L'accouchement dans l'eau suscite un intérêt croissant chez les futures mamans à la recherche d'une expérience de naissance alternative et plus naturelle. Cette méthode, qui consiste à immerger la mère dans l'eau chaude pendant le travail et parfois même l'accouchement, promet un environnement calme, une réduction de la douleur et une transition plus douce pour le bébé. Cependant, il est essentiel de comprendre les causes et les conséquences potentielles d'une exposition du bébé au liquide amniotique, ainsi que les avantages et les inconvénients de l'accouchement dans l'eau, afin de prendre une décision éclairée.

L'accouchement dans l'eau : Une option de plus en plus populaire

Au cours des dix dernières années, les accouchements dans l'eau sont devenus de plus en plus populaires chez les futures mères qui recherchent une alternative à une naissance traditionnelle. De nombreuses femmes aujourd'hui sont attirées par cette approche, qui offre un environnement calme et promet d'être quasiment indolore. L'idée est d'accoucher le plus naturellement possible, tout en douceur.

Les origines de l'accouchement dans l'eau

Le concept fut développé depuis les années 1960 par le chercheur soviétique Igor Borisovich Charkovsky. En effet, il décida d’entreprendre la réalisation d’accouchement dans l’eau, un peu comme chez les dauphins. Par la suite, ses recherches furent développées et mises en pratique par l’obstétricien français Frédérick Leboyer puis par Michel Odent. Leur principal objectif était de soulager la future mère pendant le travail et de faciliter l’adaptation du bébé au monde extérieur.

Déroulement d'un accouchement dans l'eau

L'accouchement dans l'eau est une manière de donner naissance qui consiste à immerger la mère dans un bassin d'eau chaude lorsque le travail commence. Au cours d'un accouchement dans l'eau, la future maman reste dans l'eau, aussi bien au moment de la « phase de poussée » qu'au moment de la naissance du bébé.

La future mère peut choisir de ne faire dans l'eau qu'une partie du travail, notamment la phase de dilatation, au cours de laquelle le col va se dilater dans l'eau grâce aux contractions. Dans ce cas, au moment de la phase de poussée de la naissance du bébé, la future mère sortira de l'eau et accouchera de façon naturelle. La future mère peut également décider de vivre totalement son accouchement dans l'eau, du début du travail jusqu'à la fin. Elle reste donc dans l'eau jusqu'à l'expulsion et la naissance du bébé. Ainsi, après sa naissance dans l'eau, le bébé est remonté à la surface.

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Dès que la femme enceinte ressent le besoin, elle s’installe dans la baignoire. Mais généralement, les médecins recommandent d’attendre que les contractions deviennent douloureuses et que le processus du travail soit enclenché. Ainsi, une fois dans l’eau, la future mère peut y effectuer des mouvements comme elle le veut. La piscine d’accouchement est assez large. En fait, lorsque cette dernière est immergée dans l’eau pendant la phase de dilatation, l’ouverture et la dilatation du col se font plus facilement. De plus, les douleurs s’atténuent considérablement, ce qui permet à la future maman de se détendre complètement. Parce que les études ont prouvé que la flottabilité et la chaleur atténuent la douleur et augmentent la détente. A cette étape, la future maman peut décider de sortir de la baignoire et d’accoucher normalement sur un lit d’accouchement. Ou décider de rester dans la baignoire d’accouchement et de donner naissance à son bébé dans l’eau. Dans ce second cas, elle accouchera dans l’eau. L’expulsion du bébé se fera d’abord dans l’eau avant qu’il ne soit remonté à la surface.

La température de la baignoire pendant le travail est maintenue à environ 36 degrés, puis est augmentée à 37 degrés lorsque la naissance approche. Une sage-femme et un gynécologue sont toujours présents et surveilleront le rythme cardiaque de la mère et du bébé, ainsi qu'un certain nombre d'autres paramètres.

Après la naissance du bébé, s'en suit la phase de l'expulsion du placenta. En outre, pendant toutes les étapes de l'accouchement dans l'eau, la future mère est encadrée et suivie par un monitoring perméable et par une sage-femme. De cette façon, les rythmes cardiaques du bébé et celui de la mère sont surveillés. Les sages-femmes qui encadrent un accouchement dans l'eau sont d'ailleurs spécialement formées pour aider au mieux la future maman. Cette formation est nécessaire parce que dans l'eau, contrairement à un accouchement dans une salle d'accouchement normale, les gestes diffèrent. Immédiatement après l'accouchement, la maman et le nouveau-né prendront place sur un lit d'accouchement.

Les avantages de l'accouchement dans l'eau

L'accouchement dans l'eau présente plusieurs avantages aussi bien pour la maman que pour le bébé.

