Le placenta, souvent méconnu et sous-estimé dans notre culture occidentale, est un organe sacré et indispensable au bon déroulement de la grossesse. Il est le lien vital entre la mère et le bébé, assurant l'apport des nutriments nécessaires à son développement. Cet article explore en profondeur le rôle essentiel du placenta dans l'alimentation du bébé pendant la grossesse, ainsi que ses autres fonctions importantes.
Le placenta : un organe aux multiples fonctions
Le placenta est un organe extraordinaire et unique qui connecte physiquement et psychologiquement la mère et le bébé tout au long de la grossesse. Il assure plusieurs fonctions vitales :
- Alimentation et oxygénation du bébé : Le placenta transporte les nutriments essentiels (glucides, lipides, protéines, vitamines, minéraux) et l'oxygène de la mère au bébé, nécessaires à sa croissance et à son développement.
- Élimination des déchets métaboliques : Le placenta élimine les déchets produits par le bébé, tels que le dioxyde de carbone, et les renvoie vers la circulation sanguine de la mère pour être éliminés.
- Barrière de protection : Le placenta agit comme une barrière, protégeant le bébé contre certaines bactéries et toxines présentes dans le sang de la mère. Cependant, il n'est pas infaillible et certaines substances nocives, comme l'alcool, le tabac et les médicaments, peuvent le traverser.
- Rôle endocrinien : Le placenta produit des hormones essentielles au maintien de la grossesse, telles que la progestérone et l'œstrogène.
Comment le bébé reçoit les nutriments via le placenta
Dès que l'embryon s'implante dans la muqueuse utérine, le placenta commence à se former. Pendant les quatre premières semaines, l'embryon se nourrit des réserves de l'ovule, puis le placenta prend le relais. Il s'installe dans le haut de l'utérus et établit les échanges de nutriments entre la mère et le fœtus.
La mère mange normalement, comme avant la grossesse. Les aliments sont décomposés en nutriments qui passent dans le sang et sont acheminés vers le placenta. Le sang transite par les artères du cordon ombilical, permettant au bébé de se nourrir. Le placenta agit comme une gare de triage et un filtre, ne laissant passer que ce dont le fœtus a besoin. Cependant, il ne bloque pas les substances néfastes comme l'alcool, le tabac et les médicaments.
Les glucides, lipides et protéines sont essentiels au fœtus pendant la grossesse, tout comme après la naissance. Les glucides, en particulier, fournissent le glucose, la principale source d'énergie des cellules. Lorsque la mère consomme des glucides, ils sont digérés et le glucose est absorbé dans sa circulation sanguine. Le glucose est ensuite transporté vers le placenta, qui le laisse passer vers le sang fœtal.
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Les protéines sont digérées par la mère sous forme d'acides aminés, qui passent par le placenta et le cordon ombilical pour rejoindre la circulation sanguine fœtale. Le fœtus est capable de reconstituer des protéines à partir de ces acides aminés.
Les lipides arrivent au niveau du placenta sous la forme de grosses molécules. Le placenta peut fragmenter ces molécules pour absorber les acides gras nécessaires au bébé. D'autres éléments lipidiques, comme les hormones stéroïdes, traversent également la barrière placentaire.
Les vitamines (A, B, C, D…) et les minéraux (fer, calcium, magnésium, iode…) suivent le même cheminement. Ils sont ingérés par la mère, absorbés au niveau intestinal et transportés par le sang jusqu'au placenta.
Le rôle du liquide amniotique
Le liquide amniotique joue un rôle de protection et de maintien de la température pour le fœtus. Il contient également des substances odorantes et des saveurs provenant de l'alimentation de la mère, permettant au bébé de vivre ses premières expériences olfactives et gustatives.
L'influence de l'alimentation maternelle sur le développement du goût du bébé
Le fœtus développe ses sens dans un ordre précis : d'abord le toucher, l'odorat, le goût et enfin l'ouïe. Les récepteurs gustatifs et les papilles se développent dès la 12e semaine de grossesse. Le fœtus développe ses futurs goûts tout au long de la grossesse, en partageant les repas de la mère.
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Des études ont montré que les fœtus réagissent instinctivement aux saveurs. Ils avalent plus de liquide amniotique lorsqu'il est sucré et ralentissent leur déglutition lorsqu'il est amer. Cette aversion pour l'amer serait un réflexe de survie ancestral, car l'Homme associe souvent cette saveur à des substances toxiques.
