En tant que jeunes parents, il est naturel d'être attentif à la respiration de votre bébé, en particulier après l'avoir nourri. Si vous remarquez que votre bébé siffle après avoir pris son biberon, il est important de comprendre les causes possibles de ce phénomène. Cet article vous aidera à faire la part des choses et à déterminer si ce sifflement est normal ou s'il nécessite une consultation médicale.

Variations normales de la respiration chez le nourrisson

La respiration d'un nouveau-né est différente de celle d'un adulte. Elle est généralement plus rapide et peut sembler irrégulière. Ces variations sont souvent dues au développement immature du système respiratoire et nerveux du nourrisson.

Fréquence respiratoire normale selon l'âge

Voici quelques repères pour vous aider à évaluer si la fréquence respiratoire de votre bébé est normale :

  • De 0 à 6 mois : entre 40 et 60 respirations par minute (fréquence rapide normale pour un nourrisson).
  • De 6 à 12 mois : entre 30 et 50 respirations par minute.
  • De 1 à 5 ans : entre 20 et 40 respirations par minute.
  • À partir de 6 ans : la fréquence se stabilise entre 16 et 30 respirations par minute, selon l'activité.

Si votre bébé respire vite et fort en dormant, cette évolution est donc tout à fait naturelle et fait partie du développement normal des bébés. Même si ces petits bruits ou ces variations peuvent surprendre les jeunes parents, ils sont le plus souvent sans gravité.

Rêves et sommeil paradoxal

Le sommeil des bébés est différent du nôtre ! Ils passent beaucoup plus de temps en sommeil paradoxal, cette phase où l’activité cérébrale est intense et où ils peuvent bouger, sourire… ou respirer de manière saccadée.

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Si votre bébé respire vite et fort en dormant, c’est totalement normal : durant cette phase du tableau de sommeil de votre bébé, sa respiration peut s’accélérer soudainement, ralentir, voire marquer de petites pauses. C’est simplement son cerveau qui s’entraîne et développe ses connexions : chez le nourrisson, le système nerveux central est encore en pleine maturation. Contrairement à l’adulte, le cerveau d’un bébé ne contrôle pas encore parfaitement les fonctions automatiques comme la respiration. Résultat : pendant le sommeil, surtout en phase de sommeil paradoxal, les signaux envoyés par le cerveau peuvent être irréguliers ou désynchronisés, ce qui explique ces variations de rythme respiratoire.

Ce phénomène est totalement naturel : on parle parfois de “respiration périodique du nourrisson”. C’est une étape transitoire pendant laquelle les neurones responsables de la régulation respiratoire apprennent à se coordonner, un peu comme si le cerveau "s’exerçait" à trouver le bon rythme.

Causes possibles des sifflements après le biberon

Si votre bébé siffle après avoir pris son biberon, plusieurs causes peuvent être envisagées :

Congestion nasale

Si votre bébé respire vite et fort en dormant, c’est peut-être parce qu’il a le nez encombré. En effet, les enfants respirent principalement par le nez : lorsqu’il est bouché (à cause d’un petit rhume, de la poussière, d’un air trop sec…), il doit faire un effort supplémentaire pour aspirer l’air. Résultat : une respiration plus rapide et bruyante, avec parfois des petits ronflements ou des sifflements. Pour le soulager, n’hésitez pas à lui nettoyer le nez avec du sérum physiologique.

Reflux gastro-œsophagien (RGO)

Votre nourrisson semble ressentir un inconfort après les biberons et régurgite beaucoup, vous vous demandez s’il souffre peut-être de reflux ? Le RGO, ou le reflux gastro-oesophagien, est un trouble digestif qui se produit lorsque les aliments et les liquides dans l’estomac remontent dans l’oesophage. Chez les bébés, c’est assez habituel : cela touche 40% à 65% d’entre eux. En effet, les nourrissons n’ont pas encore un sphincter oesophagien inférieur entièrement développé, la nourriture remonte donc facilement vers l’œsophage. Les régurgitations de lait sont la manifestation la plus courante du RGO. Bébé régurgite après chaque repas dans les minutes ou heures qui suivent le repas, par la bouche ou par le nez.

