De nos jours, de plus en plus de parents s'interrogent sur l'agitation de leur bébé. Un enfant qui bouge beaucoup, qui semble avoir du mal à gérer ses émotions, est-ce normal ? Est-ce le signe d'une hyperactivité précoce ? Cet article vise à démêler le vrai du faux, à informer les parents sur les comportements typiques des bébés, et à donner des pistes pour comprendre et accompagner au mieux leur enfant.

Introduction : L'Agitation, une Étape du Développement

Il est essentiel de comprendre que l'agitation est souvent un comportement normal chez les jeunes enfants, en rapport avec leur développement. Bouger est l'un de leurs besoins les plus importants, c'est ainsi qu'ils se concentrent et qu'ils apprennent ! Préférez les activités debout ou au sol pour lui laisser la possibilité de bouger et augmenter ainsi son temps de concentration. Quitter l’activité ne veut pas dire pour autant qu’il ne se concentre pas, il peut au contraire avoir besoin de bouger « un bon coup » pour revenir plus calme sur l’activité ou écouter de loin une histoire par exemple. Ce besoin de mouvement est aujourd’hui de plus en plus reconnu et l’école maternelle et primaire se transforment progressivement pour offrir plus de mouvements aux enfants. L'impulsivité du jeune enfant est également liée au développement de son cerveau. Il ne sera capable de la réfréner qu’entre 5 et 7 ans. Avant cette tranche d’âge, les envies, besoins et émotions ne sont pas contrôlables par la raison. C’est le cerveau émotionnel de l’enfant qui domine. Il ne fait pas exprès, il n’en est en réalité pas capable du fait de son immaturité organique.

TDAH : Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité

Pour certains enfants, cette agitation peut évoquer un Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH). Face à cette situation, il est normal de ressentir de l’inquiétude et des interrogations. La réponse est non. Le TDAH est un trouble de l’attention en premier lieu auquel se rajoute ou non une hyperactivité. Il est d’ailleurs important de repérer et diagnostiquer aussi ceux qui ne sont pas hyperactifs.

L'Âge du Diagnostic : Pourquoi Pas Avant 6 Ans ?

Le TDAH ne peut être diagnostiqué avec certitude avant 6 ans. En effet, cela s’explique par l’immaturité du cerveau du jeune enfant et notamment ses capacités de concentration et de gestion de ses comportements. Ces dernières ne commencent à être suffisamment matures qu’entre 6-7 ans. Impossible donc de parler de TDAH avant que le cerveau n’ait la capacité d’être «raisonnable» comme nous l’employons communément. Si votre enfant a moins de 6 ans, bouger est un de ses besoins les plus importants. C’est d’ailleurs comme ça qu’il se concentre et qu’il apprend !

Mon Bébé s'Agite : Comprendre les Signes

Un bébé qui "gigote, se tortille en permanence sur son siège" peut susciter des interrogations. Il arrive qu’un bébé montre des premiers signes d’hyperactivité très tôt. À quelques mois seulement, votre bébé est très agité pour son âge et ses besoins semblent intenses : il enchaîne les colères, rencontre des difficultés pour s’endormir et semble doté d’une énergie sans limites. Il se peut aussi que ses premiers pas soient vite remplacés par des courses effrénées à travers la maison et qu’il se mette à tout escalader… au grand désespoir de ses parents !

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Les Signes d'un Bébé Agité

Plusieurs signes peuvent alerter, sans pour autant confirmer un TDAH :

