L'avortement, ou interruption volontaire de grossesse (IVG), est une question de santé publique complexe, entourée de considérations éthiques, médicales et psychologiques. Cet article examine les risques et conséquences potentiels de l'avortement pour la santé des femmes, en se basant sur des études et des témoignages.

Introduction

L'IVG soulève des questions éthiques fondamentales concernant le statut de l'embryon, le droit à la vie, le rôle du père et la liberté des professionnels de santé. Il est crucial que les femmes envisageant un avortement soient pleinement informées de ces enjeux. Il est important de ne pas porter de jugement simpliste sur les femmes qui choisissent l'avortement ou qui y consentent sous la pression.

Conséquences Physiques de l'IVG

Les conséquences physiques de l'IVG peuvent varier en fonction de la méthode utilisée (médicamenteuse ou chirurgicale) et du terme de la grossesse.

Risques immédiats

  • Syndrome du cinquième jour: Ce syndrome, qui concerne uniquement l’IVG par aspiration, est caractérisé par des douleurs pouvant être accompagnées de fièvre, de saignements et/ou de caillots.
  • Risques infectieux: Des études montrent que les infections, telles que les infections à chlamydiae et les endométrites post-abortum, sont le risque le plus fréquent, touchant 1 à 5 % des cas.
  • Hémorragie: Des saignements abondants peuvent survenir, nécessitant une intervention médicale.
  • Lésions utérines: Dans de rares cas, des lésions du col de l'utérus ou de la paroi utérine peuvent survenir lors d'une IVG instrumentale.
  • Complications liées à l'anesthésie: Comme pour toute intervention chirurgicale, des complications liées à l'anesthésie sont possibles, bien que rares.

Le site de la Fédération du Planning Familial américain mentionne lui-même la possibilité de ces risques. Le site Gènéthique attire notre attention sur un document du laboratoire qui produit le Mifeprex (mifepristone), l’un des produits ingérés pour les avortements chimiques. Le même article de Gènéthique mentionne ensuite le risque de mortalité maternelle.

Risques à long terme

  • Accouchements prématurés: Le site Gènéthique mentionne des études indiquant que les femmes ayant déjà avorté ont 37 % de risques en plus d’accoucher plus tard d’enfants prématurés, et 64 % de risques en plus d’accoucher d’un grand prématuré, à moins de 32 semaines de grossesse.
  • Faiblesses ou béances cervicales: L’augmentation du délai légal pour avorter en France à 14 semaines de grossesse inquiète les gynécologues, car la technique utilisée nécessite une dilatation plus importante du col, ce qui pourrait entraîner des faiblesses cervicales et des risques de fausses couches tardives ou d’accouchement prématuré lors de grossesses ultérieures.
  • Risque de cancer du sein: Les études sur le lien entre l'avortement et le cancer du sein sont contradictoires. Une étude indienne de 2014 suggère que l'avortement affaiblit le tissu musculaire des seins, augmentant ainsi la sensibilité aux cellules cancérigènes. Cherline Louissaint explique que le risque de cancer du sein est corrélé avec la quantité d’œstrogènes sécrétés durant la vie. En 2005, le Collectif « 30 ans ça suffit ! » expliquait que l’augmentation des risques de cancer du sein liée à l’avortement était élevée surtout pour les femmes n’ayant jamais accouché d’un premier enfant. Dans le corps la femme enceinte, le niveau de plusieurs hormones augmente nettement. Trois d’entre elles : l’œstradiol, la progestérone, et surtout la hCG, stimulent les cellules des seins pour les faire parvenir à maturité. Un avortement provoque la chute brutale des niveaux de ces hormones, alors que les seins sont en plein processus de maturation.
  • Risque accru de problèmes lors de grossesses ultérieures : Une étude finlandaise a révélé que les femmes ayant subi plusieurs IVG présentent un risque accru de donner naissance à des bébés de faible poids ou prématurés.

