Les peurs chez les bébés sont un sujet courant et souvent mal compris. Cet article vise à explorer les causes des peurs chez les bébés, à distinguer l'anxiété normale des troubles anxieux, et à offrir des conseils pratiques pour aider les parents à gérer ces situations.
La peur chez le bébé : un sentiment naturel
Dès le plus jeune âge, bébé a peur. La peur est une émotion fondamentale et un système d'alarme naturel qui alerte face aux dangers réels ou imaginaires. Imaginez votre enfant sursautant et cherchant refuge derrière vous à l’aboiement soudain d’un chien. C’est la peur, une émotion fondamentale, un système d’alarme naturel. Ce bruit inconnu, perçu comme un danger, déclenche la recherche de protection. Les bébés, comme tout être humain, possèdent des capacités de réaction face à des situations perçues comme menaçantes.
Peur du danger réel ou supposé
La peur chez le bébé peut être déclenchée par un danger réel ou supposé. Un bruit inconnu ou soudain peut suffire à provoquer une réaction de peur chez un nourrisson. En grandissant, bébé va développer de réelles peurs, notamment de l’inconnu. Tout le monde a peur de ce qui est nouveau ! Il est essentiel de lui apprendre à l’apprivoiser.
L'évolution des peurs avec l'âge
La peur évolue avec l’âge en raison du développement cognitif et cérébral. La pensée concrète du nourrisson limite sa compréhension. À l’âge préscolaire, l’imagination est vive mais la distinction réel/imaginaire est floue. L’âge scolaire amène une pensée logique affinée. L’environnement impacte significativement les peurs. Une expérience effrayante peut en créer des durables. L’exposition médiatique à des contenus angoissants risque aussi de les nourrir. La réaction de l’entourage est déterminante : des adultes calmes et rassurants aident à apprivoiser les peurs, tandis qu’un climat anxiogène les exacerbe.
Les peurs courantes chez les bébés
Plusieurs peurs sont courantes chez les bébés et les jeunes enfants. Parmi celles-ci, on retrouve :
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- La peur de la séparation : Apparaît généralement vers 8 mois, lorsque le bébé réalise qu’il est une entité distincte de ses parents. L’angoisse de séparation débute quand l’enfant commence à savoir qu’il est une personne distincte de ses parents, mais qu’il n’arrive pas encore à comprendre ce qu’on appelle la permanence de l’objet - soit l’idée qu’une personne ou un objet continue d’exister quand on ne le voit plus (ou ne l’entend plus). Quand le nourrisson n’aperçoit plus ses parents dans son champ de vision, il pense donc qu’il ne les reverra plus, et s’imagine que leur départ est définitif. En ce sens, l’angoisse de séparation est directement liée à la peur de l’abandon. Elle atteint son apogée entre 10 et 18 mois et diminue généralement vers 2 ans.
- La peur des étrangers : Se manifeste souvent entre 6 et 8 mois. Votre bébé fond en larmes, terrifié, lorsqu’un de vos amis se penche gentiment vers son transat : c’est la peur des étrangers, qui apparaît généralement entre 6 et 8 mois, et qui est absolument universelle. Cette peur est à son comble si les étrangers sont grands, masculins et barbus… Telle est la thèse du psychologue Daniel Freedman, qui observa que «des étrangers qui bougent» sont la principale source de crainte des enfants entre 6 mois et un an.
- La peur du noir : Peut apparaître dès l’âge de 18 mois. À 18 mois, les enfants commencent à avoir une compréhension plus complexe du monde qui les entoure. Ils sont capables d’imaginer des choses qui ne sont pas présentes, et cela inclut des créatures imaginaires ou des monstres dans l’obscurité. La peur du noir à 18 mois peut sembler étrange, car les enfants de cet âge sont encore très jeunes. Cependant, cette peur est liée à des développements cognitifs et émotionnels en cours. L’imagination des enfants de 18 mois se développe rapidement. À cet âge, les enfants peuvent également ressentir une certaine anxiété liée à la séparation d’avec leurs parents. Les enfants de 18 mois sont très sensibles aux changements sensoriels.
