La question de l'impact de l'alcool sur la fertilité, particulièrement dans le contexte de la fécondation in vitro (FIV), suscite un intérêt croissant. De nombreux facteurs liés au mode de vie peuvent influencer la capacité d'un couple à concevoir, et la consommation d'alcool, tant chez l'homme que chez la femme, est un élément à considérer attentivement.
L'Importance d'un Mode de Vie Sain pour la Fertilité
Il est déterminant de peser le bon poids pour tomber enceinte. Il peut sembler absurde que le fait d’être trop grosse, trop maigre ou de faire trop de sport réduise les chances de grossesse, mais c’est pourtant vrai ! Des études montrent que les femmes très minces ou obèses ont plus de difficulté à procréer. Et ce n’est pas seulement une question de poids idéal : la proportion de graisse corporelle compte tout autant. Chez la femme adulte de corpulence normale, la graisse corporelle représente environ 28 % du poids. Lorsque ce pourcentage descend en dessous de 22 %, le corps cesse d’ovuler.
Au-delà du poids, l'adoption d'un régime alimentaire sain et équilibré est indéniablement bénéfique pour la fécondité et le bon déroulement de la grossesse. Cependant, il est important de reconnaître que, malgré les efforts déployés pour manger sainement, les aliments peuvent ne pas toujours fournir tous les nutriments nécessaires en quantités suffisantes. C'est pourquoi de nombreuses personnes se tournent vers des compléments alimentaires pour combler ces lacunes.
Impact de l'Alcool sur la Fertilité Masculine
La consommation d’alcool peut jouer sur la qualité du sperme et l'altérer. Il n’est pas possible d’estimer réellement à partir de combien de verre, cela peut altérer la production de spermatozoïdes.
L'alcool peut rendre difficile l’obtention et le maintien d’une érection et peut diminuer la libido via son impact direct sur les niveaux de testostérone. Des études ont mis en évidence une diminution significative du pourcentage de spermatozoïdes chez les hommes alcooliques. L’effet de l’alcool serait dose-dépendant, comme le montre une étude de 2016 qui relaye le cas d’un homme ayant eu une consommation de plus de 6 verres de vin par jour (60g d’éthanol) qui a abouti à une azoospermie.
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Même une consommation modérée d'alcool peut avoir un impact. Une étude de 2003 montre l’impact déjà significatif d’une consommation de 12g d’alcool par jour ; soit seulement 1 verre de vin pour les hommes participant à une PMA (procréation médicalement assistée). Une équipe française du département de biologie reproductive de l’hôpital de Dreux, a étudié le cas d’un homme présentant une azoospermie. Ils ont déterminé que c’était sa consommation d’alcool, équivalente à 2 bouteilles quotidiennes (150g d’éthanol) pendant 5 ans qui était responsable de sa condition. Le Service d’Histologie et de Biologie de la Reproduction de l’hôpital Tenon à Paris a rapporté le cas d’un autre homme ayant eu une consommation plus élevée ; soit 165g d’alcool par jour pendant 10 ans (c’est-à-dire l’équivalent de 2 bouteilles d’alcool plus 2 verres d’alcool fort par jour).
Impact de l'Alcool sur la Fertilité Féminine
La consommation de café est, en outre, connue pour faire baisser la fertilité. Une étude réalisée sur 1 909 femmes a en effet prouvé que boire une tasse de café par jour augmentait leur infertilité de 55 %, de 100 % quand elles buvaient 2 à 3 tasses de café par jour, et de 176 % quand elles en buvaient plus de 3. Il faut que vous sachiez que même une consommation d’alcool modérée, de 1 à 5 verres par semaine, provoque une baisse de la fertilité féminine. L’alcool absorbé par les femmes dans le cadre d’une FIV peut diminuer l’efficacité du traitement médicamenteux. Il est donc recommandé pour la femme de réaliser une abstinence totale afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles.
Alcool et FIV : Une Étude Révélatrice
Des chercheurs de l'hôpital Tongji de Shanghai (Chine) suggèrent qu'en modifiant l’aspect et la performance des spermatozoïdes, l'alcool pourrait réduire les chances des couples en plein processus de FIV de concevoir. Cette recherche démontre par ailleurs que les femmes concernées par une consommation d’alcool quotidienne pourraient aussi voir baisser de 7% leurs chances d’avoir un enfant, en augmentant le risque d'arrêt naturel de grossesse.
Par rapport aux personnes qui ne buvaient pas d'alcool, les naissances ont chuté de 9% au sein des couples dans lesquels les hommes ont bu sept boissons alcoolisées ou 84 g d'alcool sur une semaine. Quant aux femmes qui buvaient la même quantité d’alcool, les chances de tomber enceinte après avoir reçu un traitement hormonal "ont diminué de 7 %".
