Les Enfants du Large, réalisé par Virginia Tangvald, est plus qu'un simple film ou roman; c'est une exploration poignante de l'histoire familiale de l'auteure, marquée par la tragédie et le mystère. À travers une enquête minutieuse, Virginia Tangvald retrace le parcours de son père, Peter Tangvald, un navigateur norvégien dont la vie a été une quête incessante de liberté sur les mers, mais aussi une source de malheur pour ceux qui l'entouraient.

Synopsis et Contexte

Le film, dont la sortie en salle est prévue pour le 17 décembre 2025 et d'une durée de 97 minutes, plonge au cœur des secrets de la famille Tangvald. Virginia Tangvald, qui n'a connu son père qu'à travers des récits et la presse, entreprend de démêler les fils d'une histoire complexe, marquée par des disparitions en mer et une quête de liberté absolue.

Dans son œuvre, l'autrice et réalisatrice qui n'a connu son père (l'aventurier Peter Tagvald) qu'à travers ses récits et la presse, enquête sur les secrets de sa famille. Après une faillite à Beverly Hills dans les années 50, ce Norvégien a parcouru les océans sur son voilier, défiant les conventions. Marié sept fois, il a perdu deux épouses en mer avant de périr avec sa fille Carmen en 1991 dans un naufrage. Son fils Thomas, seul survivant, a suivi la même vie d'errance jusqu'à sa disparition en 2014.

L'Histoire d'une Famille Maudite

L'histoire débute tragiquement sur la côte est de l'île de Bonaire en juillet 1991. Des enfants découvrent le corps de Carmen, la sœur de Virginia, décédée lors du naufrage du voilier familial, L'Artémis. Le corps de Peter Tangvald est retrouvé le lendemain. Thomas Tangvald est le seul survivant.

De son père, Peter Tangvald, navigateur norvégien, l'autrice n'a aucun souvenir car sa mère l'a quitté sur un coup de tête, à Porto Rico quand elle avait deux ans. À l'âge de vingt ans, Virginia va retrouver son frère à Porto Rico, mais une fascination pour le funeste semble les réunir et elle préfère repartir : elle veut vivre. Ils continueront cependant à s'écrire et Thomas lui apprendra qu'il a enfin trouvé le bateau dont il rêvait, un petit bateau avec une voile et sans moteur, L'Oasis.

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Ce n'est que de longs mois plus tard, au hasard d'une lecture d'un magazine, que Virginia et sa mère, qui vivaient séparés de leur père et mari, apprendront le double décès au cours de cet accident jugé inexplicable. « L'article s'intitulait : "Morts en mer : la tragédie frappe à nouveau pour Peter Tangvald et sa fille. » En couverture figurait une photo de lui torse nu, regardant au loin, un bébé blotti contre sa poitrine. Mais le bébé n'était pas ma soeur, c'était moi.

Mais ce qui rend l'histoire encore plus folle, c'est qu'elle est précédée d'autres drames. En longeant la côte de Bornéo, l'aventurier avait vu Lydia - la mère de Thomas - assassinée par des pirates. Sa deuxième épouse, la mère de Carmen, était tombée par-dessus bord pendant une traversée de l'Atlantique en 1985.

Le récit fait suite à une enquête minutieuse sur cette famille marquée par la tragédie et les événements inédits. Issue de cette lignée d'enfants nés en haute mer, sans véritable ancrage ni patrie, Virginia tente de lever le voile sur les secrets de son père et les disparitions étranges de deux de ses épouses, de sa soeur et de son frère. Elle cherche à le connaître et surtout à comprendre pourquoi la mort poursuit sa famille de manière implacable.

Une Quête Identitaire et Internationale

À 20 ans elle part retrouver son frère Thomas avant qu'il ne disparaisse. Elle investigue aux quatre coins du monde, épluche divers documents et alors que les révélations troublantes et les morts suspectes s'accumulent, un portrait paternel démystifié se dessine.

Virginia doit désormais vivre parmi les fantômes. « Tellement longtemps et tellement fort que je suis peut-être devenue moi-même fantôme. Un pied dans le monde des vivants, un pied dans le monde des morts. Mais elle a envie de comprendre et part à Porto Rico voir son frère. Cet échec ne va toutefois pas la détourner de son objectif, car ce mystère est comme une plaie ouverte : « J'avais souvent froid. J'avais peur de rester toute ma vie sans pays, sans racines, sans identité.

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Elle va interroger d'autres témoins qui ont croisé la route du navigateur, consulter les rapports de police, le dossier des affaires étrangères, retrouver les boîtes d'archives laissées en héritage. « J'inspectai des enveloppes avec le nom de Simonne écrit de la main de mon père, des diapositives, un enregistrement audio de la BBC sur ruban daté de 1965, des centaines de pages de manuscrits, des journaux de bord, des articles de presse.

Les recherches incessantes et obsessionnelles de la jeune femme vont nous faire voyager avec elle dans le monde entier. Dans ces allers-retours, on lit une instabilité constante plus que des voyages d'agréments, il s'agit d'une douloureuse quête d'identité d'une narratrice confronté à l'inconnu et des morts inexpliquées.

