Avez-vous déjà rencontré des difficultés à communiquer harmonieusement en famille? Votre quotidien est-il ponctué de cris, de pleurs et de demandes incessantes? Avez-vous du mal à vous faire entendre et à écouter attentivement vos enfants et votre partenaire? Peu à peu, vos relations se tendent et la belle complicité qui vous unit se détériore. Et si un outil pédagogique emprunté aux Amérindiens pouvait changer la donne? Le bâton de parole pourrait être la solution pour instaurer une communication plus paisible et constructive au sein de votre foyer.

Qu'est-ce qu'un bâton de parole?

Définition du Bâton de Parole

Le bâton de parole, également appelé "talking stick", est un outil de communication inspiré des traditions amérindiennes. Son utilisation s'est renforcée ces dernières décennies, surtout dans le domaine éducatif auprès des enfants. Jacques Salomé, psycho-sociologue, auteur et conférencier français, a contribué à sa réintroduction grâce à son livre "Pour ne plus vivre sur la planète TAIRE". Dans cet ouvrage, Jacques Salomé met l'accent sur l’influence d'une oreille attentive et de l'expression sincère pour construire des liens familiaux solides et harmonieux.

Jacques Salomé apporte sa définition du bâton de parole: «Il s’inspire des rituels amérindiens. Il signifie que celui qui le prend à quelque chose à dire et qu’il demande écoute, attention et respect. Il confirme que la personne ne sera pas interrompue. Il invite à préparer son intervention, à faire l’effort de conscientisation, de clarification. Il n’autorise pas à parler sur l’autre, il autorise seulement à parler de soi dans le registre du témoignage d’une idée, d’un ressenti, d’un fait, d’un sentiment, d’une croyance.»

Histoire et Symbole

Le bâton de parole tire son origine des peuples amérindiens. Ce bâton est utilisé lors des rassemblements tribaux où il représente la sagesse, le respect et l’équité dans la communauté. Le rituel est de le faire passer d’un membre du conseil à l’autre tour à tour pour réguler le temps de parole. Les ornements du bâton de parole amérindien symbolisent des vertus essentielles :

  • Les poils du bison évoquent force et courage.
  • La fourrure du lapin apporte chaleur et douceur.
  • Les plumes de l’aigle représentent sagesse et courage.
  • La pierre bleue, symbole de connexion au grand esprit.

Cet objet symbolique empreint de traditions perdure encore dans notre monde d'aujourd'hui. Il demeure un emblème universel de la communication bienveillante et du respect mutuel.

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Comment Fonctionne le Bâton de Parole?

L'objectif du bâton de parole est de visualiser la prise de parole. Pour que son utilisation soit efficace, il faut que tout le groupe respecte plusieurs règles:

Règles pour ceux qui ne détiennent pas le bâton de parole

  • Ils écoutent celui qui parle.
  • Ils ne peuvent pas l'interrompre par leur gestuelle ou en lui coupant la parole. Cela reviendrait à prendre la parole alors qu'ils n'ont pas le bâton.
  • Ils ne peuvent pas non plus arracher le bâton des mains de celui qui le détient.

Règles pour celui qui possède le bâton

  • Il est le seul à pouvoir parler sans être interrompu.
  • Il garde le bâton entre ses mains jusqu'à ce qu'il ait terminé de parler.
  • Il peut exprimer les faits, son point de vue ou une idée personnelle. Il peut également possible pour lui de partager son ressenti, ses vérités, ses sentiments (Je ressens ceci, je sens que, je pense cela, j'aime, je me sens…). L'idéal est de commencer les phrases par « JE ».
  • Il lui est interdit de porter un jugement sur une autre personne (par exemple tu es un tricheur»). En tant que parent, ton rôle est très important à ce niveau-là : je t'invite à apprendre à tes enfants à repérer les jugements et à les formuler autrement. Par exemple, la phrase « Je pense que Martin est un tricheur » commence par un JE, mais elle contient un jugement sur Martin. Ce qui est interdit avec le bâton de parole (D'ailleurs ce n'est pas une bonne idée sans le bâton non plus ;-)). Je te recommande d'être très vigilant sur ce point. Le bâton de parole ne sert pas à se défouler. Ce n'est pas parce que l'enfant le détient dans ses mains qu'il a le droit de tout dire et de le dire de n'importe quelle façon.

