Le métier d'auxiliaire de puériculture est essentiel dans le domaine de la petite enfance, que ce soit dans le secteur public ou privé. Cet article vise à éclaircir les distinctions entre les auxiliaires de puériculture de 1ère et 2ème classe dans le secteur privé, en abordant les aspects de la formation, des responsabilités, de l'évolution de carrière et de la rémunération.
Le rôle de l'auxiliaire de puériculture
L'auxiliaire de puériculture est un professionnel de la petite enfance qui travaille auprès des enfants de 0 à 6 ans. Son rôle principal est de veiller au bien-être, à la sécurité et à l'éveil des enfants. Les auxiliaires de puériculture participent à l’élaboration et au suivi du projet de vie de l’établissement. Pour exercer ce métier, il est impératif de détenir le Diplôme d’État d’Auxiliaire de Puériculture (DEAP), qui s'obtient à l'issue d'une formation d'environ 10 mois (1540 heures réparties entre théorie et pratique) dans un Institut de Formation d’Auxiliaire de Puériculture (IFAP). Cette formation est accessible à tous les publics âgés de 17 ans au moins, sans condition de diplôme, par différentes voies : formation initiale, formation continue, apprentissage ou validation des acquis de l'expérience (VAE). Des allègements et dispenses de formation sont prévues pour les personnes titulaires de certains diplômes spécifiques.
Dès l’obtention du DEAP, l’auxiliaire de puériculture peut intégrer une structure d’accueil de jeunes enfants (crèche, jardin d’enfants, hôpital…) dans le secteur public ou privé.
Le cadre d'emplois des auxiliaires de puériculture dans le secteur territorial
Dans la fonction publique territoriale, le cadre d’emplois des auxiliaires de puériculture comporte deux grades :
- Auxiliaire de puériculture principal de 2ème classe
- Auxiliaire de puériculture principal de 1ère classe
L’auxiliaire de puériculture débute généralement au grade d’auxiliaire de puériculture principale de deuxième classe. Ce grade comprend 12 échelons. L’avancement d’un échelon à l’autre est accordé automatiquement en fonction de l’ancienneté. Le temps passé dans chaque échelon est fixé par arrêté. Par exemple, le passage de l’échelon 1 à 2 se fait en un an, tandis qu’il faut rester 3 ans dans l’échelon 7 pour passer à l’échelon 8. Cet avancement d’échelon est important car il entraîne une augmentation indiciaire.
Lire aussi: Auxiliaire de puériculture : programme et débouchés
Après avoir atteint deux ans d’ancienneté dans le 6ème échelon du grade d’auxiliaire de puériculture principale de deuxième classe et comptabiliser 5 ans de service dans la catégorie C, l’agent peut prétendre à un changement de grade. Chaque année, l’agent de la fonction publique territoriale est évalué au cours d’un entretien annuel. Pour passer au grade supérieur, l’agent peut également présenter des épreuves professionnelles.
Différences entre la 1ère et la 2ème classe dans le secteur privé
Bien que le cadre d'emplois territorial ne s'applique pas directement au secteur privé, il est utile de s'y référer pour comprendre les distinctions possibles entre les niveaux d'auxiliaire de puériculture. Dans le secteur privé, les différences entre la 1ère et la 2ème classe peuvent se traduire par :
- Niveau de responsabilité : L'auxiliaire de puériculture de 1ère classe peut se voir confier des responsabilités plus importantes, telles que l'encadrement d'une équipe, la gestion de projets d'animation ou la coordination des activités.
- Expérience : La 1ère classe est souvent attribuée aux auxiliaires de puériculture ayant acquis une expérience significative dans le métier.
- Rémunération : La rémunération est généralement plus élevée pour les auxiliaires de puériculture de 1ère classe, en raison de leurs responsabilités accrues et de leur expérience.
Il est important de noter que les critères de classification peuvent varier d'un établissement à l'autre, en fonction de la convention collective applicable et des politiques internes de l'employeur. Il convient donc de se référer à la convention collective et au contrat de travail pour connaître les spécificités de chaque poste.
Rémunération et évolution de carrière
La rémunération des auxiliaires de puériculture dans le secteur privé dépend de plusieurs facteurs, tels que l'expérience, le niveau de qualification, la convention collective applicable et la localisation géographique de l'établissement.
Les salaires pour débutant après un CAP Petite Enfance sont proches du SMIC. Les rémunérations des métiers de la petite enfance varient selon les exigences de chacun d’eux ainsi que du nombre d’années de service de chaque agent. Le salaire de l’auxiliaire de crèche correspond à celui imposé par le SMIC. Que ce soit dans une crèche, dans une école privée ou encore une PMI, un professionnel de ce métier doit s’attendre à gagner entre 1100 et 1500 euros nets par mois.