Anxiété normale vs troubles anxieux
L’anxiété n’est pas en soi pathologique. Au contraire, il s’agit d’abord d’une réponse normale à la perception d’un danger, qui va agir pour le corps comme un signal d’alarme. L’anxiété se manifeste par une impression diffuse de malaise, de détresse, par la sensation qu’il existe un danger ou par un sentiment de peur parfois intense. L’anxiété est normale à certaines étapes du développement de l’enfant. Par exemple, jusqu’à 3 ans environ, la majorité des enfants sont souvent très anxieux à l’idée de se séparer de leurs parents.
On dira de l’anxiété qu’elle est pathologique lorsqu’elle vient perturber le développement de l’enfant, qu’elle pose de problèmes importants au quotidien, ou lorsque les stratégies d’évitement prennent toute la place. On parle alors de «trouble anxieux». Les troubles anxieux regroupent différents types de troubles qui sont des manifestations d’une anxiété ou d’une angoisse importante. Leur prévalence est évaluée entre 9 et 32 %. Ce qui veut dire qu‘entre un enfant sur dix et un enfant sur trois risque de souffrir d’une anxiété excessive.
Les cinq grands types de troubles anxieux
L’anxiété peut se manifester de manière très différente selon les enfants. On distingue ainsi cinq grands types de troubles anxieux chez l’enfant:
- L’Anxiété de séparation : Elle est définie comme la survenue d’une anxiété excessive et inappropriée lorsque l’enfant doit se séparer de ses parents (ou d’un substitut parental).
- L’anxiété généralisée : Il s’agit d’une anxiété envahissante, présente tous les jours, dans différents secteurs de la vie (école, maison, activités etc.). Elle est définie comme la survenue d’une anxiété excessive et inappropriée lorsque l’enfant doit se séparer de ses parents (ou d’un substitut parental).
- Le trouble panique : Crise d’angoisse aiguë, survenant de façon brutale. Les personnes vont se mettre à craindre l’apparition d’une nouvelle crise ou ses conséquences.
- Les phobies : Les phobies sont définies comme une peur irrationnelle, très excessive ou sans fondement. L’agoraphobie (peur intense en rapport avec des lieux d’où il serait difficile ou gênant de s’échapper) ou la phobie sociale (difficulté à s’affirmer devant un public) sont deux types de phobies particulièrement invalidantes.
- Les troubles obsessionnel-compulsif : Ils se caractérisent par la présence massive d’obsessions (pensées récurrentes et obsédantes) et/ou de compulsions (comportements répétitifs en réaction à une obsession).
Symptômes et âge de début des troubles
Les symptômes suivants peuvent être le signe d’un trouble anxieux chez l’enfant :
- Modification soudaine du comportement : Agitation, irritabilité, crises de colère intenses, l’enfant pleure ou semble inquiet.
- Symptômes somatiques : Maux de tête, maux de ventre, tensions ou crispations dans le corps.
- Troubles du sommeil : Difficultés à s’endormir ou à bien dormir, cauchemars fréquents. L’enfant refuse d’aller se coucher ou se met à demander de dormir avec ses parents.
- Besoin excessif d’être rassuré : L’enfant a excessivement besoin de réassurance ou n’arrive plus à lâcher ses parents.
- Conduites d’évitement : l’enfant refuse d’aller à l’école ou se faire garder.
- Problèmes de concentration : L’école peut, par exemple, faire état de difficultés de concentration inhabituelles.
Estimations de l’âge moyen de survenue de différents troubles anxieux chez l’enfant (il s’agit bien sûr de moyennes, les troubles pouvant débuter plus tôt chez certains enfants) :
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- 5-6 ans : phobie des animaux.
- 6-7 ans : anxiété de séparation (avant, il est plus rare de parler d’anxiété de séparation pathologique).
- 10-12 ans : anxiété généralisée.
- 11-13 ans : phobie sociales.
- 13-15 ans : troubles obsessionnels compulsifs.
- Début de l’âge adulte (20 ans) : troubles paniques.
Importance de traiter les troubles anxieux
Les troubles anxieux vont partie des formes les plus stables des troubles psychiques. Il est rare qu’ils disparaissent spontanément, « attendre que ça passe » n’est donc souvent pas une bonne idée. Les enfants anxieux présentent, de plus, un risque plus élevé de souffrir d’autres difficultés psychiques à l’adolescence ou à l’âge adulte. Des études ont montré que les enfants anxieux ont un risque majoré d’anxiété et de troubles de l’humeur à partir de l’adolescence et ont plus de risque de développer une addiction ou de faire une tentative de suicide à l’âge adulte.
