Le berceau, plus qu'un simple meuble, est un symbole riche en histoire et en significations. Des mythes fondateurs aux intérieurs modernes, il a traversé les âges en évoluant avec les sociétés et les mentalités. Cet article explore l'histoire fascinante du berceau, son évolution esthétique et fonctionnelle, ainsi que son rôle dans la famille et la société.
Les Origines Mythiques et Historiques du Berceau
Le berceau est un meuble des plus anciens et répandus de l’Histoire. Il est présent dans les mythes et les livres religieux. On parle bien souvent de berceau de l’humanité, et ce n’est pas un hasard. Derrière la création de Rome, se cache un berceau accueillant les jumeaux Romulus et Remus, déposés dans une corbeille sur les rives du Tibre. Dans les mythes, mais aussi la Bible, le berceau occupe une place à la hauteur des personnages qui y commencent leur vie.
La première trace archéologique du berceau est attestée plus tardivement que dans les récits mentionnés plus haut grâce à un événement célèbre, l’éruption du Vésuve. On a ainsi pu retrouver des vestiges d’un berceau dans la ville d’Herculanum en 79 avant J-C, entièrement brûlée par l’éruption du Vésuve.
La plus ancienne représentation de berceau se trouve être une figurine en terre cuite datant de l’âge de bronze moyen (2000-1600 avant JC) retrouvée à Chypre. Une femme tient dans ses bras un enfant placé dans un berceau à arceaux : c’est l’une des premières figurines symbolisant la maternité.
Évolution de la Conception du Berceau : Du Sommaire à l'Apparat
Des rois aux personnes les plus modestes, chaque foyer dispose d’un berceau, dont les caractéristiques techniques ne sont rien d’autres qu’une conception dotée d’un fond rond offrant la possibilité, ou non, d’un mouvement de balancier pour bercer l’enfant. Corbeille tressée en osier ou en paille, petite caisse en bois ou encore panier, les berceaux doivent beaucoup aux us et coutumes des régions, mais aussi des moyens financiers.
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Sous l’Ancien Régime, le berceau fait partie des rares meubles incontournables à la constitution du foyer. Alors que le trousseau de l’épouse était composé d’une armoire, d’un coffre et de son trousseau, l’homme apportait quant à lui une table et une chaise. Charge à ce dernier de concevoir la dernière pièce essentielle de l’ameublement, le berceau, une fois le nouveau-né arrivé. Face à une mortalité infantile importante et un brin de superstition, on fabriquait ce petit meuble à la dernière minute.
Dans les foyers les plus populaires, le berceau désigne bien souvent une caisse ou d’une auge en bois léger destiné à être placé sur un autre meuble plus en hauteur afin de protéger l’enfant du froid et des animaux. Très populaire, le berceau à patins incurvés permet à la mère de bercer l’enfant grâce à un mouvement de main ou au pied.
Au XIXème siècle, on conçoit des berceaux suspendus, plus particulièrement dans les maisons les plus riches, doté d’un pilier en col de cygne permettant de fixer un tissu léger protégeant l’enfant des moustiques.
Si les foyers les plus riches élevèrent les berceaux au fil des années en les faisant élaborer par les ébénistes, les plus pauvres conservent la tradition de concevoir eux-mêmes le berceau en évidant la moitié d’un tronc ou en utilisant un demi-tonnelet garni de tissus.
Le Berceau : Un Enjeu de Sécurité et de Moralité
Si le berceau a pour fonction de protéger l’enfant, il a surtout la vocation de lui offrir une sécurité. En effet, les ménages les plus pauvres ne disposaient souvent que d’une simple couchette accueillant l’ensemble des membres de la famille. Les traités d’éducation du XIXème siècle mentionnent cette nécessaire séparation du couchage pour préserver l’enfant.
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Dans les représentations traditionnelles, le berceau a toujours joué un rôle d'accueil du petit enfant. Associé au bercement, il assure le bien-être de l'enfant et le prépare à un sommeil réparateur, nécessaire à son repos et à celui de sa famille. Le berceau joue alors au sens propre, comme au sens figuré, un rôle essentiel de protecteur.
Pourtant, en se penchant sur les traités de soins pour les nouveau-nés et les traités d’éducation rédigés par des médecins dans la première moitié du XIXe siècle, on comprend que la place du berceau dans la cellule familiale est source de différents enjeux. La question d’employer un berceau pour faire reposer l’enfant, si elle semble évidente, n’a pas toujours répondu à une volonté d’assurer plus de confort à l’enfant. Elle correspond au contraire à une demande forte de la part des différentes autorités (médecins, théologiens, moralisateurs) de bannir la cohabitation au sein du même lit entre enfants et parents, afin de proscrire les risques d’étouffement et d’infanticide.