Lire aussi: Bien-être de l'enfant : l'importance de l'auxiliaire de puériculture
Pour faire évoluer sa carrière et sa rémunération, l'auxiliaire de puériculture peut envisager :
- La formation continue : Acquérir de nouvelles compétences grâce à des formations spécialisées (par exemple, en psychomotricité, en éducation spécialisée, en gestion de projet).
- La VAE : Valider son expérience pour obtenir un diplôme de niveau supérieur (par exemple, éducateur de jeunes enfants).
- L'évolution vers des postes d'encadrement : Devenir responsable de crèche, coordinateur petite enfance ou directeur adjoint de structure d'accueil.
Les autres métiers de la petite enfance et leur rémunération
Il est intéressant de comparer la rémunération des auxiliaires de puériculture avec celle d'autres professionnels de la petite enfance :
- Agent de crèche : S’occupe d’encadrer et de préparer les enfants à intégrer l’école. Le salaire est généralement entre 1100 et 1500 euros nets par mois.
- Animateur petite enfance : Exerce généralement dans les crèches et dans les diverses structures d’accueil de jeunes enfants. Il gagne en moyenne 1500 euros bruts par mois, mais ce montant peut varier s’il travaille de manière indépendante.
- Agent d’animation dans la petite enfance : Exerce soit dans une crèche, une école maternelle, une école primaire ou un centre de loisirs. Ce professionnel gagne en moyenne 1 554,58 € brut mensuel, ce qui équivaut au SMIC.
- Assistante maternelle : Sa rémunération ne s’estime pas souvent mensuellement, mais plutôt par heure. En moyenne, elle gagne au minimum 2,85 euros brut par heure et par enfant à sa charge. La rémunération moyenne est de 3,62 € brut par heure et par enfant.
- Auxiliaire parentale : Travaille qu’à domicile et peut gagner jusqu’à 9,61 euros bruts par heure (pour un jour de travail).
- ATSEM (Agent Territorial Spécialisé des Écoles Maternelles) : Gagne un salaire entre 1565 et 2216 euros bruts par mois. La rémunération tient compte du grade de l’agent (ATSEM 1re classe ou 2e classe).
- Éducateur de jeunes enfants : Peut facilement gagner entre 1 555 et 1650 euros bruts par mois. Ce professionnel qui exerce principalement dans les crèches, établissements socio-médicaux et les écoles maternelles, s’occupe d’instruire les enfants grâce à toutes sortes d’activités.
Accès à la fonction publique sans concours
Si le concours est la voie normale d'entrée dans la fonction publique, d'autres voies sont possibles et le code général de la fonction publique admet des dérogations. Les autres voies d'accès à la fonction publique sont :
- Pour occuper certains emplois permanents (par exemple, des emplois supérieurs dont la nomination est laissée à la décision du gouvernement).
- Pour occuper certaines fonctions en cas d’absence de corps de fonctionnaires susceptibles d’exercer les fonctions concernées. Ces agents sont engagés par des contrats à durée déterminée (CDD) d'une durée maximale de trois ans, renouvelables par reconduction expresse. La durée des contrats successifs ne peut excéder six ans. Si ces contrats sont reconduits au-delà, ils ne peuvent l'être que par décision écrite et pour une durée indéterminée.
- Pour occuper des fonctions correspondant à un besoin saisonnier ou occasionnel.
- La nomination au tour extérieur permet l’accès direct à des corps de fonctionnaires de l’État en catégorie A sans concours (corps d’inspection et de contrôle, juridictions administratives et financières…).
- Des personnes handicapées peuvent être recrutées en qualité d’agent contractuel, puis titularisées.
Au fil des années s’est construit un ensemble d’exceptions élargissant le recours à ces agents pour des besoins et sur des emplois très divers, temporaires ou non. Des recrutements sans concours peuvent être organisés dans le cadre de la législation sur les emplois réservés et pour l’accès au premier grade des corps de catégorie C. L'ordonnance du 2 août 2005 crée le parcours d’accès aux carrières de la fonction publique territoriale, hospitalière et de l’État (Pacte), ouvert aux personnes peu ou pas qualifiées et aux chômeurs de longue durée. Les agents bénéficiant de ce dispositif sont recrutés par le biais d'un contrat de travail de droit public d'une durée de 12 à 24 mois, assorti d'une formation en alternance. À l'issue du contrat, ils ont vocation à être recrutés en qualité de fonctionnaires dans l'emploi occupé durant le Pacte.
