L'autonomie chez les bébés est un sujet dont on entend régulièrement parler. Si l'on peut être tenté de penser qu'il faut laisser aux bébés le temps d'être des bébés, il existe en réalité des manières d'encourager l'autonomie de son bébé, dans le respect de son développement. L'enfant cherchant naturellement à prendre son autonomie, c'est justement en respectant son développement qu'on l'encourage !

L'autonomie : un processus naturel et respectueux du rythme de l'enfant

L'autonomie, la vraie, celle qui dure dans le temps et donne à l'enfant un sentiment d'indépendance, de compétence et surtout de confiance, s'acquiert seul ! Il doit y parvenir de lui-même et à son rythme ! Il est primordial pour un enfant de se sentir en sécurité (physique et psychique) pour explorer, expérimenter le monde qui l’entoure et donc gagner en autonomie. Pour grandir, votre enfant a besoin de s’appuyer sur des bases solides. Les retours en arrière sont donc fréquents au cours du développement et de l’acquisition de nouvelles compétences. Il doit sentir qu’il peut faire un pas en arrière en cas de besoin pour mieux repartir ensuite, que ses parents sont et seront toujours là pour lui en base de sécurité. Plus il se sentira en sécurité affective, plus il parviendra à se détacher de manière saine et sereine. Répondre à tous les pleurs de son bébé, c'est lui donner la base de sécurité affective qui lui sera nécessaire pour prendre son autonomie le moment venu. Parce qu'il saura qu'il peut compter sur ses parents quand ça ne va pas, il osera s'en détacher sereinement et explorer le monde en confiance. Offrir le réconfort de ses bras ne revient pas à lui donner de mauvaises habitudes, bien au contraire !

L'alimentation à la demande : une base pour l'autonomie

Dès la naissance, le bébé doit pouvoir se nourrir à la demande. Rappelons que le lait maternel change en cours de tétée : de consistance aqueuse et riche en lactose au début, il devient ensuite progressivement plus crémeux et riche en graisses. En gérant lui-même la fréquence et la durée des tétées, en gérant l’alternance des seins, le bébé prend exactement ce dont il a besoin en fonction de ce que lui dicte son corps : il compose lui-même son menu avec le parfait équilibre lait aqueux de début de tétée/lait gras de fin de tétée. Ainsi, il prend juste ce qui lui faut, ni plus ni moins. Mais aussi, il est autonome dans la gestion de son alimentation ! Il apprend à écouter son corps et à manger à sa faim.

Et pour un bébé au biberon ? C’est la même chose ! Il est tout à fait possible de nourrir un bébé au biberon à la demande : en lui donnant le biberon à l’horizontale de manière à ce que le lait ne « coule pas tout seul », en faisant des pauses, en s’arrêtant dès que le bébé manifeste qu’il a terminé et en lui donnant son biberon suivant dès qu’il le demande, sans regarder la montre ! Tous les bébés n’ont pas besoin de boire la même quantité de lait. Comme pour les adultes, il y a des petits mangeurs, et des gros mangeurs. Alors pourquoi vouloir décider à leur place ?

La DME (Diversification Menée par l'Enfant) est la suite logique de l’allaitement à la demande. Pourquoi, parce que le bébé atteint l’âge de 6 mois, devrait-on d’un coup d’un seul se mettre à décider pour lui de ce qu’il devrait manger et en quelle quantité, alors qu’il se débrouillait parfaitement bien tout seul jusque-là ? Pourquoi ne pas simplement continuer à le laisser se nourrir à la demande ? Il gère à la fois ses quantités, la nature de ce qu’il mange, il peut manger dès qu’il en manifeste l’envie (on oublie les horaires rigides) et surtout, il se nourrit seul, dès le début ! Il est donc totalement autonome dans son alimentation, de A à Z.

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Respecter le sommeil de son enfant : un autre pilier de l'autonomie

Combien de bébés se voient imposer des siestes à un moment où ils ne sont pas fatigués ? Ici aussi, on fait à la place de l’enfant. Le bébé est le mieux placé pour savoir s’il a sommeil ou non. Réunir les conditions favorables à son endormissement au moment où on le pense fatigué, oui. Lui imposer de dormir alors qu’il ne l’est manifestement pas sous prétexte que « c’est l’heure », non ! L'adulte gère ici les besoins physiologiques de son enfant à sa place. Le bébé se déconnecte ainsi de ses propres besoins. Ce n’est pas ainsi qu’il apprendra à reconnaître de lui-même ses signes de fatigues et à se coucher de lui-même/demander à se coucher quand il se sent fatigué… Car de nombreux enfants dont les besoins de sommeil ont été respectés en sont capables, et très petit.