Illustration, no 29 (1840) « Voilà le moment (passé minuit), où le calme et la paix règnent véritablement dans les heureux mariages. » Qui mieux que Daumier pouvait croquer les traits d’une famille dans la première moitié du xixe siècle ? Dans une série de caricatures connue sous le nom de Mœurs Conjugales, Honoré Daumier nous présente avec perspicacité le repos d’un couple et de son enfant. Au plus profond de la nuit, le calme règne, les époux dorment, tout comme leur nouveau-né, confortablement installé dans son berceau à distance du bras de sa mère. Sans doute, Honoré Daumier veut-il nous faire comprendre que ce bébé a enfin réussi à trouver son sommeil, ainsi que ses parents par la même occasion. De cette caricature, une représentation classique de la famille ressort, et le berceau joue alors son rôle essentiel d’accueil du sommeil, tout en occupant aussi un rôle protecteur. Ce meuble primordial semble adopter la place qui lui était traditionnellement assignée, c’est à dire dans la chambre parentale.
Le Berceau : Entre Allaitement et Bercement
Mais c’est bien la proximité de la mère qui est traditionnellement recherchée dans le positionnement du berceau. Le Dictionnaire de l’Académie Française le rappelle en 1835, une mère doit pouvoir allaiter son enfant à tout moment de la nuit, et il s’agit de la fonction principalement rappelée dans la définition du mot « berceau » : « Sorte de petit lit où l’on couche les enfants à la mamelle. » Par ailleurs, la deuxième fonction qui est attribuée à ce petit meuble tient bien entendu au fait (comme on peut le voir notamment sur la caricature de Daumier), qu’il est « porté sur deux pieds arrondis en forme de croissant, de manière qu’on peut le balancer aisément. » Irrémédiablement, le bercement apparaît d’une aide indispensable pour assurer un sommeil tranquille à l’enfant.
Ces précieux avantages nous amènent à réfléchir sur la place particulière du berceau au sein de la cellule familiale. Au delà de la question matérielle (positionnement du berceau, forme, structure, composition…), son usage implique aussi de définir son rôle et son utilité. L’idée d’employer un berceau pour faire reposer l’enfant, si elle semble évidente, n’a pas toujours répondu à une volonté d’assurer plus de confort à l’enfant. Elle correspond au contraire, à une demande forte de la part des différentes autorités (médecins, théologiens, moralisateurs) de proscrire la cohabitation au sein du même lit entre enfants et parents. Les risques d’étouffement sont bien connus, mais au début du xixe siècle, ils occupent encore une très grande place, notamment dans les traités d’éducation. Dans l’esprit des érudits qui s’intéressent à la question, la présence des berceaux dans les foyers n’est jamais remise en cause, ignorant ainsi toutes les contraintes matérielles pour les ménages d’avoir la capacité financière d’en posséder un. Dans les familles les plus pauvres, le berceau, même rudimentaire est un luxe ignoré, et le petit enfant n’a d’autre lit que celui de ses parents.
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L’objectif de cet article est tout autre, puisqu’il ne s’agit pas de traiter l’aspect matériel du berceau, mais bien de cerner cette « éducation à l’usage du berceau » dont on trouve l’écho dans des traités d’éducation et de conseils aux familles, souvent rédigés par des médecins. Ces derniers ont démontré un intérêt très vif - et qui n’a pas été étudié par les historiens - pour la place du berceau dans les intérieurs français du premier xixe siècle, même s’il faut noter qu’à la fin du siècle des Lumières, la question de l’allaitement et de l’utilisation raisonnée d’un berceau avait gagné les esprits. Sages-femmes et médecins accoucheurs s’étaient arrogé le privilège de définir les soins à apporter aux nouveau-nés, pour leur propre sécurité, mais aussi dans le but de construire une relation mère-enfant pleine de respect et préparatrice à une éducation élémentaire.
Les derniers mots de Jean-Charles Desessartz (1729-1811), médecin français et docteur de la faculté de Paris, connu pour son Traité sur l'éducation corporelle des enfants en bas âge, paru pour la première fois en 1760, mettent en avant la fonction sécurisante du berceau. Lorsqu’il écrit ces lignes dans la seconde moitié du xviiie siècle, il est précurseur dans son domaine.
