L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet sensible, souvent passionnel, entouré de nombreuses idées reçues. Cet article vise à explorer les conséquences psychologiques potentielles de l'IVG, en s'appuyant sur des études scientifiques et des témoignages, afin de fournir une information claire et nuancée.

Examens médicaux post-IVG

Après une IVG, des examens médicaux sont effectués pour vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique, le médecin ou la sage-femme peut proposer une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie, sans avance de frais, que la patiente soit majeure ou mineure.

Conséquences psychologiques : mythe ou réalité ?

Parmi les idées reçues sur l’IVG, on retrouve fréquemment l’existence d’un syndrome post-avortement. Pourtant, de nombreuses études scientifiques fiables ont montré que l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique.

Les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG. Il est important de se tourner vers un psychologue ou des associations comme le Planning familial, qui peuvent apporter un soutien important. Un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si le besoin s'en fait ressentir à plus long terme.

Le Pr René Ecochard, spécialiste au CHU de Lyon, a réalisé une synthèse approfondie des études scientifiques explorant les conséquences psychologiques de l’IVG. Bien que de nombreuses femmes rapportent des souffrances psychologiques après une IVG, parfois accompagnées de troubles graves comme la dépression, l’anxiété ou des idées suicidaires, prouver que l’IVG est la cause directe de ces troubles est scientifiquement difficile. La science ne peut pas toujours isoler une cause unique dans des contextes de vie complexes.

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Le laboratoire du Pr Ecochard a examiné 184 articles, dont 78 ont été analysés en détail. Une recherche avec les mots-clés « induced abortion psychological » a recensé 2043 publications, dont plus de 180 traitent des troubles psychologiques post-IVG.

Le rapport de l’American Psychological Association (APA, 2006) conclut qu’il n’existe pas de preuve formelle que l’IVG cause directement les troubles psychologiques. Établir une causalité directe nécessiterait un essai randomisé, ce qui est éthiquement et pratiquement impossible. L’APA souligne que des facteurs préexistants (pauvreté, violence, consommation de drogues) compliquent l’analyse.

Il est crucial de ne pas nier les troubles psychologiques potentiels après une IVG. La société fait face à un silence pesant autour de l’IVG, qui nuit à l’accompagnement des femmes, des couples et des familles. Le corps médical doit protéger à la fois la mère, le père et l’enfant, en particulier dans ces moments de vulnérabilité.

Les témoignages de femmes et les données scientifiques convergent : les troubles psychologiques post-IVG sont fréquents et graves. Face aux grossesses non désirées, il est urgent de proposer un accompagnement plus humain et transparent. En cas d’IVG, un suivi psychologique adapté est essentiel pour aider les femmes à surmonter ce qui peut être un drame majeur.

L'impact sur les enfants nés après un avortement

Naître après qu'une mère ait subi un avortement peut avoir un impact profond et souvent méconnu sur l'enfant qui suit. Bien qu'invisible et non verbalisé, ce contexte particulier peut imprégner l'inconscient de l'enfant de sentiments de vulnérabilité et de peurs liées à la survie et à la sécurité.

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Les individus nés dans ces circonstances peuvent porter en eux un sentiment d'insécurité existentielle, se traduisant par une peur persistante d'être en danger. Cette sensation peut osciller entre se percevoir comme une victime potentielle et adopter des comportements de défense, parfois en se positionnant dans un rôle de bourreau, comme mécanisme de survie face à l'angoisse profonde d'être vulnérable.

Ce conflit intérieur peut se manifester par divers symptômes, tels que l'anxiété, une méfiance accrue envers autrui, et des difficultés à établir des relations stables et sécurisantes. Ces manifestations sont souvent le reflet d'un combat intime pour trouver sa place et se sentir en sécurité dans un monde perçu comme menaçant.

Valérie Grumelin, psychanalyste spécialisée en thérapies cognitives et comportementales, suggère son approche thérapeutique novatrice : le Rebirth intra-utérin ou Orius. Sa méthode vise à replacer l'individu dans le contexte de sa gestation, lui offrant l'opportunité de revivre sa naissance mais cette fois-ci, dans un cadre déconditionné et exempt de traumas, tout en intégrant les éléments positifs de son existence actuelle.

Sa technique crée un espace de sécurité au sein du cerveau limbique, où se trouvent les mécanismes de gestion des émotions et des réflexes primaires. Cette renaissance permet d'aborder et de dissiper les peurs inconscientes liées à la notion de survie, offrant à l'individu une fondation solide pour construire son identité et sa sécurité personnelle.

