Les pleurs nocturnes d'un bébé de 17 mois peuvent être une source de préoccupation et de fatigue pour les parents. Comprendre les causes possibles de ces pleurs et adopter des stratégies adaptées peut aider à améliorer le sommeil de l'enfant et à restaurer la tranquillité familiale. Cet article explore les raisons courantes pour lesquelles un bébé de 17 mois peut pleurer au coucher ou pendant la nuit, et propose des solutions pratiques pour y remédier.

Le Sommeil de Bébé : Un Développement Continu

Durant les premiers mois de vie, le sommeil de bébé est fragmenté, avec des cycles courts de 30 à 45 minutes comprenant des phases de sommeil calme, agité et profond. Avant 3 à 4 mois, le sommeil est principalement régi par la faim et les besoins physiologiques. Le rythme circadien, qui permet de distinguer le jour de la nuit, se construit progressivement. La mélatonine, l'hormone du sommeil, est produite le soir en réponse à l'obscurité, guidant le corps de bébé vers l'endormissement. Le cortisol, l'hormone du stress, aide à rester éveillé pendant la journée, mais un excès le soir peut empêcher l'endormissement. Un bébé trop fatigué peut paradoxalement avoir du mal à dormir, car son corps produit du cortisol pour le maintenir en alerte, entraînant une dette de sommeil et des nuits agitées.

Régression du Sommeil ou Phase d'Évolution ?

Alors que votre enfant semblait avoir trouvé un rythme de sommeil stable, il peut soudainement refuser de se coucher, pleurer pendant le rituel, se réveiller plusieurs fois la nuit ou refuser les siestes. Ces phases sont souvent appelées régressions du sommeil, mais il est préférable de les considérer comme des phases d'évolution, car le bébé acquiert de nouvelles compétences et concentre son énergie sur ces acquisitions, ce qui peut temporairement affecter son sommeil.

Causes Possibles des Pleurs Nocturnes à 17 Mois

Identifier la cause des pleurs nocturnes peut être difficile, mais voici quelques facteurs courants :

  • Angoisse de séparation : Vers 18 mois, une deuxième phase d'angoisse de séparation peut survenir, rendant l'enfant angoissé au moment du coucher et recherchant constamment les bras de ses parents pendant la journée.
  • Développement du langage et évolutions cognitives : Le développement rapide du langage et les grandes évolutions cognitives peuvent perturber le sommeil de l'enfant.
  • Passage au lit de grand : Le passage à un lit de grand peut bouleverser le sommeil à cet âge.
  • Poussées dentaires : Les poussées dentaires peuvent causer des douleurs qui perturbent le sommeil, avec des joues rouges et un bébé grincheux.
  • Cauchemars : Les cauchemars peuvent survenir en deuxième partie de nuit, laissant l'enfant effrayé et ayant besoin de réconfort. Les terreurs nocturnes, quant à elles, surviennent en début de nuit, durant la phase de sommeil lent et profond, et l'enfant semble réveillé mais ne l'est pas.
  • Événements stressants : Des événements tels que l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur, un déménagement ou un changement de mode de garde peuvent perturber le sommeil de l'enfant.

À quel âge surviennent les régressions du sommeil ?