Les saveurs peuvent traverser le placenta et modifier le goût du liquide amniotique. Les scientifiques y ont détecté plus de 490 molécules porteuses d'odeurs et de saveurs. Les femmes enceintes qui mangent des aliments aux saveurs équilibrées (sucré, salé, amer, acide) ont tendance à avoir des bébés plus curieux de découvrir de nouvelles saveurs.
L'allaitement maternel entraîne également des préférences alimentaires chez le nourrisson. Certains aliments que la mère ingère, aux saveurs prononcées, modifient le goût du lait maternel. C'est le cas de la vanille, de la carotte, de la menthe, de l'alcool ou de l'ail.
L'importance d'une alimentation équilibrée pendant la grossesse
Il est essentiel pour les femmes enceintes d'adopter une alimentation diversifiée pendant toute la durée de leur grossesse. Les différents fruits et légumes ne contiennent pas tous les mêmes vitamines et minéraux. Une alimentation équilibrée suffit généralement à combler les besoins nutritionnels de la mère et du bébé.
Deux vitamines sont particulièrement surveillées et font l'objet d'une supplémentation :
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- Vitamine B9 (acide folique) : Elle permet de limiter certaines anomalies malformatives, en particulier les spina bifida.
- Vitamine D : Les apports alimentaires peuvent être insuffisants, il est donc souvent recommandé de se supplémenter.
Il est également important de bien s'hydrater (environ 1,5 litre d'eau par jour) et d'éviter les sodas et jus sucrés. L'alcool est à proscrire, car il passe dans le sang du bébé via le placenta.
Les complications liées au placenta
Dans certaines situations, le placenta peut mal se fabriquer, ne pas se développer suffisamment, vieillir trop vite ou se décoller trop tôt de l'utérus. Cela peut entraîner un dysfonctionnement source de complications pour la mère et le bébé.
Les facteurs de risque d'un mauvais développement du placenta incluent :
- Facteurs de risque cardio-vasculaire (hypertension artérielle chronique, tabagisme actif, diabète, hypercholestérolémie, obésité importante, syndrome d'apnée du sommeil non appareillé)
- Grossesses gémellaires
- Dons de gamètes
- Certains troubles de la coagulation chez la maman
- Âge tardif de la grossesse
- Maladie auto-immune
- Antécédent personnel d'accident vasculaire au cours d'une grossesse antérieure
Ces situations nécessitent une surveillance attentive pendant la grossesse.
Le placenta après la naissance : un cadeau à ne pas négliger
Après l'accouchement, le placenta est expulsé lors de la "délivrance". Dans de nombreuses cultures, il est considéré comme un déchet opératoire et incinéré. Cependant, certaines traditions reconnaissent ses vertus et le consomment sous différentes formes.
La consommation du placenta (placentophagie) est pratiquée par de nombreux mammifères après la naissance de leurs petits. Chez l'humain, cette pratique est de plus en plus populaire, bien que controversée. Les partisans de la placentophagie affirment qu'elle peut aider à récupérer plus rapidement après l'accouchement, à améliorer la production de lait, à réduire le risque de dépression post-partum et à augmenter l'énergie.
Le placenta peut être consommé cru dans un smoothie, cuit à basse température, dans des bouillons, séché et encapsulé en gélules, transformé en granules homéopathiques ou en teinture mère.
Il est important de discuter de la placentophagie avec son gynécologue et sa sage-femme avant de prendre une décision.
Le lait maternel : le meilleur allié pour la santé du bébé
Après la naissance, l'allaitement maternel est recommandé par l'OMS et le PNNS (Programme National Nutrition Santé) de manière exclusive jusqu'aux 6 mois de l'enfant. Le lait maternel diminue la mortalité infantile, en particulier dans les pays en voie de développement, et réduit le risque de développer des affections respiratoires et gastro-intestinales dans les premières semaines de vie. Il est particulièrement recommandé pour les nouveau-nés prématurés, car il diminue le risque de pathologies qui leur sont propres.
Le lait maternel est composé de macronutriments (protéines, lipides, glucides) et de nombreuses autres molécules (oligosaccharides, immunoglobulines, ARN non codants, microbiome). Il contient également des anticorps anti SARS-CoV-2 chez les mamans ayant contracté le Covid-19 pendant leur grossesse ou juste avant l'accouchement.
La composition du lait maternel varie en fonction de l'alimentation de la mère. La consommation de poissons gras augmente la teneur en oméga 3 dans le lait maternel, ce qui est bénéfique pour le développement du bébé.
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