L'interruption volontaire de grossesse (IVG), communément appelée avortement, est un acte médical encadré par la loi qui permet de mettre fin à une grossesse non désirée. En France, ce droit est garanti à toute femme, majeure ou mineure, et s'inscrit dans un cadre légal précis visant à assurer la sécurité et la santé des femmes. Cet article a pour but d'expliquer en détail la définition de l'IVG, les différents types existants, les étapes à suivre, ainsi que les risques potentiels associés à cette intervention.

Définition de l'IVG

L'interruption volontaire de grossesse est un acte médical qui consiste à interrompre une grossesse en cours, à la demande de la femme enceinte, dans le respect des conditions et des délais fixés par la loi. En France, l'IVG est légale depuis la loi Veil de 1974, modifiée en 2001, et est autorisée jusqu'à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée (absence de règles).

Types d'IVG

Il existe deux principales méthodes d'IVG : l'IVG médicamenteuse et l'IVG instrumentale (ou chirurgicale). Le choix de la méthode dépend du terme de la grossesse, des préférences de la femme et de son état de santé.

IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu'à la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée. Cette méthode consiste en la prise de deux médicaments à 24 à 48 heures d'intervalle, prescrits par un médecin ou une sage-femme.

  1. Première étape : Prise du premier médicament (mifépristone), qui bloque l'action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Ce médicament peut être pris en cabinet médical, en centre de santé sexuelle, en centre de santé ou lors d'une téléconsultation.
  2. Deuxième étape : Prise du second médicament (misoprostol), 24 à 48 heures après, qui provoque des contractions utérines et l'expulsion de l'œuf. Ce médicament peut être pris au cabinet ou à domicile. Dans certains cas, lorsque l’IVG médicamenteuse est réalisée à l’hôpital, le géméprost par voie vaginale (CERVAGEME) peut être utilisé à la place du misoprostol.

L'hémorragie vaginale survient le plus souvent dans les 3 ou 4 heures qui suivent la prise du second médicament, et il est recommandé de ne pas être seule à son domicile à ce moment-là.

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Avantages de l'IVG médicamenteuse :

  • Évite l'intervention chirurgicale.
  • Peut être réalisée à domicile.
  • Toutes les étapes sont réalisables en téléconsultation.

Inconvénients de l'IVG médicamenteuse :

  • Douleurs liées aux contractions de l'utérus.
  • Saignements qui peuvent durer plusieurs jours.
  • Possibles troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées).

IVG instrumentale (ou chirurgicale)

L'IVG instrumentale peut être pratiquée jusqu'à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée. Cette méthode consiste en l'aspiration du contenu de l'utérus après dilatation du col, réalisée sous anesthésie locale ou générale.

  1. Préparation : Préparation du col de l’utérus par la prise de mifépristone (MIFEGYNE) 38 à 48 heures avant ou de misoprostol (GYMISO ou MISOONE) 3 à 4 heures avant ou de géméprost (CERVAGEME) 3 heures avant.
  2. Intervention : Introduction d’une canule souple de calibre adapté par le col de l’utérus pour aspirer le contenu de l’utérus.

L'IVG instrumentale a lieu dans un établissement de santé (hôpital, clinique) ou dans certains centres de santé. Une courte hospitalisation (souvent seulement de quelques heures) est nécessaire pour pratiquer l'intervention.

Avantages de l'IVG instrumentale :

  • Rapide (l'intervention dure entre 15 et 20 minutes).
  • Réalisée sous anesthésie.
  • Taux de succès élevé (99,7%).

Inconvénients de l'IVG instrumentale :

  • Nécessite une brève hospitalisation.
  • Risques liés à l'anesthésie.
  • Douleurs de règles liées aux contractions utérines après l’intervention.
  • Saignements plus abondants que des règles habituelles à la suite de l’intervention pendant quelques jours.

Étapes Préalables à l'IVG

Avant de procéder à une IVG, deux temps sont nécessaires avec un médecin (généraliste ou gynécologue) ou une sage-femme : un temps d'information et un temps de recueil de votre consentement. Il n’y a pas de délai minimal de réflexion entre le premier et le second temps (ils peuvent avoir lieu au cours d'une seule et même consultation si vous le souhaitez). Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant en compte du délai légal pour la réalisation de l'IVG (14 semaines de grossesse). Il n’y a pas non plus de délai minimal de réflexion ces deux temps et la réalisation de l'IVG.

  1. Temps d'information : Lors de ce premier temps, vous faites votre demande d’IVG au médecin ou à la sage-femme. C’est le bon moment pour poser toutes vos questions. Le professionnel de santé vous donnera les informations sur :les deux types d’IVG : médicamenteuse et instrumentale (ou chirurgicale) ;les risques et les effets indésirables possibles ;la liste des lieux qui pratiquent l’IVG ;les coûts.
  2. Temps de recueil du consentement écrit : Cette seconde étape avec votre médecin ou votre sage-femme est l’occasion de :confirmer votre demande d’IVG par la signature d'un consentement écrit ;choisir la méthode d'intervention en fonction de votre situation.

Si le professionnel de santé ne pratique pas lui-même l’IVG, il doit vous orienter vers des professionnels ou structures qui réalisent des IVG et vous remettre une attestation prouvant que vous avez bien suivi les étapes préalables obligatoires.

Si vous le souhaitez, vous pouvez bénéficier d’un entretien psychosocial. Cet entretien est obligatoire pour les mineures et doit être réalisé avant le recueil du consentement.