En prenant en compte les cinq sens, cette méthode assure une transition douce vers une renaissance, où l'individu peut pleinement embrasser son existence, libéré des poids du passé et des peurs héritées des circonstances entourant sa conception. Le Rebirth intra-utérin ouvre la voie à une guérison profonde, permettant à la personne de se réconcilier avec son histoire personnelle et de trouver une paix intérieure durable.

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Les enfants nés après un avortement portent souvent en eux des cicatrices invisibles qui nécessitent une attention et une compréhension particulières. La méthode du Rebirth intra-utérin offre une perspective de guérison révolutionnaire, permettant une réconciliation profonde avec soi-même et une acceptation de son parcours de vie unique. Cette approche thérapeutique promet non seulement une résolution des conflits intérieurs mais aussi une opportunité de vivre une vie épanouie, en harmonie avec soi-même et son environnement.

Risque d'infertilité

Le risque d’infertilité est souvent pointé comme une complication à long terme de l’interruption volontaire de grossesse. Ce risque n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc).

Toutefois, ces complications sont rares quand l’IVG est réalisée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France. Le risque de survenue de complications lors de la réalisation d’une IVG n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané ou d’une grossesse menée à terme. D’après les études qui ont évalué le risque d'infertilité après une IVG, il n'y a pas d'augmentation du risque dans les pays où la pratique de l’IVG est légale. Ce risque n’est pas plus important chez les patientes ayant eu deux IVG ou plus.

Saignements, symptômes et retour des règles

Les saignements après une IVG peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent de quelques jours à 3 semaines.

Les symptômes de grossesse (nausées ou sensibilité des seins) disparaissent généralement quelques jours après l’IVG médicamenteuse ou instrumentale. Un test de grossesse peut rester positif jusqu’à trois semaines après une IVG. C’est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l’IVG a fonctionné.

Après une IVG les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Cela peut varier en fonction du type de contraception que vous avez choisi d’utiliser et du moment où vous l’avez débutée. Avec une pilule oestro-progestative par exemple, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal les règles peuvent êtres irrégulières ou absentes.

Reprise des rapports sexuels et contraception

Il est conseillé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l’utérus n’est pas refermé il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l’utérus et soient à l’origine d’une infection. Pour les mêmes raisons il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période. Si vous ne souhaitez pas de grossesse il est nécessaire d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles).

Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux.

Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.

La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse.

Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée :

  • Le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale ;
  • Le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.

Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.

Remboursement de la contraception

Sont remboursables par l'Assurance maladie :

  • Certaines pilules contraceptives ;
  • Les implants contraceptifs hormonaux ;
  • Les progestatifs injectables ;
  • Les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets ;
  • Les diaphragmes ;
  • Certaines marques de préservatifs externes (masculins).

Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Concernant les préservatifs externes, ils sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret.

Pour les femmes de plus de 26 ans, ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles.

Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification et d’éducation familiale) délivrent à titre gratuit des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale.

Avortement et risque suicidaire

Selon la DRESS, chaque année, entre 215 000 et 230 000 interruptions volontaires de grossesse sont réalisées en France. Un avortement peut avoir des conséquences psychologiques importantes pour les femmes concernées.

Des chercheurs ont évalué le risque suicidaire chez les femmes ayant subi un avortement. L’avortement, ou interruption volontaire de grossesse (IVG), est souvent associé à des troubles psychologiques chez les femmes concernées. Déjà plus de 180 publications scientifiques ont relaté les séquelles psychologiques de l’IVG. Pourtant, le lien de cause à effet entre l’IVG et ces troubles psychologiques est rarement démontré par les études.

Dans une étude danoise menée entre 2000 et 2016, 523 380 femmes, âgées de 18 à 36 ans, ont été incluses. Les résultats de l’étude ont montré que 9,4 % des femmes ont avorté au moins une fois au sein de la population considérée. Par rapport aux femmes n’ayant pas eu recours à l’IVG, les femmes ayant avorté présentaient un risque de tentative de suicide d’issue non fatale plus élevé. Cependant, ce risque était similaire durant l’année précédant et l’année suivant l’IVG.

