L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une option pour les femmes qui ne souhaitent pas poursuivre une grossesse. Cette méthode, qui consiste à prendre des médicaments pour provoquer une fausse couche, est encadrée par des réglementations précises et implique plusieurs étapes importantes. Il est crucial de comprendre le déroulement de cette procédure, les délais légaux, les options disponibles, et les aspects financiers et de suivi.

Les Méthodes d'IVG

Il existe deux principales méthodes d'IVG :

  • IVG Instrumentale (Chirurgicale): Cette méthode est réalisée obligatoirement dans un établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé en gynécologie-obstétrique ou chirurgie). Elle consiste en une aspiration de l'œuf après dilatation du col de l'utérus.
  • IVG Médicamenteuse: Cette méthode peut être pratiquée dans un établissement de santé, en cabinet de ville, en centre de santé sexuelle ou en centre de santé. Elle implique la prise de deux médicaments pour interrompre la grossesse et provoquer l'expulsion de l'œuf.

Le choix de la technique dépend du souhait de la patiente et du terme de la grossesse, et peut être discuté avec un médecin ou une sage-femme.

Déroulement de l'IVG Médicamenteuse

La méthode médicamenteuse consiste à prendre deux médicaments à 24-48 heures d’intervalle, qui vont permettre à l’œuf de se détacher de l’utérus et d’être expulsé.

Les Deux Temps Préalables à l'IVG : Information et Recueil du Consentement

Deux étapes sont obligatoires avant la réalisation d'une IVG.

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1er Temps : La Consultation d'Information

Au cours de cette première consultation, la femme enceinte fait sa demande d'avortement, reçoit des informations orales et un guide sur l'IVG. Ces informations portent sur les différentes méthodes d’IVG, les lieux de réalisation, les effets indésirables possibles et le choix dont elle dispose.

Un entretien psycho-social est proposé par le médecin ou la sage-femme et réalisé pour les femmes qui souhaiteraient en bénéficier. Cet entretien est obligatoire pour les femmes mineures et doit être réalisé avant le recueil de leur consentement.

2ème Temps : Le Recueil du Consentement

Lors de cette seconde consultation, la femme enceinte remet son consentement écrit de demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme.

Il n'existe plus de délai de réflexion imposé en matière d'avortement. Si une femme majeure ne souhaite pas réaliser d’entretien psycho-social, elle peut choisir de réaliser le temps d’information et le temps de recueil du consentement au cours d’une seule et même consultation.

Si la femme enceinte choisit de réaliser un entretien psycho-sociale (obligatoire pour les mineures), il n’y a pas de délai minimal obligatoire entre celui-ci et la réalisation de l’IVG, qu’elle soit majeure ou mineure.

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Prise des Médicaments

L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à la 7e semaine de grossesse (soit 9 semaines après le 1er jour des dernières règles).

Après la réalisation des étapes d’information et de recueil du consentement, l’IVG peut être réalisée.

Les deux médicaments sont délivrés par le médecin ou la sage-femme lors de la consultation ou par le pharmacien dans le cas où une téléconsultation a été effectuée. La prescription est alors transmise directement à la pharmacie par le médecin ou la sage-femme.

La femme enceinte peut choisir de prendre les médicaments en présence du médecin ou de la sage-femme qui réalise l’IVG ou à son domicile.

Première étape : la prise du premier médicament, la mifépristone

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Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation.

Il bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin.

Dès cette première étape, il peut survenir des saignements et des douleurs plus ou moins importants mais la plupart du temps les symptômes commencent après la prise du 2d médicament.

Deuxième étape : la prise du second médicament, le misoprostol, entre 24 h et 48 h plus tard

Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation.

Il augmente les contractions et provoque l’interruption de la grossesse.

Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes) et qui peuvent être réduites grâce à des anti-douleurs (prescrits par le professionnel de santé qui suit).

Les saignements, souvent assez abondants et accompagnés de caillots, qui accompagnent l’évacuation de la grossesse peuvent se produire très vite après la prise du misoprostol, mais parfois plus tardivement. Il est possible que vous voyez l’œuf lors de son expulsion.