Au-delà même de la question du confort de l’enfant, la nécessité de généraliser la présence du berceau dans les foyers français du début du xixe siècle, répond avant tout à la nécessité de préserver la sécurité du nouveau-né, voire d’assurer sa survie. Le berceau permettait de dissiper toute inquiétude quant aux risques d’infanticides, qui étaient souvent dénoncés par certains ecclésiastiques et médecins à la fin de l’époque moderne. Il était très déconseillé, voire interdit aux mères et aux nourrices, de coucher un bébé dans leur lit, de peur de le retrouver étouffé le lendemain matin.
Aussi, ces différentes interdictions répétées, sont des appels non dissimulés à recourir à l’usage d’un berceau pour les jeunes enfants, pour les raisons tout à fait compréhensibles de protection corporelle. Néanmoins, dans les conseils prodigués par les médecins et les sages-femmes, les préceptes entourant l’emploi du berceau engagent aussi le lecteur à modifier ses rapports à l’enfant, dans le cadre d’un processus éducatif qui viserait à mieux définir les rôles de chacun et à construire des habitudes particulières pour l’enfant.
Mais avant de voir comment cette question a été traitée dans notre corpus, il faut rappeler que si les parents sont particulièrement visés par ces différentes interdictions, ce sont surtout les nourrices qui sont au cœur des réserves des médecins et moralisateurs. Si l’omniprésence de la nourrice dans leurs écrits peut nous étonner, en fait il n’en est rien. Comme nous le montre Marie-France Morel, cette mise à distance de l’enfant, par l’emploi d’une nourrice, n’est pas signe de désamour de la mère pour sa progéniture.
Dès lors, les médecins qui adressent des conseils aux familles pour bien élever leurs enfants, insistent particulièrement sur la redéfinition des rôles et des fonctions de la nourrice. Ces dernières ne doivent plus suivre des pratiques séculaires et ignorantes, et sont pressées d’acquérir des méthodes répondant plus au besoin de l’enfant.
Le Berceau Vintage : Un Retour aux Sources
Dans un monde moderne en constante évolution, le berceau vintage séduit par son charme et son authenticité. Le terme « berceau vintage » désigne un lit pour nourrisson qui se caractérise par son style ancien ou rétro. Ces berceaux, souvent en bois ou en métal, sont conçus pour apporter un cocon rassurant au bébé. Ils se distinguent des modèles modernes par leur finesse et leur élégance.
L’une des raisons pour lesquelles les jeunes parents optent pour des berceaux vintage réside dans leur caractère unique et le charme qu’ils dégagent. Les modèles en bois, en rotin ou même en fer forgé sont prisés pour leur qualité et leur durabilité. Le berceau ancien a traversé des siècles d’histoire, véhiculant avec lui des traditions familiales et des savoirs-faire locaux. Dès le XVIIe siècle, ils incarnaient déjà un luxe de confort et de sécurité pour les nourrissons. Au fil des années, certains éléments ont été adaptés pour répondre aux nouvelles normes de sécurité et de confort. L’intégration de roues, par exemple, ou encore un mécanisme de bascule, a été pensée pour faciliter le quotidien des parents.
Restaurer un berceau d’antan est une démarche passionnante qui commence par un diagnostic complet de l’état de la pièce. Il est préconisé d’acheter auprès de sources fiables. Jouer sur le contraste entre un berceau d’antan et un intérieur moderne peut créer une harmonie visuelle étonnante.
Les berceaux d’antan sont plus que de simples objets décoratifs ; ce sont des témoins d’une époque révolue qui continuent de fasciner par leur authenticité et leur caractère. En s’inscrivant dans cette esthétique, les parents favorisent un cadre chaleureux et empreint de tradition pour leur nouveau-né. Ces pièces continuent de séduire ceux qui recherchent à la fois le confort et le style dans un monde moderne en constante évolution.
Représentations Artistiques du Bébé et du Berceau
L'histoire de l'art offre une riche iconographie du bébé et du berceau, reflétant les préoccupations et les sensibilités de chaque époque.
Les Bébés dans l’Histoire de l’Art
Les bébés dans l’histoire de l’art : Le 12 septembre 2021, je suis devenue la maman d’une petite fille à qui, j’espère, je transmettrai l’amour de l’art et des musées. Cet heureux événement m’a donné envie d’explorer la manière dont les nourrissons sont représentés dans l’histoire de l’art. Cette sélection d’œuvres démontrent à quel point la thématique pourtant universelle de la naissance a donné lieu à des productions d’une grande diversité. Ils traduisent la tendresse, l’amour, la fascination ou la curiosité des artistes vis-à-vis des bébés - les leurs ou ceux d’autrui - ou encore leur intérêt pour l’enfance en tant que symbole. Cet article est dédié à ma petite Rose.