Quand l'enfant a fini de parler, 2 possibilités s'offrent à lui. Soit il repose le bâton au centre afin qu'un autre enfant « prenne la parole ». Soit il le passe à quelqu'un pour lui « donner la parole ». C'est à toi de voir ce qui paraît le plus adapté à la situation.

Quand Utiliser un Bâton de Parole?

Le bâton de parole peut être proposé lorsque vous avez besoin d'échanger à plusieurs sur un sujet important (lors des conseils de famille, par exemple). Il est également très utile pour prendre une décision collective, comme décider d'une activité partagée. Enfin, lorsque les enfants en ont bien compris le fonctionnement et respectent les règles d'utilisation, il est d'une grande aide après une dispute pour que les enfants communiquent entre eux.

Je le recommande vivement lorsqu'il s'agit d'échanger sur ce sujet oh combien compliqué des écrans! (Découvre 3 pistes pour gérer les écrans).

Il ne faut pas y recourir à tout bout de champ. Par exemple, il n'est pas nécessaire de l'utiliser lors de discussions informelles ou pendant les repas. Ce n'est pas un jeu non plus. Le bâton de parole est un outil précieux de communication non-violente, mais il risque de perdre son intérêt si on l'utilise juste pour « parler » et non pour « s'exprimer ».

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Quels Sont les Bénéfices du Bâton de Parole?

Pour la vie de famille

Le bâton de parole est un outil formidable pour :

  • Combler un manque de temps d'échanges apaisés
  • S'assurer que tous les enfants ont pu s'exprimer
  • Pacifier les relations dans la fratrie
  • Désamorcer les crises et les disputes
  • Proposer un cadre et une aide bienveillante sans punir
  • Booster un climat d'écoute.

Pour les enfants

Le bâton de parole permet d'apprendre à :

  • Prendre la parole (c'est un très bel outil pour les enfants timides)
  • Parler de soi et exprimer son point de vue
  • Clarifier ses propos et réaliser des reformulations
  • Garder le silence lorsque ce n'est pas son tour
  • Gérer les conflits
  • Mieux comprendre les émotions et les besoins des autres
  • Ne pas couper la parole
  • Améliorer la confiance en soi et l'estime de soi de chacun.

De plus, il offre de belles occasions de nourrir les besoins relationnels des enfants "de se dire" et "d'être entendu".

Lorsque le baton de parole est utilisé régulièrement, cela permet aussi d'apprendre à pardonner et de développer la gratitude.

Attention ! Le bâton de parole est un outil. Il s'agit d'un instrument utilisé pour réguler la parole et favoriser l'écoute. Ce n'est pas une baguette magique ou une astuce grâce à laquelle les enfants vont immédiatement rester calmes et sereins ou échanger sans crier. Mais bien utilisé, il est une belle aide pour développer des intéractions harmonieuses et apaisées en famille.

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Je ne peux que t'encourager à utiliser le baton de parole!

Comment Fabriquer un Bâton de Parole avec Tes Enfants?

J'ai connu un formateur qui utilisait une petite peluche en forme de singe en guise de bâton de parole. Il l'appelait Arthur ! Celui qui souhaitait prendre la parole prenait Arthur dans ses mains.

Mais tu peux le bricoler avec tes enfants. Le DIY (Do It Yourself) bâton de parole est très simple à réaliser à partir de la trousse d’école de tes enfants et de bouts de cartons recyclés ou d’éléments naturels.

Les fournitures dont vous aurez besoin:

  • tube de colle,
  • ciseaux,
  • éléments de décoration.

DIY 1 : en pleine nature

  1. Récolte avec tes enfants des bouts des morceaux de bois entre 3 à 5 cm de diamètre.
  2. Rassemble des plumes, des pommes de pins sur votre chemin.
  3. Si tu es habile de tes mains, tu peux sculpter le bâton. Par exemple, tu peux inscrire les prénoms ou les initiales de tous les membres de la famille.
  4. Laisse ensuite tes enfants coller ou en nouer les élément ornementaux qu’ils auront choisis.

DIY 2 : recyclage

  1. Achete un kit décoratif coloré (pompon, rubans, plumes, perles).
  2. Récupère un rouleau de carton recyclé de type essuie-tout.
  3. Colle ces éléments de décoration sur un rouleau de carton.

Laisse libre cours à ton imagination et à celle de tes enfants.