Pour la mère

  • Réduction de la douleur : Une femme qui accouche dans l'eau ressent beaucoup moins de douleurs par rapport à une femme qui accouche normalement. L'eau chaude permet de se relaxer et de relâcher ses muscles, ce qui rend le périnée et les tissus plus souples.
  • Expérience plus positive : Les femmes qui accouchent dans l'eau vivent une bien meilleure expérience de l'accouchement que celles qui accouchent en dehors.
  • Réduction de l'utilisation de médicaments : L'eau chaude permet de détendre la mère et de soulager les douleurs, à l'instar des analgésiques qui sont donnés durant le travail en cas de douleurs vraiment intenses.
  • Travail plus facile et plus rapide : Une étude a exposé une diminution de la durée totale du travail pour celles qui ont accouché dans l'eau.
  • Protection contre les épisiotomies : Les chercheurs ont révélé une réduction remarquable du taux d'épisiotomies pour les femmes qui ont eu à accoucher dans l'eau.
  • Diminution de la perte de sang.
  • Sensation de légèreté et de bien-être : L'eau offre une vraie sensation de légèreté et de bien-être.

Pour le bébé

  • Naissance moins traumatisante et plus douce : Tous les accouchements qui ont été effectués dans l'eau ont montré que le nouveau-né bénéficie d'une naissance moins traumatisante et plus douce.
  • Meilleure santé à la naissance : Durant certaines études, les chercheurs ont mis en exergue le fait que les enfants nés dans l'eau naissaient en meilleure santé.
  • Transition plus douce du liquide amniotique à l'eau chaude : Certains scientifiques affirment que cette étape lui serait moins traumatisante qu’un accouchement dit “classique”.

La préparation à l'accouchement dans l'eau

Pour qu'un accouchement dans l'eau se déroule dans les meilleures conditions, une préparation au préalable est indispensable. Ainsi, à partir de son cinquième mois de grossesse, la femme enceinte doit suivre ‘’des cours‘’. Ces cours seront dirigés par une sage-femme et seront effectués dans une piscine. Notez que ces séances de préparation peuvent être individuelles ou en groupe. La sage-femme aura pour rôle de montrer à la future mère les techniques de détente et de relaxation, ainsi que les techniques de respiration dès que le travail débute et au cours de l'accouchement. Si vous choisissez d’en faire, sachez que c’est un vrai plus pour apprendre à gérer votre respiration lors des contractions.

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Les contre-indications de l'accouchement dans l'eau

Toutes les futures mères ne pourront pas recourir à un accouchement dans l'eau. Seules les grossesses sans ou à très faibles risques peuvent être sujettes aux accouchements dans l'eau. Ensuite, la future mère ne doit pas présenter des pathologies telles que : le diabète gestationnel, la prééclampsie, l'hypertension ou des problèmes cardiaques. De plus, si elle est porteuse de l'hépatite B, du Sida, ou de toute autre maladie contagieuse, un accouchement dans l'eau n'est pas envisageable. Enfin, lorsqu'elle est en travail, l'état de fatigue de la maman influence considérablement la façon dont elle accouchera. Si elle est hypersensible, hypernerveuse ou se sent mal à l'aise dans l'eau, un accouchement dans l'eau ne saurait convenir. De même, pas d'accouchement dans l’eau pour les mamans dont le bébé est en siège, pour celles qui attendent plus d’un bébé et si vous avez un problème placentaire.

Un accouchement dans l'eau n'est pas non plus recommandé lorsque le travail actif ne progresse pas comme prévu, lorsque le travail est trop long, dans les cas où le liquide amniotique est coloré ou en cas de crainte de complications. En présence de certaines conditions, la naissance dans l'eau est contre-indiquée, y compris la naissance par le siège, la naissance gémellaire et la naissance prématurée.

Si vous vous sentez tout à coup trop nerveuse, angoissée, ou trop fatiguée par le travail. De même si vous avez besoin d’une perfusion ou d’une péridurale, on stoppe le processus pour mettre en place le nécessaire pour assurer votre bien-être. L'accouchement dans l’eau sera également stoppé si on observe des pertes de santé anormales ou si le monitoring cardiaque de bébé n’est pas bon.

En résumé, pour envisager un accouchement dans l'eau, le bébé et la future maman doivent être en bonne santé. Un accouchement dans l'eau n'est donc pas une décision qui se prend à tout hasard. Elle doit être mûrement et longuement réfléchie par la future mère. De plus, celle-ci doit être informée de tous les risques et des avantages liés à un accouchement dans l'eau. Toutefois, ce n'est parce qu'une femme a pu accoucher une, deux fois dans l'eau, que la troisième fois ça serait aussi possible. Chaque grossesse est différente.

Où accoucher dans l'eau ?

