La question du sommeil de bébé est une préoccupation majeure pour de nombreux parents. Lorsqu'une mère qui allaite se plaint d'être fatiguée, de mal dormir, il est fréquent qu'elle entende des choses comme : « Passe au biberon, il dormira mieux », « donne-lui un biberon le soir, il ne se réveillera plus », « laisse-le pleurer un peu, il faut qu'il apprenne à faire ses nuits », etc. Pourtant, de nombreuses études montrent que ce n'est pas le cas, et que les mères qui allaitent bénéficient en fait d'un meilleur sommeil, que ce soit en durée ou en qualité (plus de sommeil profond, plus réparateur). Mais je voudrais d’abord énoncer une évidence : la naissance d’un enfant perturbe toujours le sommeil des parents.

Cet article vise à explorer le lien complexe entre l'alimentation au biberon, l'allaitement et le sommeil de bébé, en s'appuyant sur des études scientifiques et des témoignages de parents. L'objectif est de déconstruire les mythes tenaces et d'offrir des informations fiables pour aider les parents à prendre des décisions éclairées.

Impact de la naissance d'un enfant sur le sommeil parental

La naissance d'un enfant perturbe toujours le sommeil des parents. Une étude parue en janvier 2019 a mis en évidence le degré de satisfaction par rapport au sommeil et sur sa durée, avant la grossesse, pendant la grossesse, et après la naissance de l’enfant jusqu’à ses 6 ans. Les bébés se réveillent la nuit, et pas seulement les premières semaines. Dans une étude québécoise faite sur plus de 700 dyades mère/enfant, 37,6 % des bébés âgés de 6 mois et 27,9 % de ceux âgés de 12 mois ne faisaient pas leurs nuits, si l’on prenait comme définition de « faire ses nuits » le fait de dormir 6 heures d’affilée ; si l’on prenait comme définition 8 heures d’affilée, les pourcentages montaient à 57 % à 6 mois et 43,4 % à 12 mois. 78,6 % des bébés se réveillaient régulièrement au moins une fois par nuit, et 61,4 % prenaient du lait une ou plusieurs fois. Il n’y avait aucune différence, que ce soit au niveau des réveils ou des repas nocturnes, entre les bébés allaités et ceux nourris au biberon.

Allaitement et sommeil : qu'en disent les études ?

Contrairement à ce qu'on entend souvent, les bébés allaités ne dorment pas moins bien que les bébés nourris au biberon. En réalité, plusieurs études ont démontré que les mamans allaitantes dorment même plus longtemps en moyenne, grâce à la proximité avec leur bébé et à l’action hormonale du lait maternel.

Dans une étude sur 94 mères de bébés âgés de 2 à 4 mois, les bébés allaités dormaient 45 minutes de plus par nuit que les bébés au biberon. Des chercheurs espagnols ont ainsi étudié la concentration de trois nucléotides (adénine, guanine et uridine) dans le lait de 30 femmes tiré à six ou huit reprises au cours d’une période de 24 heures . Ces nucléotides sont connus pour calmer le système nerveux central, entraînant repos et sommeil. Ils en ont trouvé une plus forte concentration dans le lait tiré pendant la nuit (entre 8 h du soir et 8 h du matin). Les mêmes chercheurs ont remarqué que le lait du matin est riche en L-tyrosine, acide aminé qui est le précurseur de la dopamine et de l’adrénaline, les neurotransmetteurs de l’éveil, du dynamisme, de la concentration.

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Une autre étude, faite en Norvège sur plus de 4 000 nouvelles mères interrogées sept semaines après l’accouchement, a cherché à savoir combien d’entre elles connaissaient des problèmes de sommeil en post-partum et éventuellement de dépression, ainsi qu’à identifier les facteurs de risque. Elle a trouvé 57,7 % de mères disant souffrir de problèmes de sommeil, et 16,5 % de dépression. Arrêter d’allaiter dans l’espoir d’être moins fatiguée, non plus. On conseille souvent aux nouvelles mères de faire la sieste quand leur bébé dort. Pourtant, selon une étude, les siestes diurnes ne permettaient pas d’abaisser le niveau maternel de fatigue.

