L'accouchement par césarienne est une intervention chirurgicale courante, mais elle n'est pas sans risques ni conséquences, tant pour la mère que pour le bébé. Bien que cette intervention soit devenue quotidienne et maîtrisée, elle suscite des interrogations quant à ses implications à court et à long terme. Cet article vise à explorer en détail les risques associés à la césarienne, en se basant sur des études scientifiques et des avis médicaux, afin de fournir une information complète et nuancée.

La Césarienne : Une Intervention Courante Mais Non Anodine

L’accouchement par césarienne est un acte chirurgical, permettant la naissance d’un bébé lorsque l’accouchement par voies naturelles n’est pas possible. En France, près d’une femme sur cinq donne naissance par césarienne. Elle concerne aujourd’hui en France environ 20% des naissances, soit 1 accouchement sur 5. La césarienne est une opération courante très bien maîtrisée dont le déroulement est simple dans la plupart des cas. Toutefois, comme toute intervention chirurgicale, elle peut entraîner des complications.

Indications de la Césarienne

Plusieurs facteurs peuvent mener à une césarienne. Certaines césariennes sont programmées (généralement en fin de grossesse) et d’autres sont réalisées en urgence. Dans le premier cas, les raisons peuvent être propres à la mère. Un bassin trop étroit par exemple, ou certaines pathologies et antécédents médicaux. Et le Dr Gallot de citer le cas d’une patiente « transplantée du cœur et dont on va considérer qu’elle ne doit pas fournir d’effort expulsif. L’hypertension artérielle induite par la grossesse peut aussi conduire à un accouchement par césarienne. » Au même titre encore qu’un placenta praevia (une mauvaise position du placenta dans l'utérus, NDLR). Les indications peuvent aussi être liées au fœtus : à son développement (en cas de grande prématurité par exemple), à sa position (‘en siège’) et bien sûr au… nombre d’enfants. « Une grossesse multiple a en effet plus de chances de se terminer par un accouchement par césarienne », ajoute notre spécialiste. Les césariennes réalisées en urgence sont souvent liées « à un problème survenu en cours de travail : le monitoring par exemple, peut révéler un trouble du rythme cardiaque du fœtus ». Le Dr Gallot évoque une « intolérance aux contractions, qui modifie les échanges d’oxygène entre le bébé et sa maman et donc ralentit (parfois fortement) les battements cardiaques du fœtus ».

Déroulement de la Césarienne

Le déroulement peut varier selon que la césarienne soit réalisée en urgence ou programmée. La pose d’une perfusion au niveau de la main ou du bras, d’un tensiomètre (pour surveiller la tension artérielle) et d’électrodes (pour surveiller le cœur). La mise en place de l’anesthésie. Le plus souvent, la césarienne est réalisée sous anesthésie loco-régionale (péridurale ou rachianesthésie). C’est-à-dire que seul le bas du corps est anesthésié, ce qui permet d’être consciente au moment de la naissance. L’anesthésie générale n’est qu’exceptionnellement nécessaire. Toutes les femmes enceintes ont une consultation obligatoire avec l’anesthésiste au 8e mois de grossesse, même si l’accouchement n’est pas prévu avec péridurale ou par césarienne. Lorsque l’anesthésie est en place et que tout est prêt, le gynécologue pratique la césarienne proprement dite. Pour ce faire, il pratique une incision, le plus souvent horizontale, juste au-dessus du pubis. L’ouverture de l’utérus se fait sur sa partie inférieure. Une pression exercée sur le haut du ventre permet la sortie de l’enfant. Selon l’équipe médicale et les circonstances de la césarienne (programmée ou réalisée en urgence), le co-parent (ou accompagnant) pourra ou non venir au bloc. Si cela est possible, il sera alors préparé et habillé en tenue adaptée. Après que l’obstétricien a coupé le cordon ombilical, le bébé est confié à la sage-femme ou au pédiatre qui le présente à la mère. Du côté de la maman : le placenta est retiré. Les différentes épaisseurs sont suturées une à une, ce qui est assez long (entre 30 et 45 minutes). L’acte chirurgical d’extraction du bébé dure moins de 10 minutes, mais la totalité de l’opération nécessite environ 45 minutes.