Conséquences Psychosomatiques de l'IVG

De nombreuses femmes témoignent de troubles psychosomatiques à long terme après un avortement. Le Docteur Pascale Pissochet mentionne des témoignages de migraines, des troubles fonctionnels abdominaux, des douleurs abdominales, des troubles du sommeil et des troubles de la sexualité. Pour exprimer le traumatisme de l’IVG, le Docteur Pissochet parle de « rupture du cheminement naturel maternel » : « Il s’agit du triste constat d’une chair meurtrie dans une maternité qui n’intègre plus dans son corps le petit corps qui habitait ses entrailles. Oui, une chair qui finit par souffrir, non seulement du geste traumatique de l’avortement, mais aussi du vide abyssal laissé par le départ de son enfant. » C’est parfois des années après l’acte que des femmes se retrouvent totalement effondrées psychologiquement.

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Conséquences Psychiques et Psychiatriques de l'IVG

L'IVG peut avoir des conséquences psychologiques importantes pour certaines femmes, pouvant se manifester immédiatement ou des années après l'intervention.

  • Deuil: Comme la fausse couche, l’avortement est la perte d’un enfant, et entraîne un deuil. Philippe de Cathelineau nous fait remarquer combien le deuil est rendu plus difficile, lorsque tout le monde autour de soi nie la réalité de la perte. Le corps du défunt a été éliminé. Généralement, ce corps n’a même pas été vu par la mère.
  • Troubles de l'humeur: Les femmes ayant avorté présentent un risque d’être hospitalisées en psychiatrie dans les trois mois suivant l’accouchement ou l’avortement, de 53 % plus élevé que les femmes ayant porté leur enfant à terme. Le risque de dépression est de 37 % plus élevé (ou de 65 %, selon une autre étude).
  • Auto-mutilation et suicide: Sans antécédents psychiatriques, les risques d’auto-mutilation sont de 70 % plus élevés pour les femmes ayant mis fin à leur grossesse que pour les femmes qui ont accouché. Les femmes ayant avorté se suicident plus que les autres femmes (155 % plus), tandis que celles qui ont accouché d’un enfant se suicident moins que la moyenne des femmes.
  • Autres troubles psychiques: Les femmes ayant avorté sont plus souvent sujettes à la tristesse et aux pleurs, à des peurs irraisonnées ou des attaques de panique. Elle expérimentent aussi plus souvent des changements brusques d’état émotionnel. Elles ont souvent de grandes difficultés à exprimer leurs émotions. Sans intervention thérapeutique, ces troubles peuvent évoluer vers un état de stress post-traumatique, qui est un trouble anxieux sévère.
  • Sentiments de culpabilité et de honte: Certaines femmes avaient déjà conscience de faire du mal au moment de l’acte. Pour les autres, il est bien entendu souhaitable qu’elles prennent conscience que leur acte n’était pas bon. Les femmes qui en avaient déjà conscience, et celles qui prennent conscience de la portée de l’acte d’avortement, peuvent éprouver des sentiments de honte, de remord, de culpabilité, voire des idées noires. Elles sont parfois saisies par le souvenir de l’IVG, qui les fait profondément souffrir. Leur souffrance peut être d’autant plus grande quand elles ont vécu plusieurs avortements.
  • Addictions: Pour faire face à leurs souffrances psychiques et à leurs remords, certaines femmes tombent dans l’addiction à des substances anxiolytiques : médicaments, tabac, alcool, drogues. Une étude canadienne confirme que les risques de dépendance à la drogue et à l’alcool sont plus élevés respectivement de 142 % et de 287 % pour les femmes ayant avorté que pour celles ayant mené leur grossesse à terme.
  • Addiction à l'avortement: Malheureusement, il existe aussi une forme d’addiction à l’avortement. La souffrance même vécue dans cet acte peut conduire certaines femmes à le reproduire, comme pour essayer de changer ce qu’elles ont vécu, ou pour se donner la preuve que ce n’est pas un acte grave. Certaines sont comme écartelées entre leur désir de maternité et leur sentiment qu’il est impossible de vivre celle-ci. Cette répétition compulsive de l’avortement concernerait 45 % des avortements. Les conséquences psychiques et physiques d’une multiplication des avortements peuvent être très graves.
  • Impact sur la maternité ultérieure: La naissance d’un enfant ne compense pas un avortement passé. Par ailleurs, si la mère vit une dépression ou d’autres troubles psychiatriques suite à son avortement, cet état peut avoir des conséquences sur la relation avec ses enfants, et même nuire à l’attachement à un nouveau bébé et conduire parfois à de la maltraitance. La maltraitance commise par une mère ayant avorté peut s’accompagner de paroles destructrices, comme : « C’est toi que j’aurais dû avorter ! Autre risque pour les enfants dont un membre de la fratrie a été avorté : peut-être que leurs parents ont avorté parce qu’ils croient en l’idéologie de l’enfant désiré, l’enfant qui répond à mon projet, et non l’enfant que j’accueille parce qu’il existe, parce qu’il est lui-même. Le risque, pour les enfants qui survivent à la planification, est qu’ils ne correspondent pas non plus à ce que leurs parents avaient désiré et planifié.
  • Difficultés relationnelles: Il n’est pas étonnant que les blessures psychiques des femmes ayant avorté aient des répercussions sur leur vie de couple et leurs relations avec leur conjoint, le père de l’enfant avorté ou un autre. En effet, ce sont des relations avec un homme qui sont à l’origine de l’évènement traumatisant. On peut supposer que les conséquences relationnelles varient selon que l’homme avec qui la femme est en couple est le père de l’enfant avorté ou non. Suite à leur avortement, certaines femmes peuvent ressentir de la haine envers leur conjoint, un dégoût de la sexualité, voire un rejet envers tous les hommes. Des dysfonctionnement sexuels se produisent chez 31 % des femmes ayant avorté et chez 18 % de leurs conjoints.

