Bartolomeu Dias, dont le nom est parfois francisé en Barthélémy Diaz, est un explorateur portugais né vers 1450 en Algarve et décédé le 29 mai 1500 au large du Cap de Bonne-Espérance. Il est surtout connu pour avoir été le premier Européen à naviguer autour du Cap de Bonne-Espérance en 1488, ouvrant ainsi une nouvelle voie maritime vers l'Asie.

Contexte historique et motivations

Au XVe siècle, les Européens étaient à la recherche de nouvelles routes commerciales vers l'Asie, notamment pour contourner le monopole musulman sur le commerce des épices. L'Infant Henri le Navigateur, fils du roi Jean Ier de Portugal, a joué un rôle essentiel dans l'impulsion donnée à l'exploration maritime portugaise, en finançant des expéditions le long des côtes africaines.

L'expansion lusitanienne a été initiée par l'Infant Henri le Navigateur, fils du roi Jean Ier de Portugal. Le prince a pour ambition d'explorer d'autres territoires pour des motifs religieux et économiques, tels que le négoce des épices, tout en se désengageant de l'emprise des Turcs ottomans sur le commerce européen. Même si Henri le Navigateur est décédé avant la première mission de Bartolomeu Dias, ce dernier a bénéficié directement de l'élan donné par l'Infant pour découvrir le globe.

En 1415, Henri le Navigateur mène sa première campagne. Il traverse le détroit de Gibraltar et conquiert Ceuta, enclave espagnole au Maroc. Autre prouesse, le franchissement du Cap Bojador en 1434. Situé à 300 km au sud des Canaries, ce lieu était la limite du monde connu. Afin d'améliorer la navigation, l'Infant Henrique fonde une académie qui réunit des astrologues, des cartographes et des navigateurs, venus de toute l'Europe. Ensemble, ils inventent la navigation astronomique, les cartes océaniques et une nef plus légère : la caravelle. Ce vaisseau est adapté des navires côtiers de l'Algarve. La caravelle de Dias comporte plusieurs mâts et cinq voiles, au maximum, et est manœuvrée par 25 hommes d'équipage. Surtout, elle peut naviguer contre le vent, avantage indéniable pour parcourir de longues distances. L'importance de tous ces travaux permet la conquête des océans. Pour financer ces innovations, l'Infant, nommé gouverneur de l'Ordre des Chevaliers du Christ, reçoit du pape Calixte III les droits spirituels sur le littoral africain. L'Ordre commandite ainsi les voyages des caravelles, dont les voiles portent leur croix rouge. En 1454, le prince obtient aussi l'approbation du pape pour traiter en esclaves les Africains. Reste un dernier obstacle, l'Equateur, qui inspire des mythes effrayants. Les navigateurs craignent que leurs navires s'y calcinent, qu'ils soient ébouillantés, ou encore que leur peau devienne noire.

Bartolomeu Dias est le premier explorateur à relier l'Océan Atlantique et l'Océan Indien par la voie des eaux, et ceci quatre ans avant la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb, révélation qui a terni le succès des navigateurs portugais.

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À la fin du XVe siècle, les navigateurs portugais avancent à grands pas dans l’exploration des côtes africaines. En 1484, Diogo Cao découvre l’embouchure du Congo. Quatre ans plus tard, Bartolomeu Dias atteint le cap de Bonne-Espérance et arrive dans l’océan Indien. La découverte de la route maritime du cap de Bonne-Espérance est un bouleversement économique et géopolitique. L’océan Indien, zone prédominante du commerce mondial, est désormais directement accessible aux navires portugais.

Jeunesse et formation

On ne connaît pas précisément les ancêtres de Bartolomeu Dias, mais il avait un frère nommé Diogo Dias. Un de ses parents, Denis Dias e Fernandes, aurait commandé des expéditions maritimes le long de la côte nord de l'Afrique dans les années 1440, découvrant le cap Vert et l'île de Gorée.

Durant sa jeunesse, Bartolomeu aurait fréquenté les cours de mathématiques et d'astronomie de l'université de Lisbonne et fut militaire dans la forteresse de São Jorge de Mina. Il était capable de déterminer les coordonnées du lieu et d'affronter les tempêtes et les calmes comme ceux du Golfe de Guinée.