Comment aider votre bébé à surmonter ses peurs
Il existe plusieurs stratégies pour aider votre bébé à surmonter ses peurs :
- Créer un environnement rassurant : Établissez une routine de coucher apaisante qui rassure votre enfant. Cela peut inclure une histoire, une berceuse ou un doudou préféré. Veiller à un Rituel du Coucher Rassurant : Établissez une routine de coucher apaisante qui rassure votre enfant. Cela peut inclure une histoire, une berceuse ou un doudou préféré. Communication et Réconfort : Parlez à votre enfant de sa peur et assurez-lui que vous êtes là pour le protéger.
- Prendre les peurs au sérieux sans les amplifier : Le mieux, tout d’abord, est de les prendre au sérieux sans pour autant leur donner une trop grande importance. Si votre enfant a peur d’un visiteur qu’il ne connaît pas, expliquez lui les raisons de sa peur : « Il te fait un peu peur, c’est vrai qu’il a une grosse voix ! En parlant d’une manière douce, compréhensive et apaisante, vous enlevez de l’importance à sa crainte, ce qui le rassure.
- Exposition progressive : Également, lui faire observer l’objet de sa peur dans un imagier ou découvrir autrement à travers une histoire peut modifier favorablement son regard. De petits changements occasionnels (sortir de chez soi, voir du monde, être parfois séparé…) lui apprend à s’adapter à l’imprévu.
- Ne pas culpabiliser les parents : Il est assez fréquent qu’un des parents d’un enfant souffre également d’un trouble anxieux. Là encore, la culpabilisation risque de ne faire qu’accentuer le problème. Beaucoup de parents me disent qu’ils aimeraient « ne pas transmettre » leur stress ou leurs peurs à leur enfant. Le problème c’est que c’est très difficile et que, là encore, on renvoie aux parents l’idée qu’être anxieux ou être stressé est une mauvaise chose dont il faudrait se débarrasser, comme s’il s’agissait d’une mauvaise habitude.
- Psychothérapie : Le déroulement d’une psychothérapie différera grandement en fonction du type de trouble anxieux. On ne travaillera pas de la même façon avec un enfant qui souffre de toc et avec un enfant qui souffre de phobie scolaire. Dans un premier temps, la thérapie va donc avoir souvent pour objectif de réfléchir à toutes ces réactions extérieures: est-ce que le problème tient à l’enfant ou à la manière dont il est vu? Ce changement de perspective permet parfois d’ouvrir des pistes: Il est possible de parler avec tel ou tel camarade, tel membre de la famille,etc pour lui dire de ne plus se moquer ou de ne plus donner de conseil.
Terreurs nocturnes vs Cauchemars
Il est important de distinguer les terreurs nocturnes des cauchemars. Les terreurs nocturnes surviennent généralement en début de nuit, lors de la phase de sommeil lent profond. L’enfant peut se réveiller en hurlant, l’air terrifié, sans être conscient de son environnement. Il est déconseillé de le réveiller durant une terreur nocturne, car cela pourrait augmenter son angoisse.
Les cauchemars, en revanche, surviennent plutôt en fin de nuit, pendant la phase de sommeil paradoxal. L’enfant se réveille conscient de la situation et peut se souvenir de son rêve angoissant.
Le rôle de l'environnement et de la thérapie
La question qui se pose avec l’anxiété est donc d’une manière plus générale de savoir si le problème c’est l’anxiété elle-même ou les réactions de l’environnement à l’anxiété. Dans un monde parfait (qui malheureusement n’existe pas), un enfant anxieux serait rassuré et soutenu face à ses inquiétudes par ses professeurs, ses camarades, ses frères et sœurs et par tous les membres de la famille élargie. Dans ce cas, je suis sûr que cet enfant souffrirait assez peu de son anxiété. Le problème est que, bien souvent, les choses ne se passent pas comme cela. L’anxiété est vue comme une faiblesse ou une anormalité par l’extérieur. Des enfants vont se moquer, tel enseignement ou professionnel de santé va trouver que ce n’est pas normal et que c’est très inquiétant pour son avenir, tel membre de la famille va dire que c’est la faute de ses parents qui le protègent trop ou pas assez, qui lui transfère son stress, etc. Ainsi, ces réactions vont rajouter à l’anxiété la honte, la culpabilité ou le sentiment de ne pas être comme il faut. Des émotions qui ne vont pas aider à vaincre l’anxiété, c’est certain.
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