Observer la respiration de son bébé est une source d'attention constante pour les parents, particulièrement lorsqu'il dort. Un bébé qui respire vite et fort en dormant peut susciter de l'inquiétude. Cet article vise à éclaircir les raisons de ces variations respiratoires, à distinguer les situations normales des signes nécessitant une consultation médicale, et à offrir des conseils pour favoriser une respiration saine chez votre enfant.
Fréquence respiratoire normale chez le bébé
Le rythme respiratoire d’un nouveau-né est naturellement plus rapide que celui d’un adulte. Cette rapidité diminue avec l'âge, suivant des paliers spécifiques :
- De 0 à 6 mois : entre 40 et 60 respirations par minute, considérée comme une fréquence rapide normale.
- De 6 à 12 mois : entre 30 et 50 respirations par minute.
- De 1 à 5 ans : entre 20 et 40 respirations par minute.
- À partir de 6 ans : la fréquence se stabilise entre 16 et 30 respirations par minute, en fonction de l’activité.
Si votre bébé respire vite et fort en dormant, cette évolution est donc tout à fait naturelle et fait partie du développement normal des bébés. Même si ces petits bruits ou ces variations peuvent surprendre les jeunes parents, ils sont le plus souvent sans gravité.
Le développement du système respiratoire
Le système respiratoire du fœtus commence à se former dès la quatrième ou cinquième semaine de gestation. À la fin de la huitième semaine, l'architecture de base des poumons est formée, et le tissu pulmonaire continue de se développer et de mûrir tout au long de la grossesse. Les poumons du fœtus sont remplis de liquide, les protégeant contre la compression. Avant la naissance, l'oxygène et les nutriments sont apportés par le placenta, un organe d'échanges entre la mère et le bébé, via le cordon ombilical. Ce processus permet au fœtus d'obtenir l'oxygène nécessaire sans utiliser ses propres poumons, dans un processus connu sous le nom de respiration placentaire.
Un rapide et complexe enchaînement d'événements physiologiques et moléculaires permet au nouveau-né de prendre sa toute première respiration, généralement dans les dix secondes qui suivent l'accouchement. « C'est l'un des moments les plus importants en début de vie », explique David Tingay, néonatologue au Royal Children's Hospital de Melbourne, en Australie.
Lire aussi: Comprendre les pleurs nocturnes de bébé
Cette première respiration marque l'étape cruciale qu’est le passage de la circulation fœtale à la respiration autonome.« C'est une transition tout à fait remarquable que nous effectuons tous », affirme David Tingay.
Lorsque le bébé traverse la filière pelvigénitale, la compression fait sortir une partie du liquide de ses poumons. Les variations de pression pendant l'accouchement et les changements hormonaux provoquent également l'absorption du liquide pulmonaire. Une fois le bébé mis au monde, la chute brutale de température entre l'intérieur de l'utérus et le monde extérieur, le stimulus physique de l'air froid sur sa peau et la lumière vive qui l’éblouit dans les secondes qui suivent sa naissance déclenchent sa première inspiration.
« Les poumons du fœtus agissent comme une grosse éponge dont tous les petits espaces se rempliraient soudainement d’air », explique David Tingay. « C'est ce que font les bébés lors de leur toute première respiration. »
« L'accouchement est le moment où nous souhaitons vraiment que notre bébé pleure », explique Caraciolo Fernandes, du Baylor College of Medicine et du Texas Children's Hospital. « Vous voulez qu'il pleure autant qu'il le peut car cela permet d’ouvrir vraiment ses poumons. »
Lorsque les poumons s'ouvrent, l'air remplit les espaces et aide les organes à absorber ce qu’il reste de liquide, poursuit Caraciolo Fernandes. Le liquide résiduel est soit expulsé par la toux, soit progressivement absorbé dans la circulation sanguine et le système lymphatique.