La loi dite "Sauvadet" de 2012 a permis une première embauche en contrat à durée indéterminée (CDI), sur des postes spécifiques tels que l’informatique ou la communication. Entre 2017 et 2023, la loi relative à l'égalité et à la citoyenneté a introduit, à titre expérimental, un nouveau type de contrat de droit public, le PrAB (préparation aux concours de catégorie A et B). Ce contrat expérimental ne donne pas directement accès au statut de fonctionnaire. Il permet aux personnes sans emploi de s'insérer ou de se réinsérer dans la vie active en exerçant en tant qu'agents publics contractuels tout en se préparant aux concours de catégorie A ou B.
Lire aussi: Formation et salaires de l'Auxiliaire de Puériculture en Drôme
La loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires remplace le mot "non titulaire" par celui de "contractuel" dans les lois statutaires. Le contrat n’est plus une anomalie à résorber mais un mode d’emploi complémentaire au statut, sans le droit à la carrière qui caractérise les fonctionnaires.
La loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique facilite le recours aux agents sous contrat :
- En ouvrant notamment la possibilité d'embaucher des contractuels sur des emplois de direction (en CDD) ou des contrats de projet (afin de mener à bien un projet ou une opération spécifique, en CDD de un à six ans).
- En renforçant les garanties offertes aux contractuels. Elle favorise leur recrutement direct en CDI et étend à l'ensemble de la fonction publique la portabilité du CDI, qui n'était possible jusqu'ici qu'au sein d'un même versant.
En 2023, la Cour des comptes dresse un bilan mitigé de la loi de transformation en soulignant notamment que le potentiel de recrutement sur contrat n’est pas pleinement exploité. En 2022, ce sont 25 518 nouveaux contrats qui ont été signés, soit une hausse de 15,3%.
Fonction publique ou secteur privé ?
Le secteur privé et la fonction publique reposent sur des logiques distinctes. Le privé fonctionne principalement selon des objectifs économiques, de performance et de rentabilité. La fonction publique est souvent associée à la sécurité de l’emploi. La titularisation offre un cadre protecteur et une visibilité à long terme.
Dans le secteur privé, la rémunération évolue principalement par la négociation, la performance individuelle et la mobilité. Les conditions de travail varient fortement selon les métiers et les employeurs, dans les deux secteurs. Le service public attire de nombreux profils en quête d’utilité sociale et de missions à impact collectif. Dans la fonction publique, les évolutions sont structurées par les grades, l’ancienneté, la formation et les concours internes. Le secteur privé favorise les évolutions rapides, au prix d’une plus grande instabilité.
Le choix entre fonction publique et secteur privé dépend avant tout du profil, du moment de vie et des priorités personnelles. Sécurité, sens, stabilité et cadre structuré orientent vers le public. Tout dépend du métier, du niveau de qualification et des primes.
Avancement d'échelon et de grade dans la fonction publique
Si vous êtes fonctionnaire, vous bénéficiez, au cours de votre carrière, d'avancements d'échelon et éventuellement de grade.
Avancement d'échelon
L'avancement d'échelon est le passage d'un échelon à l'échelon supérieur à l'intérieur d'un même grade. Il se traduit par une augmentation de salaire. Les services pris en compte pour l'avancement d'échelon sont les suivants :
- Activité : Les services accomplis en position d'activité sont pris en compte pour l'avancement d'échelon. Les périodes de travail à temps partiel sont assimilées à des périodes à temps plein.
- Détachement : Les services accomplis en position de détachement sont pris en compte pour l'avancement d'échelon dans votre corps d'origine. Et si vous êtes détaché dans la fonction publique, ils sont également pris en compte pour l'avancement d'échelon dans votre corps ou cadre d'emplois d'accueil. Les périodes de travail à temps partiel sont assimilées à des périodes à temps plein.
- Congé parental : Les périodes de congé parental sont prises en compte pour l'avancement d'échelon dans la limite de 5 ans pour l'ensemble de votre carrière.
- Disponibilité : Certaines périodes de disponibilité sont prises en compte pour l'avancement d'échelon. Les droits à avancement d'échelon sont conservés pendant 5 années de disponibilité maximum.
Avancement de grade
L’avancement de grade est le passage d’un grade à un grade supérieur à l’intérieur d’un même corps. Il permet l'accès à des fonctions supérieures et à une rémunération plus élevée. Le statut particulier de votre corps fixe les conditions à remplir pour pouvoir prétendre à un avancement au choix ou se présenter à l'examen professionnel ou au concours professionnel. Ces conditions sont notamment des conditions de grade et d'échelon.
L'avancement de grade a lieu au choix ou après examen professionnel ou concours professionnel. Votre administration employeur choisit les fonctionnaires qu'elle souhaite promouvoir à un grade supérieur, parmi ceux qui remplissent les conditions fixées par le statut particulier du corps concerné. Les fonctionnaires sont choisis en fonction de leur valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle.
tags: #auxiliaire #de #puericulture #secteur #prive #differences
