L'étude du développement du bébé a fait des pas de géant ces dernières années, notamment grâce aux neurosciences. On découvre que, bien loin d'être une simple créature d'instincts, le bébé possède des compétences cognitives et émotionnelles surprenantes, et ce, dès les premiers mois de sa vie. Cet article se propose d'explorer les différentes facettes de ce développement conscient, en s'appuyant sur les dernières recherches et en offrant des perspectives pour les parents et les professionnels de la petite enfance.

L'émergence progressive de la conscience de soi

L'émergence de la conscience de soi explicite est un phénomène très progressif, lié à la perception que l'enfant a de son corps dès la vie fœtale. Dans le ventre maternel, le bébé accumule des expériences sensitives à propos de son propre corps. Dès la naissance, les stimulations et les sensations se multiplient. C'est à l'occasion des soins maternels que le bébé recueille de précieuses informations proprioceptives à propos de ses propres sensations.

Cette prise de conscience fait partie intégrante du développement de l'enfant et correspond au moment où l'enfant prend conscience qu'il ne forme pas un tout avec sa mère, généralement vers l'âge de 8 ou 9 mois.

Les étapes clés de la conscience de soi

  • Dès la naissance : Le nourrisson est capable d'échanges interactifs avec son entourage, comme l'imitation précoce. Cependant, il ne s'agit pas d'une imitation consciente, mais d'une capacité imitative innée.
  • Vers 6 mois : L'enfant ne peut interagir qu'avec un seul objet ou personne à la fois.
  • Vers 9 mois : L'enfant peut s'engager dans des activités impliquant l'enfant, l'adulte et l'objet de manière conjointe, ce que l'on appelle l'attention conjointe.
  • A partir de 1 an : L'enfant comprend qu'autrui a des intentions tout comme lui et s'intéresse à son intention.
  • Avant 2 ans : L'enfant a du mal à se reconnaître sur des photos ou des vidéos.
  • A partir de 2-3 ans : Il commence à réaliser qu'il existe un "soi" présent et un "soi" permanent et commence à avoir conscience d'avoir une identité.

Ainsi, l'enfant traverse différents stades de développement du point de vue de la connaissance et de la compréhension de soi. Juste après la naissance, l'enfant apprend très rapidement la différence entre l'intérieur et l'extérieur. Vers l'âge de 18 mois, il sait clairement faire la distinction entre lui et autrui (je/tu) et commence à parler de lui à la première personne.

Les 1000 premiers jours : une période cruciale

Les 1000 premiers jours de la vie d'un enfant sont une période d’intense développement, notamment de ses capacités sensorielles et cognitives. À la naissance, les connexions du cerveau d’un bébé sont encore malléables et peuvent être modifiées ou créées en fonction de ce qui se passe autour de lui. Ce sont toutes ces connexions qui se mettent en place au niveau du cerveau du bébé qui lui permettent d’acquérir de nouvelles aptitudes.

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L'impact du stress et de l'environnement

Il a été démontré que les effets du « stress toxique » (violences intrafamiliales physiques ou émotionnelles) perturbent le développement de l’architecture cérébrale et d’autres systèmes organiques. Il est donc essentiel de veiller à offrir un environnement stable et sécurisant pour favoriser un développement optimal.

La conscience précoce : une découverte récente

Longtemps considérés comme des êtres aux compétences limitées, les bébés sont aujourd'hui reconnus comme possédant une forme de conscience similaire à celle des adultes, et ce, dès 5 mois.

Les marqueurs neuronaux de la conscience

Des chercheurs du CNRS ont mis en évidence la présence de marqueurs neuronaux de la conscience chez les bébés. Chez l’adulte, la perception d’un événement extérieur se traduit par une réponse cérébrale en deux étapes :

  1. Un traitement perceptif non-conscient (0-300 ms) avec une activité neuronale linéaire.
  2. Une réponse non-linéaire tardive (après 300 ms) correspondant au seuil de la conscience.

Cette étude a montré que cette réponse tardive non-linéaire est également présente chez les bébés, confirmant l'existence d'une "signature neuronale de la conscience". Toutefois, cette réponse est plus tardive chez les bébés (après une seconde chez les plus jeunes) que chez les adultes (300 ms).

La compréhension du langage avant la parole

Avant même de pouvoir dire ses premiers mots, le bébé est un formidable décodeur d’émotions, de gestes et de sons. Dès les premiers mois, chaque regard échangé, chaque mot prononcé et chaque geste partagé tissent un lien puissant entre bébé et ses parents.

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Les étapes de la compréhension

  • De 0 à 6 mois : Le bébé reconnaît la voix de ses parents et réagit aux sons familiers.
  • Vers 9 à 12 mois : Il comprend des consignes simples accompagnées de gestes, par exemple « donne-moi la balle ».
  • Entre 18 et 24 mois : Il assimile mieux les règles et répond à des consignes comme « va chercher tes chaussures ».
  • De 2 à 3 ans : Il comprend beaucoup plus de mots qu’il n’en prononce et respecte davantage les consignes.

L'importance de la communication non verbale

Même sans parole, le bébé montre par son comportement qu’il comprend. L’introduction de la langue des signes pour bébé est une belle manière de renforcer cette compréhension.

Le "parentais" : un langage universel adapté aux bébés

Le "parentais", ou "mamanais", est un langage spontané et universel que tous les parents du monde utilisent lorsqu'ils s'adressent à leur bébé. Il se caractérise par une intonation haute, une voix chantante, une prononciation accentuée et des expressions faciales exagérées.

Les avantages du parentais

  • Attire l'attention : Le parentais est spécialement adapté à l’ouïe du bébé, qui est sensible aux variations mélodiques et aux fréquences élevées.
  • Favorise le développement social et émotionnel : Il renforce le lien avec les parents et procure un sentiment de sécurité.
  • Participe à l'apprentissage du langage : Il aide le bébé à se concentrer sur les mots prononcés et à distinguer les différentes parties du discours.

La curiosité naturelle du bébé et l'importance de la stimulation

Les bébés sont naturellement curieux. Les parents peuvent stimuler cette curiosité en discutant avec eux ou en leur laissant vivre des expériences via le jeu et le déplacement en liberté.

Un cerveau multitâche

Le cerveau du bébé est capable de développer plusieurs compétences en même temps. Il apprend autant à marcher qu’à parler pendant la même période !

L'importance de la bienveillance et des bonnes émotions

Notre cerveau aime les bonnes émotions : le sourire, les caresses, les regards… Le cerveau aime autant les câlins que le sucre ! Ainsi, les apprentissages d’un bébé porté émotionnellement ne seront que plus simples. L’environnement du bébé doit être une prothèse de bienveillance.

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