L'accident vasculaire cérébral (AVC) est une urgence médicale majeure qui peut avoir des conséquences dévastatrices, tant pour la mère que pour l'enfant à naître, lorsqu'il survient pendant la grossesse ou en période post-partum. Bien que relativement rare, il est essentiel de comprendre les causes, les symptômes et les options de prise en charge de l'AVC chez la femme enceinte.

L'AVC : une urgence médicale

L'accident vasculaire cérébral (AVC) se caractérise par un arrêt brutal de la circulation sanguine dans un vaisseau irriguant le cerveau. Cette interruption prive les cellules nerveuses d'oxygène, entraînant leur destruction rapide. En France, l'AVC est la deuxième cause de mortalité et la première cause de handicap chez l'adulte. Chaque année, environ 140 000 nouveaux cas sont recensés.

Il existe deux principaux types d'AVC :

  • L'AVC ischémique : il représente 80 % des cas et est causé par l'obstruction d'une artère cérébrale par un caillot sanguin. On parle alors d'infarctus cérébral.
  • L'AVC hémorragique : il représente 20 % des cas et est causé par la rupture d'un vaisseau sanguin dans le cerveau, entraînant un hématome cérébral.

AVC et grossesse : une forme particulière

La survenue d'un AVC pendant la grossesse ou juste après l'accouchement est un événement rare, mais tragique, tant pour la mère que pour l'enfant. Bien que rare, la spécialiste se veut rassurante : "les risques sont plus grands, certes, mais dans les faits, nous notons un très faible nombre de cas d'AVC pendant la grossesse. La survenue d’un AVC durant la grossesse ou le post-partum est donc un événement rare. Toutefois, les séquelles ne sont pas à négliger. Il n'y a par ailleurs pas de risque direct pour le fœtus. Il faut bien sur choisir les médicaments compatibles avec la grossesse. Mais en dehors du cas particulier de l'éclampsie (à ne pas considérer comme AVC) il n'y a pas d'indication à déclencher l'accouchement. La grossesse n’est donc pas une contre-indication à une prise en charge usuelle d’un AVC.

Plusieurs études se sont penchées sur les facteurs de risque d'AVC pendant la grossesse. Les femmes enceintes subissent des modifications physiologiques qui pourraient augmenter le risque d'événements vasculaires. De plus, la période post-partum est une période à surveiller chez les femmes présentant des facteurs de risque vasculaire.

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En 2016, une étude a montré que le risque d'AVC pendant la grossesse était plus élevé chez les jeunes femmes.

Causes et facteurs de risque

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la survenue d'un AVC chez la femme enceinte :

  • Modifications physiologiques liées à la grossesse : la grossesse entraîne une hypercoagulabilité sanguine, une augmentation du débit cardiaque, une augmentation du volume sanguin total et des modifications de la structure des parois des artères. La femme enceinte est donc plus à risque.
  • Hypertension artérielle : 15 % des femmes enceintes développent une hypertension artérielle, ce qui constitue un facteur de risque majeur d'AVC. La prééclampsie, une maladie grave de la grossesse caractérisée par une augmentation de la pression artérielle, augmente significativement le risque d'AVC dans les années qui suivent.
  • Diabète gestationnel : le diabète gestationnel augmente également le risque d'AVC dans les années qui suivent la grossesse.
  • Hémorragie sous-arachnoïdienne : ce type particulier d'AVC, qui correspond à la rupture de vaisseaux sanguins à la surface du cerveau, touche préférentiellement les femmes jeunes. Une prédisposition génétique est soupçonnée.
  • Autres facteurs de risque cardiovasculaires : l'excès de cholestérol, l'obésité, le tabagisme et la sédentarité sont également des facteurs de risque d'AVC. La prise de la pilule contraceptive associée au tabagisme augmente considérablement le risque d’AVC chez les femmes de moins de 35 ans. De même les contraceptifs oestroprogestatifs prescrits au moment de la ménopause peuvent favoriser la survenue d’un AVC.

Symptômes

Les symptômes d'un AVC apparaissent soudainement et varient en fonction de la zone du cerveau touchée et de l'ampleur des lésions. Il est important de connaître les signes d'alerte pour réagir rapidement :

  • Faiblesse ou paralysie soudaine d'un côté du corps
  • Difficulté à parler, à comprendre ou à trouver ses mots
  • Troubles de la vision (baisse de la vue, vision double)
  • Maux de tête intenses et soudains, sans cause apparente
  • Vertiges, perte d'équilibre ou difficultés à coordonner ses mouvements

Vous pouvez rencontrer des difficultés à parler, en bafouillant avec des mots bégayant ou incompréhensibles. Si vous ressentez ces signes ou les repérez chez l'un de vos proches, il faut réagir vite et appeler d'urgence le 15. Ils contacteront directement un neurologue qui vous prendra en charge dans une unité neurovasculaire. Un AVC transitoire (accident ischémique transitoire) peut précéder un AVC et doit conduire à la même prise en charge.