Impact sur les Hommes et l'Entourage

L'avortement n'affecte pas seulement les femmes. Les hommes, les frères et sœurs de l'enfant avorté peuvent également ressentir des conséquences psychologiques.

  • Chez les hommes: Certains hommes sont indifférents à l’avortement de leur compagne. D’autres ont fait pression sur celle-ci pour qu’elle avorte. Mais l’avortement est souvent décidé d’un commun accord, parce que les deux parents pensent que leur situation ne leur permet pas d’accueillir l’enfant. Parfois aussi, la femme avorte à l’insu du père, qui ne sait pas toujours qu’elle a été enceinte. Le Docteur Pissochet mentionne une étude comparative entre hommes et femmes, qui montre que, si les femmes sont 56,9 % à vivre une détresse psychologique après un avortement, les hommes sont tout de même 40,7 %.
  • Chez les frères et sœurs: Les frères et sœurs d’enfants avortés sont confrontés à la souffrance portée par leur mère et peut-être par leur père. Mais, quand ils apprennent l’existence de cet avortement, ce qui est nécessaire à un moment de leur vie, ils sont confrontés au choc du fait que l’un des membres de la fratrie a été éliminé par les parents. L’une des questions qui peut les perturber est : « Et si ça avait été moi ? », et donc « Est-ce que maman s’est posé la question pour moi ? ». Le syndrome du survivant que peuvent vivre les frères et sœurs d’enfants avortés entraîne parfois des troubles psychologiques profonds. Ces enfants peuvent vivre les mêmes conflits psychologiques que ceux dont un frère ou une sœur est mort dans un accident ou une maladie.
    • La culpabilité existentielle. La personne pense que c’est elle qui aurait dû mourir. Ce trait se retrouve toujours dans le syndrome du survivant.
    • L’angoisse existentielle : « Je veux vivre mais il va forcément m’arriver quelque chose, puisque je suis coupable d’être vivant à la place de mon frère ou de ma sœur.
    • L’attachement anxieux et l’ambivalence affective. Des doutes concernent d’abord l’amour des parents, par qui l’enfant se sent aimé, tout en pensant qu’ils sont capables de le tuer.
    • La peur de la vérité. Elle résulte des non-dits concernant l’avortement.
    • La culpabilité ontologique. Elle peut s’ajouter à la culpabilité existentielle. La personne pense n’avoir pas de valeur, et elle renonce à développer ses talents.
    • La violence. La révolte entraîne d’abord une agressivité envers les parents, qui va parfois jusqu’au meurtre.
    • Le dédoublement de personnalité. Il existe surtout pour les enfants qui ont été mis au monde pour remplacer l’enfant avorté.
    • La perte du sens moral : la perte du respect d’autrui et de soi-même.
    • La tendance à avorter à son tour.
    • Le refus de Dieu.