Dans 60 % des cas, l’évacuation de l’œuf intervient dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol et dans 40 % des cas dans les 24 à 72 heures.

Les saignements durent généralement une quinzaine de jours mais peuvent persister jusqu’à 3 semaines.

En l’absence de saignements dans les 72h qui suivent la prise des médicaments, il est important de contacter le professionnel de santé qui suit pour la réalisation de l’IVG afin de faire le point car il est possible que la méthode n’ait pas fonctionné.

Toutefois, les saignements ne sont pas non plus le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc toujours indispensable de réaliser une visite de suivi 14 à 21 jours après la prise du premier médicament.

Accompagnement et Suivi

Après une IVG médicamenteuse, une consultation de suivi avec le médecin ou la sage-femme est nécessaire afin de s’assurer que la méthode a fonctionné et qu’il n’y a pas de complications. Le taux de succès de la méthode médicamenteuse est d’environ 95 %.

Dans le cas où la femme enceinte choisit, en accord avec le médecin ou la sage-femme, de prendre les médicaments à son domicile, un guide mémo lui sera remis. Elle retrouvera dans ce dernier toutes les informations nécessaires pour la réalisation de la procédure d’IVG médicamenteuse à domicile.

Si elle choisit de réaliser l’IVG à domicile, il est recommandé de ne pas être seule. En effet être entourée de personnes en mesure de la soutenir permet de réaliser l’IVG dans un climat favorable.

En accord avec le professionnel de santé, les différentes étapes de l’IVG médicamenteuse peuvent être réalisées (totalement ou en partie) en téléconsultation. C’est le médecin ou la sage-femme qui transmet directement la prescription à la pharmacie de son choix après avoir préalablement vérifié auprès de cette dernière les stocks disponibles.

Effets Indésirables et Complications

Les événements indésirables immédiats les plus fréquents et non inquiétants sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée).

Les complications sont très rares. En cas d’effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.

Visite de Contrôle

Une visite de contrôle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l'IVG instrumentale ou médicamenteuse. Elle permet de s'assurer qu'il n'existe pas de complication et que la grossesse a bien été interrompue. Lors de la consultation de contrôle, le médecin ou la sage-femme s'assure que la patiente dispose d'un moyen contraceptif adapté à sa situation si nécessaire.

Contre-indications

La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse.

Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.

Après l'IVG

Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l’IVG, selon la méthode contraceptive mise en place.

Il est important de noter qu'avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues.

Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.

Aspects Financiers

Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible. Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l'aide médicale de l'État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital (hospitalisation ou consultation en établissement de santé).

Le coût d'une IVG médicamenteuse, en établissement de santé (hôpital, clinique), est remboursé par l'Assurance maladie à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire fixé à 353,64 €.

Le coût d'une IVG médicamenteuse de ville (cabinet médical, centre de santé, centre de santé sexuelle appelé avant centre de planification et d'éducation familiale) est remboursé par l'Assurance maladie à 100 %, avec des tarifs fixés par arrêté à chaque étape.

Où s’Adresser ?

Des annuaires répertoriant les structures et professionnels réalisant des IVG sont accessibles en consultant les sites internet des ARS de chaque territoire concerné.

L'accès à l'IVG doit être simple et rapide : chaque femme doit obtenir un rendez-vous dans les 5 jours suivant son appel.

Le Rôle des Professionnels de Santé

Les médecins généralistes et les sages-femmes jouent un rôle essentiel dans le suivi des IVG médicamenteuses. Ils doivent vérifier, grâce à l’examen clinique et éventuellement l’échographie et, en cas de doute, le dosage des bêta-HCG plasmatiques, que le fœtus a bien été expulsé et que l’utérus est vide lors de la visite de contrôle obligatoire, qui a lieu 2 à 3 semaines après l’IVG.

Prévention des IVG

Il est crucial de développer l’information des femmes à qui l’on ne parle pas assez de contraception.

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