L'allaitement maternel est une expérience unique et enrichissante pour la mère et l'enfant. Il suscite de nombreuses questions chez les futures mamans concernant la préparation, la douleur, les bienfaits, les positions, la durée et les solutions en cas de difficultés. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie, suivi d’un allaitement mixte jusqu’à l’âge de deux ans. Cet article vise à fournir des conseils et des recommandations pour un allaitement maternel réussi au cours du premier mois de bébé.

Les bienfaits de l'allaitement maternel

L'allaitement maternel offre de nombreux avantages pour le nourrisson et la mère. Le lait maternel apporte les nutriments essentiels à la croissance du bébé et possède des propriétés immunologiques optimales, constituant une protection naturelle contre les microbes. De plus, il a la capacité de rassasier votre bout de chou.

L'allaitement maternel constitue un moment privilégié entre la mère et l'enfant. Durant les tétées, le bébé se sent rassuré et en confiance auprès de sa maman. Il est important de noter que si l’allaitement peut apporter plusieurs bénéfices à un nourrisson et à sa mère sur le plan psycho-affectif, cela ne veut pas dire que les mamans qui n’allaitent pas ne pourront pas développer des liens d’attachement avec leur bout de chou.

Démarrage de l'allaitement

Si allaiter peut sembler être l’acte le plus naturel du monde, donner correctement le sein n’est pourtant pas une pratique innée. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande de commencer l’allaitement durant la première heure de vie de bébé, si possible après l’accouchement. Lors de cette première période d’éveil, le réflexe de succion du bébé est optimal et ce dernier se trouve dans un état d’hyper-vigilance - des conditions idéales pour apprendre à téter. Il ou elle est alors placé(e) contre sa mère (en contact peau-à-peau) de manière à pouvoir accéder facilement au sein.

Ses réflexes lui permettent de se nourrir facilement, mais il est possible que certains bébés soient encore trop somnolents pour téter. Si c’est le cas, ne paniquez pas ! Ne vous faites pas non plus du mauvais sang si vous ne pouvez pas commencer l’allaitement après l’accouchement (en cas de césarienne ou de naissance prématurée, par exemple). Cela n’a pas d’incidence sur la réussite de l’allaitement. Il est par ailleurs important de rappeler que l’allaitement peut souvent sembler difficile lors des premiers jours, voire des premières semaines, pour la maman comme pour le nouveau-né - un temps d’adaptation de 2/3 mois est généralement nécessaire pour trouver le bon rythme. Il s’agit avant tout d’un apprentissage dont la durée diffère selon chacun. Laissez-vous donc le temps et, surtout, ne culpabilisez pas si cela vous paraît contraignant : cela est tout à fait normal.

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Les positions d'allaitement

Il existe plusieurs positions pour allaiter. Quelle que soit la position adoptée, il est indispensable que vous vous sentiez parfaitement à votre aise et que vous puissiez garantir une sécurité optimale au bébé ; pour cela, assurez-vous que son nez soit toujours parfaitement dégagé (son menton doit être situé contre le sein, et le nez au-dessus du téton) et que sa tête soit bien maintenue - son corps doit être positionné dans le même alignement que sa tête. Par ailleurs, si vous avez du mal à trouver une bonne position, ne perdez pas espoir et continuez à chercher la position la plus confortable possible : c’est seulement en adoptant une bonne position que vous prendrez plaisir à donner le sein, premier facteur de réussite d’un allaitement maternel. Des petits tracas comme l’apparition d’une mastite ou de crevasses pourront également être réglés avec un simple changement de position. Ne sous-estimez donc jamais cette étape !