Le syndrome post-abortif : un mythe propagé par les milieux anti-IVG

Sur internet, les milieux anti-IVG propagent très largement l'idée qu'il existerait un syndrome post-abortif, chez les femmes qui ont avorté. Or les grandes revues médicales : ce syndrome n'existe pas. Mais il s'encastre dans l'histoire longue et dramatisante de nos représentations sur l'avortement.

On lit parfois, qu'il existerait un syndrome post-avortement chez les femmes après avoir eu recours à une IVG. Ce "syndrome" circule amplement, notamment sur internet et les réseaux sociaux, et a pris de l'ampleur depuis son apparition, à l'échelle internationale, au début des années 2000. Risques physiques et surtout risques psychiques : les femmes qui entreprendraient d'interrompre une grossesse non désirée s'exposeraient à des séquelles, selon les entrepreneurs qui font vivre abondamment l'idée de ce syndrome, en vidéo ou sur des sites web dédiés : perte de l’estime de soi, troubles alimentaires, troubles du sommeil, dépression, pensées suicidaires… tout cela viendrait de la culpabilité des femmes à avoir avorté.

C'est au tournant des années 2000 que la rhétorique anti-IVG a changé de pied. D'abord construite autour de l'humanisation des fœtus, empreinte de valeurs chrétiennes, et l'impératif qu'il y aurait à défendre un "enfant à naître" contre l'avortement dépénalisé depuis 1975, a mué. Et ce sont désormais les femmes qu'il faudrait protéger, dans cette rhétorique avortement, et les empêcher de se saboter en avortant, au risque de vivre une expérience traumatique. Cette bascule de l'argumentaire anti-IVG intervient quand les milieux anti-avortement se coulent dans les questions d'égalité hommes-femmes, et la défense des droits humains.

Le syndrome post-abortif, tel qu'il est décrit par ces réseaux qui se disent "pro-vie" et qu'on peut aussi appeler "anti-choix", n'existe pas. Les grandes revues médicales, en psychiatrie tout particulièrement, sont en effet formelles : ce syndrome n'a aucune existence attestée par la communauté scientifique, n'en déplaise à sa longévité virale.

Mais si l'idée que l'avortement serait forcément dramatique, et que les femmes pourraient bien ne pas s'en remettre, a prospéré, c'est qu'elle s'enracinait dans une représentation plus longue, et plus partagée, de l'IVG. Qui va bien au-delà des réseaux militants contre l'avortement.

Cette représentation de l'IVG comme un acte "pas anodin", et même "toujours un drame", est en effet une histoire ancienne, autant que durable. À l'époque, il n'est pas question pour la société "d'encourager" les femmes à avorter, précise bien Simone Veil, qui précise que “l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue”. Car l'avortement, dit-elle, depuis "sa conviction de femme", "c'est toujours un drame et cela restera toujours un drame". La loi passera et entrera en vigueur le 17 janvier 1975 (à l’essai d’abord, puis définitivement), et dans le texte, on retrouvera cette idée que l’IVG qu’on confie aux médecins avant les 10 semaines de grossesse à l’époque, est seulement destinée aux "femmes s’estimant en situation de détresse"… et c'est seulement en 2014 qu'on supprimera, dans la loi, cette condition de détresse des femmes. En 2022, tandis qu'il présentait son programme pour un nouveau quinquennat, Emmanuel Macron s'était engagé à ne pas revenir sur le droit des femmes à l'IVG désormais possible jusqu'à 14 semaines de grossesse… mais avait déclaré à son tour : "C’est un droit, mais c’est toujours un drame pour une femme".

Or ce que montrent des chercheuses, c'est que les femmes, elles, sont loin de toutes raconter leur geste comme un drame et ses conséquences comme un trauma. Et si elles pleuraient, encore faudrait-il peut-être leur demander pourquoi elles pleurent, et de quoi elles souffrent, alors qu'elles s'apprêtent à interrompre une grossesse non désirée : absence du compagnon, rupture amoureuse, complications matérielles pour s'organiser pour avorter, culpabilisation par l'entourage… sont autant de causes possibles d'un chagrin qui trouverait à s'exprimer au moment où elles font la démarcher d'avorter - sans le vivre nécessairement comme un drame. Sauf que la culpabilité présumée des femmes ne s'enracine pas seulement dans les racines chrétiennes d'une pensée de l'avortement, mais aussi dans le discours de la "clinique de l'avortement", en psychanalyse, comme le montre par exemple la psychanalyste Laurie Laufer, qui rappelle que tout un pan de la psychanalyse a facilement dessiné un continuum entre infanticide et crime psychique.

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