Lire aussi: Types et matières de sous-vêtements pour bébé
Lors des naissances par césarienne, dans l’éventualité où le travail ne se serait pas déclenché naturellement, le processus prénatal de commutation de l'absorption des fluides dans les poumons n'a pas lieu. Certains de ces bébés peuvent encore avoir du liquide dans leurs poumons, ce qui entraîne des problèmes respiratoires après l'accouchement. Cependant, cela arrive plus souvent chez les bébés nés prématurément car, non seulement ils ont du liquide non absorbé dans les poumons, mais ceux-ci peuvent également être sous-développés. C'est pourquoi certains néonatologues déconseillent les césariennes programmées, à moins qu'elles ne soient médicalement justifiées.
Après la naissance, la respiration du bébé se met en place progressivement. Dès que votre bébé s’oxygène correctement de lui-même grâce à la respiration, le cordon ombilical cesse de battre et perd toute utilité. Afin de ne pas trop perturber votre bébé, seuls les examens médicaux indispensables sont pratiqués à la naissance. Sa vitalité est ainsi évaluée avec le "score d’Apgar", un test effectué à la 1ère, 3e, 5e et 10e minute après la naissance. Il permet de déterminer par 5 critères la bonne adaptation de votre bébé à la vie extra-utérine. Un peu plus tard, un examen morphologique minutieux est pratiqué : après avoir contrôlé ses organes génitaux, le pédiatre (ou la sage-femme) palpe son ventre et ausculte son cœur et ses poumons. Il vérifie aussi ses articulations ainsi que la forme de ses pieds et de ses mains.
Facteurs influençant la respiration du bébé
Plusieurs facteurs peuvent influencer la respiration du bébé, notamment :
Congestion nasale
Si votre bébé respire vite et fort en dormant, c’est peut-être parce qu’il a le nez encombré. En effet, les enfants respirent principalement par le nez : lorsqu’il est bouché (à cause d’un petit rhume, de la poussière, d’un air trop sec…), il doit faire un effort supplémentaire pour aspirer l’air. Résultat : une respiration plus rapide et bruyante, avec parfois des petits ronflements ou des sifflements.
Bon à savoir : Pour le soulager, n’hésitez pas à lui nettoyer le nez avec du sérum physiologique. Nous vous conseillons aussi un nettoyage doux avant le coucher pour éviter que l’accumulation de mucus ne gêne bébé pendant la nuit.
Lire aussi: Guide complet : varicelle chez le bébé allaité
Rêves et sommeil paradoxal
Le sommeil des bébés est bien différent du nôtre ! Il passe beaucoup plus de temps en sommeil paradoxal, cette phase où l’activité cérébrale est intense et où il peut bouger, sourire… ou respirer de manière saccadée.
Si votre bébé respire vite et fort en dormant, c’est totalement normal : durant cette phase du tableau de sommeil de votre bébé, sa respiration peut s’accélérer soudainement, ralentir, voire marquer de petites pauses. C’est simplement son cerveau qui s’entraîne et développe ses connexions : chez le nourrisson, le système nerveux central est encore en pleine maturation. Contrairement à l’adulte, le cerveau d’un bébé ne contrôle pas encore parfaitement les fonctions automatiques comme la respiration. Résultat : pendant le sommeil, surtout en phase de sommeil paradoxal, les signaux envoyés par le cerveau peuvent être irréguliers ou désynchronisés, ce qui explique ces variations de rythme respiratoire.
Ce phénomène est totalement naturel : on parle parfois de “respiration périodique du nourrisson”. C’est une étape transitoire pendant laquelle les neurones responsables de la régulation respiratoire apprennent à se coordonner, un peu comme si le cerveau "s’exerçait" à trouver le bon rythme.
Excitation ou anxiété
Les journées de votre bébé sont remplies de découvertes et d'émotions, ce qui peut avoir un impact sur son sommeil, notamment chez les bébés de 0 à 6 mois. Après une journée riche en stimulations, comme une sortie, des visites ou un nouvel environnement, son petit cerveau continue de traiter toutes ces nouvelles expériences. Cela peut entraîner une respiration plus rapide, des gémissements ou même des sursauts pendant son sommeil, car le cerveau de votre bébé continue de traiter les émotions et stimuli de la journée.