L'alimentation à la demande

Adopter une bonne position ne fait bien sûr pas tout. Durant les 6 premiers mois de vie de votre nouveau-né, son alimentation se fait à la demande ; vous devez alors lui donner du lait dès qu’il a faim. Il n’y a donc pas de nombre limite, ni d’intervalles de temps à respecter - on sait toutefois que le lait maternel est digéré en 1 heure, et que le sein a besoin d’1 heure pour produire une nouvelle ration de lait. La réponse la plus naturelle est donc souvent la meilleure. En termes d’allaitement, chaque nourrisson possède d’ailleurs des besoins différents. Certains vont demander très régulièrement le sein (toutes les 2 heures, par exemple), d’autres beaucoup moins. Par ailleurs, vous ne devez jamais essayer de réduire le nombre de tétées pour tenter de faire manger bébé à votre rythme ; c’est au contraire à vous de vous adapter à son propre rythme alimentaire - ne pas respecter cette règle serait préjudiciable pour la bonne alimentation. Sachez aussi qu’il est primordial que votre bébé prenne 6 à 8 tétées minimum par jour.

Durant les 15 premiers jours de vie (ou les deux premiers mois selon les experts et les sources), vous ne devez pas attendre que bébé soit agité pour lui donner le sein ; il est recommandé, au contraire, de le nourrir dès qu’il se trouve dans un état d’éveil calme. Cela l’aidera dans son apprentissage de l’allaitement et lui facilitera la tâche au moment de téter (un bébé qui est énervé ou qui pleure beaucoup aura plus de mal à téter, notamment au début de l’allaitement). De plus, durant ses premiers jours, un nouveau-né ne sait pas communiquer, et ne pourra donc pas vous donner de signal particulier quand il souhaite manger. Par la suite, il est important de savoir repérer les signes de faim des bébés pour ne pas manquer le moment où il sera en mesure de bien s’alimenter. Ces signes sont relativement faciles à reconnaître : il commence à s’agiter, cligne plusieurs fois des yeux, fait des mouvements de main répétés et/ou se met à pleurer. Évitez toutefois d’attendre trop longtemps !

Durée des tétées

Sur ce point, il n’y a aucune règle prédéfinie car la durée de la tétée dépend de deux facteurs propres à chaque nourrisson et chaque maman : le débit de lait proposé par la mère (dépendant de sa physiologie) et la capacité de succion. De plus, au début de l’allaitement, le bébé a besoin de davantage de temps car il ne sait pas encore tout à fait téter ; par la suite, ce temps diminue progressivement car il ou elle aura appris à se nourrir plus efficacement. Pour savoir si les tétées de votre bout de chou sont suffisamment longues, vous pouvez toutefois noter le temps moyen passé à téter puis demandez conseil auprès de votre pédiatre. Ce dernier mettra en relation la durée des tétées avec les courbes de croissance et la prise de poids; il sera alors en mesure de vous dire si ces moyennes sont suffisantes ou non. Vous n’avez pas de douleurs, ni ne constatez de crevasses ou d’engorgements répétés, qui peuvent être les signes d’une mauvaise succion.

La production de lait

La lactation est régie par la loi de l’offre et de la demande. En d’autres termes, plus vos seins seront stimulés par les tétées, plus ils produiront du lait maternel. La première semaine, les seins produisent de très faibles quantités de colostrum, qui sera remplacé par un lait davantage translucide après 6 à 8 jours. C’est alors à ce moment-là que la quantité de lait de lait augmente (augmentation souvent qualifiée de « montée laiteuse »). La stimulation régulière du sein sera alors nécessaire pour maintenir la production de lait. Donner régulièrement le sein à votre enfant durant cette période vous permettra également de limiter les phénomènes d’engorgement (qui sont toutefois normaux lors des premières semaines de l’allaitement).

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Même si votre enfant tète régulièrement, il est possible que votre production de lait diminue. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène de diminution des quantités de lait maternel : fatigue, stress, petite infection…Pour y remédier, vous allez devoir stimuler encore plus régulièrement vos seins (toutes les 1 ou 2 heures et vous reposer le plus possible - faites des siestes chaque jour et déléguez les tâches ménagères au papa ou à votre entourage, par exemple. Manger régulièrement des aliments galactogènes pourra également être un bon moyen pour relancer la lactation; les aliments galactogènes sont des aliments qui favorisent la production de lait maternel; il s’agit notamment des fruits oléagineux (noix, noisette, amande…), du fenouil, du malt d’orge, de l’anis, du cumin, de la carotte, des dattes, du fénugrec (plante), du riz brun ou de l’avoine.