Mortalité Maternelle et Avortement

Il est couramment considéré que la mortalité maternelle est plus forte dans les pays qui ont une législation restrictive concernant l’avortement, car cela aurait pour conséquence de pratiquer des avortements dans des conditions dangereuses du fait de son illégalité. Ainsi, on peut citer en Europe l’exemple de Malte et de l’Italie où le taux de mortalité maternelle est respectivement de 3 et 4 sur 100 000. L’exemple du Chili est particulièrement significatif avec une loi, votée en 1989, restrictive face à l’avortement. Pour autant, à compter de cette même date, non seulement le taux n’a pas augmenté, mais il a diminué de moitié. Il est passé de 41,3 à 22 décès sur 100 000 en 2013. Si le fait d’être enceinte suppose à lui seul d’augmenter les risques de décès, dans la première année, les risques sont augmentés de 80% pour les femmes qui ont choisi d’interrompre leur grossesse, en comparaison des femmes qui ont choisi de mener leur grossesse à leur terme. Ce risque est d’autant plus important que l’avortement intervient tardivement. Ainsi, comme il ressort d’une étude, une femme qui avorte dans les 20 semaines, a 35 fois plus de risques de mourir suite à l’avortement. Lorsque l’on met en évidence différentes causes de décès, pour chacune d’elle, on en tire les mêmes conclusions : les femmes qui avortent ont plus de risque de décéder. Il en est ainsi pour la mort de cause naturelle (60% de plus de risques), causé par le sida (2 fois plus contaminées), maladies cardiovasculaires et mentales (3 fois plus de risques). Par ailleurs, on observe que les femmes qui ont avorté sont plus susceptibles de mourir d’un accident mortel ou des suites de violences physiques. Une femme ayant un nouveau-né est beaucoup plus prudente. Elle évite les risques, ceux-ci étant 4 fois plus important pour les femmes qui avortent comparé aux femmes qui ont accouché.

Idées Fausses sur l'IVG

Il est important de dissiper certaines idées fausses concernant l'IVG :

  • "L'IVG rend stérile ou diminue la fécondité" : FAUX. L'avortement (IVG), réalisé dans de bonnes conditions n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme. La fertilité revient rapidement après un avortement, c'est pour cette raison que l'utilisation d'une contraception doit être envisagée dès le premier jour de l'interruption de la grossesse, si besoin.
  • "L’IVG produit un dérèglement hormonal." : FAUX. Le système hormonal se régule rapidement après une IVG, et les règles reviennent dans un délai de 4 à 6 semaines.
  • "L'avortement provoque des troubles psychiques" : FAUX. Comme le précisent la Haute Autorité de santé, il n'existe pas de pathologie psychologique spécifique au décours d'une IVG.
  • "L'IVG est utilisée seulement par les femmes qui n'ont pas de moyen de contraception" : FAUX. Au contraire, dans un peu plus de deux cas sur trois, les femmes qui ont recours à une IVG utilisaient un moyen de contraception qui n'a pas fonctionné (rupture de préservatif, oubli de pilule, etc.).
  • "Les mineures doivent demander l'accord de leurs parents" : FAUX. En France, une femme mineure, enceinte et qui souhaite interrompre sa grossesse, peut demander une IVG auprès d'un médecin ou d'une sage-femme.
  • "L'IVG médicamenteuse est une méthode plus simple que l'IVG instrumentale" : FAUX. Pas pour toutes les femmes. En effet, chacune des méthodes présente des avantages et des inconvénients qui seront à discuter avec le professionnel de santé.

Soutien et Accompagnement Post-IVG

Toutes ces souffrances ne sont pas une fatalité, l’aide d’une thérapie peut aboutir à de vraies résurrections. Bien sûr, rien ne pourra faire que l’enfant avorté n’ait pas été avorté. Mais Dieu nous demande de ne pas rester figés dans le mal qui a été fait. L’Église sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. En réalité, ce qui s’est produit a été et demeure profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l’espérance. C’est à ce même Père et à sa miséricorde qu’avec espérance vous pouvez confier votre enfant.

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Après une IVG, parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel. N’hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue. Vous pouvez aussi contacter l’antenne du la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, , sexualité" (par téléphone ou via le tchat) afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).

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