Un accouchement dans l'eau peut être effectué aussi bien à la maternité qu'à la maison. Tout est question de préparation et d'organisation. Lorsque la future mère décide d'accoucher à la maison dans l'eau, il faudra un encadrement et un suivi par les professionnels qualifiés. Ainsi, le médecin devra donc être au courant du projet de la future maman et devra être compétent et formé à la pratique. Pour ce type d'accouchement, il faut par contre se faire suivre par une sage-femme spécialisée et formée. Toute personne souhaitant accoucher à la maison devra louer une baignoire d'accouchement. Pour des raisons de santé et de sécurité, une couverture de piscine d'accouchement jetable doit également être achetée ; elle reste en contact avec le corps de la mère pendant l'accouchement.

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Si vous êtes soucieuse et avez vraiment envie d'être encadré par toute une équipe médicale, le mieux est toujours d'aller à la maternité. A cet effet, certaines maternités en France proposent un accouchement dans l'eau. Elles sont très équipées et disposent de grandes baignoires et de sages-femmes bien formées à cette fin.

Il faut retenir que l'accouchement dans l'eau consiste à effectuer soit une partie du travail ou tout le travail dans l'eau. Dans le dernier cas, l'accouchement se fait dans l'eau.

Le liquide amniotique : Un élément essentiel, mais potentiellement risqué

Le liquide amniotique est un élément essentiel au développement du fœtus pendant la grossesse. Il s'agit d'un liquide biologique stérile, clair et aqueux dans lequel baigne l'embryon, puis le fœtus, tout au long de la grossesse.

Rôle du liquide amniotique

La poche des eaux est le lieu de vie du fœtus tout au long de la grossesse. Deux membranes forment sa paroi : l’amnios, fine et translucide, et le chorion, accolé à la paroi interne de l’utérus. Elle est remplie du liquide amniotique. Cocon aqueux (composé à plus de 90 % d’eau) dans lequel le fœtus grandit.

Le liquide amniotique est fabriqué dans les premiers temps par les membranes du sac amniotique. À partir du deuxième trimestre, c’est le fœtus lui-même qui le produit, lorsque les reins deviennent fonctionnels.

Ce liquide remplit plusieurs fonctions vitales :

  • Protection : Il protège le fœtus des chocs et des traumatismes.
  • Maintien de la température : Il maintient une température constante autour du fœtus.
  • Développement pulmonaire : Il permet au fœtus de s'entraîner à respirer en avalant et en excrétant le liquide.
  • Prévention des infections : Il possède des propriétés antibactériennes qui aident à protéger le fœtus contre les infections.

Inhalation de liquide amniotique par le nouveau-né : Est-ce grave ?

Dans notre ventre, notre futur bébé grandit entouré de liquide amniotique, essentiel à son développement. Quand le bébé ouvre la bouche, le liquide amniotique peut alors entrer et s’infiltrer dans les poumons… et être résorbé progressivement. Là encore, rien d’anormal. Le fœtus reçoit bien tous les nutriments nécessaires via le cordon ombilical. Mais s’il avale du liquide amniotique, c’est aussi qu’il s’entraîne à déglutir et… à respirer ! Le fait d’avaler simplement du liquide amniotique ne pose donc aucun problème au fœtus.

Cependant, dans certaines situations, l'inhalation de liquide amniotique peut entraîner des complications :

  • Syndrome d'inhalation méconiale : Ce syndrome se produit quand un fœtus, qui est proche du terme, ou à terme, voire même post-terme (c’est le cas le plus fréquent), défèque dans le ventre de sa maman et qu’il inhale ses selles. Ce liquide, qu’on appelle méconium, constitue en réalité les premières selles du bébé, toutes collantes et noires (ce sont les mêmes que l’on retrouve quand on change son nouveau-né les deux premiers jours après sa naissance). Or, juste avant l’accouchement ou au cours du travail, en fonction de la quantité de liquide inhalé, le méconium peut empêcher les voies respiratoires de l’enfant de fonctionner correctement, voire les entraver. À la naissance, ce sont des bébés qui sont très gênés ou qui ne s’adaptent pas (alors que la majorité s’adapte bien, rappelons-le). Ils peuvent présenter une détresse respiratoire et doivent parfois être intubés pour dégager les voies respiratoires. Si celui-ci est teinté, cela peut être le signe que l’enfant est en train de faire caca. Si le liquide est « purée de pois », opaque et vert, en revanche, l’équipe sait qu’elle doit préparer l’endoscope, et de quoi intuber le bébé. Face au syndrome d’inhalation méconiale, les recommandations ont changé. Avant, ces bébés étaient aspirés directement à la vulve de la maman. Si le nouveau-né a une ventilation spontanée efficace, une auscultation pulmonaire normale, un bon tonus musculaire et une fréquence cardiaque supérieure à 100/min, il est préconisé de le laisser auprès de sa mère. Si le nouveau-né présente une hypotonie et des efforts respiratoires inefficaces, l’équipe médicale procède tout d’abord à l’examen dit de “phase A” (position de la tête neutre, liberté des voies aériennes supérieures) similaire à celui opéré chez le nouveau-né naissant dans un liquide clair. Un bébé qui naît avec un syndrome d’inhalation méconiale peut s’en sortir : « Cela va dépendre de la quantité de méconium inhalée.
  • Oligoamnios : Ainsi, si la poche des eaux est rompue prématurément, une partie de ce liquide n’existe plus et manque au bébé. Le liquide amniotique n’est pas reconstitué, c’est ce qu’on appelle un oligoamnios, où un manque de liquide amniotique est observé. Quand une mère rompt très précocement sa poche, on sait que potentiellement, la prise en charge sur le plan respiratoire peut être compliquée.

La naissance "coiffée" : un cas particulier

Contrairement aux apparences, une naissance coiffée ne signifie pas que Bébé arrive avec un brushing impeccable. En vérité, on parle de bébé coiffé quand celui-ci nait sans que la poche des eaux ne se rompe. Le nouveau-né arrive ainsi partiellement ou totalement entouré de son liquide amniotique. Dans de récentes actualités, le phénomène du bébé dit « coiffé » a été renommé par certains médias « bébé sirène », ce qui peut entraîner une confusion avec la sirénomélie. Aussi connue sous le nom de « syndrome de la sirène », la sirénomélie désigne une maladie fœtale rare caractérisée par une fusion des membres inférieurs. De cette fusion nait donc une anomalie semblable à une queue de poisson, d’où la comparaison avec une sirène. L’incidence des bébés coiffés est difficile à évaluer, tant les naissances de cet acabit sont rares. On estime ainsi qu’un nouveau-né sur 80 000 dans le monde serait concerné. Rien ne saurait expliquer ce qui déclenche ce type d’événement. La grande rareté des naissances coiffées leur confère un caractère onirique, voire mystique. Dans le folklore populaire, un enfant né coiffé serait ainsi porteur d’une chance extraordinaire. C’est ainsi qu’en allemand, on qualifie ce type de naissance « Glückshaube », autrement dit, « bonnet de la chance ». D’autres croyances estiment que le bébé coiffé serait épargné de la mort par noyade ou par balle (ouf !). Donner naissance à un bébé coiffé n’est nullement dangereux. Pour Sarah Benjilany, cela a même un point positif.

Rupture de la poche des eaux

Sarah Benjilany, sage-femme libérale et membre du Collège National des Sages-femmes de France, nous explique qu’il y a trois scénarios habituels concernant la rupture de la poche des eaux. Dans un premier cas, elle se déchire avant le travail. Selon le terme de la femme, il suffit alors de se rendre à la maternité et d’attendre que le travail se mette en route, ou alors de le déclencher. Si la poche des eaux se rompt trop prématurément, la grossesse peut être maintenue malgré la rupture, en surveillant les signes infectieux. Autre situation : la poche des eaux rompt spontanément pendant le travail.

Sarah Benjilany nous explique que, si vous êtes à terme (à partir d’un mois avant la date de l’accouchement), les motifs de consultations aux urgences comprennent notamment :- la rupture de la poche des eaux (celle-ci protège en effet le fœtus des germes tant qu’elle est intacte) ou sa fissuration- les contractions utérines rapprochées, d’intensité croissante. Vous l’aurez compris, l’accouchement ne commence pas nécessairement à la perte des eaux.

Lorsqu’une femme enceinte perd du liquide amniotique, elle se rend généralement compte elle-même de cette « fuite ». Un seul mot d’ordre dans ce cas-là : se rendre aux urgences de la maternité la plus proche. « La future maman sera alors soumise à un test, appelé prom-test. Si le test est positif, la future mère est hospitalisée et un protocole est mis en place : la mère reçoit des antibiotiques pour diminuer le risque infectieux, et parfois même, un médicament pour stopper les contractions si elles sont présentes, selon le terme de la grossesse, et retarder l’accouchement. Enfin, la mère reçoit deux injections de corticoïdes en intramusculaire à 24 heures d’intervalle, qui permettent de rendre plus matures les poumons du bébé.

Risque de noyade ?

Vous paniquez certainement à l’idée qu’un nouveau soit expulsé dans l’eau ! Mais détendez-vous. Le bébé ne risque pas de se noyer, car pendant 9 mois, il est resté immergé dans le liquide amniotique. Par ailleurs, du moment où il reste rattaché au cordon ombilical, il continuera à recevoir de l’oxygène et du sang. Et ce, grâce au placenta. Son réflexe de respiration ne se déclenchera pas tant que le bébé ne sera pas en contact avec l’air.

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