Allaitement mixte et tire-lait

Bien que l’allaitement exclusif soit aujourd’hui recommandé jusqu’au sixième mois des bébés, il est possible que vous ne puissiez pas allaiter selon les recommandations actuellement en vigueur. Cela peut être dû à des raisons médicales, physiologiques (vous ne produisez pas assez de lait, par exemple), psychologiques (vous ne souhaitez pas ou n’êtes pas en mesure d’allaiter) ou pratiques (vous êtes dans l’obligation de reprendre rapidement votre travail). Cette solution est souvent envisagée lorsque la maman doit reprendre le travail, ou qu’elle souhaite commencer le sevrage de l’allaitement en douceur. L’allaitement mixte est généralement conseillé entre les 4/6 mois des bébés. Aujourd’hui, les laits infantiles Babybio couvrent les besoins des bébés conformément à la réglementation. Sachez toutefois que pour que l’allaitement mixte soit réussi, il est important que la lactation soit déjà bien installée - car les seins, désormais moins sollicités, produiront moins de lait.

Les mamans qui doivent reprendre le travail (ou qui souhaitent déléguer par moment l’alimentation de leur bébé au papa) peuvent également faire le choix de tirer leur lait. Avec cette solution, les mamans peuvent conserver leur lait, qui sera alors donné au biberon dans un second temps. Il existe aujourd’hui plusieurs modèles de tire-laits, dont certaines gammes professionnelles particulièrement performantes peuvent être louées auprès de votre pharmacie.

Demander de l'aide

Il est fréquent que de jeunes mamans éprouvent des difficultés à allaiter lors des premiers mois, ou se sentent dépassées par cette tâche. Il est important de ne pas garder ses difficultés pour soi et d’en parler rapidement à un professionnel de santé, qui sera à même de vous conseiller et de vous donner des pistes de compréhension. Vous pouvez notamment vous adresser à votre pédiatre, ou à des professionnels spécialisés dans l’allaitement maternel, comme les sages-femmes titulaires d’un DIU Allaitement ou les conseillères en lactation IBCLC, par exemple.

Sevrage en douceur

Passer du sein au biberon peut être un moment compliqué pour la maman et son enfant. Une consultante en lactation donne quelques clés pour réussir ce sevrage en douceur. Douleurs, fatigue, reprise du travail… vous souhaitez cesser d’allaiter, ou alterner avec le biberon ? Cela peut se faire quand vous le désirez, quel que soit l’âge de l’enfant. Mais il y a une règle d’or : y aller progressivement. Jusqu’à 2-3 mois, le bébé a une succion réflexe et accepte facilement le biberon. Commencez par introduire un premier biberon de préparation pour nourrisson. Puis, proposez-en un second par jour et ainsi de suite. Vers 3 mois, il refuse davantage le biberon car la succion devient un acte volontaire. Il faut donc lui apprendre à apprivoiser ce nouveau mode d’alimentation : « Une fois par jour, placez-le en face de vous, dans un transat, tout en lui parlant, conseille Véronique Darmangeat, consultante en lactation à Paris. Pour la plupart des bébés, il est plus facile de commencer le biberon en face plutôt que dans les bras, car ils associent les bras à la tétée, précise Véronique Darmangeat. On peut compenser en lui faisant plus de câlins, du peau à peau… » Selon la lactation de la mère, le sevrage peut durer entre une semaine et un mois. Entre 6 mois et 1 an, vous pouvez aussi compléter par des laitages s’il refuse le biberon. Au-delà d'1 an, repérez les situations où il réclame le sein. Est-ce par ennui, s’il est inquiet, s’il se fait mal ?

