L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est un sujet complexe qui suscite de nombreux débats éthiques et sociétaux. Au-delà des considérations morales et légales, il est crucial d'examiner les conséquences potentielles de l'avortement sur la santé mentale des femmes, en particulier chez les mineures. Cet article explore les différentes dimensions des conséquences psychologiques de l'avortement, en tenant compte des facteurs individuels, sociaux et contextuels qui peuvent influencer le vécu de chaque femme.

Introduction

L'avortement est un acte qui met fin à une grossesse non désirée, et il est pratiqué pour diverses raisons, allant des difficultés économiques aux pressions familiales ou sociales. Si l'IVG est légale et accessible dans de nombreux pays, elle reste un sujet de controverse et peut entraîner des conséquences psychologiques significatives pour les femmes, en particulier les adolescentes. Il est donc essentiel d'examiner les risques et les bénéfices potentiels de l'avortement, ainsi que les facteurs qui peuvent influencer le vécu de chaque femme.

Conséquences Physiques de l'IVG

Bien que cet article se concentre principalement sur les conséquences psychologiques, il est important de reconnaître que l'avortement peut également avoir des conséquences physiques. Ces conséquences peuvent être classées en trois catégories :

  1. Conséquences immédiates : Le syndrome du cinquième jour (douleurs, fièvre, saignements, caillots), les risques infectieux (infections à chlamydiae, endométrites post-abortum).
  2. Conséquences à long terme : Risque accru d'accoucher prématurément lors de grossesses ultérieures (37 % de risques en plus d'accoucher d'enfants prématurés, et 64 % de risques en plus d'accoucher d'un grand prématuré).
  3. Risque de mortalité maternelle : Bien que les statistiques montrent que les pays ayant les taux de mortalité maternelle les plus faibles sont ceux qui limitent le plus l'avortement, il est important de noter que l'avortement doit être pratiqué dans des conditions médicales sûres pour minimiser les risques.

Troubles Psychosomatiques

De nombreuses femmes témoignent de troubles psychosomatiques à long terme après un avortement. Ces problèmes de santé sont réels et ne doivent pas être confondus avec l'hypocondrie. Le Docteur Pascale Pissochet mentionne des témoignages de migraines, des troubles fonctionnels abdominaux, des douleurs abdominales, des troubles du sommeil et des troubles de la sexualité. Pour exprimer le traumatisme de l’IVG, le Docteur Pissochet parle de « rupture du cheminement naturel maternel ». C’est parfois des années après l’acte que des femmes se retrouvent totalement effondrées psychologiquement.

Conséquences Psychologiques de l'IVG

Les conséquences psychologiques de l'avortement sont complexes et variables. Elles peuvent inclure :

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  1. Deuil et perte : Comme la fausse couche, l’avortement est la perte d’un enfant, et entraîne un deuil.
  2. Troubles de l'humeur et anxiété : Les femmes ayant avorté présentent un risque d’être hospitalisées en psychiatrie dans les trois mois suivant l’accouchement ou l’avortement, de 53 % plus élevé que les femmes ayant porté leur enfant à terme. Le risque de dépression est de 37 % plus élevé (ou de 65 %, selon une autre étude).
  3. Auto-mutilation et suicide : Sans antécédents psychiatriques, les risques d’auto-mutilation sont de 70 % plus élevés pour les femmes ayant mis fin à leur grossesse que pour les femmes qui ont accouché. Les femmes ayant avorté se suicident plus que les autres femmes (155 % plus), tandis que celles qui ont accouché d’un enfant se suicident moins que la moyenne des femmes.
  4. Troubles émotionnels : Les femmes ayant avorté sont plus souvent sujettes à la tristesse et aux pleurs, à des peurs irraisonnées ou des attaques de panique. Elle expérimentent aussi plus souvent des changements brusques d’état émotionnel. Elles ont souvent de grandes difficultés à exprimer leurs émotions.
  5. État de stress post-traumatique (ESPT) : Sans intervention thérapeutique, ces troubles peuvent évoluer vers un état de stress post-traumatique, qui est un trouble anxieux sévère.
  6. Sentiments de honte, de remords et de culpabilité : Certaines femmes avaient déjà conscience de faire du mal au moment de l’acte. Pour les autres, il est bien entendu souhaitable qu’elles prennent conscience que leur acte n’était pas bon. Les femmes qui en avaient déjà conscience, et celles qui prennent conscience de la portée de l’acte d’avortement, peuvent éprouver des sentiments de honte, de remord, de culpabilité, voire des idées noires.
  7. Addiction : Pour faire face à leurs souffrances psychiques et à leurs remords, certaines femmes tombent dans l’addiction à des substances anxiolytiques : médicaments, tabac, alcool, drogues. Une étude canadienne confirme que les risques de dépendance à la drogue et à l’alcool sont plus élevés respectivement de 142 % et de 287 % pour les femmes ayant avorté que pour celles ayant mené leur grossesse à terme.
  8. Comportements compulsifs : Malheureusement, il existe aussi une forme d’addiction à l’avortement. La souffrance même vécue dans cet acte peut conduire certaines femmes à le reproduire, comme pour essayer de changer ce qu’elles ont vécu, ou pour se donner la preuve que ce n’est pas un acte grave.