Le rôle de la mélatonine dans le lait maternel

Le lait maternel contient de la mélatonine, une hormone naturellement sécrétée par la mère en fin de journée et transmise à l’enfant pendant la tétée. Cette hormone aide le bébé à s’endormir plus facilement et à réguler son cycle circadien (jour/nuit). C’est pour cette raison que de nombreux bébés allaités trouvent leur rythme plus rapidement. Une autre étude (espagnole elle aussi !) a confirmé le rythme circadien du tryptophane dans le lait maternel et poursuivi la recherche en étudiant les niveaux d’un métabolite de la mélatonine (produit de dégradation) extrait de l’urine dans les couches du nourrisson allaité. Résultat : les données actigraphiques montraient que la durée totale de sommeil et celle des plages de sommeil ininterrompu augmentaient avec le temps, sans qu’une différence significative soit constatée entre 4 et 18 semaines entre les enfants exclusivement allaités et les enfants exclusivement nourris au lait industriel. La fréquence des réveils nocturnes était également similaire dans les deux groupes d’enfants.

Comment dorment les mères qui allaitent ?

Une étude a comparé des femmes allaitant exclusivement, des femmes nourrissant leur bébé au lait industriel, et des femmes non enceintes et non allaitantes constituant le groupe témoin. Et les parents de bébés allaités qui leur donnaient un biberon de lait artificiel le soir dormaient moins bien que ceux dont les bébés étaient exclusivement allaités.

Enfin, 6 410 mères de bébés de 0 à 12 mois, participant au Survey of Mothers’ Sleep and Fatigue en 2008-2009 et représentant 59 pays, ont répondu à un questionnaire en ligne. 4 774 mères allaitaient exclusivement, 1 125 faisaient du mixte, et 176 donnaient du lait artificiel. On leur a demandé de dire combien d’heures elles dormaient en moyenne chaque nuit.

Maria, qui allaite sa fille de 17 mois et dort avec elle en cododo, témoigne : « De ma formation de psychothérapeute spécialisée en thérapies comportementales et cognitives, j‘ai retiré quelques informations essentielles sur le sommeil. Je voulais les partager et vous montrer quelque chose d’intéressant pour les mamans allaitantes. Malgré nos nombreux réveils nocturnes et très peu de sommeil, on récupère pas si mal que ça. Peu importe le nombre d’heures et de réveils, notre corps s’habitue et modifie les phases du sommeil pour qu’on récupère le plus efficacement possible, en peu de temps. Notre fatigue est parfois juste « psychologique », car on a l’impression de ne pas assez dormir. Nous avons également beaucoup d’idées reçues (et fausses) sur le sommeil ainsi que de fortes attentes en termes de quantité. »

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Divergences entre perception maternelle et réalité objective du sommeil

De nombreuses études ont fait état d’une plus longue durée de sommeil nocturne chez les nourrissons exclusivement nourris au lait industriel par rapport aux enfants allaités, et lorsque les parents rapportent des réveils nocturnes chez leur bébé allaité, on leur recommande souvent de donner des biberons. Cependant, la majorité des études évaluant le sommeil des enfants se fondent sur les réponses des parents à des questionnaires, et partent donc du principe que les parents fournissent des données objectives, et que si ce n’est pas le cas, les données sont biaisées dans le même sens, les erreurs ayant donc peu d’importance. Pourtant, les divergences entre la perception des personnes concernées et la réalité objective sont bien connues lorsqu’on fait des études chez les adultes.