Né en Algarve en 1450, Bartolomeu Dias apprend la navigation au contact du géographe et cosmographe allemand Martin Behaim. Il participe à sa première expédition à l'âge de 16 ans, mais ce n'est qu'à 37 ans que ses efforts sont couronnés d'une formidable réussite : la découverte du Cap de Bonne-Espérance, la pointe sud du continent africain.

L'expédition de 1487-1488 et le passage du Cap de Bonne-Espérance

En 1486, le roi Jean II de Portugal charge Bartolomeu Dias de poursuivre les explorations de Diogo Cão le long de l'Afrique. Le but officiel de l'expédition était de rechercher des informations sur le Prêtre Jean, un roi chrétien légendaire que l'on pensait se trouver en Afrique ou en Asie. Cependant, l'objectif réel était d'étudier la possibilité d'une route maritime vers les Indes.

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En août 1487, l'expédition de Dias quitte Lisbonne avec deux caravelles et une navette de vivres. À bord se trouvaient deux nègres et quatre négresses capturés par Diogo Cão sur la côte occidentale de l'Afrique. Bien alimentés et habillés, ils seront débarqués sur la côte orientale pour montrer aux populations de ces régions la bonté et la grandeur des portugais et en même temps recueillir des informations sur le royaume du Prêtre Jean.

En décembre, il atteignit la côte actuelle de la Namibie, au point le plus méridional sur les cartes de l'expédition de Diogo Cão. Au retour, étant toujours en vue de la côte, il découvrit le Cap des Aiguilles, le point le plus au Sud du continent et le Cap des Tourmentes actuel Cap de Bonne -Espérance qu'il avait contourné en haute mer à l'aller.

L'expédition parti de Lisbonne en août 1487, ayant à bord deux nègres et quatre négresses capturés par Diogo Cão sur la côte occidentale de l'Afrique. Bien alimentés et habillés, ils seront débarqués sur la côte orientale pour montrer aux populations de ces régions la bonté et la grandeur des portugais et en même temps recueillir des informations sur le royaume du Prêtre Jean.

L'exploration le long des côtes africaines est assurée par deux caravelles et une nef dédiée au transport du ravitaillement, afin de prolonger la durée des traversées au large. L'équipage est confronté à la bascule des vents dominants entre l'hémisphère nord et l'hémisphère sud. La nef, peu rapide, gêne leur progression. Aux alentours du sud du continent africain, les caravelles sont prises dans une tempête qui les amène à la côte, à hauteur de la baie Saint-Blaise (appelée aujourd'hui baie Mossel), à 370 km à l'est de la pointe de l'Afrique du Sud. Ils y font escale le 3 février 1488, et s'aperçoivent qu'ils sont parvenus dans l'Océan Indien et ont doublé, sans le voir, le Cap de Bonne-Espérance.

Bartolomeu Dias veut poursuivre l'exploration, mais son équipage, épuisé, se rebelle. En faisant demi-tour, il reconnaît la pointe et la nomme Cap des tempêtes. Le roi la rebaptisera Cap de Bonne-Espérance, car il y voit la preuve que cette route maritime mènera les explorateurs portugais aux Indes. Neuf mois après l'avoir quittée, il retrouve la nef avec à son bord 3 survivants. Fin 1488, après 16 mois de voyage, le Portugais fait un retour triomphal à Lisbonne. Dans la foule qui les accueille se trouve un Génois alors inconnu, Christophe Colomb, venu proposer ses services au roi du Portugal. Devant le succès de Bartolomeu Dias, le roi souhaite alors exploiter cette route qui évite les terres musulmanes.

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Cela le conduisit à être le premier occidental à doubler le Cap de Bonne-Espérance en 1488. Il le nomma cap des Tempêtes à cause des tempêtes qu'il y avait essuyées ; mais le roi Jean II préféra l'appeler cap de Bonne-Espérance, parce qu'il espérait, à juste titre, que cette découverte ouvrirait la route des Indes.

Conséquences de la découverte du Cap de Bonne-Espérance

La découverte du Cap de Bonne-Espérance est capitale pour les prochains voyages des explorateurs portugais et espagnols. En effet, elle apporte la preuve qu'il existe une route maritime vers les Indes et que le continent africain a bien une fin. Pour la première fois, les cartographes conçoivent les océans comme des espaces reliés. L'horizon du monde s'agrandit.

