Aziz Ghali est une figure emblématique de la défense des droits humains au Maroc. En tant que président de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), il s’est distingué par sa position critique sur la situation des droits humains au Sahara occidental, un sujet sensible au Maroc. Son engagement lui vaut des obstacles administratifs et des campagnes de diffamation.
Parcours et engagement
Pharmacien de formation, Aziz Ghali a choisi de consacrer son énergie à la défense des droits humains. Son rôle à la tête de l’AMDH le place en première ligne sur les questions relatives aux libertés individuelles et collectives au Maroc, y compris la délicate question du Sahara occidental.
Le Sahara occidental : un territoire aux enjeux complexes
Le Sahara occidental est un territoire non autonome selon les Nations Unies, en attente de décolonisation depuis le retrait de l’Espagne en 1975. Le Maroc a pris possession de ce territoire la même année à travers la "Marche verte", une mobilisation de 350 000 civils. Cette action a plongé la région dans une situation de ni guerre ni paix, avec des revendications indépendantistes persistantes.
L’AMDH et la défense des droits au Sahara occidental
Sous la direction d’Aziz Ghali, l’AMDH a entrepris un travail de documentation des violations des droits humains au Sahara occidental. L’association recense les cas de disparitions forcées, apporte son soutien au principe d’autodétermination et dénonce les entraves à la liberté d’expression et d’association. L’AMDH a documenté de nombreux cas de violations des droits humains : disparitions forcées, détentions arbitraires, procès inéquitables, torture et mauvais traitements. Les médias indépendants et les observateurs internationaux se voient régulièrement refuser l’accès aux territoires disputés.
Obstacles et défis
L’engagement d’Aziz Ghali et de l’AMDH en faveur des droits humains au Sahara occidental leur vaut des difficultés. Les autorités marocaines mettent en place des mesures pour entraver le travail de l’association, allant des obstacles administratifs aux campagnes de diffamation orchestrées par les médias progouvernementaux.
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Un paradoxe marocain
La situation met en lumière un paradoxe au Maroc. Alors que le pays se présente comme un État de droit en voie de démocratisation, la question des droits humains au Sahara occidental reste un sujet tabou. Aziz Ghali et l’AMDH insistent sur le fait que la défense des droits humains ne peut souffrir d’exception géographique ou politique. "Notre engagement pour les droits humains ne peut être à géométrie variable."
Contexte géopolitique et coopération universitaire
Dans un contexte géopolitique complexe, des voix s'élèvent pour dénoncer certaines formes de coopération, notamment dans le domaine universitaire. Des étudiants et lauréats de l'UM6P (Université Mohammed VI Polytechnique) ont exprimé leur désaccord face aux accords liant leur université à des partenaires israéliens. Ils estiment que ces accords contribuent à l'occupation, à l'apartheid et aux crimes de guerre.
L'UM6P, une université privée prestigieuse financée en grande partie par l'Office chérifien des phosphates (OCP), est un acteur important dans le paysage académique marocain. L'OCP, souvent utilisé par l'État marocain pour financer le soft power et la promotion de son image, est également le principal financier étranger de l'Institut français des relations internationales (Ifri).
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