Impact sur les Relations

Les blessures psychiques des femmes ayant avorté peuvent avoir des répercussions sur leur vie de couple et leurs relations avec leur conjoint, le père de l’enfant avorté ou un autre. Des dysfonctionnement sexuels se produisent chez 31 % des femmes ayant avorté et chez 18 % de leurs conjoints.

L'Avortement chez les Adolescentes : Un Cas Particulier

L’avortement chez les adolescentes est un sujet sensible mais dont certains aspects ne sont pas toujours suffisamment abordés. C’est le cas des conséquences psychologiques et émotionnelles de l’IVG chez les jeunes femmes de moins de 18 ans. Une étude nationale américaine, publiée dans la revue Journal of Youth and Adolescence, révèle que les adolescentes ayant recours à l’avortement sont plus susceptibles de développer des problèmes psychologiques par rapport à celles qui mènent à terme une grossesse non désirée.

Les raisons comme la crainte de la réaction des parents ou de la famille face à une grossesse considérée comme inacceptable, les difficultés économiques inhérentes aux adolescentes font qu’elles ont du mal à faire face aux exigences engendrées par la grossesse précoce. De même, il n’est pas du tout facile pour la jeune fille de concilier ses études et ses éventuelles responsabilités parentales. Du point de vue social, l’âge, le statut matrimonial et le niveau d’instruction de la fille conduisent à cette seule option qui est d’interrompre la grossesse. Les jeunes rencontrent l’hostilité de la société et de la famille qui acceptent difficilement qu’une adolescente soit enceinte. La décision d’avorter est pour elle un soulagement.

Les adolescentes, souvent perçues comme « trop jeunes pour être mères », subissent fréquemment des pressions pour avorter. Un sondage de 2004 révèle que 64 % des femmes américaines ayant avorté se sont senties poussées à le faire.

Facteurs Influençant le Vécu de l'IVG

Le vécu d'une IVG est personnel et varie d'une femme à l'autre. C'est souvent le contexte de sa réalisation et l'accompagnement autour de l'IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d'une IVG.

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Plusieurs facteurs peuvent influencer les conséquences psychologiques de l'avortement, notamment :

  • L'âge de la femme : Les adolescentes peuvent être plus vulnérables aux conséquences psychologiques de l'avortement en raison de leur immaturité émotionnelle et de leur manque de soutien social.
  • Les antécédents psychologiques : Les femmes ayant des antécédents de troubles mentaux peuvent être plus susceptibles de développer des problèmes psychologiques après un avortement.
  • Le soutien social : Le soutien émotionnel et pratique de la famille, des amis et des professionnels de la santé peut aider les femmes à faire face aux conséquences psychologiques de l'avortement.
  • Les circonstances de la grossesse : Les grossesses non désirées résultant d'un viol ou d'une inceste peuvent entraîner des conséquences psychologiques plus graves.
  • Les croyances personnelles et religieuses : Les femmes ayant des convictions religieuses fortes peuvent éprouver des sentiments de culpabilité et de honte après un avortement.

Accompagnement et Soutien

Il est essentiel de fournir un accompagnement et un soutien adéquats aux femmes qui envisagent un avortement, ainsi qu'à celles qui l'ont déjà subi. Cet accompagnement peut inclure :

  • Conseils et informations : Les femmes doivent être informées des risques et des bénéfices potentiels de l'avortement, ainsi que des alternatives disponibles.
  • Soutien émotionnel : Les femmes doivent avoir accès à un soutien émotionnel de la part de professionnels de la santé, de conseillers ou de groupes de soutien.
  • Soins de santé mentale : Les femmes qui éprouvent des problèmes psychologiques après un avortement doivent avoir accès à des soins de santé mentale appropriés, tels que la thérapie individuelle ou de groupe.
  • Soutien spirituel : Les femmes ayant des convictions religieuses peuvent bénéficier d'un soutien spirituel de la part de leur communauté religieuse.

Examen Médicaux Après une IVG

Après l’IVG les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais que vous soyez majeure ou mineure.

Contraception Après une IVG

Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux.

Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.

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La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG. Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.

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