  • L'agitation constante: Chez les bébés hyperactifs, l’agitation est souvent constante. Ces enfants ne tiennent pas en place, et ils bougent sans cesse. Leur activité motrice est excessive, et les parents ont souvent peur qu’ils tombent de leur transat ou de leur chaise haute. En effet, il est difficile de les canaliser et on parle souvent de bébés très toniques. Attention, tous les bébés hyperactifs ne sont pas agités, notamment les filles qui ont davantage tendance à être rêveuses.
  • Un sommeil perturbé: Les bébés hyperactifs ont un sommeil plus perturbé, plus court et moins profond que les autres bébés. Certains scientifiques ont ainsi observé que les enfants hyperactifs dorment 45 minutes de moins que les autres enfants. En fait, le sommeil est synonyme d’inactivité. Or, le cerveau et le corps d’un bébé hyperactif bouillonnent.
  • L'hyperémotivité: L’hyperémotivité est un symptôme qui va aussi de pair avec l’hyperactivité. Elle s’exprime de différentes manières : l’enfant est très sensible, il peut se mettre en colère et s’énerver rapidement. Il peut aussi se sentir déprimé ou être anxieux. De façon générale, les émotions (aussi bien négatives que positives) sont ressenties intensément. Les enfants sont très susceptibles et leurs réactions face aux moqueries, ou aux critiques peuvent sembler très violentes. Si on se moque d’eux et à la moindre contrariété, ils peuvent faire de grosses crises de colère, jeter tout ce qui les entoure, se rouler par terre en poussant des cris.
  • L'inattention: Une des caractéristiques des bébés hyperactifs est que leur attention est très difficile à maintenir. Tout les distraits, et ils ne parviennent pas à se focaliser sur une seule activité. L’attention est sélective, c’est-à-dire que le bébé rencontre des difficultés pour faire abstraction de certains stimuli extérieurs, et pour se concentrer sur une seule tâche. Par ailleurs, tout ce qui est entrepris n’est jamais complètement terminé. L’enfant ne parvient pas à finir un jeu par exemple. L’attention n’est pas soutenue.

Hyperactivité et Hypersensibilité : Un Lien Fréquent

Enfin, hyperactivité rime souvent avec hypersensibilité chez les jeunes enfants. Un bébé hyperactif vit généralement ses émotions de manière intense. Joie, colère, angoisse, excitation, frustration, sont amplifiées et vécues comme une tornade émotionnelle pour l’enfant. Néanmoins, des émotions intenses sont aussi normales dans le développement d’un enfant. Votre bébé a besoin de temps pour reconnaître et comprendre ses émotions.

Les Causes Possibles de l'Agitation et de l'Hyperactivité

Les enfants hyperactifs souffrent de perturbations de leur fonctionnement cérébral. Ces troubles peuvent être causés par :

  • L'hérédité: Le facteur héréditaire est déterminant dans l’apparition de l’hyperactivité. Dans 75 % des cas, les parents sont eux-mêmes hyperactifs sans le savoir. Plusieurs gènes pourraient être la cause d’un dysfonctionnement cérébral et de troubles neurologiques. Ces gènes concernent des neurotransmetteurs du système nerveux, dont la dopamine.
  • Les facteurs néonataux: Il semblerait également que certaines substances nocives soient en cause dans l’apparition du TDAH. Il s’agit de l’alcool, du tabac et des pesticides. L’ingestion de ces produits pendant la grossesse - et donc pendant la vie fœtale - serait nocive pour le développement de l’enfant, et pourrait provoquer ce trouble du comportement.
  • L'environnement non favorable: Le TDAH n’est pas causé par un manque affectif ou des défaillances éducatives. Les spécialistes reconnaissent cependant que l’on peut voir des facteurs psychologiques et environnementaux accentuer un trouble déjà présent chez l’enfant. Il peut par exemple s’agir d’une situation familiale complexe liée à une grande précarité.
  • Des dysfonctionnements cérébraux au niveau des neurotransmetteurs, dus à un excès ou un manque de dopamine et de sérotonine.
  • Une lésion cérébrale.
  • Des intolérances ou des allergies alimentaires.

Que Faire Face à un Bébé Agité ? Accompagnement et Solutions

Si vous suspectez votre enfant d’être atteint d’hyperactivité, parlez-en à votre médecin afin que le diagnostic par un spécialiste du TDAH puisse se faire rapidement. Bien que l’hyperactivité ne puisse être détectée avec certitude qu’à partir de 6 ans, un bébé peut manifester de premiers signes dès ses premiers mois de vie.

Adapter l'Environnement et le Quotidien

Pour aider votre enfant, la première chose est d’adapter son environnement au quotidien. Votre enfant a besoin de repères. Mettez en place une routine stable et sécurisante. Cette dernière doit comprendre des horaires réguliers pour les repas, les siestes et les activités quotidiennes.

