L'autisme, ou trouble du spectre de l'autisme (TSA), est un trouble du neurodéveloppement qui se manifeste dès l’enfance et qui accompagne la personne tout au long de sa vie. Il est caractérisé par des particularités dans les interactions sociales, la communication, et le comportement. La détection précoce des signes d'autisme est essentielle pour une prise en charge et un accompagnement adaptés. L'observation des premiers troubles de l’autisme chez l’enfant intervient souvent avant ses 3 ans. Un dépistage précoce permet une meilleure prise en charge.

Qu'est-ce que l'autisme ?

On utilise couramment le terme autisme pour désigner les troubles du spectre autistique (TSA), un ensemble de troubles du neurodéveloppement affectant la communication, les interactions sociales et le comportement. L’autisme est un trouble du neurodéveloppement (TND) qui se manifeste dès la petite enfance et perdure tout au long de la vie.

Par la notion de « spectre », on ne fige pas une personne autiste sur une échelle de « un peu autiste » à « très autiste ». Chaque personne étant différente, chaque trouble étant spécifique, le spectre permet de définir une place selon différentes capacités : le langage, la perception, les émotions, les capacités motrices… Ainsi, un enfant autiste pourra maîtriser la communication verbale, mais pourra se sentir en difficulté pour percevoir et comprendre ce que l’autre lui demande. Il s’agit de repérer les forces et les défis de chaque personne autiste pour mettre en place les interventions et accompagnements adaptés.

L'autisme a été décrit pour la première fois par les psychiatres Leo Kanner, en 1943, et Hans Asperger, en 1944. Depuis, la définition de l’autisme et ses critères diagnostiques ont évolué et les mécanismes biologiques impliqués, principalement génétiques, sont de mieux en mieux connus. Dès les années quatre-vingt, la psychiatre britannique Lorna Wing rompt avec la conception de l’autisme comme une entité binaire (soit présent, soit absent) et suggère que l’autisme correspond davantage à un ensemble de symptômes dont l’intensité se situe sur un continuum. Par exemple, si l’on considère la communication sociale, les troubles peuvent varier d’une difficulté dans l’établissement des interactions avec autrui à un retrait social majeur.

Prévalence de l'autisme

En France, près d’1 personne sur 100 serait concernée par l’autisme, soit environ 700 000 à un million de personnes, dont 100 000 ont moins de 20 ans. Les garçons sont trois fois plus à recevoir ce diagnostic.

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Selon les définitions, la prévalence des troubles du neurodéveloppement (TND) dans le monde varie de 5 à 15%, selon un gradient de sévérité des troubles très large. Les données officielles estiment que plus d’1 personne sur 100 pourrait recevoir un diagnostic d’autisme. Pour des raisons encore mal déterminées, les garçons sont plus fréquemment diagnostiqués avec un autisme (4 garçons pour 1 fille). De récentes études ont été menées pour mieux identifier l'expression de l'autisme, mais aussi les diagnostics différentiels chez les filles et femmes autistes. La probabilité d’avoir un enfant autiste est 10 à 20 fois plus élevée dans les familles où les parents ont déjà eu un enfant autiste.

Premiers Signes d'Alerte

Les « symptômes de l'autisme chez les bébés » peuvent apparaître dès les premiers mois de la vie. Souvent, les signes de l'autisme peuvent se manifester dès l'âge de 6 mois et jusqu'à près de 2 ans. Cette liste des signes de l’autisme n’est pas exhaustive. Il est important de noter que tous les bébés autistes ne présentent pas de signes avant-coureurs au cours des deux premières années.