Figurine assise olmèque dite "baby face"
Les Olmèques ont fréquemment représenté les bébés dans leur art. Cette civilisation précolombienne qui s’est épanouie dans le golfe du Mexique entre 2500 et 500 avant J.C., a notamment produit de nombreuses figurines en céramique dites « baby-face », vraisemblablement utilisées lors de rituels. Toutes présentent des enfants potelés, sans sexe déterminé, avec des visages poupon au front fuyant. Sans doute la représentation d’un bébé bien nourri était un symbole d’abondance. Or, certains traits typiques des « baby-face » évoquent davantage un animal. En l’occurrence, la sculpture évoque certainement un être hybride, mi-humain, mi-jaguar. En effet, la figure de l’homme-jaguar est un esprit surnaturel qui apparait de façon récurrente dans l’art olmèque.
On peut donc imaginer qu’il s’agit a minima d’un enfant issu de l’élite, ou plus probablement encore d’une divinité ou d’un personnage mythologique lié à des rituels agricoles. L’image du bébé incarnerait alors, pour les Olmèques, le renouveau et rappellerait le lien intrinsèque entre les cycles de la vie et ceux de la nature.
Silène portant Dionysos enfant
Si d’emblée, l’on pense plus facilement aux images de la maternité, l’histoire de l’art nous offre également de belles évocations de l’amour paternel. Cette sculpture romaine en marbre du musée du Louvre, réalisée d’après un original grec en bronze créé vers 300-200 avant J. C, en est un bel exemple. Créée par Lysippe ou un sculpteur de son entourage, l’œuvre représente Silène portant le dieu Dionysos enfant.
Le groupe sculpté est d’une grande expressivité, conformément à l’art de l’époque grecque hellénistique - définie par son naturalisme et son animation quasi théâtrale. Le jeu de de regards entre les deux personnages est particulièrement touchant. Silène jette un regard attendri sur Dionysos, tandis qu’il enlace son petit corps de ses grandes mains. L’enfant, quant à lui, tente d’attraper la barbe du faune tandis qu’il semble observer la couronne de vigne et les grains de raisin ornant la tête de ce dernier.
Duccio di Buoninsegna, Madonna Rucellai
L’enfant le plus célèbre de l’histoire de l’art est incontestablement Jésus, et il est intéressant de constater l’évolution de son iconographie dans le temps. La Madone Rucellai fut commandée au peintre siennois Duccio di Buoninsegna par la compagnie des Laudeti, qui se réunissaient à l’église Santa Maria Novella à Florence pour chanter des louanges à la gloire de la Vierge. Le tableau fut donc conçu pour être un support dévotionnel pour ces chantres, et fut accroché à proximité de la chapelle Rucellai au sein de l’église florentine. Duccio a représenté ici une Vierge à l’Enfant en majesté soutenus par six anges.
Mais qu’en est-il de l’Enfant, justement ? Si le regard de la Vierge semble se diriger droit vers le spectateur, celui de Jésus s’oriente vers le côté. Il effectue un geste de bénédiction avec sa main droite, mais son physique n’a rien de poupon. Son corps est allongé et son visage présente des traits d’un homme adulte - jusqu’à l’implantation des cheveux évoquant un début de calvitie. Ce choix étrange est en réalité dû à la croyance médiévale selon laquelle Jésus était né complètement formé, et déjà détenteur de toute sa sagesse : c’est le concept de l’homuncule (du latin homunculus, « petit homme »), ou théorie de la préformation, développé notamment par les alchimistes. Ainsi, Duccio représente Jésus non pas de manière naturaliste mais symbolique, comme un adulte miniature.
Léonard de Vinci, Études de foetus dans l'utérus
Lors de la Renaissance, l’engouement pour les sciences et l’observation d’après nature change progressivement les codes de représentation. Certains artistes, à l’instar de Léonard de Vinci, vont jusqu’à suivre des leçons d’anatomie afin de mieux comprendre la structure et le fonctionnement du corps humain. Les bébés cessent alors d’être dépeints comme de petits adultes et commencent à ressembler à de véritables nourrissons.
