Vous arrive-t-il de scruter votre pouls avec une pointe d’angoisse, en vous demandant si votre fréquence cardiaque est réellement dans la moyenne recommandée ? Pour vous éviter tout stress inutile face aux chiffres parfois trompeurs de vos appareils, nous avons compilé les standards médicaux précis qui vous permettront d’évaluer concrètement la santé du cœur de votre enfant.
Introduction
La fréquence cardiaque est un indicateur essentiel de la santé cardiovasculaire, particulièrement chez les enfants. Ce chiffre, exprimé en battements par minute (bpm), reflète la rapidité à laquelle le cœur se contracte pour pomper le sang dans l'organisme. Chez un enfant de 5 ans, comprendre ce qu'est une fréquence cardiaque normale est crucial pour détecter rapidement toute anomalie.
Qu'est-ce que la Fréquence Cardiaque ?
Le rythme cardiaque ou fréquence cardiaque est le nombre de pulsations cardiaques par minute. Le cœur est sous l'influence des tonus parasympathique et sympathique, le tonus parasympathique ralentissant le cœur, le tonus sympathique l'accélérant.
Fréquence Cardiaque Normale chez un Enfant de 5 Ans
La fréquence cardiaque d’un enfant est, de base, plus élevée que celle d’un adulte. Pour un enfant de 5 ans, la plage de fréquence cardiaque normale se situe généralement entre 80 et 120 bpm. Il est important de noter que ces valeurs sont des indications et peuvent varier en fonction de plusieurs facteurs.
Facteurs Influant sur la Fréquence Cardiaque
De nombreux facteurs du quotidien font varier le pouls.
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- L'activité physique: Votre cœur s’accélère alors mécaniquement pour fournir un maximum d’oxygène aux muscles sollicités. À l'effort maximal, la fréquence cardiaque peut atteindre 220 - âge (en années) battements par minute, soit pour un enfant de 5 ans : 215 battements par minute.
- Le stress et l’anxiété: L’adrénaline libérée accélère le rythme.
- La fièvre: La fièvre force le corps à lutter contre une infection.
- La consommation de caféine ou de nicotine: La caféine et la nicotine sont des stimulants directs du système nerveux. Ils augmentent temporairement votre pouls.
- La déshydratation: Lorsque vous êtes déshydraté, le volume de votre sang diminue. Le sang devient plus « épais ».
Comment Mesurer la Fréquence Cardiaque d'un Enfant
- Méthode manuelle: Il n’y a pas besoin d’équipement sophistiqué. Deux doigts, l’index et le majeur (jamais le pouce), suffisent. Posez simplement les doigts, comptez les battements pendant 30 secondes et multipliez par deux pour obtenir les bpm.
- Montres connectées et oxymètres: Les montres connectées et oxymètres automatisent la mesure, mais leur précision peut varier. Il vaut mieux maîtriser la méthode manuelle pour vérifier vos appareils.
Le meilleur moment pour la mesurer est le matin, juste après le réveil, avant même de poser le pied par terre.
Quand s'Inquiéter ?
Les variations sont normales, d’accord. Mais il existe des seuils critiques où la vigilance doit primer.
- Tachycardie: On définit la tachycardie chez l’adulte par une fréquence cardiaque au repos constamment supérieure à 100 bpm. Bien sûr, le stress, une fièvre ou un effort récent sont des causes non pathologiques évidentes. Cela peut être le signe de problèmes sous-jacents sérieux comme l’anémie, l’hyperthyroïdie ou une maladie cardiaque.
- Bradycardie: La bradycardie correspond à une fréquence cardiaque au repos constamment inférieure à 60 bpm, sauf chez le sportif d’endurance. Si elle est asymptomatique, elle n’est pas toujours inquiétante, rassurez-vous.
Un pouls anormalement haut ou bas, s’il est accompagné de vertiges, d’essoufflement, de douleurs thoraciques ou de malaises, n’est plus une simple donnée.