Interactions sociales et communication

  • Défaut d’attitude anticipatrice: L’attitude anticipatrice est le mouvement de tendre les bras que le bébé fait lorsqu’on se penche vers lui.
  • Défaut d’ajustement postural: L’ajustement postural est l’ajustement tonique de l’enfant au corps de la personne qui le porte.
  • Absence de babillage ou peu de vocalisation : le babillage est la forme de langage utilisée par les tout petits. Il consiste en la formation de sons syllabiques tels que « ba ».
  • Ne répond pas à son prénom : quand les parents l’appelle le bébé ne tourne pas la tête vers eux ni ne manifeste de réaction. L'un des premiers signes de l'autisme est l'absence de réaction à l'appel. Si un bébé ne se retourne pas lorsqu'on l'appelle par son nom à l'âge de 6 mois, il peut s'agir d'un indicateur précoce d'autisme.
  • Difficultés dans le contact visuel : Le bébé peut éviter de regarder les visages et ne pas établir de connexion visuelle. Le contact visuel est un élément essentiel du développement précoce des bébés, car il les aide à se connecter à leur environnement et aux personnes qui les entourent.
  • Absence ou faible attention conjointe : c’est la capacité à partager un évènement avec autrui, à attirer et à maintenir son attention vers un objet ou une personne dans le but d’obtenir une observation commune et conjointe. Le pointage est un exemple d’attention conjointe. Les enfants autistes ont souvent des difficultés à suivre un regard, un geste de la tête ou un signal du doigt pour coordonner leur attention avec celle d'une autre personne.
  • Absence de réactions joyeuses à l’arrivée des parents
  • Peu de réaction à la séparation
  • Réactions sociales limitées : Le bébé peut sembler indifférent aux interactions sociales. Il ne tend pas les bras pour être porté. Il ne sourit pas, ne répond pas à son prénom ou ne réagit pas à la voix des parents. Il est plus intéressé par les objets que par les personnes. Les bébés autistes peuvent ne pas manifester d'émotions ou avoir du mal à reconnaître celles des autres. Par exemple, ils peuvent ne pas sourire ou ne pas avoir de sourire social, ce qui est un indicateur précoce de l'autisme.
  • Absence ou retard de langage (pas de mots, phrases) sauf dans le cas des personnes autistes sans déficience intellectuelle qui peuvent développer le langage au stade normal pour un enfant voir précocement. Les retards dans le développement du langage sont un autre signe important d'autisme chez les nourrissons. Le développement du langage chez les bébés autistes peut présenter des caractéristiques telles que des retards dans la communication non verbale et le langage parlé. L'absence de babillage à 12 mois est un indicateur précoce couramment observé dans le diagnostic des troubles du spectre autistique. À 16 mois, un bébé devrait commencer à utiliser des mots simples et s'il ne le fait pas, cela peut être un signe d'autisme. L'incapacité à former des phrases de deux mots à l'âge de 24 mois est un indicateur significatif d'un retard de langage lié à l'autisme.
  • Ne pointe pas du doigt ou pointe dans le but d’obtenir quelque chose en échange et non pas pour partager un évènement. Par exemple, il pointe un gâteau quand il a faim, mais ne pointe pas un avion qui passe dans le ciel pour le montrer à ses parents.
  • Absence d’intérêt pour les autres enfants ou semble être craintif et/ou maladroit à l’idée d’entrer en contact avec eux. Cela peut passer pour de la timidité ou de la maladresse sociale.
  • Les bébés autistes ne participent pas toujours à des jeux d'imitation ou à des simulacres.

Comportements

  • Maniement étrange des objets (objets autistiques de F.
  • Conduites d’agrippement (E.
  • Conduites de démantèlement (D.
  • Comportements répétitifs : Présentation de mouvements stéréotypés, comme se balancer d’avant en arrière. Les nourrissons autistes présentent souvent des comportements répétitifs et un intérêt limité. Ces comportements peuvent inclure des mouvements répétitifs tels que les battements de mains, le balancement du corps ou la rotation d'objets. Des mouvements tels que le battement des mains, le balancement du corps ou la rotation d'objets peuvent être des signes d'autisme chez les nourrissons. Le battement des mains est un mouvement répétitif courant chez les bébés autistes.
  • Préoccupation persistante pour certaines parties d’objets : fait tourner la roue d’une petite voiture au lieu de jouer avec. Les bébés autistes peuvent faire preuve d'une fixation intense sur certaines parties des objets, par exemple en se concentrant uniquement sur les roues d'un jouet.
  • Attachement inhabituel à des objets, l’enfant peut être fortement déstabilisé si on lui retire.
  • Insistance à poursuivre les actes routiniers strictement et dans le détail : emprunter le même trajet pour se rendre au parc ou à l’école, faire différentes actions toujours dans le même ordre avant de se coucher, aligner toujours les peluches de la même manière. Les bébés autistes peuvent faire preuve d'une résistance extrême aux changements de routine quotidienne et développer des rituels spécifiques qui les perturbent s'ils sont modifiés.
  • Sensibilité : Le bébé est sensible au son, à la vue, à l’odorat, au goût ou autre expérience sensorielle. Les personnes concernées semblent souvent isolées dans leur monde intérieur et présentent des réactions sensorielles (auditives, visuelles, cutanées…) particulières.

Autres signes

  • Apathie : état d’impassivité, manque d’intérêt émotionnel ou social.
  • Impression d’anormalité : bébé trop calme ou excité. Constat anormal : Il est trop souvent calme ou anormalement excité. Son tonus n’est pas correct. Il pleure très souvent sans raison apparente.
  • Intolérance au contact physique : n’aime pas être porté, pris dans les bras, cela peut déclencher des pleurs ou des mouvements de recul.
  • Impression d’indifférence au monde extérieur : semble pensif et peu sensible à son environnement immédiat.
  • Motricité : La motricité du bébé n’est pas bien organisée.