Cette représentation est l’une des premières de l’histoire à montrer un fœtus dans une position est conforme à la réalité. Le bébé est effectivement bien replié sur lui-même, en siège, le cordon ombilical est ici enroulé autour des jambes. L’artiste, qui s’intéressait également à la botanique, présente ici une coupe de l’utérus, ouvert tel une châtaigne qui révélerait son contenu.
Par ailleurs, les notes de Léonard de Vinci sont très intéressantes puisqu’elles nous apprennent ce dernier croyait que le cordon servait à évacuer les urines du fœtus (!), mais aussi que durant la grossesse, la mère et l’enfant partageaient une seule et même âme. D’ailleurs, contrairement à la plupart des illustrations anatomiques de Léonard, ce dessin comprend de la couleur, traduisant une émotion toute particulière devant ce miracle de la vie.
Charles et Henri Beaubrun, Le Dauphin, futur Louis XIV, et sa nourrice, Elisabeth Longuet de La Giraudière
Dans ce tableau, nous n’avons pas affaire à n’importe quel bébé : il s’agit du futur roi Louis XIV, né le 5 septembre 1638. Dans les foyers plus modestes, et notamment dans les fermes, il était même de coutume de suspendre les bébés à un clou afin de les mettre à l’abri (et de faciliter leur garde !!). Heureusement, les usages en termes de puériculture ont évolué dès le siècle suivant…
Il est manifeste que les peintres ont cherché à souligner le statut royal de l’enfant.
Jean-Baptiste Pigalle, L’Enfant à la cage
Le Siècle des Lumières s’accompagne d’un changement de regard et un regain d’intérêt vis-à-vis de l’enfance, comme en atteste la publication de nombreux essais sur l’éducation. Dans les beaux-arts, le motif du putto - des petits angelots ailés et joufflus - connait une résurgence particulière, s’inspirant notamment des modèles de l’antiquité romaine. Le sculpteur Jean-Baptiste Pigalle réalisa L’Enfant à la cage en 1749 pour Jean Pâris de Montmartel, Marquis de Brunoy, banquier à la Cour et parrain de Madame de Pompadour.
Berthe Morisot, Le Berceau
Incontournable sur le thème de la maternité, Le Berceau est sans doute le tableau la plus célèbre de Berthe Morisot, et certainement un chef-d’œuvre de l’impressionnisme. Exposé lors de la première exposition impressionniste en 1874, il représente une femme assise près d’un berceau orné d’un ruban indiquant le sexe de l’enfant. En effet, il s’agit d’Edma, la sœur de l’artiste, veillant sur sa fille Blanche.
Les voiles de mousseline qui encadrent la composition jouent un rôle pictural essentiel, puisqu’ils ils créent un subtil jeu de transparences qui met en évidence toute une palette de reflets colorés. Mais ils participent également du sens de l’œuvre : ils forment tout d’abord un doux cocon autour de l’enfant et de sa mère, qui tire sur le voilage du berceau, comme pour préserver l’intimité de la scène. Ce geste crée une ligne diagonale qui agit comme un miroir. Les gestes des deux personnages se répondent, chacune portant une main à sa joue. Cette synchronisation rend palpable le lien mère-fille. De surcroît, la ligne diagonale du rideau à l’arrière-plan souligne la sollicitude de la jeune femme qui observe sa fille dormir paisiblement.
Cependant l’attitude de la mère fait écho à celle de la célèbre gravure Melencolia (1514) d’Albrecht Dürer. L’artiste a sciemment choisi de faire référence à la mélancolie dans l’œuvre pour évoquer les sentiments ambivalents que peuvent générer une naissance. Ici, l’amour protecteur est mêlé au poids de responsabilités nouvelles qui, dans le cas d’Edma, ont mis fin à ses ambitions artistiques. La diagonale séparant la mère et son enfant pourrait alors également être interprétée comme le symbole de ce renoncement. Berthe Morisot, souhaitant se consacrer à son art, attendit quelques années encore avant de devenir mère à son tour. Finalement, grâce au soutien de son mari Eugène Manet, la naissance de sa fille Julie ne contraria pas sa carrière et inspira au contraire de nombreux tableaux.
Gustav Klimt, Bébé (Berceau)
C’est en 1917 que Gustav Klimt s’attela à ce portrait attrayant et coloré. Le format du tableau diffère des portraits verticaux desquels il était coutumier après 1908. Le peintre étudia donc différentes solutions pour représenter ce nourrisson qui ne pouvait évidemment se tenir debout…
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