Mouna Soualem, actrice et réalisatrice franco-algérienne, s'impose discrètement mais sûrement dans le paysage cinématographique français. Révélée au grand public grâce à son rôle dans la série événement de Canal + « Cimetière Indien », où elle incarne avec brio Lidia Achour, une enquêtrice tiraillée entre passé et avenir, Mouna Soualem est une artiste engagée, dont le travail est profondément ancré dans l'histoire et la mémoire.
Un héritage familial riche et diversifié
Née le 17 avril 1992 à Paris, Mouna Soualem, âgée de 31 ans, est issue d'une famille d'artistes emblématiques. Elle est la fille de l'actrice et réalisatrice franco-palestinienne Hiam Abbass, connue pour ses rôles dans des films de Steven Spielberg (Munich) et des séries comme Succession, et de l'acteur franco-algérien Zinedine Soualem, que l'on a pu voir dans « Le Nom des gens », « Munich » ou encore « La Maison du bonheur ». Elle est également la sœur de la réalisatrice de documentaires Lina Soualem, dont le film « Leur Algérie » a été salué par la critique.
Cet héritage familial riche et diversifié a profondément marqué Mouna Soualem, qui se définit comme une artiste grandissant entre deux cultures, entre l’héritage familial et le désir de raconter ses propres histoires à l’écran. L'exil, le déracinement et les tabous liés à la guerre d’Algérie nourrissent son œuvre, ainsi que celle de sa mère et de sa sœur.
Des débuts prometteurs
Mouna Soualem a développé très tôt un amour pour le cinéma. À l'âge de 10 ans, elle a fait ses premiers pas devant la caméra sur le plateau de « Munich » de Steven Spielberg. Elle se souvient avoir suivi le réalisateur partout, lui posant des questions et manifestant une grande curiosité pour tout ce qui se passait sur le tournage. Cette expérience a confirmé son amour naissant pour le jeu et l'a encouragée à poursuivre dans cette voie.
Avant de se concentrer sur sa carrière de comédienne, Mouna Soualem s'est essayée à la danse et au cirque. Elle a ensuite étudié le cinéma à l'université Paris VIII, tout en suivant une formation au Conservatoire du Ve arrondissement de Paris.
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Une carrière cinématographique en pleine ascension
Mouna Soualem a débuté sa carrière cinématographique en 2005 avec un petit rôle dans le film « Munich ». En 2008, elle participe au film « Plus tard tu comprendras », réalisé par Amos Gitai. En 2012, elle joue dans le film « Héritage », réalisé par sa mère, aux côtés de sa sœur Lina Soualem. Le film raconte l'histoire d'une famille palestinienne dans un climat de guerre.
Elle a ensuite élargi sa filmographie avec des rôles dans des longs-métrages et des séries. On a pu la voir dans « La nuit du 12 » de Dominik Moll et « Le dernier souffle » de Costa-Gavras. En 2022, elle incarne Sarah Oussekine dans la série « Oussekine », qui revient sur la mort de Malik Oussekine en 1986.
Mais c'est son rôle de Lidia Achour dans la série « Cimetière Indien » qui la révèle véritablement au grand public. Elle y incarne une enquêtrice à deux époques de sa vie, en 1995 et en 2020, personnage tiraillé entre passé et avenir. Un rôle fort, ancré dans l’histoire française, qui lui permet d'explorer les thèmes de la mémoire, de la justice, du silence et de l'héritage post-colonial. Pour la comédienne, la mémoire n’est pas un simple fil narratif, mais un moteur.
Mouna Soualem a partagé l'affiche de « Cimetière indien » avec Hafsia Herzi, avec qui elle travaille également sur le film « La petite dernière » (2025), réalisé par Hafsia Herzi.
« Leur Algérie » : un documentaire personnel et engagé
En 2020, Mouna Soualem écrit et réalise « Leur Algérie », un documentaire personnel salué dans plusieurs festivals de cinéma. Le film explore l'histoire de ses grands-parents, qui se sont séparés après soixante-deux ans de mariage. À travers ce récit familial, Mouna Soualem aborde les thèmes de l'exil, du déracinement, de la mémoire et de la transmission.
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Le film est sélectionné à Visions du Réel et à Toronto, et remporte des prix du meilleur film documentaire.
Une artiste engagée et respectée
Mouna Soualem est une artiste engagée, dont le travail est profondément ancré dans l'histoire et la mémoire. Ses projets récents, souvent autoproduits ou réalisés en collaboration avec des studios indépendants, reviennent sur les non-dits familiaux, les traumatismes intergénérationnels et l’identité franco-arabo-palestinienne.
Si Mouna Soualem n’est pas une star médiatique, elle est connue et respectée dans les milieux du cinéma indépendant et du documentaire d’auteur. Elle participe à de nombreux festivals, donne des conférences et est invitée à Canal+, France Télévisions et Arte.
Elle appartient à une génération de jeunes femmes artistes qui grandissent entre deux cultures, entre l’héritage familial et le désir de raconter leurs propres histoires à l’écran.
Prochaines apparitions
Le public pourra retrouver Mouna Soualem dans « La petite dernière » (2025), d’Hafsia Herzi.
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Des épisodes de la série « Cimetière indien » sont régulièrement diffusés sur Canal+.
Filmographie sélective
- 2005 : Munich
- 2008 : Plus tard tu comprendras
- 2012 : Héritage
- 2022 : La nuit du 12
- 2022 : Oussekine (Série TV)
- 2022 : Le Horla
- 2025 : Cimetière indien (Série TV)
- 2025 : La petite dernière
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