L'importance de la découverte du Cap de Bonne-Espérance réside dans le fait qu'elle ouvrait une nouvelle route maritime vers l'Asie, contournant ainsi le monopole des routes terrestres contrôlées par les Ottomans. Cette voie maritime allait permettre aux Européens d'accéder directement aux richesses de l'Orient, notamment les épices, la soie et les pierres précieuses.

La découverte du Cap de Bonne-Espérance est capitale pour les prochains voyages des explorateurs portugais et espagnols. En effet, elle apporte la preuve qu'il existe une route maritime vers les Indes et que le continent africain a bien une fin. Pour la première fois, les cartographes conçoivent les océans comme des espaces reliés. L'horizon du monde s'aggrandit.

Participation aux expéditions de Vasco de Gama et Pedro Álvares Cabral

Bartolomeu Dias accompagna Vasco de Gama lors de son voyage en Inde en 1497 et qui passa à São Jorge da Mina (au Ghana actuel). En 1500, il accompagna Pedro Álvares Cabral dans son fameux voyage où celui-ci découvrit le Brésil.

Décès

Quand la flotte continua vers les Indes, le navire de Bartolomeu Dias naufragea et il mourut près du Cap de Bonne-Espérance.

Héritage

Bartolomeu Dias fut le premier navigateur à naviguer hors de vue de la côte dans l'Atlantique Sud. Son voyage a marqué une étape importante dans l'histoire des explorations maritimes et a ouvert la voie à l'établissement de nouvelles routes commerciales entre l'Europe et l'Asie.

Bartolomeu Dias est un navigateur portugais boudé par l'histoire des Grandes Découvertes. A l'époque de Bartolomeu Dias, dans la seconde partie du XVème siècle, les Européens croient que la terre est plate et que l'univers tourne autour d'elle. Naviguer en haute mer est insensé et ils ne conçoivent pas encore qu'il existe une quelconque route maritime menant aux Indes. Contourner le Cap de Bonne-Espérance, la pointe sud de l'Afrique, est donc un véritable exploit intellectuel, technique et humain, qu'ont relevé les aventuriers du Portugal, petite nation d'un million d'habitants.

Vasco de Gama et Pedro Álvares Cabral : les héritiers de Dias

Après la découverte du cap de Bonne-Espérance, qui aurait le privilège de mener une flottille jusqu’en Inde, via le sud de l’Afrique ? Pour cette mission cruciale, le roi Jean II choisit un loyal serviteur, un aristocrate, plutôt qu’un marin chevronné comme Bartolomeu Dias. En 1492, grâce à Christophe Colomb, les rivaux espagnols avaient atteint, par l’Ouest, une terre que l’on prenait encore pour l’Inde… Pas question de leur laisser l’initiative dans l’océan Indien. Mais avant d’entamer une nouvelle expédition, les Portugais prirent le temps de mieux étudier les vents et les courants marins de l’hémisphère sud. Le roi dut aussi faire face aux opposants à ce type d’équipée, longue et onéreuse. C’est finalement son successeur, Manuel Ier, couronné en 1495, qui donna le départ.

Le 8 juillet 1497, trois nefs et un navire ravitailleur quittèrent le port de Belém, avec environ 200 hommes. A leur tête, Vasco de Gama, âgé d’à peine 30 ans. La flottille effectua une large boucle dans l’Atlantique sud pour profiter des alizés, avant de repiquer vers le cap de Bonne-Espérance. Elle remonta ensuite la côte orientale de l’Afrique. A Mélinde (actuelle Malindi, au Kenya), le roi local fournit à Gama un pilote capable de traverser l’océan Indien jusqu’à la côte de Malabar, dans le sud-ouest de l’Inde. Les navires y arrivèrent en mai 1498, face à la cité de Calicut (Kozhikode). Mais l’irruption des Portugais en terre indienne fut une longue succession de maladresses et de quiproquos. Vasco de Gama n’avait que de maigres présents - tissus, chapeaux, sucre - à offrir au Zamorin, le riche roi de cette partie de la côte. La relation débutait mal. A terre, les marins européens, venus chercher « des épices et des Chrétiens », crurent ainsi que le temple hindou qu’ils découvraient était une église… Au bout de trois mois, Vasco de Gama rembarqua dans la précipitation, emmenant des notables locaux en otage - avant de les libérer -, pour assurer ses arrières. Cependant, les nefs, chargées d’épices, reçurent à Lisbonne un accueil triomphal.

