Le microbiote intestinal, un écosystème complexe de micro-organismes, joue un rôle essentiel dans la santé et le développement de l'enfant. Il est donc essentiel de comprendre comment il se forme, à quoi il sert et ce qui se passe lorsque son équilibre est perturbé.

Qu'est-ce que le microbiote intestinal ?

Le microbiote, également appelé flore intestinale, désigne l'ensemble des milliards de micro-organismes qui vivent dans le tube digestif, en particulier dans l'intestin grêle et le côlon. Il est constitué de centaines de milliards de micro-organismes non pathogènes.

Formation du microbiote intestinal chez l'enfant

Contrairement à ce que l'on pensait autrefois, le fœtus pourrait être exposé à certains micro-organismes dès la vie intra-utérine, via le placenta et le liquide amniotique. Bien que le tube digestif soit généralement considéré comme stérile à la naissance, des études récentes suggèrent une colonisation prénatale par des micro-organismes présents dans l'environnement intra-utérin.

Facteurs influençant le développement du microbiote

De nombreux facteurs influencent le développement du microbiote intestinal chez l'enfant :

  • Mode d'accouchement : L'accouchement par voie basse permet la transmission des bactéries de la flore vaginale et intestinale de la mère à l'enfant, favorisant une diversité microbienne plus importante, notamment des bactéries du genre Bifidobacterium. La césarienne peut altérer cette diversité, avec une quantité moindre de bactéries issues de la famille des Bacteroidetes.
  • Alimentation : L'allaitement maternel module la composition du microbiote intestinal et augmente la présence de bifidobactéries et de lactobacilles. L'introduction progressive d'aliments solides marque une étape clé dans la maturation du microbiote.
  • Environnement familial : Des facteurs géographiques et culturels influencent directement le développement du microbiote intestinal dans les premiers mois ou années de vie.
  • Antibiothérapie : La prise d'antibiotiques altère le microbiote intestinal et pourrait diminuer sa diversité microbienne.
  • Consommation de probiotiques : La consommation de probiotiques, par la mère pendant la grossesse ou par le nourrisson après la naissance, influencerait positivement le développement du microbiote intestinal.
  • Durée de la grossesse : La durée de la grossesse impacte le rythme d'implantation des micro-organismes dans le microbiote du nouveau-né. Les bébés prématurés naissent avec un microbiote intestinal moins diversifié.

L'enfant en bas âge présente ainsi dans ses premières années un microbiote intestinal de plus en plus diversifié et complexe qui se stabilise vers l'âge de 2 à 3 ans.

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Rôle du microbiote intestinal chez l'enfant

Le microbiote intestinal joue un rôle central dans plusieurs fonctions essentielles :

  • Digestion et nutrition : Il est essentiel pour le transit et la digestion, aidant à décomposer les aliments et à assimiler les nutriments.
  • Développement du système immunitaire : Le microbiote intestinal joue un rôle central dans l'éducation du système immunitaire. Il aide l'organisme à distinguer les agents pathogènes des substances inoffensives, à développer une tolérance aux aliments et à limiter les réactions allergiques.
  • Prévention des maladies : Un microbiote intestinal équilibré peut prévenir l'apparition de pathologies diverses comme le surpoids, les allergies, les maladies inflammatoires de l'intestin.

Déséquilibre du microbiote intestinal : dysbiose

Un déséquilibre du microbiote intestinal, appelé dysbiose, peut entraîner des troubles digestifs, des allergies, des maladies inflammatoires de l'intestin, et d'autres problèmes de santé.

Facteurs de risque de dysbiose

Plusieurs facteurs peuvent perturber l'équilibre du microbiote intestinal chez l'enfant :

  • Césarienne : L'absence de contact avec la flore vaginale de la mère peut perturber le premier ensemencement du nouveau-né.
  • Prise d'antibiotiques : Les antibiothérapies sont connues pour nuire à la diversité microbienne de la flore intestinale.
  • Alimentation : Une alimentation déséquilibrée peut favoriser la croissance de bactéries nuisibles.

Probiotiques : alliés du microbiote intestinal de l'enfant

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, lorsqu'ils sont ingérés en quantité suffisante, produisent des effets bénéfiques sur la santé. Ils peuvent aider à rééquilibrer le microbiote intestinal et à améliorer la santé de l'enfant.