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Consultation de Contrôle Après l'IVG

Cette consultation est indispensable pour vérifier que la grossesse est bien interrompue. Le professionnel de santé s'assure également que vous ne présentez aucune complication. Cette visite doit être effectuée entre le 14e et le 21e jour suivant l’intervention (qu’elle ait été médicamenteuse ou instrumentale).

Risques et Complications Possibles

Comme toute intervention médicale, l'IVG comporte des risques, bien que ceux-ci soient rares lorsque l'IVG est pratiquée dans des conditions sécurisées.

Risques de l'IVG médicamenteuse

  • Douleurs: Les douleurs lors d’une IVG médicamenteuse sont fréquentes et leur intensité varie d’une femme à l’autre. Elles ressemblent généralement à des douleurs de règles plus intenses que d’habitude et sont provoquées par les contractions utérines qui permettent d’expulser la grossesse.
  • Saignements: Des saignements, ou métrorragies, souvent plus abondants que des règles accompagnent systématiquement l’expulsion de la grossesse. Ils surviennent le plus souvent dans les 3 à 4h suivant la prise du misoprostol (deuxième médicament).
  • Troubles gastro-intestinaux : Au cours d’une IVG médicamenteuse des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées) surviennent fréquemment.
  • Hémorragie : Pertes très abondantes de sang (si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite).
  • Infection : Dans le cas où la grossesse n’aurait pas été totalement expulsée.
  • Échec de la méthode : Il existe un petit risque d’échec ; en l’absence de saignement, il faut consulter un médecin.

Risques de l'IVG chirurgicale

  • Douleurs de règles: Liées aux contractions utérines après l’intervention.
  • Saignements: Plus abondants que des règles habituelles à la suite de l’intervention pendant quelques jours.
  • Perforation de l’utérus: Complication rare mais grave.
  • Infection: Comme pour toute intervention chirurgicale.
  • Hémorragie: Pertes de sang importantes.

Signes d'alerte

Dans les jours suivant l’IVG, si vous présentez l’un ou plusieurs des symptômes/signes suivants, vous devez alors rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication :

  • De la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C.
  • Des pertes très abondantes de sang (si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite).
  • Un malaise.
  • De très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs.

IVG et Mineures

En France, une mineure a le droit de réaliser une IVG sans l'autorisation de ses parents. Son anonymat est respecté. Elle doit obligatoirement être accompagnée par une personne majeure de son choix. L’autorisation des parents n’est pas obligatoire. Elle aura obligatoirement un entretien psychosocial. L’IVG est gratuite : elle bénéficie de la couverture de ses parents si elle a leur consentement. Sinon l’IVG est prise en charge à 100 % sans avance de frais.

Interruption Médicale de Grossesse (IMG)

L’interruption de grossesse est également autorisée, sans délai limite d’intervention, lors de malformations fœtales importantes ou de maladie grave de la mère. On parle alors d’interruption médicale de grossesse (IMG). L'interruption volontaire d'une grossesse peut, à tout moment, être pratiquée si deux médecins membres d'une équipe pluridisciplinaire attestent, après que cette équipe a rendu son avis consultatif, soit que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme, soit qu'il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic.

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Lorsque l'interruption de grossesse est envisagée au motif que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme, l'équipe pluridisciplinaire chargée d'examiner la demande de la femme comprend au moins un médecin qualifié en gynécologie-obstétrique membre d'un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal, un praticien spécialiste de l'affection dont la femme est atteinte, un médecin ou une sage-femme choisi par la femme et une personne qualifiée tenue au secret professionnel, qui peut être un assistant social ou un psychologue. Le médecin qualifié en gynécologie-obstétrique et le médecin qualifié dans le traitement de l'affection dont la femme est atteinte doivent exercer leur activité dans un établissement de santé.

Lorsque l'interruption de grossesse est envisagée au motif qu'il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic, l'équipe pluridisciplinaire chargée d'examiner la demande de la femme est celle d'un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal. Lorsque l'équipe du centre précité se réunit, un médecin ou une sage-femme choisi par la femme peut, à la demande de celle-ci, être associé à la concertation.

Lorsqu'elle permet de réduire les risques d'une grossesse dont le caractère multiple met en péril la santé de la femme, des embryons ou des fœtus, l'interruption volontaire partielle d'une grossesse multiple peut être pratiquée avant la fin de la douzième semaine de grossesse si deux médecins, membres d'une équipe pluridisciplinaire chargée d'examiner la demande de la femme, attestent, après que cette équipe a rendu son avis consultatif, que les conditions médicales, notamment obstétricales et psychologiques, sont réunies. L'équipe pluridisciplinaire chargée d'examiner la demande de la femme est celle d'un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal ayant requis, si besoin, l'avis d'un médecin qualifié en psychiatrie ou, à défaut, d'un psychologue. Lorsque l'équipe du centre précité se réunit, un médecin ou une sage-femme choisi par la femme peut, à la demande de celle-ci, être associé à la concertation.

Confidentialité et Prise en Charge

L’IVG est toujours confidentielle, c’est vous qui choisissez si vous voulez en parler et à qui. Tous les professionnels de santé sont tenus par le secret professionnel : aucun acte de la procédure n’apparaîtra sur votre relevé de sécurité sociale. L’IVG est remboursée à 100 % pour les personnes assurées sociales, sans condition d'âge.

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