L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet de santé publique important, et son accessibilité financière est un facteur déterminant pour garantir l'autonomie des femmes. Cet article examine la question des tarifs de l'IVG en Belgique et les modalités de remboursement, en tenant compte du contexte européen et des évolutions législatives récentes.
Cadre Législatif et Délais d'Intervention
En Belgique, comme dans de nombreux pays européens, l'IVG est légale. Le délai d’intervention est de 14 semaines d’absence de règles, comme en Allemagne, en Italie ou encore en Grèce. En France, l’IVG est légale depuis la loi Veil votée en 1974, modifiée en 2001. Elle est autorisée pour mettre fin à une grossesse non désirée. L’interruption de grossesse est également autorisée, sans délai limite d’intervention, lors de malformations fœtales importantes ou de maladie grave de la mère. On parle alors d’interruption médicale de grossesse (IMG).
Dans l'Union européenne, l'IVG est légalisée ou dépénalisée dans la plupart des États membres, sans nécessité de justification de la part de la femme. Les délais maximaux varient, allant de 10 semaines d'aménorrhée au Portugal à 24 semaines aux Pays-Bas. Des pays comme Malte et la Pologne ont des législations plus restrictives, autorisant l'IVG uniquement dans des cas spécifiques.
Prise en Charge Financière de l'IVG
En France, les interruptions volontaires de grossesse (IVG) seront prises en charge à 100 % par l'Assurance-maladie. Actuellement, un avortement coûte entre 200 et 450 euros, selon le lieu (hôpital ou cabinet médical) et la méthode utilisée. L'Assurance-maladie prend aujourd'hui en charge à 100 % les IVG pour les jeunes filles mineures et entre 70 % et 80% des frais pour les femmes majeures.
La ministre de la santé a affirmé que le remboursement à 100 % de l'IVG était un "choix de santé publique", et rappelé qu'un avortement n'était "jamais un acte anodin" pour une femme.
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Méthodes d'IVG et Procédures
Il existe deux principales méthodes d'IVG : médicamenteuse et chirurgicale.
IVG Médicamenteuse
Ces médicaments peuvent être prescrits par un médecin ou une sage-femme, dans un centre de planification, dans un centre de santé ou en téléconsultation. Ils peuvent être pris dans un centre de soins ou, si la femme le souhaite, à domicile, à un moment adapté à son emploi du temps. Lorsque l’IVG médicamenteuse est réalisée à l’hôpital, le géméprost par voie vaginale (CERVAGEME) peut être utilisé à la place du misoprostol. L’hémorragie vaginale survient le plus souvent dans les 3 ou 4 heures qui suivent la prise du second médicament. Il est recommandé de ne pas être seule à son domicile à ce moment là. Il existe un petit risque d’échec ; en l’absence de saignement, il faut consulter un médecin. Dans le cas d’une IVG médicamenteuse, les douleurs peuvent être très intenses (entre 8 et 10 sur une échelle de 10) avec un pic au troisième jour après la prise du premier médicament. Pour soulager la douleur, il est possible d’avoir recours à un antalgique ou à des antispasmodiques prescrits par le médecin. Les saignements peuvent être importants au moment de l’expulsion de l’œuf et ne pas être compatibles avec les activités professionnelles.
IVG Chirurgicale
La méthode chirurgicale consiste dans l’aspiration du contenu de l’utérus sous anesthésie locale ou générale. L’aspiration est précédée d’une préparation du col de l’utérus par la prise de mifépristone (MIFEGYNE) 38 à 48 heures avant ou de misoprostol (GYMISO ou MISOONE) 3 à 4 heures avant ou de géméprost (CERVAGEME) 3 heures avant. Une courte hospitalisation (souvent seulement de quelques heures) est nécessaire pour pratiquer l’intervention. Une visite de contrôle est nécessaire 2 à 3 semaines après l’intervention. En cas d’IVG chirurgicale, les principaux effets indésirables observés dans les jours qui suivent l’intervention sont : fièvre, douleurs, saignements. Comme pour toute intervention des complications, rares mais graves, sont possibles : perforation de l’utérus, infection, hémorragie, etc. En cas de fièvre, de pertes de sang importantes ou de fortes douleurs abdominales dans les jours qui suivent l’IVG chirurgicale, il est recommandé d’appeler rapidement l’établissement où a eu lieu l’IVG.
Difficultés d'Accès et Clause de Conscience
De nombreux députés ont souligné pendant le débat la difficulté d'accès à l'IVG. La communiste Jacqueline Fraysse a déploré "le manque criant de centres IVG dans les structures publiques", citant des délais allant jusqu'à cinq semaines, contre cinq jours recommandés, entre la prise de contact et l'acte dans un département comme la Seine-Saint-Denis.
En pratique, l'IVG reste fortement limitée dans certains pays. Les médecins peuvent en effet faire appel à la "clause de conscience", qui les autorise à ne pas pratiquer d'acte pouvant heurter leurs convictions éthiques, morales et religieuses. Ainsi, 23 pays européens (dont la France) prévoient cette disposition spécifique à l'IVG. Si le taux de médecins objecteurs de conscience atteint en moyenne 10 % en Europe, il représentait 70 % des praticiens en Italie en 2019, voire 80 % dans la région des Abruzzes et 92% dans le Molise où un seul médecin pratique l'avortement. En outre, moins de 60 % des hôpitaux pratiqueraient l'IVG dans le pays. En Roumanie, bien que l'avortement soit officiellement autorisé depuis 1990, la plupart des hôpitaux publics "ne le pratiquent pas", et ce faute de moyens ou parce que les médecins refusent de le faire. De la même façon en Croatie, où le droit à l'avortement date de 1978, les mouvements conservateurs usent de leur influence afin d'entraver ce droit. Ainsi, une étude commandée en 2018 par la Médiatrice croate à l'égalité des genres a révélé que 59% des gynécologues-obstétriciennes refusaient de pratiquer l'avortement, faisant jouer leur clause de conscience.
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CEAM et Accès aux Soins de Santé en Europe
La Carte Européenne d'Assurance Maladie (CEAM) garantit un accès direct au système de santé public dans le pays de séjour, sans démarche préalable auprès de l'institution locale. Les prestations sont servies dans les mêmes conditions (modalités, tarifs) que pour les assurés du pays concerné. La CEAM concerne les soins médicalement nécessaires. La CEAM couvre également les maladies chroniques ou préexistantes ainsi que la grossesse et l'accouchement, si le but du séjour à l'étranger n'est pas de bénéficier de soins. En effet, la CEAM n'est pas valable si vous partez dans le but de vous faire soigner.
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