Le parcours de la procréation médicalement assistée (PMA) est souvent décrit comme une "montagne russe émotionnelle". Il peut mettre à rude épreuve la libido et les sentiments au sein du couple. Les témoignages recueillis auprès de femmes et d'hommes engagés dans ce processus révèlent une réalité complexe, où les aspects hormonaux, psychologiques et relationnels s'entremêlent.
Impact des Traitements Hormonaux et Médicaux sur la Libido
L'un des principaux facteurs contribuant à la baisse de libido lors d'une FIV est le traitement hormonal lui-même. Pour stimuler la maturation ovocytaire et préparer la muqueuse utérine à l'implantation de l'embryon, les femmes reçoivent des injections d'hormones telles que la FSH et la LH. Ces hormones, bien que similaires à celles produites naturellement par le corps, peuvent perturber l'équilibre hormonal et entraîner une diminution du désir sexuel. Comme le confirme le centre de fertilité CPMA de Lausanne en Suisse, ces traitements sont essentiels pour la réussite de la FIV.
De plus, certains médicaments utilisés dans le cadre de la PMA peuvent avoir des effets secondaires sexologiques, tels que la sécheresse vaginale, les bouffées de chaleur, la fatigue et les maux de tête, contribuant ainsi à une perte de libido. Les ovules de progestérone, par exemple, sont souvent perçus comme peu glamour et peuvent altérer la confiance en soi et le désir.
L'Aspect Psychologique : Une Intrusion Médicale dans l'Intimité
Au-delà des aspects hormonaux, la dimension psychologique joue un rôle prépondérant dans la baisse de libido. Le Haut Conseil de la Santé publique souligne l'impact délétère des traitements sur la sexualité des couples, notamment une diminution du désir due à l'intrusion du médical dans leur vie sexuelle.
Les hommes peuvent se sentir remis en cause dans leur virilité et soumis à une exigence de performance, tandis que les femmes peuvent vivre une subordination de leur vie sexuelle à leur désir de grossesse. La sexualité, autrefois spontanée et hédonique, devient programmée et axée sur l'ovulation, au détriment de la relation de couple.
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Comme l'atteste la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, le parcours de PMA peut engendrer un "viol d'intimité" mal vécu par le couple, notamment en raison d'examens intrusifs tels que le test de Hüner.
Conséquences sur le Couple et la Vie Sexuelle
La baisse de libido peut avoir des conséquences significatives sur le couple et la vie sexuelle. Certaines femmes témoignent d'un désir inexistant, allant jusqu'à un rejet du contact physique, tandis que d'autres évoquent une sexualité devenue une corvée, dépourvue de plaisir et de spontanéité.
La communication au sein du couple est alors mise à l'épreuve. Il est essentiel de pouvoir exprimer ses sentiments, ses craintes et ses frustrations sans tabou, afin de ne pas laisser la situation s'envenimer. Comme le souligne le collectif BAMP, il est primordial d'aborder le problème de la baisse de désir sans complaisance, en ayant conscience que le nier ou l'enfouir risque de rendre le couple malheureux.
Stratégies pour Remédier à la Baisse de Libido
Face à cette situation, il est important d'adopter des stratégies pour préserver l'intimité du couple et raviver le désir. Voici quelques pistes à explorer :
- Communication ouverte et honnête : Parlez de vos sentiments, de vos craintes et de vos frustrations avec votre partenaire. Ne vous isolez pas et n'hésitez pas à demander de l'aide si nécessaire.
- Ritualiser des moments à deux : Accordez-vous des moments privilégiés, en dehors du contexte de la PMA, pour vous reconnecter et raviver la flamme. Organisez des dîners, des week-ends, des sorties, des activités que vous aimez faire ensemble.
- Retrouver la tendresse : Mettez l'accent sur les gestes tendres et affectueux, tels que les câlins, les massages, les baisers, les mots doux. La tendresse peut vous aider à retrouver le chemin du plaisir sexuel.
- Explorer de nouvelles zones érogènes : Sortez de la routine et osez explorer de nouvelles pratiques sexuelles. N'hésitez pas à communiquer sur vos envies et vos fantasmes.
- Conserver un lien charnel et sensuel : Trouvez des moyens de maintenir un lien physique avec votre partenaire, même en dehors des rapports sexuels. Tenez-vous la main, caressez-vous, massez-vous.
- Ne pas négliger le couple amoureux : Rappelez-vous que le désir d'enfant est le fruit d'un amour entre deux personnes. Prenez soin de votre relation et nourrissez votre amour.
- S'entourer et ne pas s'isoler : Parlez de votre projet à votre entourage, même si seuls quelques "happy few" sont au courant. Le soutien de vos proches peut vous aider à traverser cette épreuve.
- Ne pas renoncer à ses projets : Continuez à aménager votre lieu de vie, à accepter un nouvel emploi qui vous plaît. Ne laissez pas la PMA envahir votre vie.
- Partager ses émotions : N'ayez pas peur de vous dire vos peurs, vos ressentis corporels, vos rêves. Pleurez ensemble, soutenez-vous.
- Se faire aider : N'hésitez pas à consulter un sexologue ou un thérapeute de couple. Un accompagnement professionnel peut vous aider à surmonter les difficultés et à retrouver une vie sexuelle épanouie.
L'Importance de l'Accompagnement Psychologique
Il est essentiel de ne pas faire la route seul et de se faire accompagner psychologiquement si nécessaire. La plupart des centres de PMA mettent en place des cellules d'accompagnement psychologique pour soutenir les couples engagés dans ce processus. N'hésitez pas à y faire appel.
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Un psychologue peut vous aider à exprimer vos émotions, à gérer votre stress et votre anxiété, à améliorer votre communication au sein du couple et à retrouver une estime de soi positive. Il peut également vous orienter vers des thérapies douces telles que la sophrologie ou l'ostéopathie.
Facteurs Liés au Mode de Vie
L'alcool peut rendre difficile l’obtention et le maintien d’une érection, allant jusqu’à l’impuissance, et diminuer la libido en affectant les niveaux de testostérone. Des études montrent une diminution significative du pourcentage de spermatozoïdes chez les hommes alcooliques, avec un effet dose-dépendant. Même une consommation modérée, comme un verre de vin par jour, peut avoir un impact négatif sur la qualité du sperme chez les hommes participant à une PMA.
Le tabac, consommé quotidiennement par 13,7 millions de personnes en France, affecte la qualité du sperme. Une étude a révélé que les fumeurs ont plus de protéines de l’inflammation dans leur liquide séminal que les non-fumeurs, indiquant un état inflammatoire ayant une action directe sur les glandes accessoires. Fumer plus de 20 cigarettes par jour diminue la quantité de spermatozoïdes, réduisant la concentration spermatique de 19%. La nicotine, métabolisée en trans-3’-hydroxycotine (3HC), est corrélée à une baisse de mobilité des spermatozoïdes et à une augmentation des anomalies morphologiques du sperme.
L'exposition environnementale aux pesticides peut impacter la spermatogénèse et potentiellement contribuer à la dépression et à la maladie de Parkinson. Une méta-analyse récente a comparé le sperme d’hommes fertiles et infertiles du monde entier, révélant une diminution de la concentration du nombre de spermatozoïdes. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que l’alimentation est la principale source d’exposition aux pesticides pour les non-professionnels, contribuant à 80% de l’exposition chronique.
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