L'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet complexe, entouré de désinformation et d'obstacles, tant en France que dans le monde. Alors que la loi Veil a dépénalisé l'avortement en France il y a 45 ans, et que la Cour Suprême américaine a inscrit le droit à l'avortement dans la constitution il y a 47 ans, l'accès à l'IVG reste semé d'embûches et de controverses. Cet article vise à démystifier les fausses couches et à examiner les risques réels liés à l'IVG, en se basant sur des faits et des témoignages.
L'Accès à l'IVG en France : Un Parcours Semé d'Embûches
En France, l'accès à l'IVG est loin d'être un acquis intouchable. Des obstacles techniques, tels que les dépassements d'honoraires, la fermeture de centres médicaux pratiquant l'IVG en raison du manque de moyens, le mauvais référencement des praticiens, les déserts médicaux et les longs trajets difficiles, compliquent l'accès à l'IVG.
S’ajoutent à cela les obstacles idéologiques, comme le refus de pratiquer une IVG passé 12 semaines d'aménorrhée, le recours à la clause de conscience et les tentatives de certains professionnels de dissuader l'IVG en montrant des images du fœtus ou en faisant écouter les battements du cœur. Les témoignages de femmes ayant subi la culpabilisation par certains praticiens ne sont pas rares. Il est important de se rappeler que la majorité des femmes qui sollicitent une IVG en France sont tombées enceintes alors qu'elles utilisaient un contraceptif, rendant ces réflexions humiliantes et injustifiées.
En Italie, les difficultés sont davantage d'ordre idéologique. Environ 70% des gynécologues et sages-femmes refusent de pratiquer des IVG pour des raisons religieuses, personnelles ou morales. Dans certaines régions, ce chiffre atteint 90% à 95%. Cette situation a mené à des drames, comme le décès de Valentina Milluzzo en 2016, enceinte de jumeaux, après que des médecins aient refusé de pratiquer un avortement sur l'un des jumeaux en détresse respiratoire.
Au Portugal, l'IVG, légalisée et gratuite depuis 2007, est redevenue payante avec la loi de 2015. De plus, les femmes sont informées, lors de leur premier rendez-vous, du détail des allocations auxquelles elles auraient droit en refusant l'IVG.
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La Résurgence des Anti-IVG et ses Conséquences Mondiales
L'Europe n'est pas la seule à connaître un regain de vigueur des anti-IVG. Aux États-Unis, des États comme l'Alabama interdisent l'avortement, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'anomalie mortelle du fœtus. Dans d'autres États, l'avortement est interdit dès que l'on peut détecter une "activité cardiaque embryonnaire ou fœtale", soit à 6 semaines de grossesse.
En Amérique du Sud, l'accès à l'IVG est tellement restreint, quand il n'est pas interdit, que les femmes y risquent leur vie ou leur liberté. Au Salvador, l'avortement est strictement interdit, quelle qu'en soit la raison. Les femmes peuvent être condamnées à de lourdes peines de prison, et les médecins pratiquant l'IVG risquent également l'emprisonnement. En Argentine, on estime que 41 femmes avortent clandestinement chaque heure au péril de leur vie.
Ces lois anti-IVG n'ont pas d'effet dissuasif. Une femme qui a pris la décision d'avorter le fera, même clandestinement, quels que soient les risques. Interdire l'IVG place les femmes dans une situation de détresse sociale, médicale, économique ou judiciaire, sans changer leur décision, mais en leur imposant un environnement précaire et dangereux. Ces législations sont d'autant plus injustes qu'elles s'appliquent principalement aux femmes les plus pauvres, sans éducation, sans accès aux méthodes contraceptives, sans assistance ni soutien.
Les Fausses Informations et les Risques Fantasmés
De nombreuses fausses informations circulent sur l'IVG, souvent diffusées par des sites et des associations anti-avortement. Il est crucial de démêler le vrai du faux pour permettre aux femmes de prendre des décisions éclairées.
- L'IVG rend stérile : Cette affirmation est fausse. L'avortement n'a aucun impact sur la fertilité, sauf en cas de complications rares. Au contraire, c'est l'interruption clandestine de grossesse qui risque d'entraîner des stérilités, voire la mort.
- L'IVG est un acte anodin : Un avortement n'est jamais un acte anodin, et les femmes qui y sont confrontées le savent intimement. Cependant, il est important de ne pas culpabiliser les femmes et de leur offrir un accompagnement adapté.
- L'IVG provoque un syndrome post-avortement : L'idée d'un syndrome post-avortement n'existe pas. Les conséquences psychologiques varient d'une femme à l'autre et peuvent être liées à l'accompagnement.
- Le curetage est la méthode la plus utilisée pour l'IVG : La méthode par aspiration douce est préférée au curetage, car elle est moins agressive et ne cause pas de dommages à l'utérus.
- L'IVG augmente le risque de cancer : L'avortement n'augmente pas le risque de cancer du col de l'utérus ou du sein.
- L'embryon souffre lors d'une IVG : Les gynécologues affirment que l'embryon ne ressent pas de douleur lors d'une IVG pratiquée dans les délais légaux.
L'Importance d'une Information Complète et Objective
Il est essentiel que les femmes aient accès à une information complète et objective sur l'IVG, afin de prendre une décision éclairée. Les sites et les numéros de téléphone qui diffusent des informations biaisées et culpabilisantes doivent être dénoncés.
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Une proposition de loi sur la création d'un délit d'entrave numérique à l'IVG est débattue afin de lutter contre ce type de sites. Il est important de rappeler que l'avortement est un droit, et que les femmes ont le droit de choisir librement si elles souhaitent poursuivre ou non une grossesse.
Grossesses Tardives: Mythes et Réalités
La société actuelle voit un recul de l'âge de la première grossesse. Les grossesses de célébrités âgées d'une quarantaine d'années sont de plus en plus médiatisées, ce qui peut créer de fausses idées et faire oublier les difficultés et les risques associés aux grossesses tardives. Il est important de noter que les risques médicaux augmentent avec l'âge, tant pour l'enfant que pour la mère. Le risque de fausse couche est plus élevé, et il existe un risque accru de complications telles que l'hypertension grave et la pré-éclampsie. De plus, les cas de trisomie 21 sont considérablement augmentés pour les grossesses naturelles dans cette tranche d'âge.
En France, les nouvelles lois de bioéthique interdisent aux femmes de plus de 45 ans d'avoir recours à la PMA. Cette loi est souvent méconnue, et il est important d'informer les femmes sur les limites d'âge pour la PMA.
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