Votre bébé s’éveille peu à peu et les réveils nocturnes deviennent plus fréquents. Les siestes en journées plus anarchiques et fractionnées. C’est tout à fait normal, son sommeil est entrain d’évoluer et son horloge biologique en train de se caler sur un rythme circadien grâce à l’alternance jour/nuit. Proposez des siestes à la lumière du jour ou en promenade et noir total la nuit. A trois semaines un pic de croissance a lieu ce qui peut également perturber le sommeil. Enfin, la digestion se met en place et peut générer quelques désagréments (reflux, coliques, etc). Vers 4 mois, le rythme circadien se met en place et les rythmes de siestes apparaissent peu à peu. Ces changements physiologiques peuvent engendrer des difficultés à aller vers l’endormissement et à enchainer les cycles de sommeil, avec des pleurs plus fréquents et des réveils nocturnes qui peuvent s’installer toutes les heures. N’hésitez pas à découvrir mon article sur le petit train du sommeil pour en savoir plus. A 4 mois, votre bébé s’éveille, et prend de plus en plus de plaisir à papoter avec son entourage. Il peut être frustré d’aller dormir et de se séparer de vous. Cela se manifeste par des pleurs en entrant dans la chambre ou au moment de le poser dans son lit. Il devient sensibles aux repères de sommeil et peut avoir plus de difficultés à s’endormir n’importe où. Ce qui engendre parfois l’apparition de difficultés d’endormissement et une lutte vis-à-vis du sommeil. Comment l’aider ? Le mieux dans ce cas est de commencer à mettre en place des rituels, accentuer la régularité des rythmes et des horaires. Et proposer des dodos dans la chambre dans le noir pour limiter les stimulations visuelles. A 6 mois, la motricité se développe et la coordination se met en place. Votre bébé a également débuté la diversification alimentaire. Des découvertes de saveurs et de textures qui engagent toute son attention et son énergie. Ces nouveautés peuvent engendrer quelques troubles du transit et des gazs pendant quelques semaines, le temps que le système digestif de votre bébé s’habitue à ces nouveaux apports. Si cela perdurait, n’hésitez pas à consulter votre médecin, pédiatre ou puéricultrice. Vers 8 mois a lieu la fameuse angoisse de séparation, très saine et normale pour que l’enfant se réalise en tant que personne à part entière. Mais qui génère parfois des pleurs à l’endormissement et au moment où papa et maman quittent la chambre. Votre bébé peut réagir lorsque vous vous éloignez de lui, ou encore lorsque des nouveaux visages se présentent à lui. La raison ? Il prend conscience de son identité en tant qu’individu, et vit donc la séparation comme angoissante lorsque vous n’êtes plus à côté de lui. Comment l’aider ? En jouant à se séparer et surtout se retrouver ! Cachés-coucou, boîtes de permanences de l’objet, passer des bras de maman à papa (ou maman / maman - papa/papa), et investir le fameux doudou en journée ! L’apprentissage de la marche et le développement moteur font que l’enfant peut se retrouver debout dans son lit en pleine nuit sans réussir à se rendormir sans un petit coup de pouce. Idem pour les levers très matinaux, car quand on apprend à marcher on a hâte que la journée commence ! A ces âges là, les poussées dentaires sont très actives. Joues rouges, bébé grincheux, et douleurs majorées la nuit peuvent vous mettre des bâtons dans les roues côté sommeil. Massages des gencives avec un gel gingival, Doliprane si besoin et patience sont les maîtres mots. Vers 18 mois, une deuxième angoisse de séparation a lieu. L’enfant peut paraître angoissé au moment du coucher, pleurer lors des séparations et rechercher constamment vos bras en journée. L’investissement du doudou et des jeux dans sa chambre pourront aider votre enfant à dépasser cette phase en douceur. Le passage au lit de grand.e peut aussi bouleverser le sommeil à cet âge là. Développement du langage, phases de grandes évolutions cognitives, cet âge n’est pas de tout repos pour votre enfant ! A 2 ans, l’enfant s’affirme et peut également refuser d’aller dormir : le fameux « pas dodo ! » . Alors que tout se passait bien au coucher, votre enfant se relève, négocie, vous rappelle x fois. Vous vous reconnaissez ? A deux ans, les premières peurs apparaissent. Vers 3 ans, l’acquisition de la continence, l’approche de la première rentrée, cumulée parfois avec l’arrivée d’un petit frère/ petite sœur font de cet âge une période propice aux régressions. Un pochon de séparation Phillie peut être un outil très aidant. Idem pour un rituel imagé. Vers 5 / 6 ans : la prise de conscience de la réalité de la mort peut générer quelques cauchemars. C’est une période nécessaire dans le développement de votre enfant. N’hésitez pas à l’écouter, sans toujours chercher à le rassurer. Lisez les livres qui abordent le sujet de la mort mais plutôt en journée.

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Solutions et Conseils pour Améliorer le Sommeil de Bébé

Voici quelques stratégies pour aider votre bébé de 17 mois à mieux dormir :