Une étude a été menée auprès de mères qui avaient accouché à terme d’un singleton en bonne santé, et qui souhaitaient soit allaiter exclusivement, soit donner exclusivement un lait industriel pendant les 18 premières semaines post-partum. Parmi les 283 femmes éligibles, 61 ont accepté de participer. À 1 mois post-partum, elles ont répondu à un premier questionnaire pour collecte de données démographiques et socioéconomiques. Par la suite, les données sur le sommeil de l’enfant ont été collectées pendant une nuit (de 18 h à 8 h le lendemain matin) toutes les deux semaines, entre 4 et 18 semaines. On a fourni aux parents deux actigraphes (un pour la mère et un pour l’enfant, à porter pendant la période nocturne), avec des informations détaillées sur leur utilisation : la mère devait fixer le sien sur le poignet de la main non dominante, tandis que celui de l’enfant devait être fixé sur sa cuisse gauche. Les appareils enregistraient toutes les informations, qui étaient ensuite récupérées par les auteurs. Par ailleurs, et pour ces mêmes nuits, la mère devait compléter un journal sur son sommeil et celui de son enfant, par incréments de 15 minutes. Des données sur l’environnement de sommeil de l’enfant ont également été collectées (lit parental, chambre parentale, chambre séparée…).

Les résultats de l’actigraphie étaient similaires dans les 2 groupes à 4, 6 et 8 semaines, ainsi que les résultats calculés à partir des rapports des mères. Toutefois, si à 10, 12, 14 et 16 semaines, les résultats de l’actigraphie étaient toujours similaires dans les deux groupes, les rapports des mères donnant exclusivement un lait industriel faisaient état d’une durée de sommeil nocturne plus longue de 41 à 58 minutes que ceux des mères qui allaitaient exclusivement ; ces mères faisaient également état de plages plus longues de sommeil chez leur enfant. À 18 semaines, l’actigraphie constatait une durée totale de sommeil nocturne plus longue de 78 minutes en moyenne chez les enfants exclusivement allaités, ainsi que des plages plus longues de sommeil par rapport aux enfants exclusivement nourris au lait industriel.

Concernant la fréquence des réveils nocturnes et la durée des périodes d’éveil entre deux épisodes de sommeil, les enfants exclusivement nourris au lait industriel avaient des périodes d’éveil plus longues à 14 semaines d’après l’actigraphie. Les mères des enfants exclusivement allaités rapportaient une fréquence plus élevée de réveils nocturnes que celles qui donnaient exclusivement un lait industriel à 6 et 14 semaines, alors que l’actigraphie constatait que les enfants nourris au lait industriel se réveillaient plus souvent à 16 semaines.

Les données actigraphiques montraient que la durée totale de sommeil et celle des plages de sommeil augmentait avec le temps, sans qu’une différence significative soit constatée entre 4 et 18 semaines entre les enfants exclusivement allaités et les enfants exclusivement nourris au lait industriel. La fréquence des réveils nocturnes était également similaire dans les deux groupes d’enfants. À 18 semaines, les enfants exclusivement allaités dormaient plus longtemps que ceux nourris au lait industriel. Le lieu de sommeil de l’enfant n’avait aucun impact sur les résultats de l’actigraphie.

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Si les résultats des rapports des mères étaient proches de ceux de l’actigraphie à 4 semaines, des divergences apparaissaient dès 8 semaines et persistaient jusqu’à 18 semaines, les mères donnant exclusivement un lait industriel surestimant la qualité et la durée de sommeil nocturne de leur enfant et sous-estimant la fréquence des réveils nocturnes. Les mères qui allaitaient exclusivement surestimaient également la durée totale de sommeil de leur enfant par rapport à l’actigraphie, mais la divergence était nettement moins importante.

En conclusion, cette étude montre d’une part qu’en dépit des convictions culturelles largement partagées, les enfants nourris au lait industriel ne dorment ni mieux ni plus longtemps que les enfants exclusivement allaités lorsque leur sommeil est évalué de façon objective, alors que les mères qui donnent un lait industriel surestiment significativement la durée et la qualité de sommeil de leur enfant, ainsi que les mères dont l’enfant dort dans une autre pièce que la chambre parentale.

