La famille Coppola, un nom synonyme de talent artistique et d'influence dans le monde du cinéma, a marqué Hollywood de son empreinte indélébile. Des compositions musicales de Carmine Coppola aux réalisations emblématiques de Francis Ford Coppola, en passant par les performances d'acteurs tels que Nicolas Cage et Talia Shire, les Coppola ont contribué à façonner le paysage cinématographique moderne.
Les Racines Musicales d'une Dynastie
L'histoire des Coppola commence avec deux frères, Carmine et Anton, qui ont contribué à faire de ce nom une des valeurs sûres du domaine artistique. Ces deux compositeurs et chefs d’orchestre ont mené une carrière sur tous les fronts musicaux, aussi bien au cinéma, à Broadway ou dans de célèbres opéras. L’aîné de la fratrie, Carmine Coppola, va alors faire la rencontre d’Italia Pennino, une jeune femme dont le père, Francesco Pennino est un célèbre compositeur napolitain. De leur union naîtront trois enfants : Francis, Talia et August.
Carmine Coppola, le père de Francis, a d'abord travaillé dans le milieu musical avant de se lancer dans la composition. Chef d’orchestre à Broadway, il collabore avec son rejeton sur ses premiers films, et notamment sur les deux premiers opus du Parrain, pour lesquels il compose, avec Nino Rota, la bande originale du film devenue, depuis, culte. Avec Rota, ils remportent un Oscar de la meilleure musique pour Le Parrain, 2e partie en 1975, ainsi qu’un Golden Globe pour la musique du film Apocalypse Now en 1980.
Francis Ford Coppola : Le Parrain du 7ème Art
Francis Ford Coppola portera le nom de la famille vers les plus hauts sommets à Hollywood et dans le monde entier. Dans les années 1970, ce brillant metteur en scène remportera pas moins de quatre Oscars (meilleur scénario original pour Patton en 1971, meilleur scénario adapté pour Le Parrain en 1973, meilleur réalisateur et meilleur scénario adapté pour Le Parrain 2 en 1975) et deux Palmes d’Or à Cannes (pour Conversation secrète en 1974 et Apocalypse Now en 1979). La filmographie de Francis Ford Coppola, de la trilogie Le Parrain à Dracula, fera du réalisateur l’un des plus grands cinéastes du cinéma américain.
Le Parrain II : Un Chef-d'œuvre Complexe
La genèse du Parrain II est un récit de défis et d'ambitions. Portée par l'énorme succès du Parrain, la Paramount double le budget prévu qui atteint 15 millions de dollars et permet notamment à Al Pacino, devenu depuis une véritable star, de voir son salaire multiplié par vingt. Francis Ford Coppola est désormais dans une position enviable, il n’a jamais eu autant de pouvoir.
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Coppola souhaite « faire un film plus ambitieux, encore plus beau, plus avancé que le premier » et entrevoit la perspective de prolonger l’intrigue du Parrain, d’en faire un récit de sept heures au total, sans que cette deuxième partie soit un simple décalque de la première. Il choisit de poursuivre et développer les mêmes thématiques en les renouvelant.
Le tournage commence en octobre 1973. L’équipe part six semaines près du lac Tahoe, entre le Nevada et la Californie, pour tourner notamment les scènes estivales de la fête donnée au bord du lac. Or à près de 1 900 m d’altitude, le mois d’octobre précède les premières neiges. Il fait donc très froid et cela cause retards de planning, dépassements de budget et nombreuses tensions.
Quelques semaines avant le début du tournage, Al Pacino, qui a accepté de faire Le Parrain II sans avoir lu le scénario, fait savoir, par l’intermédiaire de son avocat, que le script ne lui plaît pas. Coppola, qui partage son avis sur de nombreux points, réécrit toutes ses scènes en un week-end. Plus tard pendant le tournage, Pacino se plaint cette fois-ci de la lenteur des prises de vues.
En janvier 1974, lorsque l’équipe doit partir dans les Caraïbes tourner les scènes cubaines, elle trouve une pluie ininterrompue au lieu d’un grand soleil. Al Pacino attrape une pneumonie et doit être arrêté près d’un mois. En attendant sa guérison, Coppola peut heureusement gagner du temps en filmant à New York un décor qui reconstitue le quartier de Little Italy de 1918.
Après huit mois de tournage intense, Coppola est épuisé. En juin 1974, à quelques jours de la fin des prises de vues, à un journaliste qui lui demande ce qu’il fera ensuite, il répond : « Je prends ma retraite ! » Le stress l’a fait énormément grossir, il pèse près de 110 kg. La pression n’est toujours pas retombée car arrive l’étape du montage. Coppola doit encore trouver la forme idéale qui corresponde à ses idées : « J’ai beaucoup de théories que je veux mettre en pratique. C’est pour cela que j’ai si peur de gâcher cette occasion. Je pourrais facilement tout rater », avoue-t-il à l’époque.
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Pour distinguer cette suite, lui apporter un nouveau souffle, Coppola fait le pari osé de réunir deux histoires en une. Le montage se fait lentement, à base d’expérimentations. Après en avoir visionné une première version, son ami George Lucas et son chef opérateur Gordon Willis lui avouent : « Tu as deux films. Il faut en jeter un, cela ne fonctionne pas et ne fonctionnera jamais. » Une rumeur finit par se propager à Hollywood où le film est très attendu : la forme choisie par Coppola va déstabiliser les spectateurs. Mais le réalisateur a la conviction que son idée est la bonne et que cette structure fera la force du film. Il travaille jusqu’au tout dernier moment, s'appuyant d'abord sur des allers-retours fréquents entre les deux époques avant d'opter pour des segments plus longs pour mieux profiter des scènes du passé. Il coupe près de 40 % de son premier montage.