Dépistage Précoce et Diagnostic

Il est important que vous agissiez assez rapidement dès les premières suspicions de tendances autistiques. En effet, un dépistage précoce permet une prise en charge et un meilleur accompagnement de l’enfant. Si vous avez des doutes, n’hésitez pas dans un premier temps à en parler autour de vous.

Outils de dépistage

Il existe des outils de dépistage et d’évaluation qui permettent de repérer les signes d’alerte chez les enfants autistes. Le plus connu et le plus utilisé est le test M-Chat (Modified Check-list for Autism in Toddlers). Le Modified Checklist for Autism in Toddlers (M-CHAT) est un outil de dépistage utilisé pour détecter l'autisme chez les nourrissons. Le test M-CHAT-R s'applique aux nourrissons âgés de 16 à 30 mois. Attention, les résultats de ce test ne posent en aucun cas un diagnostic. Les signes d’alerte détectés peuvent toutefois faire l’objet d’une prise en charge par une équipe pluridisciplinaire.

Pour vous aider à identifier les difficultés de votre enfant, il existe un livret à remplir.

Lire aussi: Reconnaître l'autisme chez les bébés

Consultation médicale

Qui connait mieux votre enfant que vous ? C’est votre vigilance et votre attention de tous les jours qui vous permettront de détecter certains comportements chez votre enfant. Si c’est le cas, vous pourrez dans un premier temps prendre rendez-vous avec votre médecin traitant ou chez le pédiatre. Vous serez ensuite éventuellement redirigés vers un professionnel de santé spécialisé dans l’autisme. La consultation d'un pédiatre dès qu'il y a suspicion d'autisme peut permettre un diagnostic et un traitement précoces, améliorant ainsi la qualité de vie de l'enfant. Il existe une consultation spécifique dédiée au repérage de l’autisme. La consultation est réalisée par votre médecin généraliste. Elle est réalisée par un pédiatre.

Diagnostic

Le diagnostic de l’autisme est clinique. Cette évaluation relève d’une démarche coordonnée entre la personne, sa famille/ses proches et les professionnels concernés, et permet d’établir le projet d’accompagnement personnalisé.

Cependant, le plus souvent le tableau est incomplet ou fluctuant et il n’est pas possible d’écarter soit une simple crise évolutive dans le développement de l’enfant qui sera peut-être sans lendemain, soit plutôt un syndrome dépressif précoce, un état de carence affective ou un retard mental lié à une atteinte cérébrale. Aussi est-il prudent de parler d’ “enfants à risque autistique”.

Interventions et Prise en Charge

Si le diagnostic ne permet pas de soigner le TSA, il permet en revanche de mettre en place un accompagnement adapté qui peut favoriser l’intégration sociale des autistes. Une thérapie précoce pour les enfants autistes est essentielle pour obtenir les meilleurs bénéfices thérapeutiques et améliorer leur qualité de vie.

Approches thérapeutiques

  • Thérapie comportementale : La thérapie comportementale est une intervention qui modifie des comportements spécifiques afin d'améliorer la capacité d'un enfant à s'adapter et à fonctionner dans son environnement. La thérapie comportementale est une intervention visant à modifier des comportements spécifiques chez les enfants autistes, afin d'améliorer leur capacité à s'adapter et à fonctionner dans leur environnement.
  • Ergothérapie : L'ergothérapie utilise des activités thérapeutiques pour améliorer l'intégration sensorielle chez les enfants autistes.
  • Orthophonie : La logopédie vise à améliorer les capacités de communication et de langage des enfants autistes.

Importance d'une prise en charge précoce

La détection précoce de l'autisme chez les enfants en bas âge est essentielle pour permettre une intervention rapide. L'absence d'intervention précoce peut avoir des conséquences négatives sur l'avenir des personnes atteintes de TSA.

Lire aussi: Accompagnement des enfants autistes à l'école

Recherche et perspectives d'avenir

À l’Institut Pasteur, l’unité de recherche Génétique humaine et fonctions cognitives dirigée par Thomas Bourgeron, professeur à Université Paris Cité, réalise des recherches multidisciplinaires regroupant des expertises en génétique et en imagerie cérébrale structurale et fonctionnelle afin de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau et les troubles du neurodéveloppement.

Le projet AIMS-2-Trials est financé par l’Union Européenne et regroupe 48 partenaires académiques et industriels. Il a pour objectif d’identifier de nouveaux biomarqueurs de l’autisme, permettant d’améliorer le diagnostic, d’une part, et l’élaboration de traitements et de méthodes d’accompagnement personnalisé, d’autre part.

Le projet européen CANDY a des objectifs similaires au projet AIMS-2-Trials mais s'intéresse en plus aux conditions comme les troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) et l'épilepsie, présentes plus fréquemment chez les personnes autistes qu’au sein de la population générale.

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