L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse, communément appelée « pilule abortive », est une méthode d'avortement qui suscite de nombreuses interrogations, notamment en ce qui concerne ses risques et son fonctionnement. Il est essentiel de bien distinguer la pilule abortive de la pilule contraceptive et de la contraception d'urgence, car elles ont des objectifs et des mécanismes d'action différents.

Qu'est-ce que la pilule abortive ?

La pilule abortive, dont le nom scientifique est mifépristone (vendue sous le nom commercial Myfegyne®), est un médicament destiné à provoquer un avortement et non une méthode de contraception. Elle est autorisée en France pour les avortements survenant au premier trimestre de grossesse, soit jusqu'à la 7e semaine de grossesse (9 semaines d'aménorrhée).

Il est crucial de comprendre que la pilule abortive n'est pas une contraception d'urgence. La contraception d'urgence, souvent appelée « pilule du lendemain », est une méthode préventive de grossesse utilisée après un rapport sexuel non protégé pour empêcher l'ovulation et donc la conception. Elle est destinée à un usage ponctuel et ne doit en aucun cas être utilisée à long terme.

Comment fonctionne l'IVG médicamenteuse ?

L'IVG médicamenteuse se déroule en deux étapes principales :

  1. Prise de mifépristone : La femme prend un premier comprimé de mifépristone, qui agit comme une anti-hormone en bloquant l'action de la progestérone, l'hormone essentielle au maintien de la grossesse. Ce médicament interrompt le développement de la grossesse.
  2. Prise de misoprostol : 24 à 48 heures après la prise de mifépristone, la femme prend du misoprostol, un médicament qui provoque des contractions utérines et l'expulsion du contenu de l'utérus. Ce médicament peut être administré par voie orale ou vaginale.

L'expulsion du contenu de l'utérus commence généralement 1 à 2 heures après l'administration du misoprostol et peut durer jusqu'à 24 heures. Les contractions utérines provoquent des douleurs et des saignements, souvent plus intenses et plus longs qu'en cas de règles normales.

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Quels sont les risques et les effets secondaires de l'IVG médicamenteuse ?

Comme toute intervention médicale, l'IVG médicamenteuse comporte des risques et des effets secondaires potentiels, qu'il est important de connaître :

  • Risque d'échec : La pilule abortive n'est pas efficace à 100 %. Il existe un risque d'échec de 2 à 5 %, ce qui signifie que la grossesse peut continuer à évoluer malgré la prise des médicaments. En cas d'échec, une aspiration peut être nécessaire pour interrompre la grossesse.
  • Saignements : Des saignements, ou métrorragies, souvent plus abondants que des règles, accompagnent systématiquement l'expulsion de la grossesse. Ils surviennent généralement dans les 3 à 4 heures suivant la prise du misoprostol et peuvent persister jusqu'à 30 jours après la prise du premier médicament.
  • Douleurs : Les douleurs abdomino-pelviennes induites par les contractions utérines sont quasiment systématiques. Des antidouleurs sont prescrits pour soulager ces douleurs.
  • Troubles gastro-intestinaux : Des troubles gastro-intestinaux tels que nausées, vomissements et diarrhées peuvent survenir.
  • Complications rares : Dans de rares cas, des complications telles qu'une hémorragie, une infection ou des douleurs persistantes peuvent survenir.

Il est important de noter que la fréquence des complications de l'IVG à domicile est comparable à celle des IVG réalisées en milieu hospitalier. En cas de symptômes inquiétants tels que fièvre, pertes de sang très abondantes, douleurs abdominales intenses ou malaise, il est impératif de contacter rapidement le professionnel de santé qui a suivi l'IVG.

Contre-indications à l'IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse est contre-indiquée dans certaines situations, notamment :

  • Grossesse extra-utérine (grossesse se développant en dehors de l'utérus)
  • Allergie à l'un des médicaments utilisés
  • Insuffisance rénale chronique
  • Porphyrie héréditaire
  • Corticothérapie à long terme
  • Troubles de la coagulation
  • Insuffisance surrénale

Le professionnel de santé consulté pour l'IVG évaluera les contre-indications potentielles lors de la première consultation afin de proposer la méthode d'IVG la plus adaptée à la situation de chaque femme.

Suivi médical après une IVG médicamenteuse

Un suivi médical est indispensable après une IVG médicamenteuse pour s'assurer de l'efficacité de la méthode et de l'absence de complications. Une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours après l'IVG. Cette consultation permet de vérifier que la grossesse est bien interrompue et de détecter d'éventuelles complications telles qu'une hémorragie ou une infection.

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Le contrôle de l'efficacité de l'IVG médicamenteuse peut se faire par une échographie ou par une prise de sang pour doser les hormones de grossesse (Bêta HCG). Si le taux de Bêta HCG est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l'IVG, cela signifie que l'avortement a fonctionné.

Où réaliser une IVG médicamenteuse ?

L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée par un médecin ou une sage-femme dans un cabinet de ville, un centre de santé, un centre de planification familiale ou un établissement de santé ayant signé une convention avec un établissement de santé.

Il est important de se renseigner auprès de professionnels de santé qualifiés pour obtenir des informations complètes et personnalisées sur l'IVG médicamenteuse, ses risques et ses modalités de réalisation.

Impact psychologique de l'IVG médicamenteuse

Il est essentiel de reconnaître que l'IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, peut avoir un impact psychologique variable d'une femme à l'autre. Certaines femmes peuvent ressentir de la culpabilité, de la tristesse ou de la colère à la suite de leur avortement. Il est important de ne pas nier ces émotions et de rechercher un soutien émotionnel si nécessaire.

Des professionnels de santé, des psychologues et des associations spécialisées peuvent offrir un accompagnement adapté aux femmes qui vivent une IVG. N'hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à contacter un professionnel pour obtenir de l'aide.

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