Bienfaits des probiotiques chez l'enfant

Les probiotiques peuvent avoir plusieurs bénéfices pour la santé de l'enfant :

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  • Soutien digestif : Ils aident à équilibrer la flore intestinale lors de troubles digestifs (diarrhée ou constipation).
  • Soutien immunitaire : Ils favorisent la production d'anticorps et participent à l'équilibre du système immunitaire.
  • Tolérance alimentaire et confort digestif : Ils peuvent agir sur la tolérance au lactose ou à certaines fibres, et participer au maintien d'une barrière intestinale saine.
  • Prévention et traitement des diarrhées aiguës : Ils moduleraient la flore intestinale du nourrisson pour réduire les risques d'infection et raccourciraient la durée des symptômes de la gastro-entérite aiguë.
  • Amélioration des symptômes de la dermatite atopique : Ils peuvent améliorer les symptômes cliniques et diminuer l'inflammation intestinale pour les nourrissons souffrant d'eczéma atopique.
  • Réduction des infections respiratoires : L'administration préventive de probiotiques en hiver chez de jeunes enfants pourrait diminuer le taux d'absentéisme en crèche pour cause de maladies.
  • Amélioration des coliques du nourrisson : Un apport en probiotiques pourrait aider à améliorer les symptômes de la colique chez le nourrisson.

Quand donner des probiotiques à son enfant ?

La consommation de probiotiques est particulièrement intéressante :

  • Après un traitement par antibiotiques.
  • En cas de diarrhée, de coliques ou de constipation.
  • Lors de périodes de fatigue ou de déséquilibre digestif.
  • Pour entretenir un bon équilibre intestinal.

Comment choisir un probiotique pour enfant ?

Il est important de choisir un probiotique adapté à l'âge et aux besoins de l'enfant. Il faut prêter attention à plusieurs critères :

  • Le choix des souches : Elles agissent différemment selon leur espèce.
  • La qualité du produit : Un bon probiotique doit contenir un nombre suffisant de micro-organismes vivants, exprimés en UFC (unités formant colonies).
  • L'association avec les aliments : Une bonne hygiène alimentaire soutient l'action des probiotiques.

Escherichia coli (E. coli) et le microbiote intestinal

Escherichia coli (E. coli) est une bactérie présente dans le microbiote intestinal de l’humain et des animaux. Si la plupart des souches d’Escherichia coli sont inoffensives, certaines d’entre elles, comme les ECEH, ayant acquis des facteurs de virulence, sont pathogènes.

E. coli entérohémorragiques (ECEH)

Les Escherichia coli entérohémorragiques (ECEH) vivent dans le tube digestif des ruminants. Lors de l'abattage ou lors de la traite, des matières fécales contaminées peuvent souiller du lait ou des carcasses. La contamination par les Escherichia coli entérohémorragiques est essentiellement due à l’ingestion d’aliments contaminés, consommés crus ou insuffisamment cuits. Il existe cependant d'autres possibilités de s'infecter.

Symptômes et complications

Les symptômes provoqués par ECEH (E. coli entérohémorragiques) apparaissent entre 3 et 4 jours après l’infection. Il s’agit de douleurs abdominales et de diarrhées, lesquelles peuvent évoluer vers des formes sanglantes (colites hémorragiques). Des vomissements et de la fièvre peuvent aussi survenir. Une semaine après cet épisode digestif peut survenir une infection beaucoup plus sévère : le syndrome hémolytique et urémique.

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Détection et traitement

La détection des infections à Escherichia coli entérohémorragiques se fait par un examen de laboratoire appelé coproculture. La plupart des antibiotiques sont déconseillés pour traiter les infections à ECEH. En détruisant les bactéries, ces derniers entraînent la libération de Shiga-toxines dans l’organisme, ce qui peut aggraver le SHU. Cependant, des traitements à base de certains antibiotiques, comme l’azithromycine, n’entraînant pas le relargage de ces toxines sont en cours d’évaluation. Le traitement des infections sévères à Escherichia coli entérohémorragique est effectué à l'hôpital. Il consiste à compenser la perte des globules rouges - l'anémie - par des transfusions sanguines et l'insuffisance rénale en effectuant des dialyses.

Prévention

La prévention des infections Escherichia coli entérohémorragiques repose tout d’abord sur l’hygiène des mains. Les connaissances actuelles ne permettent pas de réduire l’incidence de ECEH au sein des élevages bovins. En revanche, via des tests, il est possible de déterminer si un animal est porteur de la bactérie. Le cas échéant, la viande peut subir un traitement bactéricide qui consiste à la chauffer ou à l’irradier. Ces techniques, bien qu’étant efficaces, ne garantissent pas systématiquement l’absence de ECEH dans les aliments.

Conseils pour favoriser un microbiote intestinal sain chez l'enfant

Voici quelques conseils pour favoriser un microbiote intestinal sain chez l'enfant :

  • Favoriser l'allaitement maternel si possible : Il apporte des nutriments et des micro-organismes bénéfiques pour le microbiote.
  • Introduire progressivement une alimentation diversifiée à partir de l'âge recommandé : Cela enrichit la diversité bactérienne.
  • Privilégier un environnement sain mais non stérile : Éviter l'excès de produits antiseptiques et favoriser les sorties et les contacts avec la nature.
  • Limiter l'utilisation d'antibiotiques aux situations médicalement justifiées : Ils peuvent perturber la flore intestinale.

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