Maria Montessori recommande pour cela de proposer aux bébés capables de se mouvoir des lits au sol pour dormir. Ainsi, ils peuvent sortir de leur lit et rejoindre la pièce principale dès qu’ils sont réveillés, en toute autonomie !

Motricité libre : encourager l'autonomie corporelle

La motricité libre est une formidable manière d’encourager l’autonomie des bébés et des tout-petits ! En ne les plaçant pas dans une position qu’ils ne maîtrisent pas encore, on ne les rend pas dépendant de nous adulte pour les y placer à nouveau (à leur demande) et les en sortir (s’ils ne sont pas capables de le faire seul). En ce sens, ils gardent toute leur autonomie motrice. En les laissant faire un maximum d’expériences motrices par eux-mêmes, sans intervenir d’aucune façon (mais en étant bien présent là derrière pour assurer leur sécurité « au cas où » 😉 ), on encourage leur prise d’initiatives. On leur permet également de développer leur propre notion du danger en apprenant à gérer seuls les limites de leur motricité et de leur équilibre. En les laissant explorer au maximum la maison (sécurisée) sans les contenir dans un transat ou un parc, on leur permet de se familiariser librement avec leur environnement, de se mouvoir librement en toute heure, de manipuler de vrais objets (et non seulement des jouets !), et donc là aussi d’être un maximum autonomes.

Encourager la participation aux tâches quotidiennes

Cela paraît tout-bête, et pourtant, sans nous en rendre compte et avec l’intention de bien faire, nous avons tendance à faire à la place de nos enfants ! Si un bébé d’1 an souhaite se brosser les dents ou se coiffer seul, pourquoi ne pas le laisser faire (ce qui n’empêche pas de parfaire ensuite 😉 )? Ce sont d’excellents exercices pour lui ! Dès qu’il marche, on peut encourager ce type d’initiative en aménageant certains espaces à sa hauteur comme par exemple en installant un petit lavabo à sa portée pour qu’il puisse se laver les mains sans solliciter l’adulte.

Dès le plus jeune âge, l’enfant adore participer aux tâches de la vie quotidienne ! On pense toujours les enfants trop petits, mais ils sont capables de participer très jeunes, et ils adorent ça ! Pour eux, ce ne sont pas du tout des corvées ! En impliquant au plus tôt son enfant dans les tâches quotidiennes, par des petites missions de son niveau, on encourage son autonomie. C’est un excellent investissement pour plus tard, puisqu’il va acquérir très tôt certains gestes et ancrer en lui certaines habitudes de vie qui lui serviront durablement. Il est bien plus facile de laisser un petit de 16 mois débarrasser son assiette en fin de repas lorsqu’il en manifeste le désir (au risque qu’il salisse et casse, forcément ! 😉 ), que de lui refuser ce plaisir (car c’en en est un, à cet âge), et de râler plus tard parce qu’il ne débarrasse jamais son assiette ! (pour le coup, à cet âge-là, si l’habitude n’a pas été prise, cela devient une corvée !

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Maternage proximal et autonomie : un duo gagnant

Selon les normes de notre société, on laisse pleurer son bébé, on ne dort certainement pas avec lui, on ne l’allaite pas plus de 3-6 mois, cela serait un frein à son autonomie. Contrairement aux idées reçues, le maternage proximal et le développement de l’autonomie n’ont rien d’incompatible, bien au contraire ! Le maternage permet de répondre aux besoins affectifs du bébé, ce qui lui donnera la confiance suffisante pour mieux se détacher et prendre son autonomie. En parallèle, on peut prendre sur soi au quotidien pour respecter au mieux les prises d’initiatives de l’enfant qui résultent de son développement naturel ! Spontanément, les tout-petits ne demandent que ça, à devenir autonomes ! Il suffit de les observer pour s’en rendre compte, ils y travaillent tous les jours !

Accompagner, et non forcer, l'autonomie

Encourager l’autonomie de son bébé, ce n’est pas, à aucun moment, le « rendre autonome ». Il s’agit plutôt de respecter ses élans d’autonomie naturels en veillant à ne pas les entraver. En tant que parent, nous devons simplement savoir ouvrir les bras lorsque notre enfant manifeste un désir d’autonomie et d’indépendance, pour ne pas le retenir ni l’empêcher de grandir. Nous devons respecter et encourager chaque initiative d’autonomie de notre enfant.