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Alimentation infantile

De manière générale, les laits infantiles qui peuvent être donnés pour un enfant de moins de 4 mois sont les préparations pour nourrisson, appelées "lait 1er âge". Les plus souvent, ces préparations sont vendues sous forme de poudre à diluer dans de l'eau, de la manière indiquée par le fabriquant sur la boîte.

Conseils supplémentaires

  • Mieux vaut nourrir bébé à la demande. Pour cela, on l'observe attentivement : quand il s’agite ou approche ses poings de sa bouche par exemple, c’est peut-être un signe de faim. On peut lui proposer le sein sans attendre qu’il pleure, dès les premiers signes d'éveil.
  • Nourrir bébé est une belle occasion de passer un moment privilégié avec lui. On peut le câliner, lui parler, lui chanter une chanson : cela va le sécuriser et renforcer le lien qui nous unit. Autant que possible, on essaie de profiter pleinement de ce moment.
  • Pour la mise en route de l’allaitement, on a souvent besoin d’être épaulée les premiers jours. C’est tout un processus qui se met en place, c’est normal d’avoir besoin d’un peu d’aide pour être guidée au début.
  • Grognements, bruits de succion, agitation, tous ces signaux pourront indiquer à la mère le besoin de téter de son nouveau-né. Il n’y a pas de restriction à la demande de téter, ni en terme de fréquence, ni en terme de durée de la mise au sein. Plus le bébé tète, plus la sécrétion lactée est importante. Le réconfort comme l’assouvissement de la faim sont de bonnes raisons pour le bébé de vouloir téter.
  • Si la demande du bébé doit être respectée dans la plupart des cas, un intervalle de 5-6 heures entre deux tétées est un maximum qu’il est prudent de ne pas dépasser les premiers jours.
  • Des tétées fréquentes jour et nuit, et efficaces sont le gage d’une bonne lactation.
  • C’est le moment aussi des difficultés de démarrage : engorgement, seins tendus, pertes de lait sont courant le premier mois.

L'allaitement à long terme

L’Organisation Mondiale de la Santé recommande un allaitement exclusif de six mois. A partir du sixième mois environ, la diversification alimentaire peut progressivement débuter. Le lait maternel reste un élément important de l’alimentation, et ne doit pas être remplacé par du lait industriel préparé à partir de lait de vache.

Chaque couple mère-enfant devrait pouvoir élaborer son propre chemin dans l’allaitement (rythme, durée), en tenant compte des besoin et du plaisir de chacun. Il n’y a aucune raison de refuser à l’enfant, et de refuser à la mère, ce plaisir partagé. La société se doit de favoriser l’allaitement et d’éliminer les contraintes qu’elle génère parfois et qui imposent un sevrage non désiré. Suivez votre bébé et vos sentiments pour définir l’allure de votre allaitement : s’il montre soudain plus d’intérêt pour un jeu, pour une activité, le besoin de téter diminuera, au moins à certains moment de la journée.

Les signes d'une bonne tétée

  • La bouche est grande ouverte et recouvre une grande partie de l’aréole.
  • La lèvre inférieure est déroulée et touche le menton.
  • Parfois, il fait en déglutissant un bruit caractéristique, bien repéré par les mères.
  • En fin de tétée, le bébé tète parfois pour son plaisir. Les déglutitions deviennent rares.
  • Au rythme des couches : minimum 6 couches mouillées et 3 selles par jour.
  • Le bébé prend du poids de façon variable (en moyenne 200 g par semaine).

Ressources utiles

Santé Publique France a édité un Guide de l’allaitement maternel répondant aux questions des jeunes mères qui allaitent, apportant des conseils pratiques, des adresses utiles et proposant un accompagnement dans la poursuite de l’allaitement maternel au jour le jour. Les auteurs du guide rappellent que l’allaitement est l’occasion d’établir un lien d’attachement avec son bébé grâce aux contacts peau à peau fréquents qu’il permet.

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