  • Routine du coucher : Mettez en place une routine du coucher régulière et apaisante, comprenant un bain tiède, une histoire, des câlins et une chanson douce. Riez avant d’entrer dans la chambre, et ne pensez pas à ce qui va se passer après.
  • Rituel de qualité : Durant cette période de régression, prenez le temps d’un rituel de qualité avant de coucher votre enfant. Soyez détendus, parlez à votre bébé/enfant.
  • Doudou et objets transitionnels : Encouragez l'utilisation d'un doudou ou d'un objet transitionnel pour aider l'enfant à se sentir en sécurité et à s'endormir seul. L’investissement du doudou et des jeux dans sa chambre pourront aider votre enfant à dépasser cette phase en douceur. Investir le fameux doudou en journée !
  • Régularité des horaires : Essayez de maintenir des horaires de sieste et de coucher réguliers, même pendant les périodes de régression. Les horaires de siestes et du coucher le soir ne doivent pas être modifiés. Sauf si vous sentez que votre enfant passe un cap au niveau de ses rythmes et est entrain d’évoluer vers un arrêt de sieste.
  • Environnement de sommeil optimal : Assurez-vous que la chambre est sombre, calme et à une température confortable. Proposer des dodos dans la chambre dans le noir pour limiter les stimulations visuelles.
  • Répondre aux besoins de l'enfant : Si votre bébé pleure, vérifiez s'il a faim, s'il a besoin d'être changé ou s'il a mal quelque part. Si bébé a besoin de votre intervention ou de votre présence, ses pleurs durent plus d’une minute et ont tendance à s’intensifier. Il est important de noter que chaque bébé est différent et que certains peuvent avoir des besoins de sommeil plus intenses que d’autres. Si votre bébé pleure plus d’une minute et que l’intensité des pleurs semblent augmenter, aller voir de dont il a besoin.
  • Rassurer et réconforter : Si votre enfant est angoissé, rassurez-le en lui parlant doucement, en le câlinant ou en restant près de lui jusqu'à ce qu'il se calme. Vous connaissez votre enfant et vous saurez réajuster une fois que cette phase sera passée. Cela peut faire peur, essayez de chasser ces projections qui vous font croire que si vous dormez avec votre enfant, cela durera plusieurs mois voire années. Il y a un temps pour tout. Ce n’est pas parce que votre bébé n’arrive plus à dormir quelques soirs qu’il ne dormira plus jamais bien.
  • Éviter les conditionnements : Essayez de ne pas créer de conditionnements anormaux à l'endormissement, comme bercer systématiquement l'enfant jusqu'à ce qu'il s'endorme. Le bébé ou l’enfant recherchera les conditions d’endormissement qu’il connaît le mieux, sans réussir à en accepter de nouvelles.
  • Ne pas paniquer : Premier conseil et certainement le plus important : ne pas paniquer ! Je reçois très souvent des demandes de consultations pour des bébés qui ne dorme pas bien depuis 2 semaines. Je dis souvent aux parents de se laisser encore un peu de temps et souvent tout rentre dans l’ordre.
  • Garder confiance : En essayant tous les soirs de coucher votre enfant dans son lit. Ne tombez pas dans le côté systématique en ne cherchant même plus à le/ la poser. Et ne cherchez pas mille solutions différentes. Gardez confiance en vous et en lui.

Que faire face aux terreurs nocturnes ?

N’essayez pas de réveiller votre enfant, même s’il montre une détresse ou qu’il est assis ou debout. Restez à ses côtés pour prévenir de chutes, d’accidents sans le toucher. Intervenir peut au contraire prolonger l’épisode. S’il se met debout, attendez auprès de lui, il est possible qu’il se recouche. S’il finit par se réveiller, essayez de ne pas montrer votre inquiétude. Votre présence pour qu’il se rendorme, des gestes, des mots doux seront rassurants. Evitez également de lui parler de l’épisode qui vient d’avoir lieu, cela risquerait de l’effrayer. Il est intéressant de noter que le manque de sommeil dans la journée (siestes insuffisantes) peuvent augmenter ou déclencher les terreurs nocturnes.

Quand Consulter un Professionnel de Santé ?

Si les troubles du sommeil persistent ou s'aggravent, il est conseillé de consulter un médecin, un pédiatre ou une puéricultrice. Ils pourront évaluer la situation, identifier d'éventuelles causes médicales sous-jacentes et vous proposer des solutions adaptées.

Durée des régressions et conditionnement

La durée d’une régression est en général entre 3 semaines et 6 semaines. Cela peut paraître long, surtout quand plusieurs phases de régressions s’enchaînent. C’est souvent le cas la première année, voire la deuxième. Mais vous devez observer des phases de meilleur sommeil entre les périodes de régression. La phase de régression peut cesser du jour au lendemain. Chez un enfant qui dormait très bien avant la régression, tout revient dans l’ordre après quelques semaines. Mais il est cependant important de savoir bien accompagner cette période pour ne pas tomber dans d’autres problématiques. Certains parents me contactent en m’expliquant que leur enfant n’a jamais « bien dormi » ou est en régression depuis plusieurs mois. Dans ce cas, on ne parle pas de régression, mais de conditionnement. En effet, selon la cause de départ, les parent vont trouver des stratégies pour aider leur enfant à mieux dormir. Lorsque cette compensation est systématique et s’installe dans le temps, l’enfant perd confiance en sa capacité à dormir.

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