L'apprentissage du sommeil autonome : ce qu'il faut savoir

L’apprentissage du sommeil autonome fait le buzz en ce moment. En fait, le sommeil de l’enfant est toujours autonome car c’est lui qui décide quand il s’endort. Mais, « le sommeil autonome est la capacité de l’enfant à aller vers le sommeil de manière apaisée, et en toute confiance, dans son lit, sans avoir besoin d’aide », explique Caroline Decré, spécialiste du sommeil de l’enfant.

Créer un environnement propice

Avant tout, il faut créer un environnement propice à la mise en place du sommeil autonome.

  1. Respecter le rythme du bébé dans la journée.
  2. Proposer un environnement de sommeil propice en diminuant les stimulations au moment du coucher, en faisant dormir bébé dans le noir complet pour favoriser la production de mélatonine. Le choix du lit est également important : les premiers mois, préférer un berceau, un couffin, un cododo ou la nacelle de la poussette à condition qu’elle soit adaptée (se renseigner auprès du fabricant), afin que le tout-petit ne se sente pas perdu dans un lit à barreau.
  3. Vérifier le taux d’humidité : idéalement, ce dernier doit être de 50 %.

Erreurs à éviter

  1. Avant l’âge de 3 à 4 mois, certains conseillent de varier les méthodes d’endormissement.
  2. Éviter la sur-intervention.
  3. Après l’âge de 3 à 4 mois, dissocier l’alimentation du temps de sommeil.
  4. S’écouter dans ses besoins de parents.

L’endormissement autonome doit s’adopter progressivement. Cela ne doit pas se faire de manière brutale ou rigide.

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La tétine : un choix parental

« La tétine est trop souvent diabolisée, estime Caroline Decré. Or, il s’agit d’un choix parental, mais également d’un besoin du nourrisson. » On peut, cependant, ne pas l’habituer à avoir une tétine dans la bouche toute la journée ! « Vers l’âge de 3 à 4 mois, on peut le laisser trouver ses mains et les porter à la bouche.

Favoriser l'autonomie à travers l'environnement

Favoriser l’autonomie chez le jeune enfant est une démarche importante pour son développement. L’environnement est un pilier fondamental pour encourager l’autonomie.

  • Aménagement des espaces : Dans la maison ou dans la crèche, il est recommandé de disposer le mobilier et les objets à la hauteur de l’enfant.
  • Matériaux et jeux accessibles : En rendant le matériel ludique facilement accessible, l’enfant peut choisir ses activités en fonction de ses envies et de ses besoins.

Encourager la prise d'initiatives

La prise d’initiatives est une étape importante dans le développement de l’autonomie.

  • Proposer des choix simples : Pour les plus petits, offrir des choix limités (par exemple, « Veux-tu porter la chemise bleue ou rouge ? ») aide l’enfant à exercer son libre arbitre de manière encadrée.
  • Les tâches adaptées à l’âge : Les jeunes enfants peuvent participer activement à la maison ou à la crèche. Mettre la table, arroser les plantes, ou encore ranger leurs jouets sont des tâches simples mais valorisantes. Il existe même des pratiques spécifiques de la pédagogie Montessori pour favoriser l’autonomie des enfants lors des repas.
  • Valoriser les efforts plus que le résultat : Dans cette phase, le plus important est de souligner l’effort de l’enfant. Accepter que l’enfant fasse des erreurs est essentiel pour son développement.

L'autonomie émotionnelle

L’autonomie ne se limite pas aux actions ; elle concerne aussi la régulation des émotions. Aider l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il ressent (« Tu es en colère parce que le jeu est terminé, n’est-ce pas ?

L'importance des routines et d'un adulte de confiance

Les routines structurent la journée des jeunes enfants et leur permettent de développer des repères. Enfin, pour que l’enfant gagne en autonomie, il a besoin d’un adulte de confiance qui l’accompagne, sans jugement ni attentes irréalistes.

  • Lâcher prise sur la perfection : Les adultes peuvent être tentés de vouloir « bien faire » pour l’enfant, mais il est important de ne pas exiger la perfection.
  • Adapter ses attentes à son âge : Chaque enfant a son propre rythme, et il est important de ne pas précipiter les choses.

Respecter le rythme de l'enfant

Un aspect fondamental de l’accompagnement bienveillant est le respect du rythme propre de chaque enfant. Observer attentivement l’enfant permet de mieux comprendre son rythme naturel. Cette observation aide l’adulte à identifier les moments où l’enfant est prêt pour une nouvelle tâche sans précipiter les étapes.

Les avantages de l'autonomie pour l'enfant

L’autonomie joue un rôle crucial dans le développement global de l’enfant.