Quatre années plus tard, la deuxième expédition de Gama en direction de l’Est, à la tête d’une flotte renforcée, ne fut guère plus glorieuse. Elle connut un relatif succès commercial, mais fut un fiasco diplomatique, marqué par un déchaînement de violence : le navigateur fit bombarder Calicut, pendit des prisonniers aux mâts de ses nefs, coula un navire de pèlerins revenant de La Mecque… A son retour, l’explorateur reçut honneurs et argent, mais il tomba en disgrâce quand le roi Manuel 1er l’accusa d’être plus attiré par le commerce lucratif que par la recherche des chrétiens en Orient. Il ne fut réhabilité qu’à la fin de sa vie : obtenant le titre de vice-roi des Indes, il reprit la mer en 1524, mais mourut peu après à Cochin, un comptoir sur la côte de Malabar. L’arrivée en Inde de Gama « ne fut pas un accomplissement aussi exceptionnel qu’on le prétendit », relève l’historienne Dejanirah Couto dans son livre L’Exploration du monde, une autre histoire des grandes découvertes (éd. Seuil, 2019). Avant Gama et ses équipages, des religieux occidentaux, des marchands musulmans et des voyageurs russes, toscans et vénitiens, avaient déjà foulé le sol indien. » De plus, le personnage ne semble pas avoir eu l’étoffe d’un héros visionnaire. Alors, pourquoi sa postérité est-elle immense ? Parce que son voyage reste un exploit, qui inaugura l’une des routes commerciales majeures de l’histoire maritime, et donna naissance au premier empire d’outre-mer des temps modernes. Mais aussi parce que sa légende fut forgée, dès le XVIe siècle, par le poète épique des Lusiades, Luis de Camoes.

« A l’heure des vêpres, nous aperçûmes la terre : d'abord un grand mont très élevé et arrondi au sud duquel se trouvaient d’autres montagnes plus basses, puis une plaine couverte de grandes forêts… » Ainsi l’écrivain de bord Pero Vaz de Caminha décrivit-il, en avril 1500, l’arrivée de l’expédition de Pedro Alvares Cabral en vue des côtes du Brésil. C’était la première fois que les Portugais apercevait cette terre qui allait devenir leur plus grande colonie. Et dont la découverte fut a priori totalement fortuite.

A l’origine, Cabral, un jeune navigateur issu de la petite noblesse, avait quitté Lisbonne début 1500 pour suivre la Route des Indes, ouverte deux ans plus tôt par Vasco de Gama. Mais en réalisant une large boucle vers l’Ouest dans l’Atlantique, ses treize navires et 1500 hommes d’équipage tombèrent sur la côte sud-américaine. Sur le rivage, ils établirent un contact pacifique avec les indiens Tupi, des chasseurs-cueilleurs vivant nus, au grand étonnement des Portugais. Ils constatèrent aussi la forte présence de bois rouge, à la couleur de braise, d’où viendra le nom Brasil. Cabral passa une quinzaine de jours à longer la nouvelle terre, y fit ériger un padrão pour la revendiquer et renvoya un navire à Lisbonne pour annoncer la découverte au roi. Puis l’escadre remit le cap sur l’Inde, où elle débarqua en septembre, avant de rentrer à Lisbonne, les soutes remplies d’épices.

Cabral reçut le titre inattendu de « découvreur du Brésil ». Mais était-ce justifié? Les Portugais ignoraient-ils vraiment l’existence du Brésil avant 1500 ? Six ans plus tôt, le royaume avait signé avec l’Espagne le traité de Tordesillas, stipulant que toute terre située à moins de 370 lieues à l’ouest du Cap Vert reviendrait à Lisbonne. Or, c’était le cas de toute une partie du territoire brésilien… Cette coïncidence a alimenté les spéculations, notamment au sujet d’un voyage secret des Portugais dans la région juste après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. « L’hypothèse d’une connaissance du Brésil dès 1493 est plausible, mais elle repose sur une convergence d’indices, des raisonnements a posteriori et non sur des preuves indubitables », nuancent Jean-Paul Duviols et Xavier de Castro dans Idées reçues sur les Grandes Découvertes (Chandeigne, 2019). On sait en tout cas que Cabral ne fut pas le tout premier Européen à voir cette terre. Quelques mois plus tôt, il avait été précédé par l’Espagnol Vicente Pinzon, ex-compagnon de Colomb, qu’une tempête avait fait dériver jusqu’à l’estuaire de l’Amazone.

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