Le Bâton de Parole : Un Merveilleux Outil pour le Développement de Ton Enfant

  1. Le bâton de parole peut être utilisé pour gérer les conflits. Lorsqu'une dispute éclate, au lieu de laisser les émotions déborder, le bâton de parole peut être utilisé pour donner à chaque enfant l'occasion de s'exprimer calmement et de manière réfléchie.
  2. Cela permet de créer un espace sûr où les enfants peuvent exprimer leurs sentiments sans interruption, favorisant ainsi la résolution de conflits de manière pacifique.
  3. En outre, le bâton de parole peut aider à développer l'empathie. En écoutant attentivement ce que l'autre a à dire, les enfants apprennent à se mettre à la place de l'autre. Cela peut les aider à comprendre les sentiments et les perspectives des autres, ce qui peut à son tour les aider à devenir plus tolérants et compréhensifs.
  4. En ce qui concerne le développement de l'expression personnelle, le bâton de parole peut aider les enfants à gagner en assurance. Le fait de tenir le bâton donne à l'enfant l'autorité de s'exprimer, ce qui peut renforcer sa confiance en soi.
  5. Cela peut également les aider à développer leurs compétences en communication, ce qui est essentiel pour leur développement personnel et social.
  6. Enfin, le bâton de parole peut également être utilisé pour encourager la participation active. En donnant à chaque enfant une chance de parler, il encourage tous les enfants à participer activement à la discussion, ce qui peut favoriser un sentiment d'appartenance et de communauté.

Le Bâton de Parole dans un Contexte Plus Large : Débats et Philosophie avec les Enfants

Le bâton de parole peut également être un outil précieux dans le cadre de débats philosophiques avec les enfants. Le débat doit permettre d’ouvrir une réflexion à plusieurs points de vue et progresser au fil de la discussion pour dresser un tableau approfondi du sujet. Quand cela est possible, le thème peut être présenté aux enfants plusieurs jours avant la séance de travail soit par un support visuel (photogramme, iconographies, tableaux, vidéos, etc.) soit par la mise en place d’un espace réservé où les enfants peuvent inscrire leurs réflexions ou leurs propositions.

Voici quelques étapes pour organiser un débat philosophique avec un bâton de parole :

  1. Préparer et présenter le lieu de la discussion : Le cadre compte ! Il est important que les règles de prises de parole et d’écoute soient partagées et bien claires pour tous.
  2. Présenter le sujet : Faire émerger les représentations et les connaissances des enfants sur le sujet, cueillir les questions, les problèmes et les intérêts sur le sujet. L’animateur/enseignant peut également poser directement une question à visée philosophique, c’est-à-dire une question ouverte, qui permet la réflexion à plusieurs points de vue. Ce type de question ne permet pas de réponse par oui ou non, ne concerne pas un fonctionnement, n’est pas scientifique.
  3. Installer le débat : Une fois la question posée et affichée pour que chacun puisse s’y référer à tout moment, il convient de laisser le débat s’installer dans le groupe. Les enfants vont s’exprimer sur le sujet dans l’objectif d’argumenter, d’expliquer son point de vue, son accord ou désaccords avec celui d’une autre personne. L’animateur/ enseignant a un rôle important à jouer.
  4. Synthétiser les idées : Quand l’animateur/ enseignant s’est assuré qu’aucun enfant ne veut ajouter quelque chose, il peut alors synthétiser les idées qui ont été apportées pendant le débat et mettre en lumière les accords et les désaccords sur le sujet ; le temps du débat ne se conclut en effet pas par une “réponse”. Cette synthèse peut donner lieu à la rédaction d’une phrase, sagesse du jour, à garder pour la suite.

Conseils : Il est également important de bien choisir l’amorce : question, parole libre, image… C’est elle qui doit générer le questionnement philosophique des enfants. Il est donc impératif pour l’animateur/ enseignant de préparer sa séance en se documentant, en sélectionnant ses supports, en identifiant les éventuelles pistes qui pourront être soulevées par les enfants,… Ce temps de préparation permet à l’animateur/enseignant de pouvoir maintenir le débat sur la durée. Sinon, il y a un risque de ne plus être dans la discussion philosophique mais dans des échanges informels et non construits.

L'Importance de la Parole et de l'Expression Orale chez l'Enfant

Les ateliers de philosophie vont permettre de rééquilibrer en montrant une image de soi, non plus au groupe mais en tant que personne du monde. Cela renouvelle l'estime de soi. De la désappartenance à la réappartenance (axe psychologique).