  • Développer de la confiance en soi : L’autonomie permet à l’enfant de développer un sentiment de confiance en ses propres capacités.
  • Acquérir des compétences pratiques : L’autonomie permet à l’enfant d’acquérir progressivement des compétences pratiques nécessaires dans sa vie quotidienne. Cela inclut des activités telles que s’habiller, se nourrir, se laver, se brosser les dents, ranger sa chambre, etc.
  • Développer la pensée critique et de la résolution de problèmes : L’autonomie favorise le développement de la pensée critique chez l’enfant.
  • Favoriser l’adaptabilité et la prise de responsabilités : L’autonomie aide l’enfant à développer des compétences d’adaptation et à faire face aux changements.
  • Encourager l’exploration et la créativité : L’autonomie offre à l’enfant la liberté d’explorer son environnement et de développer sa créativité. Lorsqu’il est autorisé à exprimer ses idées, à poser des questions et à expérimenter, il développe sa curiosité naturelle et sa capacité à penser de manière indépendante. C’est la fameuse phase du « pourquoi ? ».
  • Développer l’identité personnelle : L’autonomie joue un rôle clé dans la construction de l’identité personnelle de l’enfant.

En favorisant l’autonomie chez l’enfant, les adultes contribuent à son développement émotionnel, social, cognitif et physique.

L'autonomisation du bébé : un processus naturel

L'autonomisation d’un enfant est un ensemble de processus qui permet à un enfant d’être autonome. En effet, à sa naissance, le bébé est entièrement dépendant de sa génitrice et de son géniteur. Puis, à travers le temps de croissance du bébé, il ou elle apprendra à s’autonomiser de ses parents en tentant de saisir des objets, de se mettre sur le dos ou le ventre, de ramper, de marcher à quatre pattes. Cette volonté à être autonome se manifestera tous les jours de sa vie jusqu’à l’âge adulte. Lorsque naît le bébé, impossible pour lui ou elle d’être autonome tout seul sur les 90 jours suivant sa naissance. Pendant ce temps, toutes ces activités seront dictées et conduites par ses parents. Après trois mois, l’enfant commence à manifester une certaine forme d’autonomie comme saisir certains objets, mettre des objets dans la bouche. Et à côté de cela, le bébé manifestera certains mouvements tels que bouger les pieds, tendres les bras et se tourner sur le dos. Généralement ces mouvements sont stimulés par l’un des parents. Donc, ce sont des mouvements assistés. Après l’âge de 6 mois, l’autonomie du bébé commence à être de plus en plus affirmée. À ce stade, il ou elle veut tout toucher, tout saisir et jouer avec tout sur son passage car, il peut se déplacer dans chaque pièce de la maison à quatre pattes. Après 18 mois, l’autonomie du bébé devient de plus en plus perceptible. D’abord le son, la parole, ensuite, les gestes, enfin, la marche, ainsi que d’autres mouvements accompagnent cette autonomie. Toutefois, même à cet âge, votre enfant a toujours besoin de votre assistance. Et même après 16 ans, votre enfant reste toujours un grand bébé. En clair, le bébé peut s’autonomiser, mais avec l’aide de ses parents jusqu’à un certain âge (13 ans maximum).

Astuces pour accompagner l'autonomisation de votre bébé

Voici 5 astuces pour accompagner votre enfant à s’autonomiser.

  1. Le laisser en motricité libre : Poser le bébé sur le ventre dès l’âge deux mois quand il est éveillé est très recommandé. C’est un acte qui est conseillé par certains pédiatres et même certains médecins.
  2. Le laisser se nourrir à la demande : Laissez votre bébé se nourrir à la demande lui permet de réguler son appétit et dans l’avenir, cela lui permettra d’écouter son corps pour le nourrir avec les nutriments nécessaires.
  3. Le laisser faire seul : Il faut par moments laisser les enfants faire certaines choses telles que se brosser les dents à 1 an, se coiffer les cheveux, se chausser, se rendre dans la salle des toilettes, balayer. Ainsi, votre enfant apprend à développer ses compétences exécutives qui l'amèneront tout droit vers une autonomie.
  4. Répondre à ses pleurs : Les médecins suggèrent que pour une meilleure croissance affective, les parents doivent répondre à tous les pleurs des bébés afin de leur donner la base de la sécurité affective.
  5. Le laisser gérer ses cycles de sommeil : Votre bébé est le mieux placé pour savoir quand il faut dormir. Son corps et son esprit ont été programmés pour dormir que lorsqu’ils s’accordent qu’il est temps de le faire.

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