Arythmie Respiratoire
La cause la plus fréquente de battement cardiaque irrégulier chez l’enfant est l’arythmie respiratoire. Il s’agit d’une particularité normale du fonctionnement cardiaque de l’enfant se traduisant par une accélération de la fréquence cardiaque à l’inspiration et un ralentissement à l’expiration.
Extrasystolie
A l’inverse l’enfant peut décrire spontanément de « ratés » de son cœur. Ces symptômes sont source d’une sensation désagréable voir angoissante qui peut parfois être décrite comme une douleur du cœur par l’enfant. Il s’agit le plus souvent d’une extrasystolie.
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Troubles du Rythme chez l'Enfant
La fréquence des troubles du rythme de l’enfant est mal connue car on pense qu’un certain nombre de troubles du rythme paroxystiques passent inaperçus. On estime à 1 sur 1000 à 2500 le nombre d’enfant faisant des troubles du rythme. L’enfant peut faire des troubles du rythme à tout âge.
On distingue cependant 3 périodes dites « à risque » pendant lesquels les troubles du rythme sont le plus souvent diagnostiqués. Il s’agit des premiers mois de vie. Les troubles du rythme peuvent débuter pendant les derniers mois de grossesse, récidiver ou persister après la naissance ou enfin être découvert durant la période néonatale. Les troubles du rythme persistants, diagnostiqués pendant la grossesse, peuvent faire l’objet d’un traitement par voie trans-placentaire. Cela consiste à donner des antiarythmiques qui passe la barrière placentaire, et vont ainsi avoir une action sur le rythme cardiaque du fœtus.
Chez les enfants n’ayant pas de cardiopathie la seconde période à risque est l’âge scolaire à partir de 5-6 ans. Enfin, à tous âges, les enfants avec une malformation cardiaque congénitale sont plus à risque de faire des troubles du rythme, particulièrement dans la période post-opératoire. Les arythmies de l’enfant sans cardiopathies sont presque essentiellement des troubles du rythme supraventriculaires.
Le mécanisme principal est la réentrée sur une voie accessoire visible à l’ECG de base (syndrome de Wolff Parkinson White) ou non (Voie accessoire cachée de conduction rétrograde exclusive) qui explique jusqu’à 80% des troubles du rythme dans les premières années de vie. Cette proportion diminue avec l’âge au profit des réentrées intra-nodales qui s’observent, chez l’enfant, essentiellement après l’âge de 6 ans.
Les flutters, par macro réentrée intra atrial, sont beaucoup plus rare que chez l’adulte et surviennent essentiellement dans la période périnatale chez les enfants n’ayant pas de cardiopathie congénitale ou, plus tard dans la vie, après une chirurgie de cardiopathie congénitale. Il est courant de constater des extrasystoles supra-ventriculaires (hyperexcitabilité supra ventriculaire) ou ventriculaire sur les derniers monitorings avant l’accouchement ou lors des examens de maternité du nouveau-né.
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Les ESV sont parfois en salves soutenues, on parle de RIVA ou Rythme Idio Ventriculaire Accéléré, quand la fréquence en QRS larges n’excède pas 10 à 15% de la fréquence attendue en rythme sinusal. Les tachycardies ventriculaires (TV) peuvent être méconnues chez l’enfant quand le QRS n’est pas très élargies. Les TV sont très peu fréquentes et peuvent être confondus avec une tachycardie supra ventriculaire avec aberration de conduction. C’est le cas de la tachycardie fasciculaire gauche qui concernent les enfants dès l’âge de 3 ans.
Cette tachycardie est volontiers déclenchée par l’effort ou la fièvre et se caractérise par une tachycardie dont les QRS sont peu élargis avec un aspect de retard droit, axe ascendant. Les troubles du rythme ventriculaire survenant après une chirurgie cardiaque sont moins fréquents à l’âge pédiatrique qu’à l’âge adulte.
La présentation clinique des tachycardies de l’enfant dépend de son âge et de sa capacité à exprimer ces symptômes. Dans les premiers mois et premières années de vie, avant le développement du langage, les signes cliniques de tachycardie sont frustres et rendent le diagnostic difficile. Les parents rapportent parfois des difficultés alimentaires, un changement de teint, une apathie inhabituelle qui traduit un début d’insuffisance cardiaque.