Physiologie et cycles du sommeil de l'enfant

Le sommeil est un processus qui évolue tout au long de la vie et qui s’adapte aux besoins de l’être humain. Il en va de même pour la qualité du sommeil. Le sommeil ne s’enseigne pas. C’est un processus d’acquisition, tout comme la marche ou la continence. Chaque enfant est différent et a ses propres besoins, c’est pourquoi nous pouvons observer des amplitudes horaires très larges, allant de 8 à 20 heures pour le nouveau-né et de 10 à 14 heures pour les enfants de plus de 12 mois. Ces heures de sommeil sont réparties sur 24 heures sans distinction entre le jour et la nuit.

Le sommeil de l’enfant s’organise par cycles, tout comme celui de l’adulte. Chaque cycle comprend :

  • La veille : temps d’éveil
  • Le sommeil lent ou calme : c’est le sommeil plus ou moins profond, cette phase comporte 2 étapes : l’endormissement et le sommeil léger
  • Le sommeil paradoxal : la période pendant laquelle le cerveau est actif, c’est durant celle-ci que l’enfant rêve.

Chaque nuit peut comprendre jusqu’à 4 à 6 cycles de sommeil et leur durée varie selon l’âge :

  • Nouveau-né (0 à 10 mois) : 50 min
  • Nourrisson (10 mois à 2 ans) : 70 min
  • Grand enfant (2 à 6 ans) : de 90 à 120 min

Entre 0 et 3 mois, les nouveaux-nés ne peuvent pas dormir en continu car ils ont besoin de s’alimenter fréquemment pour assurer leur croissance et éviter les hypoglycémies. Le sommeil a plusieurs caractéristiques :

  • Biphasique : comporte deux phases, le sommeil agité et le sommeil calme
  • Ultradien : sommeil qui ne fait pas de différence entre le jour et la nuit
  • Poly Séquentiel : le sommeil se répartit en plusieurs cycles tout au long de la journée

À partir de 4 mois, l’enfant risque moins l’hypoglycémie, l’allaitement est bien mis en place. Le sommeil devient alors :

  • Circadien : il prend en compte la différence jour/nuit
  • Polyphasique : il a acquis toutes les phases de sommeil adulte, il se prépare à dormir plusieurs cycles d’affilée, ce qui explique les micro-réveils plus nombreux qui sont fréquents à la fin d’un cycle de sommeil.
  • Instable : c’est une période de transition, l’enfant commence à acquérir les 3 phases de sommeil contre deux précédemment, et doit donc s’adapter, ce qui explique les réveils fréquents.

Entre 9 mois et 3 ans, les cycles se déroulent : Le sommeil léger, Le sommeil profond, Le sommeil paradoxal. Lors de la 2ème année de vie, les enfants ont tendance à se réveiller la nuit, avec des pleurs, surtout en deuxième partie de nuit. Plusieurs facteurs entrent en jeu dans cette étape, qui peuvent expliquer le sommeil perturbé de l’enfant : L’introduction de la diversification alimentaire, La découverte de l’environnement, développement psychomoteur, Les poussées dentaires, L’acquisition de la continence entre 2 et 5 ans.

Aux alentours de 3-4 ans, on peut observer une réduction des temps de sieste et une amélioration du sommeil nocturne. C’est une étape de maturation personnelle, un besoin de faire les choses seul. Entre 5 et 6 ans, la majorité des enfants n’ont plus de réveils nocturnes grâce à la maturation cérébrale qui leur permet d’avoir des cycles de sommeil proches de l’adulte. Mais aussi grâce au fait qu’ils parviennent plus facilement à exprimer leurs émotions, leurs peurs.