Autres Facteurs de Risque pour la Fertilité Masculine
Outre l'alcool, d'autres facteurs peuvent altérer la fertilité masculine :
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Tabac : 13,7 millions de personnes entre 11 et 75 ans fumeraient du tabac de façon quotidienne selon Santé Publique France. Une étude observationnelle réalisée par le département d’urologie et de reproduction humaine de l’hôpital de Sao Paulo met en évidence les effets du tabac sur la qualité du sperme en comparant les fonctions spermatiques entre 20 hommes fumeurs et 20 non-fumeurs. Chez les fumeurs, on retrouve donc plus de protéines de l’inflammation que les non-fumeurs. Le tabac est donc associé à un état inflammatoire avec une action directe sur les glandes accessoires. Une méta-analyse sur 2500 hommes fumant plus de 20 cigarettes a montré que le tabac diminue la quantité des spermatozoïdes dans le sperme avec pour résultat une concentration spermatique diminuée de 19%. La nicotine est métabolisée en trans-3’-hydroxycotine (3HC) et la concentration de 3HC dans le liquide séminal est corrélée avec une baisse de mobilité des spermatozoïdes. Une augmentation significative des anomalies morphologiques du sperme a été rapportée. Ces anomalies concernaient l’acrosome ou la tête des spermatozoïdes et empêchaient ces derniers de passer la zone pellucide, une couche protectrice de l’ovocyte. Le tabac modifie l’ADN spermatique via le stress oxydatif. Il existe cependant un lien effet-dose, la consommation de moins de 10 cigarettes par jour ne montre aucun effet au niveau des paramètres spermatiques entre fumeurs et non-fumeurs. Chez la femme : La consommation de 4 cigarettes par jour pendant 2 ans diminue la capacité de spermatozoïdes de se fixer à l’ovule. L’effet serait réversible entre 2 à 3 mois après l’arrêt. Le tabac chez la femme entrainerait aussi une diminution de la réserve ovarienne. Chez l’homme : il existerait une augmentation de FSH, LH, E2 et diminution Testostérone avec une altération du spermogramme.
Pesticides : L’augmentation de l’utilisation des pesticides dans notre agriculture a commencé dans les années 1930 avec l’apparition des pesticides de synthèses. Le DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane) est commercialisé en 1943 et ouvre la voie à la famille des pesticides organochlorés. Deux études d’ampleur montrent des résultats similaires : l’exposition environnementale aux pesticides semble impacter la spermatogénèse. Elles montrent donc qu’il y a un fort faisceau de preuves liant l’exposition environnementale à ces pesticides et l’infertilité. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’alimentation constitue la principale source d’exposition pour les non-professionnels. L’alimentation contribuerait à 80 % de l’exposition chronique aux pesticides contre 10 % pour l’eau. Si la consommation de fruits et légumes avec un taux significatif de pesticides est néfaste pour la santé des spermatozoïdes, une consommation de fruits et légumes avec peu ou une quantité modérée de pesticides est corrélée avec une meilleur qualité du sperme.
Autres facteurs: Les paramètres du sperme s’altèrent avec l’âge même si cette altération est moins systématique et importante que l’altération de la fertilité féminine. L’obésité et les perturbations métaboliques associées s’accompagnent parfois d’altérations de la fonction spermatique. Le diabète mal surveillé peut entraîner des troubles de l’éjaculation (éjaculation rétrograde dans la vessie). L’environnement professionnel peut être à l’origine d’une altération de la fertilité. Certains médicaments peuvent altérer la libido (désir sexuel) ou la production de spermatozoïdes. Une chimiothérapie et radiothérapie après la puberté peuvent altérer la spermatogenèse de façon plus ou moins définitive. La cryptorchidie de l’enfance (testicule(s) non descendu(s) dans les bourses) s’accompagne plus fréquemment d’altérations du sperme et nécessite une surveillance testiculaire régulière. Les infections uro-génitales peuvent être à l’origine d’altérations du sperme.
Bilan de la Fertilité Masculine : Examens et Analyses
Le bilan masculin est donc indispensable avant toute décision d’AMP. La consultation auprès d’un andrologue a toute sa place dans le cadre du bilan de la fertilité du couple.
L’EXAMEN DE SPERME (SPERMOGRAMME)
L’étude du sperme (spermogramme-spermocytogramme) est réalisée au début du bilan d’infertilité. Cette analyse permet d’étudier le nombre, la mobilité, la vitalité et la morphologie des spermatozoïdes. Des variations importantes de ces valeurs sont observées chez tous les individus d’un examen à l’autre, justifiant la répétition de cet examen.
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Le spermogramme est, si nécessaire, associé à d’autres examens complémentaires :
- Spermoculture
- Recherche d’anticorps anti-spermatozoïdes
EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
- Le bilan hormonal sanguin: comprend le dosage sanguin de FSH, LH, testostérone et l’inhibine B. Il est prescrit surtout en cas de diminution du nombre de spermatozoïdes et doit être réalisé le matin étant donné la chute physiologique de la testostérone en milieu de journée.
- L’échographie des voies génitales : L’échographie testiculaire est systématiquement réalisée lorsqu’il existe une altération des paramètres spermatiques et particulièrement en cas d’antécédent de cryptorchidie. L’échographie des glandes annexes (prostate, vésicules séminales) permet de rechercher des séquelles inflammatoires des glandes annexes et des malformations congénitales.
- Le bilan génétique: Le caryotype est prescrit lorsque la numération des spermatozoïdes est inférieure à 5 millions/ml. La recherche d’une microdélétion du chromosome Y est prescrit lorsque la numération des spermatozoïdes est inférieure à 1 million/ml.
- La biopsie testiculaire exploratoire: est pratiquée en cas d’absence totale de spermatozoïdes (azoospermie) dans l’éjaculat. Elle a pour but de déterminer s’il est possible de retrouver des spermatozoïdes au niveau testiculaire.
Compléments Alimentaires et Fertilité
Des études récentes (présentées à la Fédération Française d’Etude de la Reproduction le 13 septembre 2018 dernier) ont démontré les bénéfices indéniables de la L-carnitine et acétyl-L-carnitine. Tant sur les femmes (amélioration de la qualité ovocytaire, de la qualité de l’endomètre, de la fertilité, favorisation de l’implantation et augmentation du taux de succès en FIV) que sur les hommes (amélioration du spermogramme et de la qualité de l’ADN spermatique). Ces vitamines sont productrices des radicaux méthyle (molécules). La méthylation de l’ADN joue un rôle crucial au début du développement notamment, alors que l’embryon va former tous les types cellulaires.
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