L'interruption médicale de grossesse (IMG), également appelée avortement thérapeutique, est une décision complexe et douloureuse, prise pour des raisons médicales concernant soit la santé de la mère, soit celle du fœtus. Cet article explore en détail la définition de l'IMG, les raisons qui peuvent conduire à cette décision, la procédure médicale, ainsi que les aspects psychologiques et le soutien nécessaire pour les parents confrontés à cette épreuve.

Définition et Cadre Légal de l'IMG

L’interruption médicalisée de grossesse (IMG) est une interruption de grossesse pratiquée pour des raisons médicales concernant le fœtus ou la mère, sans restriction de délai, indique l’Assurance maladie. L'interruption médicalisée de grossesse (IMG), ou avortement thérapeutique, consiste à interrompre une grossesse pour des raisons médicales. Elle peut être pratiquée jusqu’au terme de la grossesse, à la demande du couple ou de la femme enceinte, mais une autorisation doit être délivrée par une équipe pluridisciplinaire.

Contrairement à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), qui peut être décidée par la femme enceinte pour des raisons autres que médicales, l'IMG est motivée par des considérations de santé. Une femme enceinte qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse peut demander une interruption volontaire de grossesse (IVG) également appelée avortement. Elle est seule juge de sa situation : elle seule peut donc en faire la demande", explique l'Assurance maladie.

En France, une femme a le droit d’interrompre sa grossesse pour raison médicale à tout moment.

Les Raisons Médicales Justifiant une IMG

À de rares exceptions près - lorsque la vie de la mère est en danger - l’immense majorité des interruptions médicales de grossesse (IMG) est pratiquée lorsqu’une anomalie est détectée chez le fœtus. Deux situations principales peuvent justifier une IMG :

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  • Risque pour la santé de la mère : Bien que rare, une IMG peut être envisagée si la poursuite de la grossesse met gravement en danger la santé, voire la vie, de la mère.

  • Anomalie fœtale grave et incurable : L'IMG est le plus souvent pratiquée lorsqu'une affection d'une particulière gravité, reconnue comme incurable au moment du diagnostic, est détectée chez le fœtus. Cela peut inclure des malformations congénitales sévères, des maladies génétiques graves ou d'autres conditions médicales compromettant la qualité de vie future de l'enfant.

Le Processus de Décision et l'Accompagnement Médical

Si l’enfant à naître souffre d’une pathologie grave qui nécessite une IMG, la patiente est adressée à un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN). Sur demande des parents ou de la femme enceinte, la décision d’interrompre (ou non) médicalement une grossesse est pris par l’équipe pluridisciplinaire.

Le processus décisionnel entourant une IMG est encadré par une équipe pluridisciplinaire, généralement au sein d'un Centre Pluridisciplinaire de Diagnostic Prénatal (CPDPN). Cette équipe est composée de médecins spécialistes (gynécologues-obstétriciens, pédiatres, généticiens, etc.), de psychologues et de sages-femmes.

« L’équipe médicale est tenue d’informer préalablement les parents des conséquences de la pathologie sur le bébé et des alternatives à l’IMG de façon qu’ils puissent prendre leur décision de façon éclairée », ajoute la sage-femme. Suivant les maternités et le niveau de formation des médecins et des sages-femmes, les informations données ne sont pas toujours complètes.

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La décision finale revient aux parents ou à la femme enceinte seule, après avoir reçu toutes les informations nécessaires et un accompagnement adapté. La décision revient aux parents ou à la femme enceinte seule et doit être appuyée par une attestation médicale.

« Hors urgence médicale, un délai de huit jours est théoriquement prévu entre le moment de l’annonce du diagnostic et celui de l’IMG, avec un entretien entre les deux où tout le protocole leur est expliqué.

La Procédure Médicale de l'IMG

La plupart du temps, l’interruption médicalisée de grossesse est réalisée en déclenchant l’accouchement par les voies naturelles (ce qui évite de fragiliser l’utérus par un geste chirurgical). « Ces médicaments déclenchent des contractions et la procédure peut être assez douloureuse », souligne Laurence Pavie. « Lorsque la grossesse dépasse 22 à 24 semaines d’aménorrhée (absence de règles), une anesthésie fœticide est recommandée avant le déclenchement de l’accouchement, au vu des connaissances sur la douleur chez le fœtus », indique l’Assurance maladie. Les protocoles varient d’une équipe à l’autre.

La procédure médicale d'une IMG varie en fonction du terme de la grossesse et des protocoles spécifiques de chaque établissement de santé. Généralement, elle implique :

  1. L'arrêt de la grossesse : Des médicaments sont administrés à la patiente pour interrompre le développement de la grossesse. La patiente se voit d’abord administrer des médicaments pour « arrêter » la grossesse.