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Pour aider un enfant hyperactif à mieux gérer ses émotions et son agitation, il est recommandé de lui proposer un environnement calme, apaisant et bien structuré en réduisant un maximum les stimulations extérieures (notamment pendant les devoirs ou au moment du coucher). La chambre de l’enfant doit être aménagée de manière simple, sans trop de stimuli visuels ou sonores susceptibles de l’exciter davantage.

Stimulation et Jeux Adaptés

Proposez-lui également des jeux adaptés à son trouble de l’attention qui pourront stimuler sa concentration, sa mémoire ou favoriser la manipulation. Afin d’éviter un maximum l’énervement, pratiquez des jeux calmes avec lui pour l’apaiser. Au moment du coucher, commencez par préparer la chambre à l’avance en enlevant tous les éléments susceptibles d’énerver le bébé. Soyez présent avec lui et faites preuve de douceur pour l’aider à trouver le sommeil.

L'Importance d'une Communication Claire et Simple

Comme l’enfant hyperactif a très peu de limites dans son comportement et qu’il déteste les règles, c’est à vous de l’aider à trouver ses limites. Pour cela, mettez en place une façon de communiquer simple et adaptée à son niveau de compréhension.

  • Adressez-vous à lui avec des consignes simples et compréhensibles : en lui disant exactement ce que vous attendez de lui, vous l’aidez à établir des limites à son comportement. Par exemple, "arrête de courir" est une consigne moins complexe que “tiens-toi tranquille”.
  • Préférez les tournures de phrases à l'affirmative qui vont droit au but : par exemple, “arrête de courir” est plus compréhensible que “veux-tu arrêter de courir”
  • Évitez de lui donner plusieurs consignes à la fois ou des consignes trop vagues : il risque de ne pas se souvenir de tout, de se disperser dans ses tâches et de ne pas saisir tout ce qu’il est censé faire. Par exemple, “range ta chambre" implique plusieurs sous-tâches à exécuter qu’il risque de ne pas prendre en compte.
  • Assurez-vous que votre consigne est correctement comprise : demandez lui confirmation que votre demande a été comprise en cherchant son regard ou un stimulus physique. Par exemple, posez votre main sur son épaule pour attirer son attention et demandez-lui de vous expliquer ce qu’il doit faire.

Les Thérapies et Suivis Possibles

Si un traitement médicamenteux est parfois nécessaire à l’enfant, il est aussi recommandé d’entreprendre une thérapie comportementale avec un pédopsychiatre. Si cela calme bien l’enfant, les médicaments n’en restent pas moins des substances chimiques à utiliser avec discernement, car ils entraînent des effets indésirables non négligeables.

Le TDAH ne se guérit pas, cependant les conséquences et les symptômes peuvent être diminués grâce à une psychothérapie, un suivi par un orthophoniste et un psychomotricien ou un traitement médicamenteux.

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Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) donnent généralement de bons résultats chez l’enfant hyperactif. Le but est également de l’aider à accueillir ses émotions, souvent très fortes. Au fil des séances, il apprend à canaliser son attention et à réfléchir avant de passer à l’action. Ses parents peuvent lui faire pratiquer en parallèle une activité sportive où il s’épanouira et évacuera son trop-plein d’énergie : cela peut apporter un vrai plus. Une activité créative et des temps de jeux calmes sont aussi à instaurer.

Le Rôle Essentiel des Parents

Les parents ont un rôle essentiel à jouer dans l'éducation et l'épanouissement de leur enfant hyperactif et/ou hypertonique. En effet, il est primordial d'apprendre à reconnaître les besoins spécifiques de son bébé et d'ajuster son attitude en conséquence. En somme, il est essentiel d'apprendre à connaître et comprendre les besoins spécifiques d'un nourrisson hyperactif et/ou hypertonique.

Rassurez-vous, le TDAH n’a pas de lien avec des besoins non comblés de l’enfant ou avec les « compétences » parentales. Une fois le diagnostic posé, il est important de bien l’expliquer à votre enfant pour qu’il ne se sente pas responsable et lui dire que son trouble n’est pas lié à ses capacités. Il conservera ainsi une bonne estime de lui. N’hésitez pas à participer à des groupes de parents dédiés et à prendre le maximum d’informations pour vous aider au quotidien. Votre enfant est unique et le TDAH n’enlève rien à son potentiel et à son identité !

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