L'accident ischémique transitoire (AIT) est une forme légère d'AVC causée par l'interruption temporaire du débit sanguin dans une partie du cerveau. Dans le cas d'un AIT, les symptômes durent moins d'une heure et ne laissent pas de signe anormal sur les images du cerveau par IRM. L'AIT est un peu plus fréquent chez les hommes que chez les femmes. Le risque de survenue d'un AVC à la suite d'un AIT est élevé (jusqu'à 10 % des cas dans la semaine qui suit l'AIT).

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Lorsqu'une personne présente de façon soudaine des symptômes qui suggèrent un AIT ou un AVC, il faut immédiatement appeler le Samu (15, 112) qui orientera vers la structure adaptée.

Diagnostic et prise en charge

L'AVC est une urgence vitale qui nécessite une prise en charge rapide. Plus un AVC est pris en charge rapidement, plus les chances de survie et l'absence de séquelles importantes sont élevées.

Le diagnostic repose sur un examen clinique et des examens d'imagerie cérébrale (scanner ou IRM) pour déterminer le type d'AVC et la zone du cerveau touchée.

Le traitement dépend du type d'AVC :

  • AVC ischémique : le traitement vise à rétablir la circulation sanguine dans le cerveau le plus rapidement possible, soit par l'administration de médicaments thrombolytiques (qui dissolvent le caillot), soit par une intervention endovasculaire pour retirer le caillot mécaniquement. Important : ce traitement doit être réalisé dans les premières heures qui suivent l’apparition des symptômes d’AVC ischémique (dans un délai de 4h30 après l’AVC). Des médicaments antiagrégants plaquettaires sont prescrits après un AVC ischémique. Ils empêchent les plaquettes du sang de s’agglutiner et donc les caillots de se former. Il peut s’agir de l’aspirine donnée à des doses précises, ou d’autres médicaments comme le clopidogrel ou le ticlopidine. Les anticoagulants sont prescrits dans certains cas d’AVC ischémique.
  • AVC hémorragique : le traitement vise à contrôler le saignement et à réduire la pression intracrânienne. En cas d’AVC hémorragique, le contrôle en urgence de la tension artérielle est capital.

La grossesse n’est donc pas une contre-indication à une prise en charge usuelle d’un AVC. Il n'y a par ailleurs pas de risque direct pour le fœtus. Il faut bien sur choisir les médicaments compatibles avec la grossesse. Mais en dehors du cas particulier de l'éclampsie (à ne pas considérer comme AVC) il n'y a pas d'indication à déclencher l'accouchement.

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Prévention

La prévention est essentielle pour réduire le risque d'AVC, en particulier chez les femmes enceintes. Elle repose principalement sur le dépistage et le traitement des facteurs de risque vasculaires :

  • Surveillance de la pression artérielle : il est important de surveiller régulièrement sa tension artérielle pendant la grossesse et de traiter l'hypertension artérielle si nécessaire.
  • Contrôle du diabète gestationnel : le diabète gestationnel doit être dépisté et traité pour réduire le risque d'AVC.
  • Adoption d'un mode de vie sain : il est recommandé d'adopter une alimentation équilibrée, de pratiquer une activité physique régulière, d'éviter le tabagisme et de limiter la consommation d'alcool.
  • Prise en charge des autres facteurs de risque cardiovasculaires : l'excès de cholestérol, l'obésité et la sédentarité doivent être pris en charge pour réduire le risque d'AVC.

Une des meilleures stratégies pour lutter contre les AVC reste la prévention, qui repose principalement sur le dépistage et le traitement des facteurs de risque vasculaires comme le niveau de pression artérielle, l’excès de cholestérol, le diabète, l’obésité, le tabagisme, la sédentarité.

Conséquences et séquelles

Les conséquences de l'AVC varient selon la zone du cerveau touchée et l'ampleur des lésions. Environ 30 % des personnes qui ont eu un AVC conservent une certaine forme d'invalidité : paralysie, perte sensorielle, troubles de la mémoire, de l'élocution ou de la vue, dépression ou autres types de troubles psychiques, etc. Les conséquences peuvent être lourdes pour le patient comme pour son entourage.

La survenue d’un AVC, pendant la grossesse ou peu de temps après l’accouchement, constitue un évènement dramatique à la fois pour la mère (risque majeur de séquelles ou de décès) et pour l’enfant (conséquences physiologiques et obstétricales de l’AVC).

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