Par cette double évocation Coppola raconte l’histoire des Corleone à travers la jeunesse de Vito, au début du XXe siècle, et la vie de Michael à la fin des années 50, dix ans après le premier opus. Comme dans You’re a Big Boy Now (1966), Coppola explore une relation entre un père et un fils, présentés cette fois comme deux images en miroir. L’alternance successive des deux époques montre deux destins étroitement liés, au sens propre comme au figuré.
Une Collaboration Familiale
Le metteur en scène se distingue également par sa volonté de travailler en famille. Si son père co-signe, entre autres, la musique du Parrain avec Nino Rota, et que le reste de sa famille alternera entre petits rôles et figurations dans ses différents longs-métrages, sa femme, Eleanor, qu’il épouse le 3 février 1963, réalisera un célèbre documentaire sur le tournage de son film de guerre culte Apocalypse Now. De son union avec Eleanor naîtront alors trois enfants : Gian-Carlo, Roman et Sofia.
Talia Shire : De Connie Corleone à Adrian Balboa
Petite sœur de Francis Ford Coppola, Talia Rose Coppola se fait rapidement appeler Talia Shire, après avoir épousé le compositeur David Shire en 1970. Mais dès 1976, sa carrière prend une autre tournure, quand John G. Avildsen lui donne le rôle d’Adrian Pennino, la femme de Rocky Balboa dans la saga qui va révéler au monde Sylvester Stallone. Outre ses rôles dans les films de son frère (les trois volets du Parrain), Talia a connu la célébrité grâce à son rôle d’Adrian dans la franchise Rocky avec Sylvester Stallone.
August Coppola et Nicolas Cage : Un Héritage d'Acteur
August Coppola, le grand frère de Francis Ford, a eu trois enfants: Marc, qui a fait une carrière d’acteur de seconde zone, Christopher qui est devenu réalisateur et, surtout, un certain Nicolas Kim Coppola, plus connu sous le nom de Nicolas Cage. C’est au contact de son oncle Francis Ford Coppola que le jeune Nicolas va, comme ses frères, attraper le virus de la comédie dès l’adolescence. Il fera d’ailleurs sa première apparition dans le film de son oncle, The Outsiders. Mais son nom étant trop lourd à porter dans le milieu, l’acteur opte pour un pseudonyme. Sa carrière décolle réellement dans les années 1990 avec des films comme Sailor et Lula, Leaving Las Vegas (qui lui vaut un Oscar), Rock, Les Ailes de l’enfer, Volte-face ou Snake Eyes.
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Sofia Coppola : Une Réalisatrice Acclamée
Sofia Coppola, qui a réussi à se défaire du lourd héritage de son père et à se faire un prénom à côté de son célèbre nom. Sofia, l’enfant précoce qu’il tient sur ses genoux sur le tournage du Parrain, Sofia, l’adolescente mal dans sa peau qu’il filme en séduisante jeune femme dans Le Parrain III, ce qui vaudra à la famille quelques critiques assassines sur le thème de « la fille à papa », Sofia la réalisatrice naissante qu'il produit alors qu'elle n'a que 28 ans et une expérience réduite. Elle est aujourd’hui mariée au chanteur français Thomas Mars du groupe Phoenix. Ils vivent à Paris avec leurs deux enfants, Romy et Cosima.
Un Drame Familial : La Perte de Gian-Carlo
Une belle histoire qui a connu un terrible drame en 1986 avec la mort accidentel de Gian-Carlo, le fils aîné de Francis Ford Coppola à qui le réalisateur rendra hommage dans son film très personnel, Twixt. Le jeune acteur et producteur s’est tué lors d’un accident de speedboat à l’âge de 22 ans à Annapolis dans le Maryland. Sa femme Gio était alors enceinte de leur fille unique, Gia. Celle-ci est née quelques mois plus tard, le 1er janvier 1987. A 28 ans, la petite-fille de Francis Ford Coppola est aujourd’hui… réalisatrice. Son premier film Palo Alto, porté par James Franco, Emma Roberts et Val Kilmer est sorti en 2013.
Le Domaine de Napa Valley : Un Refuge Créatif
Sa résidence principale se trouve au cœur de Napa Valley, sur les terres d’un vignoble autrefois célébré, Inglenook, auquel Coppola a pris soin de rendre sa superbe. On y trouve un château somptueux, où le vin était jadis produit, et des installations dernier cri, dans lesquelles il l’est aujourd’hui. L’ancienne étable abrite une salle de montage et les archives personnelles de Coppola - les scripts de Cotton Club, de Jack et de Outsiders ; les partitions de la bande originale de Dracula ; ses travaux de recherches pour Le Parrain 3.
Un Héritage Durable
L’arbre généalogique de la famille Coppola revient à réécrire l’histoire de Hollywood - 23 citations aux Oscars et neuf statuettes vous contemplent. Les Coppola forment un véritable clan, une famille à part à Hollywood qui a toujours fait front contre toutes les attaques venues de l’extérieur. Dans le rôle du patriarche, gentil « parrain » de la famille, on retrouve bien sûr Francis Ford en aimant artistique, qui a toujours privilégié les liens du sang.
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