Risques et Complications pour la Mère

Même s’il s’agit d’une opération chirurgicale courante, la césarienne reste une intervention importante, qui peut provoquer des complications.

Lire aussi: Comprendre les pleurs nocturnes de bébé

Risques Immédiats

Une césarienne reste une intervention chirurgicale, qui se traduit par une incision (le plus souvent horizontale) de l’abdomen. Les risques sont donc ceux de toute intervention, en matière d’infection notamment. La complication la plus redoutée lors d’un accouchement est l’hémorragie. C’est pourquoi les pertes de sang sont surveillées et quantifiées pendant et après l’intervention. Dans le cas exceptionnel d’hémorragie provenant de l’utérus pouvant menacer la vie de la patiente, une transfusion sanguine ou de produits dérivés du sang peut être rendue nécessaire. Que ce soit une infection urinaire, suite à la pose de la sonde, ou de la cicatrice qui pourrait entraîner un abcès de celle-ci, la prévention est de rigueur et la surveillance durant le post-partum est là pour les dépister et les traiter si nécessaire. Comme après toute intervention chirurgicale, un faible risque de phlébite ou d’embolie pulmonaire peut exister dans les jours suivants. Des nausées et/ou vomissements, qui peuvent survenir dans les 24 heures suivant l’opération. Des douleurs au niveau de la cicatrice. Des contractions utérines, qui sont également présentes lors d’un accouchement par voie basse, mais qui peuvent être plus sensibles après une césarienne.

Risques à Long Terme

Le fait d’avoir eu une césarienne peut entraîner des complications pour les grossesses ultérieures telles qu’une rupture utérine (déchirure de la cicatrice sur l’utérus) ou une anomalie d’insertion du placenta. Celui-ci pourra s’insérer sur ou à proximité du col (placenta prævia) ou s’attacher de façon anormale au muscle de l’utérus (placenta accreta). Cette opération fragilise le corps et l’expose à des risques pour les grossesses à venir, un mauvais placement du futur placenta, appelé placenta praevia, ou d’importantes hémorragies, notamment au cours du dernier trimestre. La rupture utérine fait elle aussi partie des éventualités lors d’un prochain accouchement. Cela peut se traduire par une forte douleur abdominale, un risque important d’hémorragie pour la mère et d’asphyxie pour l’enfant. Cette rupture peut avoir lieu pendant la grossesse ou durant un accouchement par voie basse. Après une césarienne, la cicatrice de l’utérus le rend plus fragile. Il est donc important de savoir combien de temps faut-il attendre entre césarienne pour se lancer à la recherche d’une nouvelle grossesse. En règle générale, nous conseillons de ne pas rechercher de grossesse avant un an à compter de la césarienne. Après une première césarienne, il existe un risque élevé que le second accouchement soit également de cette manière. Il est déconseillé de réaliser plus de trois césariennes, car le risque de complications s’accroît avec chaque nouvelle grossesse. Chaque nouvelle césarienne fragilise davantage l’utérus, car la cicatrice est toujours au même endroit.

Récupération Post-Césarienne

L’accouchement par césarienne est une intervention chirurgicale qui nécessite une récupération physique. Les premières 24 heures sont souvent douloureuses et nécessitent des médicaments antalgiques car les douleurs peuvent être soulagées. Le premier lever, après quelques heures est parfois difficile. Mais le personnel saura vous indiquer les bons gestes pour ne pas solliciter les muscles abdominaux. La récupération est très variable d’une femme à une autre. De retour à la maison, le soutien de votre partenaire et de votre entourage (famille, amis…etc.) est primordial. Une perte ou un changement de sensibilité autour de la cicatrice peut perdurer quelques mois. Toutefois, il est possible de masser la cicatrice pour la rendre plus souple. N’hésitez pas à en parler à votre sage-femme ou gynécologue.

Risques et Conséquences pour le Bébé

Bien qu’elle soit parfois nécessaire, la césarienne n’est pas sans conséquences, tant pour la mère que pour le bébé.

Risques Immédiats

Pour l’enfant, il cite principalement « une détresse respiratoire transitoire. Elle est liée à la maturation de son système pulmonaire et au fait qu’il se retrouve dehors de façon assez inattendue ». Une détresse respiratoire légère (et souvent passagère), Une température corporelle basse, les salles d’opération étant fraîches, Un risque de ​dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre du microbiote intestinal.