Elle l’écrit sobrement lors d’une rencontre avec un homme qui changera sa vie : "Je lui ai résumé cette histoire de naissances et de morts qui se termine par l’anéantissement de ma famille." Connaître les vérités était indispensable à l’autrice. "Le récit de mon père ne me convenait pas en fait. Des hommes et femmes ayant connu Peter Tangvald ouvrent leurs mémoires ou leurs boîtes à souvenir. Karine, avant de raconter le souvenir qu’elle garde de cet homme, par exemple lui déclare : "J’ai peur de vous faire de la peine". La délicatesse éclaire souvent cette recherche.

Virginia Tangvald présente "Les enfants du large", son premier roman publié chez JC Lattès. Elle reconstitue le naufrage du bateau de son père, dans la mer des caraïbes en 1991 dans des circonstances assez troublantes alors qu'il naviguait vers le Venezuela. Dans cet accident, l'autrice a également perdu sa soeur. Son frère survit à ce naufrage, avant de disparaitre lui aussi en mer il y a 10 ans. Dans ce livre, elle essaie de comprendre pourquoi l'histoire se répète, en comment conjurer le sort.

Peter Tangvald : Un Héros ou un Monstre ?

Qui est son père, Peter Tangvald, un homme épris d'horizons qui préfère les embruns aux vents des rivages habités ? Que cherche-t-il ? Ou plutôt, que fuit-il ? Irrésistible, fascinant, avec des yeux bleus irréels et cet air de se foutre du monde, il imprègne la mémoire de ceux qu'il croise sur sa route. Un ogre, une force de la nature qui n'a pour maîtresse que sa liberté. Dans son sillage, gisent les cadavres de ses femmes et c'est en les exhumant que Virginia Tangvald tente de renouer les fils de son passé. Une quête éperdue, une enquête impossible. Une odyssée vaine, morbide et magnifique.

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Peter Tangvald pourrait passer pour une figure romanesque assez outrée s’il n’avait réellement vécu soixante-six ans dans notre monde sublunaire, de 1924 à 1991, et fait, déjà, couler beaucoup d’encre. Aventurier, explorateur, navigateur intrépide, photographe et écrivain à ses heures, le Norvégien a forgé sa propre légende dans deux autobiographies (non traduites). Le parcours picaresque et tragique du « plus triste vagabond de la voile » a aussi incité le Québécois Olivier Kemeid, qui l’avait croisé, enfant, à lui consacrer un premier roman, Tangvald (Gaïa, 2017).

Après avoir éclairé les zones d’ombre, avoir résolu les circonstances des drames, des morts qui entourent son père, l’autrice nous dit : "Je ne le vois pas comme un monstre mais il a fait des choses monstrueuses."

La Mer : Un Appel Mortel

L'appel du large est un leitmotiv, avec pour contrepartie la folie, originelle ou créée par des traumatismes multiples. Les faits rapportés, ou reconstruits, sont tellement étonnants que toute fiction qui les utiliserait semblerait abusive. Et pourtant le père bourlingueur a bien eu six femmes dont au moins deux pourraient avoir été ses victimes. Quant au frère, le poids des violences subies peut expliquer sans doute la même tendance destructrice.

Alors qu'elle cherche à construire son intime conviction, elle apprend la disparition en mer de Thomas qui avait quitté la Guyane française en direction du Brésil, et dont avait perdu la trace depuis. Un nouveau mystère qui vient renforcer le sentiment de malédiction qui frappe la famille et que Virginia réussit à rendre avec maestria.

Foutue liberté, cet idéal devenu malédiction familiale, au nom duquel les enfants souffrent en cale et les épouses périssent en mer.

Style et Réception

Virginia Tangvald en a tissé un récit bouleversant et complètement envoûtant pour écrire son premier roman, Les enfants du large. L'écriture est poétique et le propos glaçant. Le style de son écriture, faite de descriptions de cette belle et inquiétante nature, de ces roches et embruns des côtes maritimes que sont souvent des paradis perdus font de la poursuite de la vérité, un voyage aussi dans la poésie. La poésie comme refuge.

De nombreux critiques ont salué Les Enfants du Large pour son exploration profonde de thèmes tels que la famille, la liberté, la perte et l'identité.

  • « Ce premier roman, médusant. »
  • « Les enfants du large révèle une écrivaine. » La Tribune Dimanche
  • « Saisissant. » Le Parisien
  • « C’est très beau et très vertigineux » - Coup de cœur d’Olivia de Lamberterie sur Télématin
  • « Epoustouflant » Télé 7 Jours
  • « Un premier roman captivant. » L'Equipe Magazine
  • « Plus de trente ans après le drame, son autre fille, Virginia, prend la plume pour explorer les destins marqués du sceau de la tragédie de son clan et de ce père qu'elle n'a pas connu. En résulte, un premier roman renversant. » Voici
  • « Une histoire extraordinaire ! » La Grande Librairie
  • « Pour trouver une forme de sérénité, celle-ci décide de remonter le fil du temps. Quelle famille et quelle histoire ! » Femme actuelle
  • « La force de ce livre est d'aller explorer une âme emprisonnée, empoisonnée par un désir absolu de liberté. Vivre sans les autres jusqu'à les attirer dans son propre gouffre.

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