À l’école maternelle, l'acquisition du langage oral est au cœur du programme du premier cycle. Les albums d'Oscar BRENIFIER (Pourquoi je ne peux pas faire ce que je veux ? S’exprimer, oser prendre la parole, nommer et décrire, soutenir une conversation, comprendre un récit, donner son avis, les enfants n’ont pas trop de trois années pour progresser.

La parole ne vient pas du jour au lendemain mais se déploie à un rythme inégal à partir de la deuxième année. Dans la continuité du langage préverbal, elle s’installe dans un contexte conversationnel avec des adultes familiers, à la fois dans ses modalités gestuelles et vocales. À l’âge de 3 ans, une majorité possède un vocabulaire de deux cents à trois cents mots, construisent des phrases courtes et répondent aisément aux questions des adultes. Parmi les autres, certains s’expriment bien dans une langue autre que le français, d’autres parlent uniquement en famille et pas à l’école, et enfin quelques-uns ne sont pas encore des locuteurs.

Le programme du cycle 1 prend en compte ces différentes situations : « Chacun arrive à l’école maternelle avec des acquis langagiers encore très hésitants ; certains élèves s’expriment souvent par des moyens non verbaux et apprennent à parler. Parler et faire parler les enfants, le B-A BA du métier d’enseignant ».

L’école maternelle, désormais obligatoire, accueille tous les enfants quelles que soient la richesse de leurs expériences et leur familiarisation avec la langue française. Le programme en vigueur précise bien que l’école maternelle « s’appuie sur un principe fondamental : tous les enfants sont capables d’apprendre et de progresser. […] Les apprentissages des jeunes enfants s’inscrivent dans un temps long et leurs progrès sont rarement linéaires. ». Alors, évitons de considérer que les enfants qui ne parlent pas au moment de leur première rentrée scolaire ont un train de retard.

La petite section est composée d’enfants qui s’expriment déjà avec aisance, tandis que d’autres ne sont compris que par leur entourage. Tous sont en âge de répondre à des messages simples, soit par la parole, soit par des actions. Cette situation ne devrait pas être un problème insurmontable puisque le contenu pédagogique du cycle 1 prévoit la « stimulation et la structuration du langage oral » de tous les enfants, sans conditions sur leur niveau initial : « L’enseignant crée les conditions bienveillantes et sécurisantes pour que tous les enfants (même ceux qui ne s’expriment pas ou peu) prennent la parole, participent à des situations langagières plus complexes que celles de la vie ordinaire. »

Perfectionner le Langage « en Situation »

La forme de langage privilégiée de tous les jeunes enfants, et pas seulement de ceux qui entrent en petite section, est un langage « en situation », c’est-à-dire contextualisé. À la maison, les premiers dialogues émergent dans un cercle restreint d’interlocuteurs et autour de situations routinières : se laver, s’habiller, se nourrir, se déplacer, etc. À l’école aussi, les dialogues entre un enfant et un adulte portent sur les gestes répétitifs de la vie quotidienne. En cela, l’ATSEM est, selon l’expression qui figure dans les textes de l’Éducation nationale, un « tuteur de langage » essentiel. Il partage avec le professeur des écoles la responsabilité d’enrichir le vocabulaire et la construction des phrases de leurs interlocuteurs, à chaque fois que c’est possible : se laver les mains, mettre ses chaussures, rejoindre la salle de motricité… Certains enseignants préparent, y compris pour eux-mêmes, des listes de noms, d’adjectifs et de verbes couvrant le champ lexical d’une action précise, s’habiller par exemple. L’idée est d’enrichir le vocabulaire adressé aux enfants en vue de leur donner envie d’utiliser des mots nouveaux et justes.

