en une palpation qui ne peut avoir lieu que si votre enfant est calme, allongé sur le dos et les cuisses légèrement fléchies. À partir de 6 mois, il peut être assis en tailleur. Cette palpation permet au médecin de localiser le testicule non descendu. Si le testicule est palpable, le médecin évalue sa taille et sa consistance. Il arrive qu’il soit de petite taille et anormal : on parle alors de testicule atrophique.

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Vous pouvez également vérifier vous-même la position des testicules de votre enfant. Le meilleur moment pour examiner votre enfant est lors du bain, quand il est détendu et dans une pièce chaude. Palpez délicatement le scrotum pour sentir la présence des deux testicules. S'ils sont présents au moins une partie du temps, notamment dans ces conditions de relaxation, il s'agit probablement de testicules ascenseurs.

Questions fréquentes

  1. À quel âge les testicules ascenseurs deviennent-ils préoccupants ? Les testicules ascenseurs sont fréquents et généralement sans gravité avant l'âge de 3 ans. La surveillance devient plus active entre 3 et 5 ans.
  2. Comment puis-je vérifier moi-même la position des testicules de mon enfant ? Le meilleur moment pour examiner votre enfant est lors du bain, quand il est détendu et dans une pièce chaude. Palpez délicatement le scrotum pour sentir la présence des deux testicules. S'ils sont présents au moins une partie du temps, notamment dans ces conditions de relaxation, il s'agit probablement de testicules ascenseurs.
  3. Les testicules ascenseurs peuvent-ils affecter un seul testicule ou les deux ? Les deux situations sont possibles. Les testicules ascenseurs peuvent toucher un seul testicule (unilatéral) ou les deux (bilatéral). L'atteinte unilatérale est plus fréquente.
  4. Mon fils ressent-il de la douleur avec des testicules ascenseurs ? Non, les testicules ascenseurs ne provoquent généralement aucune douleur.
  5. Le traitement hormonal est-il douloureux pour mon enfant ? Le spray nasal est totalement indolore et facile à administrer. Les injections peuvent occasionner une légère gêne au moment de la piqûre, comme pour tout vaccin, mais restent bien tolérées par les enfants.

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