Lorsqu’il est en âge de s’exprimer et toujours selon son âge, la plainte fonctionnelle est plus ou moins précise. Enfin, chez l’enfant plus grand, la description d’un « cœur qui tape fort et/ou vite » n’est pas toujours lié à un authentique trouble du rythme paroxystique. L’interrogatoire doit alors préciser les circonstances de déclenchement, le contexte psychologique et familial ainsi que le mode de début et de fin des accès.
Si certaines anamnèses évoquent clairement un éréthisme cardiaque ou des symptômes de désadaptation cardiaque, c’est l’ECG per critique qui permet de préciser le diagnostic. L’Holter ECG peut être utile en cas de symptôme quotidien.
L’évolution des troubles du rythme de l’enfant est différente de celle des adultes. Après un premier accès de tachycardie par réentrée sur une voie accessoire dans la période néonatale, un enfant à une chance sur 2 de refaire un nouvel accès dans la première année de vie. Ce risque diminue passé cette période avec une « lune de miel » de plusieurs années sans récidive de tachycardie chez 90% des enfants.
A l’entrée dans l’adolescence, les tachycardies vont de nouveau se manifester chez certains d’entre eux. Le pourcentage de patients qui refont une tachycardie augmente avec la durée du suivie. L’hyperexcitabilité atriale et ventriculaire néonatale a, elle aussi, une évolution spontanée le plus souvent favorable. Les troubles du rythme qui débute après les premières années de vie ont plus de risque de durer dans le temps.
Chez l’enfant de moins de 1 an, ne décrivant pas ses symptômes, et dont le risque de récidive de TSV par réentrée sur une voie accessoire est de 50%, le consensus est de proposer un traitement antiarythmique préventif. Les molécules les plus utilisées à cet âge sont les bétabloquants, l’amiodarone et la flécaïnide pour certaines équipes. La prescription sera fonction du poids de l’enfant. Il est alors nécessaire de faire des préparations en pharmacie et d’adapter régulièrement la posologie à la prise de poids. Le traitement est proposé pour une durée de 6 à 12 mois qui couvre la période la plus à risque de récidive. Passé cette période, le traitement peut-être interrompu.
Pour les TSV de l’enfant plus grand, qui décrit des accès des tachycardies bien toléré sur le plan hémodynamique, la prise en charge peut se résumer à l’enseignement des manœuvres vagales lorsque que les crises ne sont pas trop fréquentes. Les manœuvres vagales réalisables par un enfant ou un adolescent sont : la manœuvre de Valsalva, le fait d’expirer contre un obstacle, l’ingestion d’un grand verre d’eau glacé ou encore le fait de se mettre en position du poirier.
Si ces techniques ne sont pas efficaces, on peut proposer de prescrire un « traitement minute » qui consiste à prendre, en automédication, un comprimé de bétabloquant ou d’un autre anti arythmique afin de faire cesser la crise. L’ablation endocavitaire est techniquement possible à tout âge. Des cas d’ablations chez des nouveaux nés de moins de 2 kg ont même été rapportés dans la littérature. Cependant les indications d’ablation chez les petits enfants sont tout à fait exceptionnelles et uniquement retenues en cas d’échec du traitement médical d’une tachycardie mettant en jeu le pronostic vital ou lorsque le contrôle de la tachycardie se fait au prix d’effets secondaires graves du traitement antiarythmique.
En effet le rapport bénéfice/risque n’est pas en faveur de l’ablation chez le petit enfant car l’évolution spontanée est souvent favorable et le risque de complications de l’ablation plus important que chez le grand enfant ou l’adulte. Chez le petit enfant, les indications d’ablation concerne donc exclusivement les troubles du rythme mettant en jeu le pronostic vital ou les substrats qui ne seront plus accessibles par voie endocavitaire après une chirurgie cardiaque (palliation de ventricule unique par dérivation cavo-pulmonaire totale ou annuloplastie risquant d’exclure une voie accessoire).