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  2. Le déclenchement de l'accouchement : L’accouchement est ensuite déclenché par injection d’hormones, provoquant les contractions, l’ouverture du col et l’expulsion du fœtus. Dans la majorité des cas, l'accouchement est déclenché par voie vaginale, afin d'éviter une intervention chirurgicale potentiellement traumatisante pour l'utérus.

Dans les grossesses plus avancées (au-delà de 22 semaines d'aménorrhée), une anesthésie fœtale peut être pratiquée avant le déclenchement de l'accouchement, afin de minimiser la douleur ressentie par le fœtus.

Soutien Psychologique et Accompagnement du Deuil

Une consultation post-IMG a lieu préférentiellement avec le médecin ayant réalisé l’intervention. Le travail de deuil s’installe petit à petit : « intenses au début, la douleur, la culpabilité, les pertes d’appétit et de sommeil, les angoisses, s’émoussent au fur et à mesure que les parents se déplacent vers d’autres investissements, d’autres projets », rassure Fabienne Sardas. Ce dont les parents ont surtout besoin, c’est d’un soutien fort de la part de leurs proches. Pour l’entourage, le plus difficile est peut-être d’oser en parler avec les parents. « Mais esquiver le sujet, comme s’il était tabou, peut aussi très maladroit, indique Laurence Pavie. Une chose est sûre, il y a un avant et un après IMG : « c’est une parentalité terrible que de décider d’interrompre la vie de son enfant », insiste Fabienne Sardas.

L'IMG est une épreuve émotionnellement intense pour les parents, qui doivent faire face à la perte d'un enfant désiré, tout en étant confrontés à des sentiments de culpabilité, de tristesse et d'incompréhension.

Un accompagnement psychologique est essentiel pour aider les parents à traverser ce deuil périnatal. Cet accompagnement peut prendre différentes formes :

  • Consultations individuelles ou en couple : Pour exprimer ses émotions, comprendre le processus de deuil et développer des stratégies d'adaptation.
  • Groupes de soutien : Pour partager son expérience avec d'autres parents ayant vécu une situation similaire.
  • Suivi psychothérapeutique : Si les difficultés persistent ou s'aggravent.

Il est important de noter que le deuil périnatal est un processus long et complexe, qui nécessite du temps et du soutien. Chaque parent réagit différemment, et il n'y a pas de "bonne" ou de "mauvaise" façon de vivre ce deuil.

« Aucun de ces actes n’est imposé, mais tous me semblent nécessaires, car ils humanisent la naissance », souligne Fabienne Sardas, psychologue psychanalyste à la maternité des Diaconesses.

Aspects Administratifs et Légaux

« Vous bénéficiez d’un arrêt maladie pour la durée prescrite par votre médecin si l’enfant n’est pas né vivant ou s’il est décédé alors qu’il était né avant 22 semaines d’aménorrhée ou que son poids de naissance était inférieur à 500 grammes », indique l’Assurance maladie.

Pour les enfants nés après 22 semaines d’aménorrhée ou pesant plus de 500 g, une déclaration à l’état civil est obligatoire suivie d’une inhumation ou d’une crémation. Si l’interruption médicale de grossesse a lieu avant 22 semaines d’aménorrhée, le médecin peut établir un arrêt de travail.