Explorer les Possibilités du Langage « d’Évocation »

En grandissant, l’enfant devient capable de parler d’un événement en dehors de son contexte : il découvre le langage « d’évocation », celui qui permet de mettre en récit des faits passés ou d’envisager ceux à venir. Dans le programme du cycle 1, la capacité, tardive mais naturelle, à retracer la succession des faits est sollicitée sous la forme d’« apprendre en se remémorant ». Lorsque les situations conversationnelles ne constituent pas l’ordinaire dans le milieu familial, cette utilisation du langage est toute nouvelle. En classe, l’enseignant passe beaucoup de temps à rappeler aux enfants les étapes d’un projet qui a été réalisé : une recette de cuisine, une œuvre d’art, une sortie en forêt, etc. Pendant le regroupement, il pose des questions ouvertes auxquelles répondent quelques enfants, toujours les mêmes. Parmi les autres, plusieurs pourraient prendre la parole, à condition d’avoir le temps de s’exprimer, ce qui est plus facile en petit groupe et entre enfants du même niveau. Les recherches universitaires vont toutes dans ce sens : les « petits parleurs » - non pas au sens d’enfants qui seraient « en retard » - mais pour désigner ceux qui ont tendance à rester en retrait et silencieux, ont besoin d’un cadre adapté pour progresser aussi. Parce que faire parler suffisamment tous les enfants de la classe est mission impossible, le déploiement de divers dispositifs est important : petits groupes en APC (activités pédagogiques complémentaires), ateliers langage et lecture à voix haute d’albums jeunesse organisés sur le temps scolaire par des associations, etc.

Vers la Langue Écrite, avec l’« Oral Scriptural »

Derrière l’apparente valorisation de l’oral, le grand enjeu de l’école maternelle est de préparer au mieux à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Pour aider l’enfant à passer du langage parlé de tous les jours à un discours qui peut s’écrire, la dictée à l’adulte constitue un exercice couramment pratiqué. Les enfants deviennent producteurs de textes et découvrent, à force de tâtonnements et de reformulations, que leurs paroles peuvent donner naissance à une narration qui, une fois affichée, sera lue et relue par l’adulte. Bienvenue dans l’« oral scriptural », qui, comme son nom l’indique, se rapproche de la langue écrite, scriptural signifiant « relatif à l’écriture ». Les professeurs des écoles ont bien d’autres cordes à leur arc pour passer du langage parlé à la communication écrite. La plus pertinente, de l’avis de plusieurs chercheurs, est bien connue des professionnels de la petite enfance : la lecture d’albums. Rien de mieux pour faire entrer les enfants dans le langage écrit, surtout si l’on respecte scrupuleusement les phrases de l’auteur. Encore une inégalité entre les enfants qui savent pointer le doigt sur une phrase qu’ils demandent à un adulte de lire et ceux qui ne savent pas encore que le livre, au-delà des images, est un puits de mots et d’histoires !

Dans le programme, tout est déjà dit. Apprendre à parler en parlant : pourrait-il en être autrement ? Or, témoignages et recherches montrent qu’à l’école, le temps quotidien pendant lequel chaque enfant vit une situation conversationnelle qui lui est consacrée est beaucoup trop court, freinant ainsi les progrès espérés. D’où l’importance que l’ATSEM s’applique à cultiver la relation duelle, posture autre que celle de s’adresser au groupe classe, comme l’enseignant. En effet, les séquences pédagogiques autour du langage se font surtout en grand groupe et autour d’apprentissages ciblés en vue de consolider le vocabulaire et d’affiner la construction des phrases. Un contexte formel reconnu moins efficace que la répétition d’échanges informels et personnalisés au cours d’une journée. La classe est aussi le lieu où les enfants apprennent à se taire, avec cette pratique indémodable du lever de doigt, dans l’attente incertaine d’être désigné pour parler, et ce dès la petite section. Pour l’enseignant convaincu qu’il faut quelques années pour acquérir la posture d’élève, il existe des outils pédagogiques plus appropriés aux apprentis parleurs. Parmi eux, le bâton de parole, qui circule de main en main entre les enfants installés en cercle, offre un climat encourageant à s’exprimer ; la boîte à mystères, dans laquelle un nouvel objet est ajouté jour après, donne envie aux enfants de raconter ce qu’ils en savent.

La conclusion se trouve dans les textes de l’Éducation nationale : « L’école maternelle a sa responsabilité d’accompagner les enfants vers la maîtrise du langage oral. ». Le programme de 2015, remanié en 2020 et en 2021, précise : « Tout au long de l’école maternelle, l’enseignant crée les conditions bienveillantes et sécurisantes pour que tous les enfants (même ceux qui ne s’expriment pas ou peu) prennent la parole, participent à des situations langagières plus complexes que celles de la vie ordinaire ; il accueille les erreurs “positives” qui traduisent une réorganisation mentale du langage en les valorisant et en proposant une reformulation. Ainsi, il contribue à construire l’équité entre enfants en réduisant les écarts langagiers. »

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