En cas de syndrome de Wolff-Parkinson-White, l’exploration endocavitaire avec option d’ablation est indiquée, que l’enfant fasse des accès de tachycardie ou non, avant l’entrée au collègue. Cette exploration complète l’épreuve d’effort qui est rarement contributive, et renseigne sur la période réfractaire antérograde de la voie accessoire et le risque potentiel de mort subite par transmission d’une fibrillation atriale en fibrillation ventriculaire.
Le risque de fibrillation atriale chez l’enfant est exceptionnel avant cet âge et c’est pourquoi la limite de 8-10 ans est retenue par la plupart des électrophysiologistes pédiatriques pour réaliser l’exploration. Au terme de l’exploration, la période réfractaire antérograde de la voie accessoire de base et sous Isuprel est renseignée, de même que sa localisation et l’inductibilité ou non de rythme réciproque. L’exploration peut-être alors complété par une ablation de la voie accessoire si la voie accessoire n’a pas une localisation à risque de complication, si elle est potentiellement dangereuse et/ou responsable de tachycardie.
A l’opposé, une voie accessoire non dangereuse, dont la localisation est à risque ou qui n’est pas responsable d’accès de rythme réciproque sera respectée. En cas de voie accessoire « mal placée », potentiellement dangereuse et/ou responsable d’accès de tachycardie, l’ablation pourra être temporisée. Dans ce cas l’enfant est placé sous traitement par flécaïnide jusqu’à qu’il ait atteint un gabarit permettant d’envisager l’ablation et que les risque de celle-ci ait été expliqué et compris par le patient et sa famille.
En cas de syndrome de Wolff Parkinson White, la pratique du sport de compétition est déconseillée à partir de l’âge de 8-10 ans ou temps que l’exploration électrophysiologique n’a pas été effectuée.
Conduite à Tenir en Cas d'Urgence
En cas d'arrêt cardiorespiratoire (ACR), une conduite systématique (acronyme « ABC-DE ») et raisonnée de l’examen clinique lors des situations urgentes est essentielle. Cette conduite systématique, fondée sur les recommandations européennes, est applicable pour évaluer la gravité de tout enfant malade. En effet, seules la reconnaissance précoce et la prise en charge des enfants gravement malades permettent d’éviter la survenue d’un arrêt cardiorespiratoire (ACR) et d’en prévenir les conséquences.
- A - Voies aériennes: Ouvrir, désobstruer, sécuriser les voies aériennes. Évaluation (maximum 10 secondes) : respiration normale ? Évaluation : présence de signes de vie ?
- B - Respiration: Le travail respiratoire apprécie la mise en jeu des muscles accessoires et est évalué par la recherche de signes de lutte respiratoire : balancement thoraco-abdominal, battement des ailes du nez, tirage (sus-sternal, sous-costal, intercostal), entonnoir xiphoïdien, geignement expiratoire. Le volume pulmonaire est évalué par l’inspection et l’auscultation. L’inspection apprécie le caractère symétrique ou non de l’expansion thoracique. L’oxygénation est évaluée par la coloration de l’enfant (rose, pâle, cyanose) et la mesure de la SpO2.
- C - Circulation: L’insuffisance circulatoire compensée est définie par l’anomalie d’au moins 2 des 5 critères ci-dessus. L’insuffisance circulatoire est dite décompensée s’il existe une hypotension. Effectuer une expansion volémique de solutés balancés de préférence (type Ringer lactate), par bolus de 10 ml/kg (max. 500 ml par bolus) répétés au besoin, selon les réévaluations cliniques successives (max.
- Compressions Thoraciques: Les compressions thoraciques sont réalisées selon des techniques propres à l’âge. L’enfant est placé sur un plan dur. Les compressions sont délivrées dans la moitié inférieure du sternum, avec dépression du thorax d’environ un tiers de son diamètre antéropostérieur, et selon un rythme de 100 à 120/min. Chez le nourrisson d’âge < 1 an, un sauveteur seul utilise les extrémités de deux doigts ou la technique à deux mains par encerclement du thorax.
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