Le décès d'un nourrisson de cinq jours, Zayneb-Cassandra, survenu à l'hôpital pédiatrique Jeanne de Flandre du CHU de Lille, a suscité une vive émotion et de nombreuses interrogations. L'enfant, née prématurément, a été retrouvée blessée au pied de son berceau dans le service de néonatologie et est décédée quelques jours plus tard. Les circonstances entourant ce drame sont au cœur d'une enquête, qui se concentre notamment sur la présence d'un enfant de six ans à proximité du berceau.
Les Faits : Chronologie d'un Drame
Zayneb-Cassandra est née le 6 juillet à la maternité Jeanne de Flandre, prématurément à sept mois et demi. Immédiatement après sa naissance, elle a été placée dans l'unité de soins de néonatologie, appelée "Arc-en-ciel". Sa mère, Sephora, devait bientôt quitter l'hôpital, tandis que Zayneb devait y rester encore un mois et demi.
Le 11 juillet, en fin de matinée, le personnel du service a découvert le nourrisson inerte au sol dans sa chambre. Une autre mère de famille, Delphine, a témoigné avoir entendu "un gros boum" provenant de la chambre de Zayneb. L'enfant souffrait d’un traumatisme crânien et d’un œdème cérébral et est décédée le mardi 15 juillet.
L'Enquête et les Conclusions Médicales
Une enquête a été ouverte par le parquet de Lille pour "recherche des causes de la mort". Les premiers éléments de l'enquête, ainsi que les investigations médico-légales, ont révélé que « le nourrisson est décédé d’un traumatisme cranio-encéphalique très sévère compatible avec une chute au sol ».
La procureure de la République, Carole Étienne, a confirmé qu'un « enfant de six ans, membre d’une autre famille, a effectivement été vu à proximité du berceau et de l’enfant au sol ». Selon la police, le garçon aurait saisi le nourrisson et l'aurait fait tomber.
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Témoignages et Accusations
La famille de Zayneb a pointé du doigt le comportement d'un enfant de six ans, frère d'un autre bébé hospitalisé dans le service. Selon les témoignages, cet enfant déambulait dans les couloirs de l'hôpital, s'invitant dans les chambres et manifestant un intérêt particulier pour Zayneb, qu'il appelait "ma poupée".
Karima Farhi, cousine du père de Zayneb, a souligné que le personnel médical avait été prévenu du comportement anormal du garçonnet depuis plusieurs jours. Elle a également dénoncé un manque d'empathie de la part du centre hospitalier et a déploré "la vétusté des locaux", notamment l'absence de vitres permettant aux infirmières de surveiller en permanence les enfants hospitalisés.
Réactions et Mesures Prises par l'Hôpital
Le CHU de Lille a exprimé ses pensées envers la famille du bébé et a qualifié l'événement d'« exceptionnel, particulièrement grave et bouleversant, non lié aux soins ». L'hôpital a immédiatement ouvert une enquête administrative interne et a pris des mesures de stricte limitation des visites au sein des unités de néonatologie. Désormais, seuls les parents peuvent rendre visite aux bébés qui y sont hospitalisés. Une prise en charge psychologique a été proposée à la famille du nourrisson, ainsi qu'aux membres du personnel présents le jour du drame.
Le CHU a saisi le procureur de la République de Lille pour solliciter une enquête immédiate. Celle-ci a débuté le jour-même, confiée à la police judiciaire de Lille sous la direction du Parquet.
L'Appel à Témoins et la Plainte de la Famille
La famille de Zayneb, cherchant à comprendre ce qui a mené au drame, a lancé un appel à témoins, exhortant toute famille ayant constaté des dysfonctionnements au sein du même service à se faire connaître. Elle a constaté que l'enfant de six ans a pu déambuler sans surveillance dans le service et entrer dans la chambre de bébés très fragiles, et accuse le service d'être insuffisamment sécurisé.
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La famille a finalement déposé une plainte contre X pour homicide involontaire.
Questions de Sécurité et de Surveillance
Ce drame a mis en lumière des questions cruciales concernant la sécurité et la surveillance dans les services de néonatologie. Comment un enfant de six ans a-t-il pu déambuler librement dans un service où sont pris en charge des bébés extrêmement vulnérables ? Pourquoi les alertes concernant le comportement de cet enfant n'ont-elles pas été prises plus au sérieux ?
L'enquête devra déterminer si des failles de sécurité ont contribué au décès de Zayneb et quelles mesures doivent être prises pour éviter qu'un tel drame ne se reproduise. La famille de Zayneb a appelé l’hôpital à « assumer sa responsabilité » pour que « cela n’arrive plus jamais ».
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