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Comment traiter et apaiser les reflux ?

Il n’existe malheureusement pas de médicaments contre les reflux. Cependant, il y a quelques conseils que vous pouvez appliquer. Après le repas, il faut éviter d’allonger bébé. Positionnez-le bien à la verticale, le dos soutenu, le plus longtemps possible pour faciliter la digestion et empêcher la régurgitation. Le lait maternel est plus facilement digestible que le lait infantile : de part ses priorités, il fait moins de caillots et se digère donc plus vite. Pour les bébés nourris au lait infantile, une des solutions et de proposer à bébé un lait épaissi ou de rajouter des céréales de riz adapté aux nourrissons. Le repas de bébé est un moment important : vous devez tenir le biberon de sorte à ce que la tétine soit toujours entièrement remplie de lait pour éviter que bébé avale de l'air. Optez pour des biberons possédant une valve anti-coliques pour prévenir bébé des coliques et des reflux. Veillez à ce que bébé fasse bien son rot après chaque repas.

Stridor

Votre bébé fait-peut être des bruits un peu aigus lors de l’inspiration, un peu comme un chant du coq, et cela régulièrement. C’est fréquent chez les bébés, lors d’une inspiration, le bruit apparaît, augmente, diminue et augmente à nouveau, puis disparaît lors de l’expiration pour recommencer lors du cycle suivant. Le stridor est le terme utilisé pour décrire ce bruit, qui va disparaître avec le temps. Il est la plupart du temps dû à une laryngomalacie, un terme « savant » pour dire que ça se situe au niveau du larynx (là où se trouvent les cordes vocales, d’où ce petit bruit, parfois même assez fort). Un reflux gastro-œsophagien peut en aggraver l’intensité.

Le stridor est un bruit aigu inspiratoire, d’origine laryngée et/ou trachéale. Ce dernier apparaît à la naissance ou dans les jours qui suivent. C’est un bruit à prédominance nocturne. Votre professionnel de santé verra lors de son examen clinique si votre nourrisson nécessite une consultation chez un ORL. Ce dernier pourra alors réaliser une nasofibroscopie. La principale cause est la laryngomalacie : c’est une maladie bénigne. Il s’agit d’un dysfonctionnement au niveau du larynx du bébé avec une immaturité et une texture molle. Il peut s’agir d’une cause virale : la laryngite striduleuse (il s’agit d’une inflammation du larynx). L’évolution classique de la laryngomalacie est la suivante : majoration clinique sur les 3 à 6 premiers mois de vie avec symptômes très forts, puis amélioration progressive spontanée jusqu’à 12 voire 24 mois de vie.

À quoi est dû ce bruit?

C’est en fait la bascule en arrière de l’épiglotte (ou plus rarement en avant de ce qu’on appelle les aryténoïdes), dues à l’aspiration (lors de l’inspiration) et qui provoque alors ce mécanisme un peu comme un sifflet.

Faut-il faire des examens?

C’est le pédiatre qui verra, en fonction de la fréquence de ce stridor, de son intensité, de sa date d’apparition, ou s’il y a des difficultés respiratoires, s’il y a lieu de faire des examens complémentaires (une échographie par un radiologue expert, l’avis d’un ORL qui éventuellement pourra aller regarder avec un fibroscope pour s’assurer qu’il n’y a pas une petite paralysie d’une corde vocale, mais c’est très rare). Plus rarement, il peut y avoir un petit kyste de la vallécule, mais dans ce cas le stridor sera apparu que quelques semaines après la naissance et s’il va en augmentant avec le temps.

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Faut-il l’opérer?

Très rarement, en cas de paralysie ou de kyste comme nous l’avons vu. La plupart du temps, il disparaît tout seul au bout de quelques semaines ou mois. L’évolution naturelle du stridor liée à la laryngomalacie suit généralement une aggravation progressive au cours des premiers mois de vie, atteignant un pic de sévérité vers le 4e mois. Par la suite, une phase de stabilisation précède une régression progressive des symptômes, habituellement après l’âge de 1 an.

Bronchiolite

La bronchiolite est l’une des infections respiratoires de l’hiver les plus courantes chez les enfants en bas âge. Elle est majoritairement provoquée par le Virus Respiratoire Syncytial (VRS). Chaque année un nourrisson sur 3 fait une bronchiolite. Pour la majorité, soit 89% la maladie est le plus souvent bénigne. Cependant, chez 2 à 3% des nourrissons de moins de 1 an, elle peut conduire votre bébé à l’hospitalisation, voire en réanimation. La bronchiolite est une infection virale des voies respiratoires, très contagieuse, épidémique, due à une inflammation aiguë des petites bronches (les bronchioles) qui atteint les nourrissons et bébés de moins de 2 ans. Avant deux ans, 70% des cas sont dus au VRS, plus particulièrement avant 6 mois. Le VRS circule toute l’année, mais il présente un pic épidémique en général entre octobre et mars, époque ou surviennent aussi les épidémies de grippe et de gastro-entérite.

La bronchiolite débute souvent par un rhume (sécrétions abondantes) puis une toux. Des difficultés respiratoires apparaissent ensuite avec une respiration plus rapide, souvent un peu sifflante à l’expiration. Lorsque le bébé commence à être gêné pour respirer, à chaque respiration le ventre se soulève, les espaces entre les côtes se creusent (ce que l’on appelle le tirage intercostal). Cette difficulté à respirer peut fatiguer le bébé, surtout quand il a moins de 3 mois, et peut gêner son alimentation et l’empêcher de finir ses tétées ou biberons. Augmentation de la fréquence respiratoire : la respiration étant bruyante, vous pouvez compter plus facilement le nombre de respirations par minute. Baisse de l’appétit : votre enfant épuisé boit de moins en moins (tétées ou biberons).

Prévention de la bronchiolite

Soit un vaccin maternel (Abrysvo®) qui peut être fait à la maman entre 32 et 36 semaines de grossesse si son accouchement est prévu en période épidémique. Ils sont tous les deux recommandés par la Haute Autorité de Santé (HAS). Vous pourrez choisir celui que vous préférez avec votre pédiatre, généraliste, gynécologue ou sage-femme. Si vous êtes en cours de grossesse il est important de discuter de vos vaccins Coqueluche, Grippe et éventuellement Covid. Dans les deux cas, le bébé n’est pas vacciné mais il est protégé de façon « passive » pendant au moins 6 mois. Cette protection est assurée par les anticorps, que ceux-ci soient transmis par la mère vaccinée en fin de grossesse ou par l’injection faite directement au bébé après la naissance. Le début de l’épidémie VRS peut être aussi variable. Si bébé naît un mois avant il perdra cette période de protection. Depuis 2024, cet anticorps est proposé à la maternité, avant la sortie de l’enfant, si la maman n’a pas été vaccinée entre 32 et 36 semaines. Il est également disponible sur ordonnance en pharmacie de ville pour tous les bébés, même en bonne santé, nés après le 31 janvier 2025. Il est particulièrement recommandé de protéger votre bébé s’il aura moins de 6 mois pendant la période de l’épidémie. Cet anticorps agit en quelques jours et protège plus de 6 mois. Renseignez-vous auprès du médecin qui suit votre enfant. Chez les bébés à haut risque de faire une bronchiolite grave (grands prématurés, porteur de certains cardiopathies, etc.) le Nirsevimab (Beyfortus®) maintenant remboursé pour la deuxième saison hivernale. Depuis 2024, les femmes enceintes, éligibles à la vaccination, qui sont dans leur 8e mois de grossesse (entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée) et qui vont accoucher pendant la période « VRS » (de septembre à février) peuvent se faire vacciner. Ce vaccin se fait en une injection et peut être couplé avec les vaccins contre la grippe et la Covid. Il doit être décalé de 14 jours avec le vaccin contre la coqueluche (dTcaP). La mère vaccinée va transmettre les anticorps au bout de 14 jours. Le bébé naitra habituellement 2 mois après (40-41 SA), hors prématurité. Les anticorps transmis par le placenta grâce à la vaccination de la mère, permettent de protéger le nourrisson plus de 6 mois après sa naissance. Il faut cependant 14 jours au système immunitaire de maman pour produire ces anticorps. Cela peut poser problème en cas d’accouchement prématuré. Ceci explique qu’il doit être fait plus de 14 jours avant la date estimée d’accouchement pour être efficace.

Traitement de la bronchiolite

À ce jour, il n’y a pas de traitement ni de médicaments spécifiques contre la bronchiolite. La kinésithérapie respiratoire, longtemps préconisée en France, est rarement pertinente selon les recommandations internationales. Ceci est confirmé par les dernières recommandations francaises (source). Ces séances de kinésithérapie avaient pour objectif de désencombrer les voies respiratoires lorsque les sécrétions sont abondantes. Il est fortement déconseillé de procéder à l’automédication en cas de bronchiolite chez le nourrisson. Les bronchiolites (d’origine virale) ne nécessitent pas de prise d’antibiotiques. En raison de la très grande contagiosité de ce virus, soyez très attentifs à l’hygiène (lavage fréquent et soigneux des mains à l’eau et au savon), en évitant les contacts trop proches, en nettoyant régulièrement les biberons, sucettes, doudous, jouets… et enfin en aérant plusieurs fois par jour la chambre de votre bébé et les pièces à vivre de votre logement. Evitez de mettre votre bébé en crèche tant qu’il est malade.

Allergie aux protéines de lait de vache (APLV)

La respiration sifflante est un symptôme courant chez les nourrissons souffrant d'APLV. Presque 30% des bébés atteints d'APLV présentent ce symptôme. Si votre bébé a une respiration sifflante, il pourrait s'agir de symptômes d'APLV. La respiration sifflante peut être déclenchée par l'ingestion de protéines de lait de vache.

Quand consulter un médecin ?

Bien que les sifflements après le biberon soient souvent bénins, certains signes doivent vous inciter à consulter un médecin :

  • Signes de détresse respiratoire : respiration rapide et difficile, tirage intercostal (creusement des espaces entre les côtes), battement des ailes du nez, coloration bleutée des lèvres ou du visage.
  • Fièvre élevée : chez un nourrisson, une température anormalement haute peut être le signe d’une infection affectant les voies respiratoires.
  • Toux persistante : une toux qui dure plusieurs jours ou qui gêne la respiration de votre bébé doit être signalée à un professionnel.
  • Réveils fréquents et sommeil agité : s’il se réveille souvent en semblant gêné ou inconfortable, cela peut traduire une difficulté respiratoire nocturne.
  • Prise de poids insuffisante : un bébé qui peine à s’alimenter et à prendre du poids pourrait souffrir d’un souci respiratoire affectant son énergie et son appétit.
  • Stridor apparaissant après l’âge d’un mois.

Maintenir un environnement sain

Un environnement sain, c’est la première clé pour aider votre bébé à bien respirer la nuit !

Utilisation d'un humidificateur

En hiver, le chauffage assèche l’air et peut irriter les muqueuses de votre nourrisson : sa respiration devient alors plus difficile. L’humidificateur peut alors être une vraie solution pour éviter les petits nez secs et les sensations d’inconfort. Un air bien humidifié empêche les voies respiratoires de s’assécher, ce qui réduit les risques de congestion et d'irritation.

Nettoyage nasal

Si votre tout-petit a le nez bouché, son sommeil peut vite être perturbé. Heureusement, un simple lavage nasal peut l’aider à mieux respirer et retrouver son confort. Le sérum physiologique est alors votre meilleur allié : quelques pressions dans chaque narine suffisent pour dégager les petites impuretés. Nous vous conseillons aussi un nettoyage doux avant le coucher pour éviter que l’accumulation de mucus ne gêne bébé pendant la nuit.

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