IVG médicamenteuse

76 % des IVG réalisées sont des IVG médicamenteuses. Elle consiste à prendre deux comprimés prescrits par votre médecin ou sage-femme. Cette méthode est possible jusqu’à 7 semaines de grossesse. Quelles sont les étapes à respecter ? Les points à retenir L’IVG médicamenteuse peut être réalisée par votre médecin ou sage-femme.L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME).L'IVG médicamenteuse peut-être réalisée via une téléconsultation.Deux prises de médicaments sont nécessaires pour interrompre la grossesse.Il est possible de réaliser une IVG médicamenteuse jusqu’à 7 semaines de grossesse.Les médicaments provoquant l’IVG entraînent des saignements et des contractions utérines similaires à des règles abondantes. Deux médicaments sont nécessaires pour interrompre la grossesse. Les deux temps préalables à l'IVG : information et recueil du consentementLe temps d'informationLe premier temps préalable à la réalisation de l'IVG a lieu avec votre médecin ou dans un cabinet de ville, en centre de santé, en établissement de santé, dans un (ancien centre de planification et d'éducation familial) et peut être réalisé à distance (téléconsultation). Au cours de ce premier temps, votre médecin ou sage-femme : vous informe sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide1 ; vous propose de réaliser un entretien psychosocial (uniquement obligatoire pour les mineures) ;doit vous orienter vers un autre professionnel de santé s’il ne pratique pas lui-même l’IVG. Dans ce cas, il vous remet une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.Le recueil du consentementLors de ce second temps, vous choisissez la méthode d’IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit.Il s’agit également d’un moment privilégié avec votre médecin ou sage-femme :- pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG si nécessaire ;- pour vous faire prescrire, si tel est votre choix, un des infections sexuellement transmissibles, dont l’ par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’ (à partir de 25 ans).Si vous avez choisi la méthode médicamenteuse, vous pouvez choisir de prendre les médicaments en présence du professionnel de santé ou à domicile. Si vous souhaitez réaliser l’IVG à domicile, le professionnel de santé vous remet les médicaments ainsi qu’un mémo pratique dans lequel vous retrouverez toutes les informations utiles concernant la procédure. Si vous avez fait le choix de la téléconsultation, vous devrez récupérer les médicaments en pharmacie. La prescription sera transmise par le médecin ou la sage-femme à la pharmacie de votre choix après vérification de la disponibilité des médicaments. Si vous êtes mineure Une autorisation parentale n’est pas obligatoire pour une IVG.Vous devez être accompagnée par un adulte de votre choix.Vous devez assister à une consultation psychosociale pour procéder à l’IVG. Bon à savoir : Si le médecin ou la sage-femme, qui vous reçoit refuse de procéder à la consultation IVG, il a le devoir de vous donner les noms de professionnels de santé susceptibles de réaliser une IVG. Il n’existe pas de délai légal entre les deux temps préalables à l'IVG. Si vous le souhaitez, il est possible de réaliser ces deux temps au cours d’une seule et même consultation. 95 % C’est le taux de réussite d’une IVG médicamenteuse. 7 semainesC’est la durée légale maximale de grossesse pour avoir recours à une IVG médicamenteuse. La prise des médicaments1) La prise du premier médicament : la mifépristone Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation. Il bloque l’action de l’ nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Dès cette première étape, vous pouvez avoir des saignements et des douleurs plus ou moins importants, mais la plupart du temps les commencent après la prise du 2e médicament.Bon à savoir : Les saignements ne sont pas le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de prendre le 2e médicament. Le premier comprimé : rôle et effetsLa prise du premier comprimé : bloque l’action de l’hormone (la progestérone) et arrête la grossesse ;favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin ;provoque des saignements plus ou moins importants. 2) La prise du second médicament : le misoprostolElle a lieu dans un délai de 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’IVG. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des , parfois plus fortes (douleurs pelviennes), mais qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’anti-douleurs. Les saignements souvent assez abondants qui accompagnent l’interruption de la grossesse arrivent parfois très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tard. Bon à savoir : Si votre groupe sanguin est rhésus négatif, vous recevrez une injection de gamma-globulines anti-D au plus tard dans les 72 h suivant le début du saignement pour éviter toute lors d’une prochaine grossesse. Le second comprimé : rôle et effetsLa prise du second comprimé : augmente les contractions ;déclenche l’expulsion de l’œuf ;provoque des contractions utérines plus ou moins douloureuses qui ressemblent à celles des règles ou plus intenses. Ces douleurs sont atténuées par un antalgique ;peut occasionner certains effets secondaires : nausées, vomissements, diarrhées ;entraîne des saignements, quelques heures après ou plus tardivement. Ces saignements durent généralement une dizaine de jours, ils s’arrêtent d’eux-mêmes. Ils sont très importants le jour de la prise du comprimé mais diminuent ensuite.Bon à savoir: l’expulsion de l’œuf se fait dans les 4 heures suivant la prise du deuxième comprimé dans 60 % des cas. Dans 40 % des cas, l'expulsion a lieu dans les 24 à 72 heures. Le retour de la fertilité après une IVG, c’est immédiat !La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé si nécessaire d'utiliser une contraception. Vous pouvez en discuter au cours de la procédure avec votre médecin ou sage-femme pour choisir celle qui vous conviendra le mieux.La visite de contrôle 14 à 21 jours après la première prise de médicament, vous devez réaliser une visite de contrôle afin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’y a pas de complications. La visite de contrôle chez le médecin ou la sage-femme : rôle et déroulementLors de cette visite, votre médecin ou sage-femme : confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin ;vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse ;évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation. Et en cas d’échec de l’IVG médicamenteuse ?En cas d’échec de l’IVG (si la grossesse se poursuit), le médecin, ou la sage-femme, vous oriente vers l’IVG instrumentale.Comment bien se préparer à une IVG médicamenteuse ? Afin que l’IVG médicamenteuse se déroule dans les meilleures conditions possibles, n’hésitez pas à vous faire accompagner dans vos démarches par une personne de confiance. Si vous avez décidé de prendre les médicaments à votre domicile, essayez, dans la mesure du possible, de vous octroyer du repos. En cas de douleurs, un arrêt maladie peut vous être prescrit.

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