Le sommeil de la maman allaitante

Au cours des tétées, de nombreuses hormones sont libérées qui jouent un rôle sur le sommeil de la mère :

  • L’ocytocine qui favorise un état de détente et d’apaisement, ainsi que le repos.
  • La prolactine qui accélère le passage en sommeil lent, celui-ci joue un rôle dans la récupération physique.
  • Les bêta-endorphines et la dopamine jouent un rôle dans le sentiment de plaisir et facilitent les réveils pour répondre aux besoins de son enfant.

De nombreuses études ont été menées sur le sommeil de la maman allaitante. Elles ont démontré que les mères qui allaitent ont un sommeil lent et donc réparateur plus long que celles qui n’allaitent pas. Certaines études ont même démontré que les couples parentaux dont la maman allaite, dorment plus.

Sommeil partagé et allaitement maternel

Le sommeil partagé ou cododo est une pratique de sommeil où le nourrisson partage une surface de sommeil avec sa mère / ses parents. Les deux seuls facteurs qui favorisent naturellement le sommeil sont l’allaitement et le “cododo” ou le sommeil partagé. L’allaitement maternel favorise le sommeil grâce au L-tryptophane que contient le lait maternel. Ce dernier est un précurseur de la sérotonine et de la mélatonine (souvent appelée « hormone du sommeil »).

Les bienfaits du cododo :

  • favorise l’évolution naturelle du sommeil, en effet l’enfant passera plus aisément d’une phase de sommeil à l’autre en réglant sa respiration sur celle de sa maman.
  • le contact proximal entre la mère et son enfant facilite les réponses rapides à ses besoins et assure un confort psychologique et un sentiment de confiance et de rassurance autant chez l’enfant que pour la maman

Le cododo a des effets bénéfiques dans la mise en place de l’allaitement maternel :

  • Facilite les tétées nocturnes en évitant à la maman de se lever et donc d’être complètement réveillée
  • Engendre une synchronisation des rythmes du sommeil
  • Augmente considérablement les taux et les durées d’allaitement
  • Facilite l’accès aux seins pour l’enfant
  • Favorise le sommeil de l’enfant et aide à l’acquisition naturelle du sommeil

Il y a tout de même des petites conditions à respecter pour pratiquer le cododo :

  • Pas de tabagisme passif et/ou tabagisme maternel et paternel
  • Bébé est couché sur le dos
  • Pas de consommation d’alcool ou de produits altérant l’état mental des adultes qui partagent le lit
  • Pas de médicaments type somnifères
  • Ne pas couvrir le bébé, pas d’oreiller, s’assurer que rien ne peut venir couvrir la tête de bébé
  • Une surface sécurisée et plate, un matelas ferme, (pas de canapé, divans ou literies molles/ à eau)
  • Ne pas pratiquer si un des parents est en obésité morbide
  • Ne pas laisser l’enfant seul dans le lit adulte

Diversification alimentaire et sommeil

Quand vous allez entamer la diversification alimentaire de votre enfant, c'est un énorme bouleversement pour lui. Pendant 4 à 6 mois, il a en effet ingéré exclusivement du lait (qu'il s'agisse de lait maternel ou de lait infantile) et voilà que légumes, fruits, puis protéines et autres aliments font leur apparition dans ses menus. Un sacré changement ! Ce que vous mettez dans l'assiette de votre enfant va ainsi avoir une influence sur son développement et ses habitudes, notamment son sommeil. En effet, quand l'alimentation de Bébé se diversifie, ses besoins alimentaires durant la nuit deviennent superflus et donc adieu les réveils nocturnes… en principe !

La diversification intervient en général vers 5 mois (ou parfois 4 mois si le bébé est sujet aux reflux gastro-œsophagiens). A cet âge-là, l'enfant a la capacité de mastiquer. Le pédiatre conseille alors la DME (diversification menée par l'enfant), procédé qui invite le parent à proposer des morceaux de la taille du poing du bébé que l'enfant va manger petit à petit. En suivant cette méthode, l'enfant va être poussé à mastiquer et donc à développer sa respiration nasale. Conséquence directe : son sommeil s'en verra amélioré. Pour ceux qui optent pour une diversification classique, à base de purées et de compotes, le sommeil se verra également modifié.