Apnée du sommeil
On vous en parle pour vous informer, mais rassurez-vous : l’apnée du sommeil est extrêmement rare chez les nourrissons. Il ne faut pas la confondre avec les petites pauses respiratoires tout à fait normales que l’on observe pendant le sommeil, notamment en phase de sommeil paradoxal. L’apnée du sommeil se caractérise plutôt par des arrêts respiratoires prolongés (plus de 20 secondes) accompagnés d’une baisse d’oxygène.
Quand s'inquiéter ? Signes de détresse respiratoire
Bien que la respiration rapide soit souvent normale, certains signes doivent alerter et inciter à consulter un médecin :
- Signes de lutte respiratoire : Difficulté pour respirer, utilisation de muscles supplémentaires (le ventre se soulève lors de l’inspiration), battements des ailes du nez, balancement thoraco-abdominal, creusement des côtes.
- Cyanose : Coloration bleutée de la peau ou des lèvres, signe d’une oxygénation insuffisante du sang.
- Tirage intercostal: Lorsque le bébé commence à être gêné pour respirer, à chaque respiration le ventre se soulève, les espaces entre les côtes se creusent (ce que l’on appelle le tirage intercostal).
- Fatigue inhabituelle : Difficultés pour manger, pauses pendant le biberon.
- Baisse de l’appétit : Votre enfant épuisé boit de moins en moins (tétées ou biberons).
- Fièvre élevée : Chez un nourrisson, une température anormalement haute peut être le signe d’une infection affectant les voies respiratoires.
- Toux persistante : Une toux qui dure plusieurs jours ou qui gêne la respiration de votre bébé doit être signalée à un professionnel.
- Réveils fréquents et sommeil agité : S’il se réveille souvent en semblant gêné ou inconfortable, cela peut traduire une difficulté respiratoire nocturne.
- Prise de poids insuffisante : Un bébé qui peine à s’alimenter et à prendre du poids pourrait souffrir d’un souci respiratoire affectant son énergie et son appétit.
Si quelque chose vous semble inhabituel dans la respiration de votre bébé, ne restez pas seuls avec vos inquiétudes.
Pathologies associées à une respiration rapide
La respiration rapide chez le bébé peut être le symptôme d’un certain nombre de pathologies.
Bronchiolite
La bronchiolite est l’une des infections respiratoires de l’hiver les plus courantes chez les enfants en bas âge. Elle est majoritairement provoquée par le Virus Respiratoire Syncytial (VRS). Chaque année un nourrisson sur 3 fait une bronchiolite. Pour la majorité, soit 89% la maladie est le plus souvent bénigne. Cependant, chez 2 à 3% des nourrissons de moins de 1 an, elle peut conduire votre bébé à l’hospitalisation, voire en réanimation.
La bronchiolite est une infection virale des voies respiratoires, très contagieuse, épidémique, due à une inflammation aiguë des petites bronches (les bronchioles) qui atteint les nourrissons et bébés de moins de 2 ans. Avant deux ans, 70% des cas sont dus au VRS, plus particulièrement avant 6 mois. Le VRS circule toute l’année, mais il présente un pic épidémique en général entre octobre et mars, époque ou surviennent aussi les épidémies de grippe et de gastro-entérite.
La bronchiolite débute souvent par un rhume (sécrétions abondantes) puis une toux. Des difficultés respiratoires apparaissent ensuite avec une respiration plus rapide, souvent un peu sifflante à l’expiration.
Le traitement de la bronchiolite consiste essentiellement à libérer les fosses nasales avec des lavages de nez réguliers, lui donner régulièrement à boire (souvent des plus petites quantités pour ne pas trop le fatiguer) et bien sûr une surveillance active de la part des parents.
Laryngite
L’âge classique des laryngites est entre 6 mois et 6 ans.
Bronchite
La bronchite et la bronchiolite peuvent paraître assez semblables à première vue (tant dans leur nom que par le fait que ces maladies affectent toutes les deux les voies du système respiratoire). Toutefois, elles sont en réalité deux infections virales distinctes. La bronchiolite atteint les bronchioles (petites voies respiratoires), tandis que la bronchite affecte les bronches (plus grandes). La bronchiolite est principalement une préoccupation chez les nourrissons, tandis que la bronchite peut se manifester tant chez le nourrisson et l’enfant plus grand que chez l’adulte. En cas de bronchite, on observe généralement une toux, parfois accompagnée de glaires ainsi que de la fièvre.
Comment favoriser une bonne respiration chez bébé ?
Mettre en place un environnement sain est essentiel pour aider votre bébé à bien respirer, particulièrement durant la nuit. Voici quelques conseils pratiques :
Maintenir un environnement sain
Un environnement sain, c’est la première clé pour aider votre bébé à bien respirer la nuit !
Utilisation d'un humidificateur
En hiver, le chauffage assèche l’air et peut irriter les muqueuses de votre nourrisson : sa respiration devient alors plus difficile. L’humidificateur peut alors être une vraie solution pour éviter les petits nez secs et les sensations d’inconfort.
Pourquoi c’est utile si votre bébé respire vite et fort en dormant ? Un air bien humidifié empêche les voies respiratoires de s’assécher, ce qui réduit les risques de congestion et d'irritation.
Nettoyage nasal
Si votre tout-petit a le nez bouché, son sommeil peut vite être perturbé. Heureusement, un simple lavage nasal peut l’aider à mieux respirer et retrouver son confort. Le sérum physiologique est alors votre meilleur allié : quelques pressions dans chaque narine suffisent pour dégager les petites impuretés.
Prévention de la bronchiolite
Les femmes peuvent recevoir un vaccin (Abrysvo) pendant leur grossesse afin de protéger leur bébé jusqu’à l’âge de six mois. Autre alternative, un anticorps monoclonal contre le VRS chez le nouveau-né, il s’agit du Beyfortus. Son efficacité est prouvée pendant au moins 5 mois.
Ralston SL et coll.: Clinical practice guideline: the diagnosis, management and prevention of bronchiolitis.
La respiration du bébé in utero
Avant la naissance, le fœtus flotte dans un liquide clair, légèrement jaunâtre, qui l'entoure et le protège pendant la grossesse, lui permettant de bouger et d'entraîner ses muscles. Un disque de tissu spongieux appelé placenta, d'environ 20 centimètres de diamètre et d'une épaisseur d’à peu près 2,5 centimètres, relie le fœtus à l'utérus de la mère par l'intermédiaire du cordon ombilical. Ce dernier apporte tous les nutriments et l'oxygène dont le bébé a besoin jusqu'à la naissance. Comment passe-t-il d’une respiration sous l'eau, comme une sirène, à sa première bouffée d'air lorsqu'il vient au monde ?
Dans l'utérus, les poumons du fœtus sont remplis de liquide qu’ils sécrètent eux-mêmes. L'oxygène provenant de la circulation sanguine de la mère est transféré à travers le placenta dans celle du fœtus, tandis que le dioxyde de carbone et autres rejets du fœtus sont éliminés de la même manière, en sens inverse. Le sang riche en oxygène provenant du placenta est distribué aux organes et tissus en développement du fœtus par les artères ombilicales, tandis que le sang pauvre en oxygène est renvoyé au placenta par la veine ombilicale.
Étant donné que le fœtus dépend entièrement du placenta pour sa nutrition et son oxygène, ses poumons, remplis de liquide, restent inactifs, attendant de se mettre en action quelques secondes avant et après la naissance. Ces mouvements l'entraînent à utiliser ses muscles respiratoires et permet de développer ses poumons et son réseau neuronal respiratoire afin d'être prêt à la naissance.
tags: #bébé #respire #par #le #ventre #pourquoi