Lire aussi: Types et matières de sous-vêtements pour bébé

Risques à Long Terme

Plusieurs études mettent en avant des risques pour la santé future l’enfant, c’est d’ailleurs en partie pourquoi l’OMS recommande un taux de césarienne inférieur à 20 %. Une étude scientifique de 2013 a établi un lien entre césarienne et surpoids chez l’enfant. Ce mode d’accouchement pourrait également être à l’origine d’autres maladies comme certaines des infections respiratoires ou encore des troubles du système digestif. Plusieurs travaux d’envergure évoquent un lien entre ce mode d’accouchement et diverses maladies chez l’enfant, telles que l’obésité, les allergies respiratoires ou encore les maladies inflammatoires du système digestif. D’après une étude américaine basée sur 10 000 enfants, les bébés nés par césarienne auraient 2 fois plus de risque d’être en surpoids par rapport à ceux nés par voie basse. Le risque serait encore plus important pour ceux naissant de mères elles-mêmes en surpoids. Ce même constat a été fait 6 mois auparavant par la chercheuse Susanna Huh de l’hôpital pédiatrique de Boston. Le taux d’obésité à l’âge de 3 ans était deux fois plus élevé chez les enfants nés par césarienne (15,7 %) que chez ceux nés par voie basse (7,5 %). Le risque d'asthme augmente en cas de césarienne. difficile à évaluer car les publications donnent des valeurs assez variables. d'être hospitalisés pour cause d'asthme.

Impact sur le Microbiote Intestinal

L’explication de ce phénomène est à chercher du côté du microbiote intestinal, ou flore intestinale. Il s’agit de l’ensemble des bactéries qui se trouvent dans le tube digestif. A la naissance, chaque individu possède un microbiote qui va évoluer tout au long de la vie. Lors d’un accouchement par voie basse, le bébé ingère les bactéries présentes dans le vagin de la mère. La composition de son microbiote est ainsi très proche du milieu vaginal de la mère. Ces bactéries ont un effet protecteur sur le système immunitaire du bébé. Elles créent un terrain favorable pour la colonisation par ses propres bactéries digestives. En d’autres termes, la flore intestinale du bébé né par césarienne est moins riche en bonnes bactéries que celle du bébé né par voie basse. La composition de son microbiote est modifiée et, à terme, cela influe sur son système immunitaire qui devient moins protecteur contre certaines maladies digestives ou respiratoires. Même chose concernant l’obésité. La flore intestinale des enfants nés par césarienne traiterait moins bien les aliments gras et sucrés, et donc faciliterait le surpoids. Pour autant, pas question de s’alarmer. De toute évidence, la césarienne n’est pas à elle seule responsable de l’épidémie d’obésité. D’autres facteurs prédisposants, comme l’IMC des parents, entrent également en ligne de compte. De plus, si la césarienne influence le microbiote, celui-ci peut aussi se régulariser au fil du temps.

Traumatisme pour le Bébé ?

« C’est un fantasme de penser qu’une césarienne n’occasionne pas de traumatisme pour l’enfant, insiste-t-il. L’extraction n’est pas anodine. » C’est ainsi que la littérature rapporte des cas de fracture du crâne, du fémur ou du bras, consécutifs à une césarienne. Ils sont rares certes, mais bien réels.

Césarienne et Allaitement

Oui, l’allaitement est possible après une césarienne même si sa mise en place peut nécessiter une adaptation et de l’aide. La montée de lait peut être retardée mais ce n’est pas systématique. Un contact peau à peau précoce peut la favoriser. Durant ces 2 heures, il sera parfois possible, selon la structure et l’équipe médicale, de faire du « peau à peau » avec votre bébé et de réaliser une première mise au sein. En effet, l’allaitement est tout à fait possible après une césarienne.

Alternatives et Considérations

Césarienne une fois… « La recommandation chez une patiente qui a eu une première césarienne, est de tenter par les voies naturelles », poursuit le Dr Gallot. « Sauf bien sûr en présence d’une contre-indication précise ». Dans la plupart des cas pour une deuxième grossesse, un accouchement par voie basse est possible.

Lire aussi: Guide complet : varicelle chez le bébé allaité

tags: #bébé #dans #placenta #césarienne #risques

Articles populaires: