Introduction
La néonatologie est un domaine médical spécialisé qui se concentre sur les soins aux nouveau-nés, en particulier ceux qui sont prématurés, malades ou qui nécessitent une attention particulière après la naissance. Cet article explore les aspects cruciaux de la néonatologie, en mettant l'accent sur le rôle des parents, les défis auxquels ils sont confrontés, et les études qui éclairent les meilleures pratiques pour soutenir le développement de ces jeunes vies.
Le rôle essentiel des parents en néonatologie
L'importance du lien parent-enfant
Les relations entre les parents et leur bébé sont primordiales. Il est essentiel de jouer avec nos enfants, de leur lire des histoires, de leur parler. Si le monde est confus autour de vous, il le sera pour l’enfant. Le bébé est une personne à part entière ! Les études sont claires : les bébés qui bénéficient d’une stimulation parentale, principalement langagière, compensent plus vite les difficultés d’organisation neuronale liée à la prématurité.
La parole comme outil de connexion
La relation à l’enfant par le langage est le cœur de tout. Un enfant vient à parler parce qu’on lui parle, et parce qu’en lui parlant on le fait exister comme sujet. René Diatkine, à la suite de Winnicott, dit que c’est parce qu’il peut se faire une représentation symbolique de sa mère que le bébé peut survivre, psychiquement, aux moments où il prend conscience qu’elle le laisse : et rien n’est plus symbolique que le mot - parce qu’il peut être partagé.
Le projet « Lire aux bébés »
Le projet « Lire aux bébés / Lisons aux nourrissons » s’appuie sur la conviction qu’intégrer au sein du service de néonatologie une pratique active, par les équipes, de cette première culture orale de l’enfance (berceuses et comptines, jeux chantés, albums pour le premier âge), contribuerait à établir, autour des dyades parent-enfant, une atmosphère de parentalité à la fois plus « naturelle » (au sens de « banale, ordinaire, familière ») et plus « culturelle » (faisant entrer le petit enfant dans une communauté de partage, à travers le plaisir de l’écoute), contrebalançant la dimension très technique de l’établissement. L’album de littérature pour la jeunesse, s’il est judicieusement choisi en fonction de sa qualité poétique et symbolique, « prête » aux parents les mots et les rythmes permettant de s’adresser à leur bébé, notamment dans un contexte où le parent peine à trouver le registre sur lequel partager, par le langage, un univers d’images, de promesses, de valeurs et d’imaginaire enfantin.
Les défis rencontrés par les parents d'enfants en néonatologie
La prématurité et ses conséquences
Plus de 8 % de nouveau-nés naissent avant le terme normal de grossesse en France. Parmi eux, les bébés grands prématurés, nés avant 32 semaines d'aménorrhée, sont particulièrement vulnérables et ont un risque supérieur de développer des troubles moteurs, neurosensoriels et neurocognitifs.
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L'éloignement et le parcours du combattant
Les bébés sont parfois hospitalisés à plus de 100 kms du domicile des parents obligeant ceux-ci à interrompre leur activité salariée pour être présents le plus possible auprès de l'enfant ; entouré, sa croissance est plus rapide. Avoir un enfant prématuré aujourd'hui, c'est vraiment un parcours du combattant pour les parents. Le réseau P'tit'Mip s'occupe en particulier « du suivi des enfants vulnérables », mais il faut se déplacer jusqu'à Toulouse. Pour les Toulousains, ça va, mais pour des gens qui habitent l'Aveyron avec un petit branché dans tous les sens et pour lequel on sait que la présence des parents est importante pour le développement, ça peut durer quatre mois à l'hôpital.
La sidération et la parole empêchée
Ces facteurs produisent chez les parents une forme de sidération, qui freine notamment le développement d’une parole naturelle adressée à l’enfant. Or il est fondamental pour le bon développement général de l’enfant (psychique, affectif, cognitif) qu’il puisse bénéficier, malgré sa prématurité, du « maternage » actif qui lui permet d’exister en tant que sujet.
La peur et le manque de confiance
Les parents ne restaient pas auprès de leur bébé autant que l’équipe soignante l’aurait souhaité, malgré la possibilité de loger sur place, et évoquaient, quand ils le pouvaient, qu’ils ne savaient pas quoi dire à ce tout-petit très appareillé, parfois en grande souffrance. Tout cela pouvait les amener à rester « sans voix » et même à tarder à créer le lien à cause de la peur de perdre à cet enfant.
Les écrans et la privation sensorielle
Pas d’écran bien sûr pour les bébés, mais pas d’écran non plus pour les parents devant leur bébé. En procédant de la sorte, le parent crée de la privation sensorielle chez l’enfant, plus personne n’échange avec lui et cette attitude répétée retardera son développement cognitif.
Les études et les pratiques innovantes en néonatologie
L'importance des stimuli sensoriels
Avec un nombre de naissances prématurées en hausse, les médecins s'intéressent de plus en plus aux stimuli sensoriels capables de déclencher une conscience douloureuse chez le nouveau-né. Les grands prématurés hospitalisés sont exposés, dans leurs premières semaines de vie, à un environnement bien différent de celui dans lequel ils auraient dû continuer à baigner dans le ventre maternel jusqu'à la fin de la grossesse. Souvent éloignés de leur mère, ils sont plongés dans un univers technique (couveuse, perfusion, aide respiratoire…). Leur vie est rythmée par les soins nécessaires à leur survie, qui peuvent perturber leur sommeil et les stresser.
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L'étude sur les odeurs hospitalières
Une équipe de médecins vient de montrer que les régions corticales du traitement de la douleur chez les grands prématurés sont activées quand on les soumet à des odeurs issues des produits utilisés en routine en néonatalogie. Les nouveau-nés perçoivent ces odeurs et qu'elles activent chez eux les voies de la douleur. Ils attestent aussi que les prématurés, qui y sont exposés pendant des semaines, gardent des traces cérébrales de cette expérience.
L'utilisation du glucose pour soulager la douleur
Que se passe-t-il si l'on donne quelques gouttes de glucose à un nouveau-né avant de présenter devant son nez une odeur irritante ? Non seulement l'enfant ne grimace plus de douleur, mais les zones de son cerveau associées à la douleur ne sont plus activées.
Le don de colostrum : un protocole de soin inédit
Un protocole de soin inédit consistant à donner le colostrum de leur mère à des enfants nés en dessous de 32 semaines d’aménorrhée est alors mis en place. Ce don indirect implique l’expression manuelle du premier lait, son transport et parfois sa conservation pour qu’il passe du sein de la mère à la bouche du bébé.
L'administration oropharyngée de colostrum
Un essai clinique sur l’« impact de l’administration oropharyngée du colostrum dans les 48 premières heures de vie chez le nouveau-né prématuré de terme inférieur à 32 semaines d’aménorrhées » consiste à lui administrer le colostrum de sa mère par « tapissage » de la cavité buccale dans les 6 heures qui suivent la naissance. L’objectif est d’évaluer l’impact du colostrum sur la tolérance digestive, l’immunité et la croissance staturo-pondérale à court terme et à 1 an.
Les initiatives de soutien aux familles
Les unités kangourou
De nombreuses « unités kangourou » (unités d'hospitalisation mère et enfant) ont également été créées afin de favoriser le maintien du contact avec les nouveau-nés, indispensable au bon développement de ces derniers.
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Les maisons d'accueil hospitalières
Le ministère encourage la création de maisons d'accueil hospitalières qui permettent aux parents, le cas échéant, d'être hébergés en proximité du lieu d'hospitalisation de leur enfant.
Le réseau P'tit'Mip
Dans la région, le réseau P'tit'Mip s'occupe en particulier « du suivi des enfants vulnérables ». Créé en 2005 dans le cadre du plan périnatalité et situé à l'hôpital Paule-de-Viguier à Toulouse, afin de répondre justement à l'errance et le désarroi des parents éloignés dans hôpitaux spécialisés, le réseau P'tit'Mip a pris en charge 4 700 enfants depuis sa création. Environ 750 enfants « vulnérables » sont suivis chaque année.
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