Une étude britannique de 2018, dont les résultats ont été publiés dans la revue Jama Pediatrics, va à l'encontre de ces conseils et invite à démarrer la diversification alimentaire avant l’âge de 6 mois… pour que Bébé dorme mieux ! D'après les chercheurs qui ont mené cette étude, introduire la nourriture solide chez le bébé de moins de 6 mois permettrait de gagner 17 minutes de sommeil et de diminuer le nombre de réveils nocturnes de 9% en moyenne.

Si l'alimentation a un impact sur le sommeil, le contenu de l'assiette est ce qui va vraiment compter. Bébé doit pouvoir faire ses nuits sans être réveillé par la faim. Il doit donc avoir une alimentation équilibrée durant toute la journée et notamment au dîner. Un repas rassasiant et facile à digérer le soir va être tout aussi important dans son sommeil que le rituel du coucher.

Si de manière générale les bébés vont mieux dormir (pour le plus grand bonheur des parents) au moment de la diversification alimentaire, certains nourrissons éprouvent au contraire des difficultés. Diversifier son alimentation, oui, mais pas n'importe comment. Un bébé a des besoins propres qu'il faut respecter. De trop grandes quantités d'aliments ou à l'inverse, un sous-régime, peuvent contrarier son sommeil.

Mythes et réalités sur le sommeil de bébé

De nombreux mythes persistent concernant le sommeil des bébés. En voici quelques-uns déconstruits :

  • Mythe : « Les bébés dorment mieux lorsqu’ils commencent à manger de la nourriture solide ! » Réalité : Il n’existe aucune preuve que la nourriture solide aide à faire les nuits.
  • Mythe : « Mieux vaut arrêter l’allaitement pour que bébé fasse ses nuits ! » Réalité : Plus de 80 % des bébés âgés de 6 à 18 mois se réveillent une à trois fois par nuit pour manger. Une étude a démontré que les bébés qui consomment du lait artificiel ne dorment pas plus longtemps ou plus profondément que les enfants qu’on allaite.
  • Mythe : « Bébé fera ses nuits s’il mange une nourriture plus épaisse ou s’il remange après avoir été allaité ! » Réalité : Des études ont démontré que les bébés ne dorment pas plus longtemps s’ils consomment une alimentation plus épaisse.
  • Mythe : « Si bébé reste éveillé en journée, il dormira mieux la nuit. » Réalité : Un bébé qui manque de sommeil en journée peut devenir épuisé et éprouver encore plus de difficultés à s’endormir et rester endormi.
  • Mythe : « Si on laisse bébé pleurer, il apprend à se calmer tout seul, puis dort mieux ». Réalité : La méthode du « cry it out » fait débat et ne se base sur aucune preuve scientifique. Lorsqu’un jeune enfant pleure seul, sans la présence de ses parents, il ressent énormément de stress.
  • Mythe : « Mieux vaut faire dormir bébé dans une pièce où il fait clair, sinon il ne dormira jamais ailleurs ». Réalité : L’hormone du sommeil, la mélatonine, n’est sécrétée que dans le noir.
  • Mythe : « À partir d’un certain âge, les bébés dorment des nuits entières ». Réalité : Chaque bébé est différent et possède son propre rythme de sommeil.
  • Mythe : « Si bébé se réveille la nuit, c’est qu’il a faim ». Réalité : Les tout-petits peuvent se réveiller pour diverses raisons, par exemple un inconfort, un besoin de régulation, un besoin de contact ou de réconfort, des étapes de son développement…

Les autres astuces

  • les massages bébés : certaines études montrent qu’un massage avant le coucher est bénéfique sur le sommeil du nouveau-né
  • la mise en place de rituels
  • les bruits blancs
  • les siestes de la journée dans les lieux de vie de la maison

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